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Extrême-Nord : Une vingtaine de morts en un week-end

La région de l’Extrême-Nord a connu un des weekends les plus sanglants de l’année. Au moins dix-huit personnes sont mortes dans des attaques de Boko Haram. Dans la nuit du jeudi 2 au vendredi 3 juillet une bande d’hommes armés identifiés comme des éléments de la secte terroriste Boko Haram, a fait irruption dans le village Milari, situé à une dizaine de kilomètres de la ville de Kousseri. Profitant de la nuit, ces derniers ont mené une attaque d’une rare violence. Sortis brusquement de leur sommeil, les habitants de ce village n’ont pas eu le temps d’organiser une quelconque riposte face au pillage et à la destruction de leurs biens. Le bilan fait état de neuf morts. Il s’agit de Sale Aboukoudja, Sakine Abdoulaye, Halid Halal, Ahouna Djibrine, Mahamat Issa, Allawane Ramadan, Barka Djibrine, Imar Adoum et Awat Djibrine.
Neuf autres personnes s’en sortent avec des blessures de divers degrés. Il s’agit de Maikala Galadjima, Ramat Oumar, Mahamat Ramadan, Djibrine Mahamat, Mamat Ramadan, Hessana Abdoulaye, Abakar Moussa, Mamat Issa et Dana Imar. Ces derniers ont été évacués dzns les hôpitaux les plus proches, notamment à Kousseri et Kala-Kafra.
Cette attaque survient quelques semaines après la découverte d’une cargaison d’armes dans cette localité. Les riverains avaient alerté les services de sécurité qui les ont emportées. L’attaque de la.nuit du 2 au 3 s’apparente à une revanche des terroristes qui font payer aux populations de Milari le prix de leur collaboration avec les forces de défense et de sécurité.
Le weekend s’est achevé avec une autre attaque annoncée du côté de Mozogo, une commune du département du Mayo-Tsanaga voisin. Selon une source proche des services de sécurité, une horde de combattants de Boko Haram a lancé une offensive sur cette localité, faisant au moins neuf morts et de nombreux blessés graves. L’on n’en sait pas encore grand chose.
Après une courte période d’accalmie, la région de l’Extrême-Nord revit depuis quelques semaines le cauchemar des attaques de groupes armés identifiés comme la secte terroriste Boko Haram. Malgré le déploiement des forces de défense et de sécurité, les terroristes parviennent toujours à sévir., en raison de plusieurs facteurs dont la porosité de la frontière avec le Nigéria et du faible effectif des troupes dans certaines localités.
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À l’aube de sa reconstruction, la Sonara croule sous 702 milliards FCFA de dettes

La Société nationale de raffinage (Sonara) aborde sa reconstruction avec un passif qui continue de s’alourdir. Au 31 décembre 2025, ses dettes à court terme atteignent 701,7 milliards de FCFA, contre 511,9 milliards un an plus tôt, selon les états financiers normalisés de l’entreprise. En douze mois, l’ardoise a augmenté de 189,9 milliards de FCFA, soit 37,1 %. Ce montant est presque équivalent au coût de référence annoncé pour reconstruire l’unique raffinerie du Cameroun, estimé à environ 700 milliards de FCFA. Autrement dit, les seules dettes à court terme de la Sonara pèsent pratiquement autant que le chantier destiné à remettre ses installations de raffinage en service.
Deux postes concentrent l’essentiel de ce passif. Les dettes fiscales et sociales atteignent 477,6 milliards de FCFA en 2025, contre 359,8 milliards en 2024, soit une hausse de 32,7 %. Elles représentent à elles seules 68,1 % des dettes à court terme. Les sommes dues aux fournisseurs d’exploitation ont, elles, bondi de 49 %, passant de 142,9 milliards à 212,9 milliards de FCFA. Réunis, ces deux postes totalisent 690,5 milliards de FCFA et concentrent 98,4 % des dettes à court terme de la société. Dans le même temps, la Sonara a ramené ses crédits de trésorerie de 55,2 milliards à 15 milliards de FCFA.
