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Moussa Njoya révèle les graves incongruités lors de l’audition du colonel Otoulou
Mardi 14 juillet dernier, dans le cadre de l’affaire Martinez Zogo, avait lieu l’audition d 34e témoin en la personne de Jean Pierre Otoulou, Commandant de la légion de gendarmerie du Littoral, et anciennement Commandant de la légion du Centre au moment des faits.
Malheureusement comme cela est devenu coutumier depuis le début de cette affaire, les comptes-rendus qi ont été faits par les médias et autres lanceurs d’alerte, ont été très largement biaisés, voire falsifiés, on ne sait dans quel but exactement.
C’est ainsi que de la plupart se sont limités à restituer le récit fait par Jean Pierre Otoulou, sur les conditions et les raisons qui ont conduit à l’ensemble des arrestations auxquelles ses équipes et lui ont procédé.
Il ressort globalement de cette narration aux accents lyriques que ce qui l’a conduit à l’arrestation de Justin Danwé, c’est que lors de sa descente au poste de gendarmerie de Nkolgodi devant lequel Martinez Zogo a été enlevé, il a constaté que la manière avec laquelle son véhicule a été percuté est une affaire spécialiste travaillant surement dans l’un des services spéciaux de défense et de sécurité. Cette intime conviction était d’autant plus fondée que n’importe quel bandit du quartier ne saurait avoir le courage de venir enlever quelqu’un devant un poste de sécurité. Quelques jours plus tard, il aurait appris par l’un de ses collaborateurs, le Lieutenant Ngambi, que Danwé se renseignait sur Martinez Zogo avant son enlèvement. C’est ainsi que ses équipes et lui aurait repéré, grâce à la vidéosurveillance, le Prado noir qui aurait servi à enlever Martinez au niveau de Total Yannick, et au même moment le téléphone de Danwé aurait rayonné au même endroit. Suite à cela, il a décidé de demander la mise à sa disposition de Danwé. Et une fois dans ses services et face à la convivialité qui y régnait, le Lieutenant-colonel Danwé, tout directeur des opérations de la DGRE qu’il était et qui a fait toute sa carrière au sein de ce service secret, est passé très facilement aux aveux, en disant qu’il a mené cette opération avec l’Adjudant-Chef Ebo’o Clément, pour faire plaisir à son patron Eko Eko. Danwé aurait ensuite fait venir Ebo’o, qui a son tour a donné les noms des autres membres du Commando, qui ont par la suite été mis à sa disposition par le DGRE, ainsi que par le commandant de la légion de l’Extrême-Nord.
Pour ce qui est de l’arrestation de Eko Eko, il l’aurait fait parce que Danwé a fait savoir que c’est sur sa demande qu’il aurait fait. Ensuite, pour lui Eko ne pouvait pas ignorer ce qui se passait eu égard à la densité de la vidéosurveillance présente les locaux de la DGRE et qui serait monitoré depuis le cabinet du DG, ainsi que les compétences avérées de celui-ci en matière de renseignements. Bien plus, il estime que Eko Eko n’avait ouvert aucune enquête interne alors que ses éléments étaient mêlés à cette affaire. Mieux, dans un audio remis par Eko lui-même, on y entend Amougou Belinga dire à un certain « Bidzongo » que Danwé et Eko sont ses « gens ».
Pour ce qui est d’Amougou Belinga, son interpellation serait due au fait que lors de son audition, Eko Eko aurait déclaré que c’est à Danwé et à celui-ci qu’il faut aller demander ce qu’ils ont fait ensemble, parlant de l’enlèvement de Martinez. Bien plus, après avoir nié dans un premier temps ne pas connaitre Amougou Belinga, Danwé est revenu sur ses dires, en faisant savoir que c’est Amougou Belinga qui lui aurait demandé de « faire taire » Martinez, en contrepartie de l’argent et d’une avance de solde. Et pour cela, il a rencontré plusieurs fois Amougou Belinga à son domicile au complexe BEAC, et dans ses bureaux, à l’immeuble Ekang. Et pour cela, il garait son véhicule au magasin Playce, puis venait à pieds, en veillant à prendre un trajet différent, comme s’il tenait à chaque fois à être filmé et à documenter ses passages, « au cas où il y aurait des problèmes ».
