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Tourisme au Cameroun : décennie de déclin et pertes abyssales

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Tourisme au Cameroun : décennie de déclin et pertes abyssales
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Entre 2014 et 2026, le secteur touristique camerounais a subi une hémorragie financière et structurelle sans précédent. Si le gouvernement s’abrite derrière l’insécurité pour justifier ce marasme, les experts dénoncent une gestion défaillante qui a condamné douze années de potentiel à l’oubli, transformant une destination phare en une terre en friche, alors même que les chiffres officiels révèlent une stagnation chronique.

En 2014, les services compétents du ministère du Tourisme et des Loisirs faisait allusion à 100 millions de FCFA de pertes pour le tourisme au Cameroun pour cause d’insécurité. Cependant, tout porte à croire à un gestion autre. Car, bien avant le conflit Boko Haram dans le Septentrion, rien n’etait réellement mis sur pied pour gérer et vulgariser le tourisme. Les choses se faisait naturellement sans une véritable pris en charge du secteur.

En fait, depuis 2014, le paysage touristique camerounais est marqué par une spirale baissière. Si les autorités pointent régulièrement du doigt la menace Boko Haram dans l’Extrême-Nord et la crise sociopolitique dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest pour justifier cette léthargie, les économistes qualifient cette lecture de fallacieuse. Cette stigmatisation sécuritaire agit comme un écran de fumée : elle occulte le fait que la majorité du territoire national est épargnée par ces conflits. Pour les sociologues, cette inaction est le fruit d’une négligence systémique où l’alibi sécuritaire dispense l’État de repenser son attractivité nationale. Pourquoi, alors, le littoral, l’Ouest montagneux ou les forêts du Sud restent-ils des zones sous-exploitées, alors que seulement 20 % des 930 sites touristiques reconnus sont réellement exploités ?

Douze ans de devises envolées

Les données de l’Institut National de la Statistique (INS) et des observateurs internationaux confirment un bilan en demi-teinte qui met en lumière la faiblesse du secteur. Malgré l’annonce d’une contribution de 4 % au PIB, la réalité est plus contrastée : le Cameroun peine à capter les flux mondiaux. Entre 2014 et 2023, les recettes par touriste ont été soumises à une inflation galopante et à des chocs externes, notamment la pandémie de COVID-19 qui a fait chuter les revenus de 34 % en 2020. Les économistes soulignent que le manque à gagner n’est pas seulement lié aux crises locales, mais à une érosion fiscale massive et à une sous-utilisation des infrastructures, faute de promotion ciblée.

Un patrimoine à l’abandon

La période 2014-2026 a accentué le délabrement des sites naturels et le découragement des acteurs privés. Le secteur touristique, qui génère pourtant environ 60 000 emplois, souffre d’une absence de professionnalisme et d’un manque de coordination entre les acteurs. Les guides locaux sont désœuvrés et les artisans délaissés, faute de stratégies d’écotourisme concrètes. Cette négligence, en ne valorisant pas le patrimoine, a engendré une perte d’identité culturelle autant qu’économique. Le matériel tombe en ruine par manque de maintenance, et l’humain, moteur essentiel de l’accueil, s’essouffle dans un secteur perçu comme sans avenir.

L’urgence d’une rupture avec l’inertie bureaucratique

Quelle est la réelle prérogative du ministère de tutelle après 12 ans de piétinement ? La question de sa pertinence se pose avec acuité. Un ministère doit être le premier architecte de l’image de marque du pays, un chef d’orchestre capable de mobiliser les Travaux Publics, la Culture et les Transports pour sublimer chaque région. Or, le tourisme est géré comme une administration immobile plutôt que comme une industrie dynamique. Pour sortir de cette léthargie, il ne suffit pas d’allouer des budgets ; il faut une volonté politique de décloisonner le secteur et de cesser d’utiliser les zones de crise comme boucliers de l’inaction. Le Cameroun ne manque pas de sites, il manque d’une vision capable d’inscrire le pays sur la carte mondiale du tourisme.

Au regard de ces douze années de sous-performance, pensez-vous que le modèle actuel de gestion administrative du tourisme est encore capable de se réinventer, ou une restructuration totale impliquant le secteur privé est-elle désormais incontournable ?

