Connect with us

Dernières actualités

Cameroun : le ministère des Finances audite la dette de l’État et de ses démembrements

Published

on

Cameroun : le ministère des Finances audite la dette de l’État et de ses démembrements
Spread the love

Par lettre-circulaire du 19 août 2026, le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, a prescrit l’ouverture d’un nouveau cycle de recensement et d’audit de la dette flottante de l’État et de ses démembrements, au titre de la période 2020-2025. Parallèlement à cette opération d’assainissement, le Minfi invite les responsables des différentes structures publiques à prendre toutes les mesures appropriées afin de prévenir la constitution de nouvelles dettes et l’accumulation d’arriérés.

Le ministère des Finances veut voir clair dans la dette flottante de l’État et ses démembrements, pour la période 2020-2025. Dans le cadre de sa politique de maîtrise des engagements publics et d’assainissement des finances de l’État, le gouvernement a engagé un important chantier de recensement, d’audit et d’apurement de la dette flottante de l’État et de ses démembrements. Et le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, vient en effet de prescrire, par une lettre-circulaire en date du 19 août 2026, l’ouverture d’un nouveau cycle de recensement et d’audit de cette dette flottante de l’État et de ses démembrements.

Ce nouveau cycle de recensement, informe-t-on au Minfi, devrait ainsi permettre à l’État de disposer d’une situation plus exhaustive et fiabilisée de sa dette flottante, préalable indispensable à son traitement, à l’amélioration de la transparence budgétaire et au renforcement de la discipline financière publique.

752,1 MILLIARDS DE FCFA DE CRÉANCES VALIDÉES POUR LA PÉRIODE 2000-2019

Cette opération, explique-t-on au Minfi, s’inscrit dans la poursuite des efforts du gouvernement visant à renforcer la maîtrise et l’encadrement de la dette publique, notamment celle résultant des engagements pris par les administrations et autres entités publiques. Elle participe également de la volonté de préserver la soutenabilité des finances publiques en limitant l’accumulation d’arriérés et de passifs susceptibles d’alourdir les engagements financiers de l’État.

À cet effet, les responsables des départements ministériels, universités d’État, établissements et organismes publics, collectivités territoriales décentralisées ainsi que les autres structures assimilées sont invités à procéder au recensement des créances et engagements relevant de la période 2020-2025, et à transmettre les dossiers correspondants à la Direction générale du budget, Division des participations et des contributions au Minfi, au plus tard le 31 octobre 2026.

Parallèlement à cette opération d’assainissement, le Minfi invite les responsables des différentes structures publiques à prendre toutes les mesures appropriées afin de prévenir la constitution de nouvelles dettes et l’accumulation d’arriérés.

Selon les précisions obtenues au Minfi, le premier cycle de recensement et d’audit de cette dette flottante de l’État et de ses démembrements a porté sur les créances accumulées au cours de la période 2000-2019. L’opération, engagée à partir de 2021, avait trois objectifs principaux, rappelle-t-on : recenser les créances détenues sur l’État et ses démembrements, vérifier leur fondement et leur montant, puis organiser l’apurement des seules créances reconnues comme régulières.

À cet effet, les administrations publiques, universités d’État, établissements et entreprises publics, ainsi que les collectivités territoriales concernées ont été appelés à transmettre les dossiers correspondant aux engagements non réglés. Les créances recensées ont ensuite fait l’objet d’un travail d’examen, de vérification et d’audit avant leur validation définitive.

Et, à l’issue du processus d’audit, le montant global de la dette flottante validée au titre de la période 2000-2019 s’était établi à 752,1 milliards de FCFA. Cette dette recouvrait plusieurs catégories d’engagements, notamment les dettes salariales, fiscalo-douanières, commerciales, académiques, sociales et locatives, ainsi que certaines indemnisations.