Pour Bruno Bidjang, c’est la découverte d’un message dans son téléphone dont copie lui avait été donné par le Colonel Bialo, et dans lequel il faisait savoir à Paul Dauzy Biya, le jour où ils vont réagir ils seront « sans pitié », qui a justifié sa détention. Même comme celui-ci a déclaré qu’il faisait en réalité mention du fait que Amougou Belinga a de fortes relations dans la justice, et qu’il serait capable d’envoyer Martinez en prison à tout moment. D’ailleurs, son arrestation serait aussi largement justifiée par le fait que « tout le monde savait que Bruno Bidjang et Amougou Belinga étaient liés comme l’ongle et le doigt », et que par conséquent l’un ne pouvait pas faire quelque chose sans que l’autre ne soit au courant.
Une fois ce récit fort ampoulé fait, est venu la phase de l’examination in chief, c’est-à-dire de l’audition à la barre du témoin par le parquet, conduit par le Commissaire du gouvernement. Et c’est à ce moment que le témoin s’est dégonflé comme une baudruche sous les questions des substituts du Commissaire du gouvernement.
Tellement ses réponses étaient pleines d’incongruités, dont voici quelques-unes :
1- À la question de savoir quels sont les actes qu’il a posé lors de sa descente au poste de gendarmerie de Nkolgondi, notre officier supérieur de gendarmerie, qui n’a pas manqué de faire savoir à l’assistance qu’il est à la consécration de sa carrière en tant que commandant de légion, a répondu qu’il n’a posé aucun acte lors de cette descente, et qu’il était juste allé voir ce qui s’est passé ! C’est-à-dire qu’il n’a procédé ni à la fouille du véhicule, ni à la vérification du dossier dudit véhicule. Plus grave, à l’issue de sa descente, il n’a fait aucun compte-rendu à ses supérieurs judiciaire et administratif que sont le commissaire du gouvernement et le général commandant de la première région de gendarmerie, parce qu’il estimait que ce n’était pas « une situation grave ». Donc, l’enlèvement d’un individu devant un poste de gendarmerie n’est pas une situation assez grave qui mérite un rapport, ne serait-ce que verbal ? Incroyable !
2- Après avoir déclaré qu’il n’avait rien pris lors de cette descente, et après que le substitut du Commissaire du gouvernement lui ait rappelé le contraire en lisant la déposition du chef de poste de gendarmerie de Nkolgondi, il a finalement avoué avoir reçu des mains de celui-ci le téléphone de Martinez, ainsi qu’un lot de documents sur lequel était marqué « MZ ». Et à la question de savoir ce qu’il en a fait, il répondra qu’il aurait remis cela à l’un de ses collaborateurs, sans les fouiller, et qu’il ne sait même pas l’usage qui en a été fait par la suite ! Comment tout un commandant de légion de gendarmerie peut négliger autant les effets d’une victime d’enlèvement ? Terrible !
3- À la question de savoir comment est-ce qu’il a récupéré le Prado noir de Danwé qui aurait servi à l’opération, il a répondu que c’est celui-ci lui-même qui les a conduit, un collaborateur et lui, à la montée Jouvence dans un garage où ils ont récupéré ledit véhicule pour le déposer à la brigade de gendarmerie de Mendong. Et à la question de savoir quels sont les actes d’enquête qu’il a posé sur ledit véhicule, notre officier supérieur de gendarmerie répondra qu’il n’en a fait aucun ! Même pas une fouille sommaire ! Encore moins l’identification formel dudit véhicule à travers son dossier. Terrible !
4- À la question de savoir s’il pouvait confirmer que le véhicule déposé à la brigade de Mendong est celui ayant effectivement servi à l’opération. Il répondra que non ! Et justement, ledit véhicule n’est pas du tout celui qui a servi à l’opération, et qui est garé dans la cour du tribunal militaire de Yaoundé !