Mais le passif total du bilan continue de progresser, atteignant 855,8 milliards de FCFA à fin 2025, contre 802,1 milliards un an auparavant.
LA PERTE NETTE SE CREUSE DE 81,6 %
À cette pression financière s’ajoute une nouvelle aggravation du déficit annuel. La Sonara clôture 2025 sur une perte nette de 76,2 milliards de FCFA, contre 42 milliards en 2024. Le déficit s’est ainsi creusé de 81,6 % en un an. Cette dégradation intervient pourtant dans un contexte de forte reprise de l’activité. Le chiffre d’affaires a plus que doublé, passant de 138 milliards de FCFA en 2024 à 317,7 milliards en 2025, soit une progression de 130,2 %.
Depuis l’incendie de mai 2019 qui a mis ses unités de production à l’arrêt, la Sonara ne raffine plus de pétrole brut. Son activité repose notamment sur l’approvisionnement du marché camerounais en produits pétroliers importés.
Les ventes de marchandises ont ainsi généré 311,5 milliards de FCFA en 2025, contre 131,7 milliards un an plus tôt. Les achats de marchandises ont parallèlement atteint 339,3 milliards de FCFA, après 145,7 milliards en 2024. Malgré cette hausse, la marge commerciale s’est améliorée, passant de 4,3 milliards à 16,2 milliards de FCFA.
84 MILLIARDS DE SUBVENTIONS D’EXPLOITATION
Le redressement de l’exploitation reste toutefois soutenu par 84,1 milliards de FCFA de subventions, contre 80,8 milliards en 2024. Dans le même temps, les impôts et taxes comptabilisés parmi les charges d’exploitation ont chuté de 71,3 milliards à 11,3 milliards de FCFA.
Cette combinaison a permis à la Sonara de retrouver un excédent brut d’exploitation positif de 28,4 milliards de FCFA, après un déficit de 7,2 milliards en 2024. Le résultat d’exploitation est également revenu dans le vert, à 19 milliards de FCFA, contre une perte de 14 milliards un an plus tôt.
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Hausse des prix des produits alimentaires de 2,3% entre avril et mai 2026

Même si la tendance globale de l’économie nationale est à la baisse de l’inflation, l’Institut national de la Statistique (INS), qui a récemment publié sa note sur l’évolution des prix à la consommation finale des ménages au Cameroun pour le compte du mois de mai 2026, note qu’entre avril et mai, les prix à la consommation finale des ménages ont augmenté de 0,9%.
C’est la plus importante hausse enregistrée depuis le début de l’année, traduisant une résurgence temporaire des tensions inflationnistes. La progression des prix de 0,9% sur un mois s’est également traduite par une légère accélération du rythme de hausse des prix en glissement annuel, qui s’établit à 2,7%.
Néanmoins rassure l’INS, « Cette évolution ne remet cependant pas en cause, à ce stade, la tendance baissière de l’inflation en moyenne sur les 12 derniers mois qui s’établit à 2,6% et reste ainsi inférieure au seuil communautaire de convergence de 3% ». D’après les équipes de l’INS, cette hausse se caractérise par l’augmentation de 6,1% des prix des légumes, de 4,6% des prix des poissons et fruits de mer, ainsi que de 1,6% de ceux des viandes.
Actuellement, au marché du Mfoundi à Yaoundé, le carton de 20 kg de maquereau doré congelé ne cesse d’augmenter et coûte 50 000 FCFA, tandis que 20 kg de morue sont à 36 000 FCFA. A Youpwe, à Douala, huit crabes de petite taille sont vendus à 3000 FCFA. En ce qui concerne les légumes où la plus forte hausse est constatée, le prix du cageot de tomates varie entre 6500 et 8000 FCFA, contre 3000 à 3500 FCFA, il y a quelques semaines. Le filet de carottes oscille entre 16 000 FCFA et 18 000 FCFA, tandis que le prix du filet de choux est compris entre 12 000 et 16 000 FCFA.