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Affaire Socapalm-communauté Apouh : Le Tribunal administratif du Littoral se déclare incompétent

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Affaire Socapalm-communauté Apouh : Le Tribunal administratif du Littoral se déclare incompétent
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Ces populations sollicitent l’annulation partielle de 5 titres fonciers attribués à cet agro-industriel en 1960.

La Communauté Apouh à Ngog dans l’arrondissement de Edéa 1er, département de la Sanaga-Maritime dans la région du Littoral exprime son ras-le-bol. Elle sollicite l’annulation partielle de 5 titres fonciers attribués à la Société Camerounaise de Palmeraies (SOCAPALM) en 1960. Selon les membres de ladite communauté, l’agro-industrie va au-delà de 7 000 hectares.

Une audience relative à ce conflit s’est tenue le 2 juillet 2026 dans le tribunal administratif du Littoral. Selon l’information contenue dans le journal Cameroon Tribune de ce mercredi 8 juillet, la présidente du tribunal administratif du Littoral, Dorcas Mukwade Ngando, expliquera que sans titre foncier, la communauté Apouh ne peut pas dire que les actions de la Socapalm impactent sur son espace…par voie de conséquence, elle serait mal placée pour demander un retranchement et le tribunal s’est déclaré incompétent.

La Communauté Apouh entend dans les prochains jours, demander «expressément» à Henri Eyebe Ayissi, ministre des Domaines, du cadastre et des affaires foncières (Mindcaf) de procéder à la mise sur pied d’une commission ad hoc, sur la base de son courrier du 20 septembre 2023.

Affaire à suivre…

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Sénégal : Achille Bassilekin III fait le bilan de la première édition du FORA’ESS

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Sénégal : Achille Bassilekin III fait le bilan de la première édition du FORA’ESS
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Lors de son allocution de circonstance à Dakar, le ministre camerounais des Petites et moyennes entreprises, de l’économie sociale et de l’artisanat a indiqué que les engagements pris lors de la première édition tenue à Yaoundé en 2024 n’ont pas été de simples déclarations d’intention.

Achille Bassilekin III, ministre camerounais des Petites et moyennes entreprises, de l’économie sociale et de l’artisanat se trouve actuellement au Sénégal. Le membre du gouvernement est à la tête d’une forte délégation qui prend part à la deuxième édition du Forum Africain de l’Économie Sociale et Solidaire (FORA’ESS), prévu du 7 au 9 juillet 2026 dans la capitale sénégalaise Dakar.

Une rencontre continentale consacrée à l’évaluation des engagements de Yaoundé 2024 et à l’accélération de la construction d’un modèle africain de développement fondé sur la solidarité, l’inclusion et la valorisation des territoires. En effet, l’édition de Dakar constitue le prolongement de la dynamique impulsée à Yaoundé en mai 2024 lors de l’organisation du Premier FORA’ESS qui avait mobilisé par moins de 1 500 participants issus de 32 pays.

Bilan

Lors de son allocution de circonstance à Dakar, Achille Bassilekin III a indiqué que les engagements pris lors de la première édition tenue à Yaoundé n’ont pas été de simples déclarations d’intention. Dans son bilan, le membre du gouvernement camerounais a présenté un bilan des activités menées depuis 2024.

Conformément aux résolutions adoptées, un Comité ad hoc de suivi a été mis en place afin d’assurer la continuité politique et technique du processus. La première session de ce Comité s’est tenue en visioconférence le 30 septembre 2024 sous la présidence de Monsieur Achille BASSILEKIN III, Ministre des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Économie Sociale et de l’Artisanat du Cameroun. Le ministre a par exemple évoqué la mise en place d’un comité ad hoc, qui avait pour objectif d’assurer la continuité politique et technique du processus.

Ledit comité a permis de travailler sur la finalisation de la Charte de gouvernance du FORA’ESS, la mise en place de l’observatoire africain de l’économie sociale et solidaire et la création de l’incubateur panafricain de l’économie sociale et solidaire. La charte de gouvernance a permis des avancées significatives dans la définition des mécanismes institutionnels appelés à encadrer durablement le fonctionnement du FORA’ESS.