5- Quel est alors le Prado noir qu’il prétend avoir identifié à Total Yannick, et qui l’a conduit sur la piste de Danwé ? Mystère !
6- D’autre part, il a déclaré que durant l’opération, le commando a fait usage de deux véhicules, à savoir le Prado noir et un Pick-up dans lequel Martinez a été transféré après son enlèvement, parce que le Prado noir était déjà « grillé ». Alors, comment se fait-il que Jean Pierre Otoulou et ses équipes n’aient jamais cherché à repérer ledit Pick-up, qui est pourtant la voiture dans laquelle Martinez auriat été conduit à son lieu de torture et d’assassinat ?
7- À la question de savoir quel est le nombre de téléphones qu’il a reçu de Justin Danwé lors de son arrestation, notre colonel, tout commandant de légion qu’il est, dira ne pas s’en rappeler !
8- À la question s’il savait que Danwé continuait à user de son téléphone pour appeler ses collaborateurs et des membres de sa famille afin qu’ils aillent récupérer des documents et des effets dans ses bureaux à la DGRE, des jours après son arrestation, et la supposée confiscation de son téléphone, notre colonel répondra que ce n’est pas grave. D’ailleurs, il ne sait pas exactement où ledit téléphone était gardé. Alors qu’à l’entame de l’audience lui-même avait déclaré qu’il a décidé de confisquer le téléphone de Danwé, parce qu’il avait fait des manipulations suspectes au début de son audition, comme s’il voulait effacer des messages !
9- Après avoir justifié la continuité de l’usage de son téléphone par Danwé par des raisons d’humanisme, à la question de savoir s’il avait accordé la même faveur aux autres accusés, il répondra par la négative, en voulant justifier ce traitement de faveur par le fait que Danwé était leur « camarade » et était coopératif !
Comment peut-on laisser le téléphone d’un tel suspect sans le sceller ? Incroyable !
10- S’agissant de Eko Eko, il sera établi que contrairement aux dires du Colonel Otoulou, le DG de la DGRE avait effectivement ouvert une enquête interne dès les premières arrestations de ses éléments survenues le 27 janvier 2023.
11- Pire notre colonel a avoué que lors de leur descente à la DGRE pour voir le dispositif de vidéosurveillance, ils n’avaient aucunement pris la peine de vérifier si ces cameras étaient effectivement fonctionnelles. Alors, comment ont-ils su que c’est depuis le cabinet du DG que celles-ci étaient directement monitorées ? Mystère !
12- Bien plus grave, le colonel Otoulou dit ne pas se rappeler si la fameuse descente à la DGRE a été sanctionnée par un rapport ! Incroyable !
13- Par ailleurs, alors qu’il a déclaré que c’est Danwé et Ebo’o qui ont donné les noms de tous les membres du commando, comment se fait-il qu’avant l’arrestation de Danwé, Jean Pierre Otoulou et ses éléments savaient déjà que Godje était en fuite, et étaient déjà à sa recherche ? Qui leur avait déjà donné les noms exacts des membres du Commando, qui plus est sont des agents secrets travaillant généralement sous des faux noms ? Mystère et boule de gomme !
14- Plus grave notre commandant de légion déclare ne plus se souvenir de la période de la journée (le matin, le soir, l’après-midi) au cours de laquelle il a procédé à la première audition de Justin Danwé !
Bref, l’audition de ce témoin, très loin d’avoir contribué à la manifestation de la vérité, a plutôt révélé les très graves incongruités qui ont jonché l’enquête préliminaire dans l’affaire Martinez Zogo.
Et là, nous ne sommes qu’à la phase de l’examination in chief. La cross examination, c’est-à-dire l’audition du témoin par les avocats des parties civiles, de la défense, et par les accusés eux-mêmes sera assurément explosive.