Selon l’INS, en glissement annuel, l’inflation est passée de 3,3% en mai 2025 à 2,7% en mai 2026, après 2,1% en avril 2026. Cette évolution traduit, d’une part, une modération sensible des tensions inflationnistes par rapport à l’année précédente et, d’autre part, une légère remontée des prix par rapport au mois précédent. Et, cette remontée du glissement annuel mérite une attention particulière. « Si les hausses récentes des prix, notamment alimentaires, venaient toutefois à se prolonger, elles pourraient progressivement freiner la baisse de l’inflation en moyenne annuelle, voire entraîner son redressement à moyen terme. Malgré cette modération globale, les produits alimentaires demeurent le principal moteur de l’inflation », indique l’INS.
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Vaccination : sur 7,8 milliards FCFA inscrits au budget, seul 1,4 milliard a été versé en 2026

Un chiffre suffit à planter le décor. Sur les 7,8 milliards de FCFA censés financer la vaccination et les soins de santé primaire en 2026, 19 % seulement avaient été mobilisés. Moins de 1,4 milliard de FCFA, donc, pour une enveloppe qui devait tourner autour de huit milliards.
Le député Lawson Tabot, président du Réseau des parlementaires pour la promotion du système de santé et le soutien à la vaccination, a porté l’alerte lors d’une rencontre entre élus et acteurs du secteur le 29 juin 2026 à Yaoundé. « Sur le sujet de la vaccination et des soins de santé primaire, nous vivons une situation très difficile en ce moment », a-t-il lancé. Il a fixé un cap : « Nous devons nous assurer d’avoir une portion non négligeable de cette enveloppe avant octobre. »
UN BUDGET VOTÉ, UN BUDGET PAYÉ, DEUX RÉALITÉS
Ce que l’honorable Lawson Tabot décrit comme une situation difficile, son collègue Engelbert Essomba Bengono, vice-président du même réseau, le nomme plus techniquement. Pour lui, l’argent existe dans les documents budgétaires. Le problème surgit au moment de le faire sortir des caisses. « Ce qui fait problème à la date d’aujourd’hui ( 29 juin Ndlr), c’est l’écart qu’il y a entre les prévisions budgétaires et les réalisations », a-t-il expliqué.
Et de préciser l’ampleur du décalage : « Cet écart est de l’ordre de 80 % entre les autorisations d’engagement inscrites dans le budget et les crédits de paiement, c’est-à-dire la mobilisation de la trésorerie. » Cette distinction technique mérite un arrêt. Une autorisation d’engagement, c’est une promesse budgétaire, une ligne votée en loi de finances qui dit combien l’État accepte de dépenser sur un poste donné.
Le crédit de paiement, lui, correspond à l’argent qui sort effectivement du Trésor pour honorer cette promesse. Entre les deux, il y a le circuit administratif, les visas de contrôle, les ordres de virement, tout un enchaînement de signatures qui peut ralentir ou bloquer le décaissement même quand la ligne budgétaire est disponible.
Dans le cas de la vaccination, ce circuit a laissé passer moins d’un cinquième des fonds prévus en six mois d’exercice. Environ 1,4 milliard de FCFA a été transféré à l’Unicef, partenaire d’exécution du programme. Le reste demeure bloqué quelque part dans la chaîne de la dépense publique, sans que les acteurs du secteur en identifient précisément l’étape de blocage.
L’honorable Essomba Bengono avance même un paradoxe supplémentaire. Selon lui, une mise à disposition plus rapide des ressources permettrait de réaliser une économie budgétaire estimée à 1,3 milliard de FCFA. Le retard ne coûterait donc pas seulement en couverture vaccinale, il coûterait aussi en efficacité de la dépense.