Pour ce qui est de l’Observatoire africain de l’économie sociale et solidaire, Achille Bassilekin III a expliqué que les réflexions ont progressivement convergé vers la mise en place d’un instrument scientifique et stratégique capable de cartographier les dynamiques du secteur, d’identifier les risques, de capitaliser les expériences et d’éclairer l’action publique. Cette orientation a indiqué le ministre, a été nourrie par les contributions d’experts du Cameroun, du Sénégal et du Maroc, dans une logique de coproduction d’évidences et d’articulation entre les dynamiques nationales et les instruments continentaux.

«Quant à l’Incubateur Panafricain, les échanges ont confirmé la pertinence d’une approche progressive fondée sur le développement et l’interconnexion des incubateurs nationaux existants ou en cours de création. Autrement dit, l’ambition panafricaine a été pensée non pas comme une construction abstraite, mais comme l’agrégation d’expériences nationales concrètes, ancrées dans les territoires et portées par les acteurs eux-mêmes» a précisé Achille Bassilekin III.

Ce dernier a précisé que le Cameroun a, pour sa part, poursuivi ses efforts de consolidation institutionnelle. La 7ème édition des Journées Nationales de l’Économie Sociale, organisée du 5 au 7 août 2025, a servi de cadre d’approfondissement des réflexions relatives à l’Observatoire national et à l’Incubateur national de l’Économie Sociale. S’agissant spécifiquement de l’Observatoire, une étude est conduite avec l’appui technique et financier du BIT, Bureau du Cameroun.

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Sept entreprises sur dix disparaissent avant cinq ans d’existence

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Sept entreprises sur dix disparaissent avant cinq ans d’existence
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À première vue, les données semblent raconter deux histoires différentes. D’un côté, l’Annuaire statistique 2025 du ministère des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Économie sociale et de l’Artisanat dresse le portrait d’un tissu entrepreneurial en expansion. Le Cameroun compte désormais 472 208 PME actives. Leur nombre progresse de 6,5 % en un an et a augmenté de près de 65 % depuis 2019, année où le pays en recensait 287 316.

De l’autre coté, l’Indice de notation du potentiel de croissance des entreprises, présenté le 2 juillet 2026 à Yaoundé par le Centre d’analyse et de recherche sur les politiques économiques et sociales du Cameroun (Camercap), met en évidence une fragilité persistante du tissu entrepreneurial. Selon les promoteurs de cet indice, près de 75 % des TPE, PME et start-up cessent leurs activités avant d’atteindre cinq années d’existence. Ces deux constats ne sont pourtant pas contradictoires.

Ils ne mesurent tout simplement pas le même phénomène. L’annuaire ministériel photographie un stock, c’est-à-dire le nombre d’entreprises actives à une date donnée. Le GPR Index analyse une trajectoire, celle de la capacité des entreprises à survivre, à se structurer et à croître dans le temps.

LES CRÉATIONS SONT DOCUMENTÉES, LES DISPARITIONS BEAUCOUP MOINS

L’Annuaire statistique renseigne avec précision sur les flux de création. Les Centres de formalités de création d’entreprises (CFCE) ont enregistré 16 845 nouvelles PME en 2025, contre 13 423 en 2019. Les jeunes représentent désormais 42 % des créateurs d’entreprises, contre 36,4 % six ans plus tôt. La part des femmes est passée de 25 % à 33 %, traduisant une diversification progressive du profil des entrepreneurs.

Ces données, issues des Recensements généraux des entreprises de 2009, 2016 et 2023, complétées par les statistiques des CFCE, permettent de suivre la dynamique des créations. En revanche, elles renseignent très peu sur les sorties du système productif. L’annuaire comptabilise les entreprises actives sans mesurer précisément le nombre de cessations d’activités, de liquidations ou de faillites enregistrées chaque année.

C’est précisément cette lacune statistique que le Camercap entend combler avec son GPR Index. Pour ses concepteurs, de nombreux programmes d’appui aux PME privilégient encore des indicateurs de performance immédiate — nombre d’entreprises créées, bénéficiaires formés ou financements accordés — sans mesurer la capacité réelle des entreprises à devenir durables, rentables et compétitives.