Et pour cela, j’invite tous ceux qui le peuvent, à venir eux-mêmes assister aux audiences des 03 et 04 août prochains, au lieu de se fier aux faux comptes-rendus qui sont souvent faits.
Ils en partiront avec une tout autre idée de cette affaire, à l’instar de Maximillienne Ngo Mbe.
Moussa Njoya
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le gouvernement met en garde contre les injections esthétiques illégales

Le Ministère de la Santé Publique rappelle que les actes d’injection de produits de comblement corporel constituent des actes médicaux qui doivent être réalisés exclusivement par des professionnels de santé dûment qualifiés, dans des structures sanitaires autorisées…
Ci-dessous, l’intégralité du communiqué du Ministère de la Santé Publique:
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Le Ministre de la Santé Publique, Dr Manaouda Malachie, informe l’opinion nationale qu’il a été porté à sa connaissance la multiplication, sur les réseaux sociaux et dans certains espaces privés, d’activités de promotion et d’injection de produits présentés sous l’appellation « Body Filler » à des fins d’augmentation du volume des fesses, des seins ou d’autres parties du corps.
Le Ministère de la Santé Publique rappelle que les actes d’injection de produits de comblement corporel constituent des actes médicaux qui doivent être réalisés exclusivement par des professionnels de santé dûment qualifiés, dans des structures sanitaires autorisées, dans le strict respect de la réglementation en vigueur, et se réserve le droit de saisir les autorités compétentes contre tout contrevenant.
Le Ministre attire particulièrement l’attention du public sur les risques graves liés à l’utilisation de produits non homologués ou administrés par des personnes non qualifiées, notamment :
– les infections sévères ;
– les réactions allergiques ;
– les déformations et douleurs chroniques ;
– la migration du produit dans l’organisme ;
– la nécrose des tissus ;
– les complications pouvant mettre la vie en danger.
En conséquence, le Ministère de la Santé Publique :
– invite les populations à faire preuve de la plus grande vigilance face aux offres de « Body Filler » diffusées sur les réseaux sociaux ou dans des lieux non agréés ;
– rappelle qu’aucun acte médical esthétique ne doit être pratiqué en dehors d’un cadre sanitaire réglementé ;
– exhorte toute personne souhaitant recourir à une intervention esthétique à consulter un médecin ou un chirurgien qualifié dans une formation sanitaire autorisée ;
– informe que les services compétents du Ministère procèdent aux vérifications nécessaires et que toute activité exercée en violation de la réglementation fera l’objet des mesures administratives et judiciaires prévues par les textes en vigueur.
Le Ministre de la Santé Publique appelle enfin les populations à privilégier leur sécurité et leur santé, et à signaler toute pratique suspecte aux autorités sanitaires compétentes.
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SNH : le bénéfice chute de 41 % en 2025, l’exploitation reste déficitaire malgré la hausse du chiffre d’affaires

(Investir au Cameroun) – Malgré une légère progression de son chiffre d’affaires en 2025, la Société nationale des hydrocarbures (SNH) a vu son bénéfice net chuter de 41,3 %, à 19,98 milliards de FCFA, contre 34,05 milliards un an plus tôt. Les états financiers non consolidés arrêtés au 31 décembre montrent surtout que l’entreprise publique continue d’enregistrer une perte sur son activité d’exploitation, tandis que son résultat demeure largement soutenu par les revenus tirés de ses participations et placements financiers.
Le chiffre d’affaires de la SNH s’est établi à 5,55 milliards de FCFA en 2025, en hausse de 6,1 % par rapport aux 5,23 milliards enregistrés en 2024. Cette progression résulte essentiellement des ventes de produits fabriqués, passées de 5,23 milliards à 5,54 milliards de FCFA. Elle n’a cependant pas suffi à compenser l’augmentation de plusieurs charges d’exploitation.