L’APUREMENT DE CETTE DETTE ENGAGÉ

Selon les précisions du Minfi, après l’audit, la phase de règlement de cette dette flottante a été engagée. Le processus a été juridiquement et techniquement encadré, notamment par l’Instruction du Minfi du 17 octobre 2024, fixant les procédures budgétaires et comptables applicables à l’apurement de la dette flottante validée.

Également, des dispositions particulières, apprend-on, ont été prises concernant certaines catégories de créances, notamment les dettes académiques des universités d’État.

Sur les 752,1 milliards de FCFA validés, 463,3 milliards de FCFA avaient déjà été réglés à fin 2025, soit environ 61,6 % du stock total. Soit 232,9 milliards de FCFA en 2024, dont 182,9 milliards au titre de la dette salariale et 50 milliards au titre de la dette fiscalo-douanière ; 230,4 milliards de FCFA en 2025.

Pour les dettes hors salariales, une enveloppe spéciale de 110 milliards de FCFA avait par ailleurs été inscrite au budget de l’État. Une part importante de cette enveloppe a été mobilisée pour le règlement des dettes fiscalo-douanières, commerciales, académiques, sociales et locatives.

POURSUIVRE L’OPÉRATION D’ASSAINISSEMENT

L’ouverture d’un nouveau cycle de recensement et d’audit portant sur la période 2020-2025, indique le Minfi, s’inscrit donc dans la continuité du premier chantier. Cette nouvelle opération, informe-t-on au Minfi, poursuit une double finalité : identifier et fiabiliser les nouveaux engagements accumulés depuis 2020, mais surtout éviter la reconstitution permanente d’un stock d’arriérés susceptible de fragiliser la trésorerie publique et la crédibilité financière de l’État.

Les administrations, universités d’État, entreprises et établissements publics ainsi que les communes disposent jusqu’au 31 octobre 2026 pour transmettre les dossiers concernés à la Direction générale du Budget au Minfi.

Au-delà d’une simple opération comptable, cette démarche, explique le Minfi, traduit la volonté du gouvernement de mieux connaître, encadrer et maîtriser les engagements de l’État, tout en poursuivant parallèlement l’apurement du stock hérité de la période 2000-2019.

5 129 MILLIARDS DE FCFA DE DETTE INTÉRIEURE À FIN MARS 2026

En rappel, la dette flottante, constituée des factures et engagements de l’État et de ses démembrements restés impayés au-delà des délais réglementaires, alimente une partie de la dette intérieure du pays. Selon la dernière note de conjoncture de la Caisse autonome d’amortissement (CAA), l’encours de la dette intérieure du Cameroun s’établit à 5 129 milliards de FCFA à fin mars 2026, en progression de 6,4 % sur un an, soit 33,3 % de l’encours total de la dette publique, évalué à 15 416 milliards de FCFA à la même date.

Défis Actuels, le premier News Magazine Camerounais

L’accumulation des restes à payer pèse donc directement sur la trésorerie des entreprises locales et des fournisseurs de l’État, qui financent souvent leurs prestations par des emprunts bancaires. Le retard de paiement des créances publiques dégrade la qualité des bilans des opérateurs domestiques, complique le remboursement de leurs propres engagements auprès des banques et alimente la prudence des établissements de crédit à l’égard des acteurs dépendant de la commande publique.

Défis Actuels, le premier News Magazine Camerounais

Par Blaise NNANG
Défis Actuels du 04/09/2026

Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Click to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Dernières actualités

Cameroun : Où va l’argent de l’Etat ?

Published

on

Cameroun : Où va l’argent de l’Etat ?
Spread the love

En dix ans, le budget de l’État du Cameroun a plus que doublé, passant de 3746,6 milliards FCFA en 2015 à 8816,4 milliards FCFA en 2026. Mais, alors que ces chiffres donnent l’impression d’une trajectoire ascendante de la puissance publique, une interrogation fondamentale demeure chez les citoyens : où va réellement ces milliards ?