CE QUE LA LENTEUR ADMINISTRATIVE COÛTE EN VIES CONCRÈTES
Le décalage entre engagement et paiement n’est pas qu’une affaire de comptables. Il se traduit sur le terrain, dans les centres de santé, par des impayés qui s’accumulent et des livraisons de vaccins qui prennent du retard. Essomba Bengono résume la facture. « Naturellement des conséquences extrêmement graves, qui sont l’accumulation des impayés, le retard dans la livraison des stocks de vaccins, et près de 430 000 enfants camerounais qui ne sont pas vaccinés parce que nous n’avons pas pu honorer nos engagements », a-t-il détaillé.
La campagne concernée a démarré en février. Chaque semaine de retard dans le décaissement pèse donc directement sur son déroulement, dans un secteur où les calendriers de vaccination laissent peu de marge.
LE RETRAIT ANNONCÉ DE GAVI ACCÉLÈRE L’URGENCE
Ce paradoxe budgétaire tombe à un mauvais moment. Gavi, l’Alliance du vaccin, principal partenaire extérieur du Programme élargi de vaccination, prépare un désengagement progressif entre 2028 et 2030, aussi bien sur le renforcement du système de santé que sur l’extension de la couverture vaccinale. Ce calendrier pousse les parlementaires à changer de méthode.
Plutôt que de continuer à dépendre d’un financement extérieur appelé à se réduire, ils proposent une loi instituant un fonds national dédié à la vaccination, doté de 26 milliards de FCFA par an, dont l’adoption est envisagée dès 2027. Essomba Bengono défend l’idée d’asseoir ce fonds sur une forme de TVA sociale. « Cette loi peut déjà structurer la création d’un fonds dédié à la vaccination. Ce qu’on a pris aux Camerounais sous la forme de l’inflation, qu’on le reverse dans le fonds de la vaccination sous forme de TVA sociale », propose-t-il.
Il justifie ce choix par le souci de ne pas alourdir la fiscalité existante. « Je crois que c’est la seule façon pour nous de financer durablement, sans augmenter la pression fiscale, sans perturber l’équilibre des finances publiques, et d’offrir aux Camerounais la possibilité d’investir sereinement dans la vaccination et la santé publique, car il n’y a pas que la vaccination, il y a également les soins de santé primaire », a-t-il ajouté.
UN MONTAGE FINANCIER À PLUSIEURS ÉTAGES
Dans l’urgence, avant même la mise en place du fonds, les défenseurs de cette réforme réclament la couverture d’un besoin de 2 milliards de FCFA d’ici le 30 décembre 2026 pour soutenir la campagne en cours. Le montage envisagé pour le fonds pérenne repose sur plusieurs sources. Des prélèvements sur le tabac, l’alcool, les télécommunications et les industries extractives devraient générer entre 12 et 20 milliards de FCFA par an. L’État y ajouterait une dotation budgétaire comprise entre 3 et 5 milliards de FCFA par an. Les collectivités territoriales décentralisées, enfin, seraient sollicitées à hauteur de 1 à 3 milliards de FCFA.
Ce montage vise un objectif précis, sortir la vaccination d’une logique de trésorerie disputée chaque année entre plusieurs priorités budgétaires, pour l’installer dans un circuit de financement sécurisé et prévisible.
UNE QUESTION QUI DÉPASSE LA SEULE VACCINATION
Derrière ce dossier se pose une question plus large, celle de la capacité de l’État camerounais à transformer des lignes budgétaires votées en argent réellement disponible, dans les délais utiles. La vaccination sert ici de révélateur. Ce qu’elle donne à voir, un écart de 80 % entre ce qui est promis en loi de finances et ce qui est effectivement payé, ne se limite probablement pas à ce seul secteur.
Pour les parlementaires mobilisés, la sortie de crise passe autant par des réformes du circuit de la dépense publique que par la recherche de nouvelles ressources. Voter un budget ne suffit pas s’il ne se traduit pas, ensuite, par des virements effectifs vers les comptes des opérateurs de terrain.
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