La valeur ajoutée a ainsi reculé de 14,06 milliards à 9,05 milliards de FCFA, soit une baisse de 35,6 %. L’excédent brut d’exploitation, positif de 1,72 milliard en 2024, est devenu négatif à hauteur de 3,36 milliards de FCFA en 2025. Après prise en compte des amortissements, provisions et dépréciations, la perte d’exploitation s’est creusée à 12,47 milliards de FCFA, contre 6,53 milliards un an auparavant.
Les charges d’exploitation accélèrent
La dégradation de l’exploitation s’explique notamment par la progression des services extérieurs, passés de 5,24 milliards à 6,43 milliards de FCFA, soit une hausse de 23 %. Les rémunérations d’intermédiaires et de conseils représentent à elles seules 4,03 milliards, contre 3,26 milliards en 2024.
Les impôts et taxes ont presque quadruplé, à 1,64 milliard de FCFA, contre 418,3 millions un an plus tôt. Cette évolution est principalement liée aux pénalités et amendes fiscales, qui ont atteint 1,32 milliard de FCFA en 2025, contre seulement 13,2 millions en 2024.
Les autres charges ont également augmenté de 80 %, passant de 2,93 milliards à 5,28 milliards de FCFA. Elles comprennent notamment 2,35 milliards de charges diverses et 2 milliards de dotations aux provisions pour risques à court terme. Dans le même temps, les charges de personnel sont restées relativement stables à 12,41 milliards de FCFA, en hausse de moins de 1 %.
Cette configuration révèle un décalage entre l’évolution du chiffre d’affaires et celle des coûts. Pour 5,55 milliards de FCFA de revenus commerciaux, la SNH supporte plus de 12,4 milliards de charges de personnel, auxquels s’ajoutent les services extérieurs, les impôts, les autres achats et les autres charges.
Les revenus financiers demeurent le principal moteur du bénéfice
Dans ce contexte, les activités financières ont une nouvelle fois permis à la SNH de rester bénéficiaire. Le résultat financier s’est établi à 43,88 milliards de FCFA en 2025, un niveau largement supérieur à la perte d’exploitation de 12,47 milliards.
Cette contribution a néanmoins reculé de 24,1 % par rapport aux 57,82 milliards de FCFA enregistrés en 2024. La baisse résulte principalement du recul des revenus de participations, passés de 52,59 milliards à 41,64 milliards de FCFA, soit une diminution de 20,8 %. Les revenus de placement ont, pour leur part, chuté de 57,2 %, à 2,24 milliards de FCFA, contre 5,23 milliards un an auparavant.
Après compensation de la perte d’exploitation par le résultat financier, le résultat des activités ordinaires ressort à 31,4 milliards de FCFA, contre 51,29 milliards en 2024. Une charge d’impôt sur le résultat de 11,43 milliards ramène le bénéfice net à 19,98 milliards.
Sans ses revenus financiers, la SNH aurait donc présenté un résultat négatif en 2025. Les comptes confirment ainsi que la rentabilité de la société dépend moins de son chiffre d’affaires commercial que du rendement de ses participations et de ses placements.
Ce constat explique également une marge nette atypique. Rapporté au chiffre d’affaires, le bénéfice représente environ 360 % en 2025, contre plus de 650 % en 2024. Ce ratio exceptionnel ne traduit pas une rentabilité commerciale élevée : il résulte du poids des produits financiers, qui sont près de huit fois supérieurs au chiffre d’affaires de l’exercice.
Les flux de trésorerie opérationnels divisés par plus de deux
Le tableau des flux de trésorerie confirme la moindre capacité de l’entreprise à générer des ressources à partir de son activité courante. La capacité d’autofinancement globale est passée de 42,31 milliards de FCFA en 2024 à 29,09 milliards en 2025, soit une baisse de 31,2 %.
Les flux nets provenant des activités opérationnelles ont reculé encore plus fortement, de 28,49 milliards à 13,12 milliards de FCFA, soit une contraction de 53,9 %. Cette évolution s’explique notamment par une augmentation de 12,62 milliards de FCFA des créances et par une variation défavorable du passif circulant de 3,8 milliards.