L’examen attentif des lois de règlement (documents arrêtant définitivement l’exécution des budgets votés à l’Assemblée nationale) et des rapports d’évaluation du FMI et de la Banque mondiale livre un constat sans équivoque : les arbitrages financiers de la dernière décennie ont été dominés par le poids de la dette publique, du fonctionnement institutionnel et des détournements des deniers publics, au détriment de l’investissement productif et des dépenses sociales.

1. Le service de la dette est le premier poste budgétaire du pays

L’argent public sert d’abord à rembourser les dettes. En 2024 seulement, le service de la dette publique représentait à lui seul 24% de l’ensemble des dépenses ordonnancées de l’État (avec plus de 1 600 milliards FCFA exécutés sur une prévision de 2 252 milliards FCFA). Il faut dire que la dette publique est passée de moins de 25% du PIB en 2015 à plus de 43% du PIB en 2024, ce qui asphyxie l’économie. Les rapports d’évaluation du FMI soulignent un risque élevé de surendettement, qui contraint l’État à consacrer près de 1 franc CFA sur 4 uniquement au paiement du principal et des intérêts de sa dette.

2. Fonctionnement et masse salariale

En 2024, les dépenses de personnel atteignaient 1490,5 milliards FCFA, soit 22,6% des dépenses ordonnancées. Sur dix ans, la masse salariale de la fonction publique a progressé de plus de 60%, alors que l’Etat ne produisait pas proportionnellement la croissance. Pire, la consommation de biens et services et les charges de fonctionnement des ministères et autres institutions représentent un bloc structurel d’environ 25% des budgets annuels, caractérisé régulièrement par des impayés et une accumulation de restes à payer (comme en témoigne la dette locative de l’État).

3. Les détournement de deniers publics en hausse

Si le rapport annuel de la Commission Nationale Anti-Corruption (CONAC), pour l’exercice 2025, ne présente qu’un préjudice financier subi par l’État de 6,2 milliards FCFA, c’est parce qu’au fil du temps, l’on ne poursuit plus grand monde en justice ! La CONAC ne travaille que sur des cas signalé et/ou enrôlés ! Les détournements tracés et poursuivis par la justice et les organes de contrôle représentent moins de 2% du budget consolidé.

Or, dans la réalité, lorsque l’on regarde le rapport des bailleurs de fonds, la part réelle et systémique des détournements à travers des mécanismes de surfacturation, gaspillage, fraude, exécutions fictives, absentéisme payé (fonctionnaires fictifs), virements dérogatoires hors budget, est d’environ 15% de la valeur réelle du budget national annuel. Sauf que la corruption est devenue une normalité au Cameroun. L’un des sujets les plus discutés dans les rapports de la Banque mondiale et du FMI sur le Cameroun porte sur les « subventions » aux produits pétroliers.

Entre 2015 et 2023, cela a coûté plus de 2000 milliards FCFA au Trésor public. L’on appelle cela subvention alors que dans la structure des prix du litre de carburant, c’est le consommateur qui paie. Où part cet argent ? C’est aussi le consommateur qui paie la (re)construction de la SONARA, sauf que le budget annoncé a déjà été récolté plusieurs fois sans suite ! Pire, les rapports d’évaluation des bailleurs de fonds estiment que les détournements représentent une perte d’efficacité atteignant 30% du Budget d’Investissement Public (BIP).

Sur la décennie, cela équivaut à un manque à gagner réel allant jusqu’à 4000 milliards FCFA sur la réalisation des infrastructures (routes, écoles, hôpitaux). L’opération de comptage physique des personnels de l’État (COPPE) a révélé sur la décennie des dizaines de milliers d’agents publics fictifs ou en situation d’irrégularité.

Les rémunérations indues versées et rattrapées représentaient jusqu’à 600 milliards FCFA sur la décennie, soit environ 4% de la masse salariale publique. Plus grave, l’audit approfondi mené sur les chapitres 65 (interventions de fonctionnement) et 94 (interventions en investissement) sur la décennie a mis en lumière l’évaporation de près de 1000 milliards FCFA au profit d’entreprises écrans ou pour des interventions dépourvues de justificatifs probants. Mais, comme j’ai dit, l’opération épervier s’est avérée politique et à tête chercheuse.

