Actualités locales
quand la réponse à Njoya Moussa s’égare à son tour – L’éclairage de Vincent Sosthène Fouda
«La réaction de Christophe Bobiokono à la sortie de Njoya Moussa a retenu mon attention. Non parce qu’elle clôt le débat, mais précisément parce qu’elle illustre une difficulté devenue récurrente dans l’affaire Martinez Zogo : on prétend rétablir les faits alors qu’on mélange encore faits, hypothèses, jugements de valeur et procès d’intention», soutient-il.
Lire ici sa réponse :
Le ton est assuré. Les formules sont définitives. Mais en matière judiciaire, l’assurance du commentateur ne constitue pas une preuve. Bobiokono qualifie le texte de Njoya Moussa de « tissu de ragots », évoque sa « faible connaissance des réalités judiciaires » et rappelle qu’il est un « ami personnel » de Cerlin Belinga.
Premier problème : l’argumentation commence par l’homme avant de discuter ses arguments.
Que Njoya Moussa soit l’ami de Belinga est une information périphérique. Si son analyse est juridiquement fausse, qu’on démontre précisément où. Si elle repose sur des faits inexacts, qu’on produise les éléments qui les réfutent. Mais disqualifier l’auteur en raison de ses relations personnelles relève davantage de l’attaque ad hominem que de la démonstration.
La mutation n’est pas la question
Bobiokono rappelle ensuite que des magistrats du parquet peuvent être mutés ou remplacés sans réunion du Conseil supérieur de la Magistrature. Soit. Mais il répond ainsi à une question qui n’est pas nécessairement celle qui était posée. Qu’une décision soit juridiquement possible ne signifie pas que toutes les interrogations sur son opportunité, son calendrier, son contexte et ses conséquences deviennent illégitimes. Le droit permet une décision ; il ne nous interdit pas d’interroger le contexte dans lequel elle intervient.
Les exemples d’Oyono Abah ou d’Émile Nsoga démontrent qu’un changement à la tête d’un parquet peut survenir. Ils ne démontrent pas que toutes les situations sont identiques. Un précédent n’est pas une photocopie du présent.
Il faut donc comparer les régimes juridiques, les circonstances, les procédures et les effets. Sinon, l’exemple devient un simple argument d’autorité. Le « jamais » judiciaire : une prudence qui s’impose . Plus préoccupante encore est l’affirmation selon laquelle, même si de nouveaux éléments mettaient en cause d’autres personnalités dans l’affaire Martinez Zogo, celles-ci ne pourraient « jamais » se retrouver avec les 17 accusés actuels, sauf improbable jonction de procédures.
Le mot est révélateur : « jamais ».
En procédure pénale, les absolus doivent être maniés avec précaution.
La découverte d’éléments nouveaux peut entraîner différentes conséquences selon leur nature, leur date, leur qualification, les personnes concernées et les règles de compétence applicables.
La véritable question n’est donc pas de savoir si quelqu’un « rejoindrait » mécaniquement les 17 accusés actuels. La question est de savoir quelle procédure nouvelle pourrait être engagée, par quelle autorité, pour quels faits, devant quelle juridiction et avec quelles interactions éventuelles avec la procédure existante.
Le reste relève du commentaire.
Atangana Mebara et Marafa : l’exemple ne suffit pas
L’évocation des procédures concernant Atangana Mebara et Marafa Hamidou Yaya ne règle pas davantage la question. Deux affaires distinctes peuvent effectivement être jugées séparément. Mais cela ne transforme pas leur configuration particulière en principe universel.
En droit, une analogie n’est pertinente que lorsque les situations comparées sont réellement comparables. Sinon, elle devient une fausse piste. Et puis vient le plus grave. Le passage consacré à Cerlin Belinga est autrement plus problématique. Bobiokono affirme qu’il serait « en grande partie responsable de l’enlisement » de l’affaire, qu’il « travaillait très clairement pour semer le doute » et qu’il aurait « fait barrage à la recherche de la vérité ».
Voilà des accusations extrêmement lourdes. Et c’est précisément ici que l’exigence de preuve devrait devenir maximale. Car il existe une différence fondamentale entre : avoir commis une erreur ; avoir mal conduit une procédure ; avoir pris une décision contestable ; et avoir volontairement cherché à empêcher la manifestation de la vérité. On ne peut pas passer de la première proposition à la dernière sans démonstration. Or Bobiokono invoque notamment « certaines révélations du colonel Otoulou ».