Les activités d’investissement ont dégagé un flux positif de 6,96 milliards de FCFA, contre 20,12 milliards en 2024, principalement grâce à 11,54 milliards d’encaissements liés à des cessions d’immobilisations financières. La SNH a parallèlement versé 24 milliards de FCFA de dividendes et enregistré 3,41 milliards de prélèvements sur le capital.
Au total, la trésorerie nette a diminué de 7,32 milliards de FCFA sur l’exercice, après une progression de 17,96 milliards en 2024. Elle reste néanmoins élevée, à 159,21 milliards de FCFA à fin décembre 2025, contre 166,53 milliards un an plus tôt.
Une structure financière solide, malgré plusieurs réserves d’audit
Le total du bilan a légèrement reculé de 1,2 %, à 328,85 milliards de FCFA. Les capitaux propres restent élevés à 270,28 milliards, soit plus de 82 % du total du bilan, contre 278,99 milliards en 2024. La SNH n’affiche par ailleurs aucun emprunt bancaire ou obligataire dans ses comptes au 31 décembre 2025.
Cette solidité bilancielle coexiste toutefois avec une hausse de 23 % des provisions pour risques et charges, à 43,66 milliards de FCFA. Les provisions pour litiges représentent 37,53 milliards, tandis que celles relatives aux pensions et obligations assimilées atteignent 5,43 milliards.
Les commissaires aux comptes ont émis une opinion avec réserves. Ils relèvent notamment que la participation de la SNH dans le projet CSTAR Tank Farm, représentant des décaissements de 5,58 milliards de FCFA, n’a pas été comptabilisée dans ses immobilisations financières. Ils estiment également que la provision pour indemnités de fin de carrière devrait être relevée de 4,77 milliards de FCFA.
Les comptes 2025 confirment ainsi que la SNH conserve une trésorerie et des capitaux propres importants, mais que sa rentabilité demeure largement dépendante de ses revenus financiers. La progression du chiffre d’affaires masque une détérioration de la valeur ajoutée, des flux opérationnels et du résultat d’exploitation. Le principal enjeu réside désormais dans la capacité de l’activité courante à retrouver un équilibre durable, indépendamment des dividendes et des revenus de placement.
Amina Malloum
Lire aussi :
15-07-2026 – Hydrocarbures : la SNH affiche 49,3 milliards de FCFA transférables à l’État au premier trimestre 2026
09-07-2026 – Pétrole et gaz : le Cameroun anticipe une chute de 24,6% de l’activité en 2027
06-07-2026 – Gaz naturel : la SNH prépare l’après-Hilli Episeyo avec Yoyo–Yolanda et cinq blocs en négociation
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l’instinct de survie d’un parti sans pouvoir – Analyse

Pendant quatre décennies, le RDPC n’a pas gouverné. Il a accompagné. Il n’a pas décidé. Il a amplifié. Il n’a pas anticipé. Il a suivi. Chaque réforme venait d’ailleurs. Chaque élection était annoncée par la présidence. Chaque orientation politique descendait du sommet vers les délégations régionales et départementales, qui la relayaient sans la discuter. Le RDPC était la courroie de transmission d’un homme — pas l’instrument collectif d’un projet.
Et soudain, cet homme est à Genève depuis six semaines. Silencieux. Affaibli. Sans date de retour connue. Et le RDPC se retrouve face à la question pour laquelle il n’a jamais été conçu : que fait-on quand le chef ne donne plus d’instructions ?
Ce communiqué publié le 14 juillet 2026 par Jean Nkuete, secrétaire général du Comité Central, est la réponse instinctive à cette question. Pas une réponse pensée. Pas une stratégie élaborée. Un réflexe. L’instinct de survie d’un parti qui vient de comprendre qu’il peut disparaître avec son président si personne ne fait rien.