4. Les soldes engagées non décaissées

L’une des critiques récurrentes formulées par l’Assemblée nationale lors des débats sur les lois de règlement concerne le taux d’exécution des dépenses en capital (BIP). L’on a toujours parlé d’une sous-consommation chronique du budget et des emprunts. Sur la décennie, la part des SEND (Soldes Engagés Non Décaissés) s’est révélée particulièrement élevée, allant jusqu’à 70% du budget annuel global (soit environ les deux tiers du budget de l’État), et représentant près de 15% du PIB.

Les encours de SEND (prêts extérieurs signés avec les Partenaires Techniques et Financiers – PTF, mais non encore décaissés) ont fortement grimpé sous l’effet de l’accumulation des conventions de financement. En 2025, ils ont atteint le niveau critique de 5100 milliards FCFA, soit l’équivalent de près de 70% de l’ensemble des ressources et charges budgétisées de l’exercice.

Le coût d’opportunité et les commissions d’immobilisation sont importants. Le Cameroun subit le syndrome de la faible capacité d’absorption alors qu’il faut seulement travailler à résoudre les problèmes d’exécution qui sont : la faible maturité des projets, les retards dans les procédures d’expropriation, les lenteurs des décaissements et la complexité des procédures de passation des marchés publics.

En récapitulant les dix dernières années d’exécution budgétaire au Cameroun, l’on note qu’environ 15% seulement de l’argent public a été consacré au financement des routes, hôpitaux, écoles, réseaux électriques, etc. L’enjeu central pour la gestion des finances publiques camerounaises ne réside plus seulement dans la capacité à collecter des recettes ou à emprunter, mais dans la qualité de la dépense.

Sans une restructuration audacieuse qui accorde la priorité absolue aux investissements générateurs de croissance, l’argent de l’État continuera principalement de financer son propre fonctionnement et le remboursement de ses dettes.

Louis Marie Kakdeu, MPA, PhD & HDR

Deuxième Vice-Président National du SDF

Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Continue Reading

Dernières actualités

Football : La Ligue 1 McDonald’s explore en Afrique

Published

on

Football : La Ligue 1 McDonald’s explore en Afrique
Spread the love

La Ligue 1 McDonald’s, le championnat de football professionnel de la France, veut renforcer sa présence en Afrique francophone à partir du Cameroun. La Ligue de football professionnel (LFP) qui gère le football professionnel en France, à travers sa filiale commerciale LFP Media, et 6Sports Marketing Advertising, organisent une Watch Party le 25 octobre 2026 à Yaoundé. A l’occasion du match entre le Paris Saint-Germain (PSG) et l’Olympique lyonnais (OL). Cette initiative vise à rapprocher la compétition de ses supporters et à tester de nouvelles formes d’engagement sur le continent.

Au-delà de la retransmission de la rencontre, cette activité entend associer football, divertissement, médias et partenariats. Il est question de créer un espace d’échanges entre les supportes, les acteurs médiatiques et les marques, à travers des animations et des dispositifs de communication. Le but poursuivi est de transformer l’intérêt du public africain en général et celui du Cameroun en particulier pour le championnat français, en une expérience collective à divulguer, tout en ouvrant de nouvelles possibilités commerciales. Ce Watch party constitue la « première étape d’une ambition plus large de développement de l’expérience Ligue 1 McDonald’s auprès des publics d’Afrique francophone», renseigne 6Sports Marketing Advertising, le partenaire camerounais de LFP Media dans l’initiative.

