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Rutile et terres rares de Minta : Lion Rock étend les indices sur 130 km² au Cameroun, sans chiffrer la ressource

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Rutile et terres rares de Minta : Lion Rock étend les indices sur 130 km² au Cameroun, sans chiffrer la ressource
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(Investir au Cameroun) – Lion Rock Minerals affirme avoir étendu sur 130 km² la zone dans laquelle elle a identifié des indices de rutile entre Mboma, Loum et Minta 1, dans le centre du Cameroun. Cette avancée renforce l’intérêt géologique du projet. Mais la compagnie australienne n’a encore publié ni tonnage, ni teneur moyenne globale, ni estimation des ressources permettant de mesurer la taille réelle du futur gisement.

Dans son rapport d’activités publié le 29 juillet 2026, Lion Rock présente Minta 1 comme la troisième découverte de rutile à haute teneur dans cette zone, après Mboma et Loum. Les différents résultats obtenus dessinent désormais un corridor minéralisé qui s’étend sur 44 km et couvre environ 130 km².

« La définition du corridor riche en rutile de Mboma-Loum, suivie des découvertes voisines à haute teneur de Minta 1, constitue une réalisation importante pour le trimestre et indique un système de rutile ouvert et en expansion, sur plusieurs fronts », affirme Theuns de Bruyn, directeur général de Lion Rock.

Des résultats prometteurs, mais encore ponctuels

Le rutile est un minerai riche en dioxyde de titane. Il est notamment utilisé dans la fabrication de pigments blancs destinés aux peintures, aux plastiques et à certains produits industriels.

À Mboma, Lion Rock indique que le rutile représente jusqu’à 72,7 % de la fraction des minéraux lourds isolée dans certains échantillons. La meilleure teneur mesurée dans l’ensemble du sol atteint toutefois 3,32 %.

À Loum, ces deux indicateurs culminent respectivement à 65,4 % et 2,02 %. À Minta 1, les résultats détaillés font ressortir un maximum de 66,3 % de rutile dans la fraction des minéraux lourds et de 1,74 % dans l’ensemble du matériau prélevé.

Cette distinction est essentielle. Un taux de 66,3 % ou de 72,7 % ne signifie pas que le sol contient la même proportion de rutile. Il indique seulement que le rutile domine parmi les minéraux lourds séparés de l’échantillon. La teneur mesurée dans l’ensemble du sol, nettement plus faible, donne une indication plus proche de la réalité du terrain.

Le résumé introductif du rapport mentionne pourtant une teneur maximale de 2,31 % à Minta 1. Mais le tableau détaillé rattache ce résultat à l’échantillon MB0222, prélevé à Mboma. Lion Rock devra donc clarifier cette différence.

La compagnie ajoute que deux laboratoires indépendants ont confirmé la présence de fragments de rutile naturel contenant plus de 98 % de dioxyde de titane. Là encore, ce chiffre mesure la pureté de fragments sélectionnés. Il ne correspond ni à la teneur moyenne du sol ni à celle d’un éventuel minerai exploitable à grande échelle.

« Ensemble, les trois permis adjacents forment une province de rutile d’importance mondiale », soutient Theuns de Bruyn. Cette appréciation reste cependant celle de l’entreprise. Elle n’est pas encore appuyée par une estimation certifiée des ressources.

Aucun tonnage ni calendrier de production

Lion Rock reconnaît que Mboma, Loum et Minta 1 sont seulement en cours d’avancement vers une première estimation des ressources minérales.

Cette étape doit permettre de répondre à trois questions essentielles : quelle quantité de matériau contient du rutile, quelle est sa teneur moyenne et sur quelle distance cette minéralisation reste continue.

Le rapport ne donne aucune date précise pour la publication de cette estimation. Lion Rock prévoit des forages supplémentaires au cours des six à douze prochains mois, surtout dans les secteurs où les résultats sont les plus élevés. Plusieurs analyses restent également attendues à Mboma, Loum, Minta 1 et Minta Nord.

« Les travaux seront concentrés sur les domaines présentant les teneurs et les assemblages les plus solides », indique la compagnie.

Des essais devront aussi déterminer quelle proportion du rutile contenu dans le sol peut effectivement être récupérée, avec quelle qualité et à quel coût.

En l’absence de ces informations, il est encore impossible de savoir quelle quantité de rutile pourrait être produite, combien coûterait la construction d’une mine, quelle serait sa capacité de production ou si l’exploitation serait rentable.

Lion Rock ne publie encore ni étude de faisabilité, ni budget d’investissement, ni calendrier de mise en production.

Environ 714 millions de FCFA dépensés en exploration

Lion Rock a consacré 1,786 million de dollars australiens, soit environ 714 millions de FCFA, à ses activités d’exploration et d’évaluation au cours du trimestre achevé le 30 juin 2026.

Selon l’entreprise, ces dépenses ont principalement financé les forages, les analyses en laboratoire, les consultants géologiques et le maintien des permis de Minta.

À la fin du trimestre, sa trésorerie atteignait 6,865 millions de dollars australiens, soit environ 2,75 milliards de FCFA. Au rythme de dépenses déclaré, la compagnie estime disposer de 3,2 trimestres de financement, soit environ 9,6 mois.