La bascule historique : d’un parti qui suit à un parti qui doit anticiper
Dans toute l’histoire du RDPC, il n’existe pas un seul exemple documenté d’anticipation politique autonome. Le parti n’a jamais su quand les élections seraient organisées avant que la présidence ne les annonce. Il n’a jamais produit une proposition de réforme qui ait ensuite été adoptée. Il n’a jamais pris position publiquement avant que le chef ne se soit exprimé. Sa loyauté était totale — et cette totalité était précisément sa valeur pour Biya. Un parti qui ne pense pas par lui-même ne peut pas comploter contre son chef.
Cette architecture de dépendance totale était une force dans un régime stable. Elle est devenue une faiblesse existentielle dans un régime en transition.
Car anticiper, c’est exactement ce que le RDPC doit faire maintenant — pour la première fois de son histoire. Il doit anticiper le retour du président ou son absence. Il doit anticiper la nomination d’un vice-président ou son report. Il doit anticiper les manœuvres des clans qui se disputent la succession. Il doit anticiper la désintégration possible de ses propres réseaux territoriaux.
Un parti qui n’a jamais anticipé doit soudain anticiper tout. C’est une bascule historique pour laquelle ses cadres ne sont pas formés, ses structures ne sont pas conçues, et sa culture politique ne fournit aucun précédent utile.
La psychologie du parti : la peur d’être rendu orphelin
Pour comprendre ce communiqué dans sa dimension la plus humaine, il faut entrer dans la psychologie collective d’un parti-outil qui découvre sa propre vulnérabilité.
Les cadres du RDPC — délégués régionaux, chefs de délégations départementales, chargés de mission — ont construit leurs carrières, leurs réseaux, leurs positions sociales et leurs revenus autour d’une seule certitude : Biya est là, le parti existe, les avantages sont distribués. Cette certitude structurait leur monde depuis des décennies. Elle leur donnait une identité, une utilité, une place dans le système.
Cette certitude est en train de vaciller. Et avec elle, c’est leur propre existence dans le système qui tremble.
Ce qu’ils ressentent en ce moment n’est pas seulement de l’inquiétude politique. C’est quelque chose qui ressemble à la panique d’un corps dont le chef a disparu sans désigner qui le remplace. Ils ne savent pas à qui obéir. Ils ne savent pas quel clan soutenir sans se tromper. Ils ne savent pas si leur loyauté passée au système Biya sera un atout ou un handicap dans l’après.
Ce communiqué leur dit : rassemblez-vous. Maintenez la ligne. Ne bougez pas sans instruction. C’est un message de stabilisation psychologique autant que politique. Jean Nkuete ne convoque pas ses délégués pour décider. Il les convoque pour les empêcher de paniquer.
Le risque de fragmentation territoriale : l’évaporation silencieuse
C’est le risque que le RDPC redoute le plus — et dont personne ne parle ouvertement.
Un parti dont la cohésion repose sur la distribution de ressources venues du centre ne résiste pas longtemps à l’absence de ce centre. Les délégués régionaux et départementaux sont des opportunistes rationnels — nous l’avons dit. Ils ont rejoint le RDPC parce que c’était utile. Ils y restent parce que c’est encore utile. Mais si le centre vacille, si les nominations se font attendre, si les ressources ne descendent plus, si les instructions ne viennent plus — alors chaque délégué commence à calculer individuellement son prochain mouvement.
Ce calcul individuel produit la fragmentation. Pas spectaculairement. Pas en une rupture visible. Mais silencieusement, délégation par délégation, région par région, à mesure que les liens de loyauté au parti s’effacent devant les liens de loyauté aux clans qui offrent une perspective dans la succession.
Dans le Nord, les réseaux tribaux et familiaux peuvent se substituer au RDPC comme structure de loyauté locale. Dans l’Ouest, les élites bamilékées ont leurs propres circuits économiques et politiques qui ne dépendent pas du parti. Dans le Centre et le Sud, les clans du village présidentiel peuvent s’organiser directement autour des acteurs de la succession sans passer par l’appareil partisan.
Le RDPC ne disparaîtra pas le lendemain du départ de Biya. Il s’évaporera progressivement — une délégation qui devient inactive, un réseau qui se réoriente, un notable qui change d’allégeance sans l’annoncer. Et au bout de cette évaporation silencieuse, il ne restera qu’une étiquette vide dans un paysage politique recomposé sans lui.