Evaluation

Ce Watch party rentre ainsi dans le cadre d’une stratégie de développement international de la Ligue 1 McDonald’s. Le Cameroun, terre de football par excellence et un des principaux fournisseurs de joueurs au football français, est un terrain privilégié pour cette première expérience, une expérience test. Le choix a été porté sur 6Sports Marketing Advertising, une agence camerounaise spécialisée dans le marketing sportif et l’événementiel notamment. Lequel dispose d’un bureau permanent à Casablanca, au Maroc. Un choix porteur : « Nous ne voulons pas simplement amener la Ligue 1 McDonald’s au Cameroun. Nous voulons contribuer à construire une véritable expérience Ligue 1, pensée pour les publics africains et connectée aux réalités économiques et culturelles du marché», explique Yannick N’Degue, directeur général de 6Sports Marketing Advertising. Alors, «notre rôle sera de créer des passerelles entre une propriété sportive internationale, ses fans et les marques qui souhaitent prendre part à cette histoire », a-t-il indiqué. Le contrat prévoit une saison pilote à l’issue de laquelle les deux parties procèderont à une évaluation, et éventuellement envisager de nouvelles opérations dans le pays. Si l’expérience est concluante, elle sera étendue sur d’autres pays d’Afrique francophone, et donc de nouveaux marchés.

Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Continue Reading

Dernières actualités

MINETTE LIBOM LI LIKENG : « que la voix de chaque nation soit entendue dans le domaine de l’IA »

Published

on

MINETTE LIBOM LI LIKENG : « que la voix de chaque nation soit entendue dans le domaine de l’IA »
Spread the love

À l’occasion d’un sommet international consacré à l’intelligence artificielle en Corée du Sud, la ministre camerounaise des Postes et Télécommunications a plaidé pour une gouvernance mondiale inclusive de cette technologie et un partage équitable de ses bénéfices. Minette Libom Li Likeng a également présenté les avancées du Cameroun dans l’élaboration de sa stratégie nationale, axée notamment sur les infrastructures, la formation, l’innovation et le développement d’une intelligence artificielle éthique et responsable.

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

Recevez les chaleureuses salutations du peuple camerounais et, en particulier, celles de notre Chef de l’État, Son Excellence M. Paul Biya.

C’est pour moi un insigne honneur de conduire la délégation camerounaise qui prend part à ce sommet.

Les promesses de l’IA sont si proches et pourtant si insaisissables pour de nombreux citoyens du monde. Entre des infrastructures inadéquates et des compétences insuffisantes, l’adoption et l’intégration des outils d’IA dans les activités quotidiennes de nombreux pays semblent encore lointaines, tandis que certaines nations sont déjà très avancées et occupent une position dominante dans le domaine de l’IA.

Les promesses de l’IA en matière d’amélioration de nos conditions socio-économiques ne peuvent se concrétiser que par la concertation et le partage des bénéfices.

À l’instar d’Internet, malgré ses nombreux bienfaits pour l’humanité, la cybercriminalité, la désinformation, le chantage, le harcèlement et le vol viennent annuler ces formidables avancées scientifiques.

Ces maux liés à Internet sont les marques d’un parcours et d’une technologie qui ont, d’une certaine manière, négligé une réglementation concertée.

Nous devons tirer les leçons de cette expérience et travailler ensemble pour veiller à ce que la voix de chaque nation soit entendue et prise en compte dans les conceptions et les offres de services du domaine de l’IA.

Au Cameroun, conscient du fait que l’intelligence artificielle est un outil prodigieux qui présente des perspectives considérables de progrès tout en soulevant des risques qui appellent à une vigilance soutenue, le Chef de l’État a prescrit le développement d’une IA éthique et responsable.

Et pour ce faire, le Gouvernement s’est engagé dans un processus d’élaboration d’une stratégie de développement de l’intelligence artificielle en privilégiant une démarche participative et inclusive, associant l’ensemble des parties prenantes à la réflexion sur les conditions d’appropriation et de développement de cette technologie au Cameroun.

C’est dans ce cadre que des Concertations nationales sur l’intelligence artificielle réunissant les administrations publiques, les entreprises, les chercheurs, les universitaires, la société civile et les partenaires au développement ont été organisées, lesquelles ont abouti à un projet de Stratégie nationale de développement de l’économie numérique au Cameroun, en cours de finalisation, et qui repose sur plusieurs piliers essentiels, notamment le développement des infrastructures et la gouvernance des données, le renforcement du capital humain, la promotion de l’innovation, l’inclusion numérique ainsi que l’instauration d’une gouvernance responsable de l’intelligence artificielle.