Lion Rock ne déclare aucune recette commerciale ni ligne de crédit disponible.

Le projet bénéficie néanmoins de l’appui stratégique de Tronox Holdings, producteur américain de dioxyde de titane qui détient environ 5 % du capital de Lion Rock. Tronox présente Minta comme une source potentielle de rutile et de monazite pour sa stratégie dans les terres rares.

Cette participation ne constitue toutefois ni un contrat d’achat de la future production ni un engagement à financer la construction d’une mine.

L’extension des indices sur 130 km² renforce donc la connaissance géologique du projet. Mais la prochaine étape décisive sera la publication d’une première estimation des ressources, suivie des essais de récupération et des études économiques.

Tant que ces travaux ne sont pas achevés, Minta reste un projet d’exploration prometteur, mais pas encore un gisement dont l’exploitation commerciale est démontrée.

Baudouin Enama

Lire aussi :

06-12-2025 – Terres rares de Minta : après l’arrivée de l’Américain Tronox, Lion Rock Minerals lance un programme de forages

17-10-2025 – Rutile de Minta : Lion Rock veut lever 3,3 milliards FCFA auprès de l’Américain Tronox pour développer le projet

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un litige foncier de 1 640 hectares au cœur des discussions avec Paul Biya

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un litige foncier de 1 640 hectares au cœur des discussions avec Paul Biya
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Derrière les poignées de main diplomatiques et le décorum des visites d’État et de la diplomatie officielle, la venue annoncée du Prince Albert II de Monaco à Yaoundé ce vendredi 30 octobre 2026 ne relève pas d’une simple visite de courtoisie, mais répond à un agenda financier brut.

En coulisses, le tête-à-tête prévu au Palais de l’Unité avec le président Paul Biya s’articule autour d’un dossier explosif : un litige foncier de 1 640 hectares dans le Nord-Cameroun, opposant la baronne Ariane de Rothschild au guide de chasse et voyagiste français Pierre Guerini. Le litige porte sur le domaine de Faro Lobeké, une zone d’amodiation de chasse située dans le septentrion camerounais.

Ce territoire de 1 640 hectares, réputé pour sa faune sauvage et sa biodiversité exceptionnelle, attise les convoitises de la haute finance internationale autant que des acteurs historiques de la grande chasse africaine. D’un côté se trouve Ariane de Rothschild, veuve de Benjamin de Rothschild et présidente du groupe Edmond de Rothschild ; de l’autre, Pierre Guerini, figure reconnue du guidage cynégétique en Afrique centrale.

Proche de la famille Rothschild et engagé dans la conservation environnementale, le souverain monégasque intervient comme médiateur de poids pour débloquer un imbroglio juridique et foncier qui menace des intérêts financiers et diplomatiques majeurs. Ce différend s’inscrit dans une longue tradition où les droits fonciers et l’exploitation des territoires africains cristallisent les tensions entre souveraineté nationale, capitaux privés et diplomatie parallèle.

Dès la période de 1899 à 1920, à l’ère des compagnies concessionnaires en Afrique centrale, les administrations coloniales octroyaient de vastes pans de territoire à des entreprises privées pour l’exploitation des ressources, établissant une tradition de gestion privée des terres sauvages. Plus tard, entre 1970 et 1990, le Cameroun indépendant a réorganisé son domaine cynégétique en créant des Zones d’Amodiation de Chasse (ZIC) dans le Nord et l’Est, attribuant des concessions de plusieurs milliers d’hectares à des guides professionnels et des investisseurs privés.

Au tournant des années 2000, la création de réserves et de parcs nationaux a transformé la valeur économique et environnementale de ces territoires, attirant les grandes fortunes mondiales. Entre 2020 et 2026, le litige autour de la concession de 1 640 hectares s’est envenimé, conduisant à une impasse juridique nécessitant aujourd’hui un arbitrage au plus haut sommet de l’État.

Si la communication officielle mettra en avant la coopération bilatérale, la protection de la biodiversité ou le développement durable, l’agenda diplomatique de cette rencontre comporte trois enjeux clés : d’abord, la garantie des investissements étrangers afin de sécuriser les titres d’exploitation des fonds privés au Cameroun ; ensuite, l’arbitrage entre souveraineté foncière et diplomatie princière pour éviter que ce cas ne fragilise la gestion des zones d’amodiation par le ministère des Forêts et de la Faune ; enfin, une médiation de haut niveau permettant au président Paul Biya de trancher ce dossier sensible sans froisser ni le réseau financier de la haute banque européenne, ni les acteurs historiques du secteur touristique.

Pour Paul Biya, l’équation est donc explosive. Trancher en faveur de la banque Rothschild risque de fragiliser le ministère des Forêts et de la Faune face aux diktats financiers extérieurs. Donner raison au guide français priverait le pays d’appuis politiques et économiques européens majeurs. À toutes fins utiles, ce vendredi à Yaoundé, la diplomatie princière ne vient pas parler d’écologie, mais négocier le contrôle réel du sol Camerounais sans le consentement du peuple Camerounais.

Source : Esbi Media

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