C’est précisément ce scénario que la réunion du 22 juillet cherche à prévenir. Non pas en résolvant le problème structurel — c’est impossible en une journée de travail au Palais des Congrès — mais en signalant à tous les délégués que le centre existe encore, que la hiérarchie tient, et que bouger maintenant est prématuré.
Le seul actif qui reste : le contrôle territorial
Malgré sa fragilité structurelle, le RDPC possède un actif que les autres acteurs de la succession n’ont pas : le contrôle du terrain politique local dans les dix régions du pays.
Les délégations permanentes régionales et départementales surveillent les élites locales, gèrent les notables, stabilisent les communautés, contrôlent les réseaux administratifs de proximité. Ce maillage territorial, construit pendant quarante ans grâce aux ressources de l’État, ne se démonte pas en quelques semaines — même si son chef est à Genève.
Dans une transition, celui qui tient le territoire tient une partie de l’héritage politique. Pas la totalité. La présidence, les appareils sécuritaires, et les réseaux financiers pèseront davantage dans la succession effective. Mais dans la phase de légitimation qui suivra — la gestion des populations, l’organisation des élections, la stabilisation du pays — le réseau territorial du RDPC sera indispensable à quiconque voudra gouverner effectivement.
C’est cet actif que le parti veut préserver. Et c’est pour préserver cet actif qu’il réunit ses délégués avant que les clans de la succession ne les approchent individuellement avec des offres plus attractives.
La configuration à trois pôles et le rôle du RDPC
Dans un système comme celui du Cameroun, l’héritage du pouvoir n’est jamais une personne seule. C’est une configuration de forces.
Trois pôles comptent dans cette configuration. Le pôle institutionnel — Constitution, Parlement, SGPR, Cabinet civil — qui contrôle les actes juridiques et les circuits de légitimité formelle. Le pôle sécuritaire — armée, BIR, GP, renseignement — qui contrôle la force physique et le territoire. Et le pôle territorial — le RDPC — qui contrôle les relais politiques locaux et la capacité de mobilisation populaire.
L’héritier qui s’imposera sera celui qui obtient l’accord de deux pôles sur trois. Le RDPC sait qu’il ne peut pas être les deux premiers. Mais il peut être le troisième. Et le troisième peut faire pencher la balance entre deux prétendants institutionnellement et sécuritairement équilibrés.
Le RDPC ne peut pas imposer un successeur. Mais il peut empêcher certains héritiers et faciliter d’autres. Il peut apporter sa légitimité territoriale à celui qui la mérite le mieux — ou à celui qui offre les meilleures garanties pour l’avenir du parti.
C’est cela, « peser dans la transition » sans pouvoir la diriger. C’est une ambition plus modeste que le pouvoir. Mais infiniment plus réaliste que la disparition.
Conclusion : l’instinct de survie face à l’impensable
Ce communiqué n’est pas la marque d’un parti qui reprend le contrôle. C’est la marque d’un parti qui a compris qu’il doit agir maintenant ou disparaître.
Le RDPC a survécu quarante-trois ans dans l’ombre d’un homme en étant indispensable à sa domination. Il veut survivre à cet homme en étant indispensable à sa succession. C’est la même logique de parti-outil — mais appliquée à un contexte radicalement différent, pour lequel il n’a pas été conçu, et pour lequel il n’a aucun précédent dans son histoire.
Un parti qui n’a jamais délibéré va devoir peser. Un parti qui n’a jamais anticipé va devoir calculer. Un parti qui n’a jamais existé sans son chef va devoir exister malgré lui.
La bascule est historique. L’enjeu est existentiel. Et la réunion du 22 juillet au Palais des Congrès de Yaoundé dira si le RDPC est capable de faire ce qu’il n’a jamais appris à faire : penser par lui-même.
NB :Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement la position éditoriale d’Actu Cameroun.
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