Je ne saurais conclure mon propos sans exprimer ma profonde gratitude aux organisateurs et au Gouvernement coréen pour leur accueil chaleureux, et pour avoir pris l’initiative de nous réunir tous dans cette salle afin de débattre et d’agir de concert autour d’une technologie qui, si elle est correctement encadrée et régulée, constituerait l’une des étapes les plus décisives que l’humanité aura franchies dans son évolution.

Je vous remercie de votre aimable attention.

À Séoul, le Cameroun explore les opportunités de l’intelligence artificielle

Par Fabrice BELOKO

L’agriculture, la santé, l’éducation et l’administration figurent parmi les secteurs où l’intelligence artificielle pourrait répondre à des besoins concrets au Cameroun. À Séoul, la délégation conduite par Minette Libom Li Likeng, ministre des Postes et Télécommunications, explore des pistes de coopération avec les partenaires internationaux, notamment dans les infrastructures numériques, les capacités de calcul et la formation aux métiers du numérique.

Le Cameroun veut tirer parti de l’intelligence artificielle pour soutenir son économie. Conduite par la ministre des Postes et Télécommunications, Minette Libom Li Likeng, sa délégation prend part au Global AI and Digital Summit, organisé du 19 au 22 octobre 2026 à Séoul, en Corée du Sud.

La rencontre, organisée à l’initiative du Groupe de la Banque mondiale avec les autorités sud-coréennes, réunit des responsables publics, des investisseurs, des entreprises technologiques et des chercheurs. Pour Yaoundé, ce rendez-vous offre un cadre de discussion avec des partenaires susceptibles d’accompagner la transformation numérique du pays.

Les échanges portent notamment sur la connectivité, les infrastructures de données, les capacités de calcul, les compétences et les conditions d’adoption de l’intelligence artificielle. Le Cameroun entend aussi confronter ses priorités aux expériences internationales et faire connaître les besoins de ses entreprises et de ses jeunes innovateurs.

Les applications envisagées concernent plusieurs secteurs économiques. Dans l’agriculture, l’intelligence artificielle pourrait aider les producteurs camerounais. Dans la santé, elle pourrait appuyer la prise de décision. L’éducation et les services publics figurent également parmi les domaines d’application examinés au sommet.

Ces perspectives supposent toutefois des infrastructures adaptées, des compétences disponibles et des coûts de fonctionnement maîtrisés. Le Cameroun souhaite notamment explorer les possibilités de coopération autour des centres de données, des plateformes numériques, de la formation et de la recherche appliquée. L’accompagnement des start-up fait aussi partie des pistes évoquées.

La question du financement reste déterminante pour passer des intentions aux réalisations. La participation au sommet ne constitue, à elle seule, ni un accord de financement ni la conclusion d’un partenariat. Les retombées dépendront de la capacité à identifier des projets prioritaires, à mobiliser les partenaires et à assurer leur suivi.

En marge du sommet, le dialogue ministériel consacré à la Déclaration de Cotonou permet au Cameroun d’échanger avec les autres pays signataires. Adopté le 18 novembre 2025 par 22 pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre, ce texte vise la construction d’un marché numérique africain unique à l’horizon 2030.

Les objectifs comprennent une couverture haut débit de 95 %, la création de deux millions d’emplois numériques et la formation de 20 millions de personnes aux compétences numériques. Pour le Cameroun, cette coopération régionale ouvre des possibilités de partage d’expériences et de mutualisation des capacités.

Le défi sera désormais de relier ces ambitions aux besoins nationaux, avec des projets ciblés et des résultats mesurables pour les citoyens et les entreprises.

Par Fabrice BELOKO
Défis Actuels du 22/10/2026

Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Continue Reading

Trending

Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infosCliquez ici