L’enjeu n’est donc plus uniquement de créer davantage d’entreprises, mais d’augmenter le nombre de celles qui franchissent le cap critique des premières années d’activité.

UN INDICE POUR MESURER LA CAPACITÉ DES ENTREPRISES À DURER

L’initiative du Camercap ambitionne d’améliorer la durabilité, la rentabilité et la compétitivité des PME camerounaises grâce à un outil d’évaluation inédit fondé sur les capacités organisationnelles des entreprises. Selon le Dr Albert Ze, expert au Camercap, le GPR Index repose sur une logique différente des évaluations classiques. « Il s’agit d’un outil qui permet d’évaluer les capacités des entreprises sous quatre dimensions : les capacités institutionnelles, les capacités organisationnelles, le capital humain et l’ancrage socioculturel. Il permet de situer les entreprises par rapport à leurs capacités et de réaliser une évaluation externe », a déclaré Dr Albert Ze.

L’approche s’inspire de la théorie des capacités et des compétences. Elle vise à identifier les fragilités structurelles qui limitent la croissance des entreprises avant même que les difficultés financières n’apparaissent. Pour les promoteurs de l’indice, la forte mortalité des PME s’explique moins par un manque d’esprit entrepreneurial que par des insuffisances en matière de gouvernance, d’organisation interne, de gestion et de planification stratégique. « On se rend compte que cette grande masse d’entreprises créées ne produit pas justement le résultat attendu en matière de croissance économique et de création d’emplois », souligne le Dr Albert Ze.

UNE ÉCONOMIE DOMINÉE PAR DES MICROSTRUCTURES FRAGILES

Les premiers résultats de la phase pilote illustrent cette vulnérabilité. Les TPE et start-up évaluées emploient en moyenne trois salariés. Leur durée moyenne d’existence est de deux ans. Le promoteur type est âgé de 31 ans et dispose d’un capital social inférieur ou égal à un million de francs CFA.

L’évaluation révèle des niveaux de maturité relativement faibles. Les capacités institutionnelles obtiennent un score moyen de 34,03 sur 100. Les capacités organisationnelles plafonnent à 30, le capital humain à 35, tandis que l’ancrage socioculturel atteint 40. La note globale ressort à 34,75 sur 100. Ces résultats traduisent, selon les concepteurs de l’indice, un déficit de structuration davantage qu’un manque d’initiative entrepreneuriale. L’analyse met également en évidence les écarts entre une PME classique et une entreprise qualifiée de « ZLECAf Ready ».

Les principales différences concernent la vision stratégique, la gouvernance, la conformité réglementaire, le contrôle de gestion, la culture d’entreprise, l’anticipation des marchés et la capacité à se projeter dans un environnement concurrentiel régional. Les entreprises familiales constituent également un point de vigilance. Souvent gérées comme des patrimoines privés sans mécanismes formalisés de gouvernance ni de succession, elles deviennent particulièrement vulnérables au départ ou au décès du promoteur, ce qui conduit fréquemment à des conflits familiaux et, dans certains cas, à la disparition de l’entreprise.

AU-DELÀ DE LA SURVIE DES ENTREPRISES, UN ENJEU DE TRANSFORMATION ÉCONOMIQUE

L’enjeu dépasse largement le destin individuel des PME. Les statistiques officielles montrent que les PME représentent aujourd’hui 99,9 % des unités productives formelles du Cameroun. Elles génèrent 25,7 % du chiffre d’affaires des entreprises et assurent près de 800 000 emplois formels. Ce poids économique leur confère un rôle stratégique dans la mise en œuvre de la Stratégie nationale de développement 2020-2030, qui fait du secteur privé le principal moteur de l’industrialisation et de la création d’emplois.

Les données du ministère montrent d’ailleurs une évolution progressive de la structure productive. Depuis 2016, la part du secteur secondaire est passée de 15,6 % à 20,8 %, tandis que celle du secteur tertiaire recule légèrement. Cette évolution demeure toutefois confrontée à une réalité structurelle : le secteur informel concentre encore près de 87 % des unités de production du pays, soit environ 3,8 millions d’unités estimées en 2025.

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