Très bien.
Mais une révélation rapportée n’est pas, par elle-même, une preuve irréfutable. Il faut examiner son contenu, son origine, les conditions dans lesquelles elle a été formulée, les éléments matériels qui la corroborent et surtout la responsabilité personnelle que l’on entend en tirer.
Qui a fait quoi ? Quand ? Sur quelle instruction ? Avec quelle pièce ? Avec quelle intention ? Voilà les questions sérieuses. « Chasseurs de primes », « fantasme », « imagination mafieuse » : beaucoup de qualificatifs, peu de pièces Le billet multiplie les qualificatifs : « chasseurs de primes », « fantasme », « farfelu », « imagination mafieuse ».
C’est spectaculaire. Mais ce n’est pas du droit. Un argument ne devient pas faux parce qu’on le qualifie de « farfelu ». Une hypothèse ne devient pas impossible parce qu’on la traite de « fantasme ». Et un contradicteur ne devient pas incompétent parce qu’on lui attribue une « faible connaissance » du sujet.
La question fondamentale demeure toujours la même : Quelle est la pièce qui permet de conclure ? Le paradoxe du « limogeage »
Il faut enfin s’arrêter sur un mot : « limogeage ». S’agit-il juridiquement d’un limogeage ? D’une mutation ? D’une affectation ? D’un remplacement ? D’une décision administrative dont la portée exacte doit être juridiquement qualifiée ? Les mots comptent. Parce que parler de « limogeage » suggère déjà une sanction. Et lorsque Bobiokono ajoute que ce « limogeage arrive donc un peu tard », il ne décrit plus seulement une décision : il lui attribue une justification punitive. Mais alors, il faut aller jusqu’au bout.
Quelle faute ? Quelle procédure ? Quelle décision ? Quelle autorité ? Quelle motivation ? Quels éléments établis ? Sinon, nous sommes encore dans le commentaire. Le véritable problème : qui fabrique le doute ? Le plus intéressant dans cette controverse est peut-être ailleurs.
Bobiokono reproche à Njoya Moussa de « semer le doute ». Mais son propre texte repose à plusieurs reprises sur des éléments dont il ne donne pas la démonstration complète. Il reproche les récits approximatifs tout en proposant son propre récit. Il reproche les hypothèses tout en avançant des intentions. Il reproche les raccourcis tout en utilisant des « jamais », des « très clairement » et des conclusions définitives. C’est précisément ce que la sociologie politique nous apprend à regarder : non seulement ce qui est dit, mais la manière dont certains acteurs cherchent à imposer le cadre dans lequel le public doit comprendre ce qui est dit. Dans une affaire aussi sensible que Martinez Zogo, le contrôle du récit est presque aussi important que le récit lui-même. Qui définit les « vrais » faits ?
Qui désigne les « fantasmes » ? Qui décide quels acteurs sont crédibles ? Qui transforme une hypothèse en vérité ? Qui transforme une controverse en certitude ? Ce sont là des questions de pouvoir, de légitimité et de production sociale de la vérité. La justice n’est pas un concours de narrations
Njoya Moussa peut avoir tort. Christophe Bobiokono peut avoir raison sur certains points. Mais aucun des deux ne peut transformer son assurance en preuve. Le dossier Martinez Zogo mérite mieux qu’un affrontement de réputations, d’amitiés, d’accusations réciproques et de qualificatifs. Il mérite une chronologie. Des actes. Des procès-verbaux. Des expertises. Des pièces.
Des contradictions. Et surtout une séparation rigoureuse entre ce qui est établi, ce qui est allégué et ce qui est interprété. C’est seulement à cette condition que le débat pourra sortir de la guerre des récits.
Car finalement, la question n’est pas : « Qui parle le plus fort ? » Elle n’est même pas : « Qui est l’ami de qui ? » La question est beaucoup plus brutale : Qui peut prouver ce qu’il affirme ? Et sur ce terrain-là, les invectives ne valent rien. Les pièces, elles, parlent.
Vincent Sosthène FOUDA
Socio-politologue
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André Onana échappe au pire dans un accident de circulation

Après avoir brillé lors du match de Europa Conference League, André Onana a dû protéger aussi sa famille lors d’un accident de la circulation ce jeudi soir. C’était alors qu’il rentrait chez lui après la victoire de Trabzonspor contre Hearts (2-0) en Ligue Conférence de l’UEFA.
Le gardien camerounais et les membres de sa famille qui l’accompagnaient sont indemnes. Le président du club, Ertuğrul Doğan, a confirmé l’incident et assuré qu’il n’y avait « aucun problème ».
C’est le président de Trabzonspor qui a officialisé l’information en soirée. Selon les propos rapportés par le média turc Taka61, Ertuğrul Doğan a déclaré : « André Onana a eu un accident de la circulation ce soir. Il n’a aucun problème. Souhaitons-lui un prompt rétablissement. »
Odatv et dakikHa rapportent la même déclaration, précisant que le joueur n’a subi aucune blessure. Aucune communication officielle du club n’avait été publiée sur ses canaux à l’heure de la rédaction.
Un accident en chaîne alors que le célèbre joueur était sur le chemin du retour
Camfoot a appris que c’est un chauffant hyper agressif qui aurait percuté de l’arrière la voiture d’André Onana. L’impact était tellement violent que sa luxuriante berline a heurté le véhicule en avant. Ainsi de suite et cela s’est transformé en une collision en chaîne.
Heureusement. L’accident n’a occasionné que des dégâts matériels. Le gardien, comme les membres de sa famille présents à bord, est sorti indemne. La commotion n’est finalement restée qu’une frayeur et non un incident grave.
Trabzonspor s’est auparavant imposé 2-0 face au club écossais de Hearts, ce jeudi, en Ligue Conférence de l’UEFA. Ce n’est pas le premier accident de la route impliquant le gardien camerounais. Il avait déjà été victime d’une collision le 13 août 2026 en Turquie, alors qu’il regagnait son domicile, sans conséquence grave. Et aussi au Cameroun avant la Coupe du monde 2022.
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Électricité/Douala: l’ARSEL relève 44,7 % de pertes sur la ligne de transport de 90 kV Logbaba–Bassa 1

(Investir au Cameroun) – L’Agence de régulation du secteur de l’électricité (Arsel) a relevé un taux de pertes actives de 44,7 % sur la ligne de transport de 90 kV Logbaba–Bassa 1, à Douala, en novembre 2025. Selon son rapport d’activités 2025, le volume comptabilisé comme pertes sur cette liaison a atteint 22 326 MWh au cours du mois. Ce taux est près de neuf fois supérieur au seuil technique admissible de 5 % retenu par le régulateur, qui recommande des audits pour en identifier les causes.
La liaison concernée mesure 4,131 kilomètres, selon un état des infrastructures publié par la Société nationale de transport de l’électricité (Sonatrel) dans un dossier d’appel d’offres de mars 2025. Les anomalies de mesure relevées par l’Arsel ne sont pas nouvelles. En mai 2025, cette même ligne avait déjà enregistré 10 258 MWh de pertes, correspondant à un taux de 14,7 %.
D’autres lignes sont concernées. Sur la liaison de 90 kV Garoua–Guider, les taux de pertes ont oscillé entre 8,2 % et 18,9 % pendant six mois consécutifs.
Des défauts techniques ou des erreurs de comptage
L’ARSEL avance deux explications possibles à ces écarts. La première concerne l’état physique des infrastructures : sous-dimensionnement des lignes, vétusté ou mauvais état des conducteurs. La seconde porte sur la fiabilité des mesures, notamment les défauts de synchronisation des compteurs ou les dérives d’étalonnage.
À ce stade, le régulateur ne permet donc pas d’établir quelle part des volumes comptabilisés correspond à des pertes physiques réelles et quelle part pourrait résulter d’anomalies de mesure.
Pour clarifier cette situation, l’Arsel recommande à la Sonatrel d’auditer les chaînes de mesure des liaisons Logbaba–Bassa 1, Garoua–Guider et Bekoko–Nkongsamba 1. Elle préconise également la révision ou le remplacement des compteurs défaillants ainsi que des études techniques sur les lignes présentant des pertes structurellement élevées, afin de déterminer les éventuels besoins de renforcement.
À l’échelle nationale, le rapport établit le rendement global du transport électrique à 94,6 % en 2025. Les taux particulièrement élevés observés sur certaines liaisons correspondent donc à des anomalies localisées et ne décrivent pas la performance de l’ensemble du réseau.
Le rapport ne chiffre pas le coût financier associé aux pertes relevées sur ces lignes. Il ne précise pas non plus si les audits recommandés ont été engagés, ni les délais envisagés pour corriger les anomalies.
Amina Malloum
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« Les bamilékés « n’ont pas de culture politique » – David Atemkeng répond à Steve Fah
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