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Au Cameroun, la hausse de 60,7% des coûts d’importation du gasoil fait peser une chape de plomb sur l’économie nationale

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Au Cameroun, la hausse de 60,7% des coûts d’importation du gasoil fait peser une chape de plomb sur l’économie nationale
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(Investir au Cameroun) – Alors que l’économie camerounaise demeure globalement dans une phase de désinflation, la flambée des coûts d’importation des carburants fait émerger un nouveau risque pour les prix, les entreprises et les finances publiques. Selon la note mensuelle de l’Institut national de la statistique (INS) sur l’évolution des prix à la consommation des ménages en mai 2026, le coût d’importation du gasoil a bondi de 60,7 % entre février et mai 2026, passant de 489,72 FCFA à 786,93 FCFA le litre. Celui du super a progressé de 33,6 %, de 422,71 FCFA à 564,56 FCFA le litre.

Ces hausses interviennent dans un contexte de tensions géopolitiques persistantes dans le Golfe persique et de perturbations des circuits de transport maritime. Elles affectent directement le Cameroun, dont l’approvisionnement en carburants dépend largement du marché international depuis l’incendie, en mai 2019, de la Société nationale de raffinage (Sonara), unique raffinerie du pays.

À en croire l’INS, qui s’appuie sur les données de la Caisse de stabilisation des prix des hydrocarbures (CSPH), la progression des coûts d’importation traduit une détérioration rapide des conditions d’approvisionnement énergétique du pays.« Ces évolutions résultent principalement de l’augmentation des cotations internationales des produits raffinés, de la hausse des coûts de transport maritime et des primes de risque liées aux incertitudes géopolitiques dans une région stratégique pour l’approvisionnement énergétique mondial », explique l’organisme public.

Un effet de contagion redouté

Le principal sujet d’inquiétude porte sur le gasoil. Plus que le super, ce produit pétrolier est au cœur du fonctionnement de l’appareil productif. Il est utilisé dans le transport routier, les activités agricoles, les groupes électrogènes, les industries et les chantiers. Sa hausse rapide peut donc se transmettre à l’ensemble de l’économie, à travers les coûts de transport, les charges logistiques et les coûts de production.

L’INS le présente d’ailleurs comme le principal facteur de vulnérabilité.« Le gasoil apparaît comme le principal facteur de vulnérabilité de l’économie nationale », souligne l’institut. En quelques semaines seulement, les cotations internationales du gasoil ont progressé de près de 89 %, réduisant les capacités d’adaptation des acteurs économiques et augmentant les risques de transmission à l’économie nationale.

Les produits alimentaires figurent parmi les secteurs les plus exposés à ces effets indirects. Le renchérissement du transport des marchandises pourrait se répercuter sur les prix des denrées acheminées sur de longues distances vers les centres urbains. Les entreprises, de leur côté, pourraient être confrontées à une hausse de leurs charges énergétiques, susceptible d’affecter leurs coûts de production et, à terme, leurs prix de vente.

Cette menace intervient alors que l’inflation reste, pour l’instant, contenue. En mai 2026, les prix à la consommation ont progressé de 0,9 % par rapport à avril, la plus forte hausse mensuelle depuis le début de l’année. En glissement annuel, l’inflation ressort à 2,7 %, contre 2,1 % en avril. En moyenne sur douze mois, elle s’établit à 2,6 %, toujours en dessous du seuil communautaire de convergence de 3 % dans la Cemac.

Les finances publiques sous pression

Au-delà de l’inflation, la hausse des coûts d’importation des carburants pose un problème budgétaire. Le maintien des prix à la pompe dans un contexte de renchérissement des produits importés accroît les besoins de financement des mécanismes de stabilisation. Autrement dit, plus l’écart se creuse entre les prix internationaux et les prix administrés au Cameroun, plus la charge potentielle pour l’État augmente.

Le précédent de 2022 reste dans les mémoires. À la suite de la crise énergétique mondiale provoquée par le déclenchement du conflit entre la Russie et l’Ukraine, la subvention destinée à soutenir la consommation nationale des produits pétroliers avait dépassé 1 000 milliards de FCFA, selon le chiffre révélé par le chef de l’État dans son discours à la nation du 31 décembre 2023.

Pour contenir cette charge devenue difficilement soutenable, les autorités camerounaises avaient procédé à deux augmentations successives des prix des produits pétroliers à la pompe, en 2023 puis en 2024. Ces ajustements avaient contribué à réduire progressivement la subvention, ramenée à 640 milliards de FCFA en 2023, puis à 263 milliards de FCFA en 2024. Mais ils avaient aussi alimenté des tensions inflationnistes et pesé sur le pouvoir d’achat des ménages ainsi que sur les charges des entreprises.

La situation actuelle oblige donc à de nouveaux arbitrages. D’un côté, l’État doit préserver l’équilibre des finances publiques, dans un contexte de besoins croissants pour le fonctionnement de l’administration et le financement des projets de développement. De l’autre, une nouvelle hausse des prix à la pompe réduirait le pouvoir d’achat des citoyens et augmenterait les coûts supportés par les entreprises.

Un risque encore contenu, mais à surveiller

L’INS rappelle que les niveaux actuels restent inférieurs aux records atteints lors de la crise énergétique mondiale de 2022. Les coûts d’importation observés en mai 2026 représentent environ 59 % du niveau record de juillet 2022 pour le super et 71 % pour le gasoil. Mais la rapidité de la hausse observée depuis février constitue, à elle seule, un facteur de préoccupation.

L’évolution de la situation dépendra principalement de la durée et de l’intensité des tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Un apaisement rapide pourrait favoriser une stabilisation des marchés pétroliers. À l’inverse, le maintien ou l’aggravation de la crise accentuerait les pressions sur les coûts d’approvisionnement, les finances publiques et les prix à la consommation.

Pour le Cameroun, le risque est donc moins celui d’un choc déjà pleinement transmis à l’inflation que celui d’une diffusion progressive à l’économie réelle. La flambée du coût d’importation du gasoil agit comme un signal d’alerte : si elle se prolonge, elle pourrait renchérir les transports, les produits alimentaires, les charges des entreprises et la facture budgétaire de la stabilisation des prix à la pompe.

Brice R. Mbodiam

Lire aussi :

20-06-2025 – Tensions Iran-Israël : une alerte à surveiller sur les prix de l’essence au Cameroun

03-02-2024 – Carburants : le Cameroun procède à une augmentation de 15% des prix à la pompe du super et du gasoil

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Sénat : le document de programmation économique et budgétaire à moyen terme 2027-2029 déposé

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Le Document de Programmation Économique et Budgétaire à Moyen Terme (DPEB) 2027-2029 a été déposé au Sénat par la Présidence de la République. Ce document […]

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Inflation : l’évolution des prix des produits alimentaires menace la tendance baissière enregistrée au Cameroun

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Inflation : l’évolution des prix des produits alimentaires menace la tendance baissière enregistrée au Cameroun
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(Investir au Cameroun) – Entre les mois de mai 2025 et 2026, les prix des produits alimentaires ont progressé de 5,6% au Cameroun, selon le rapport sur l’évolution des prix à la consommation des ménages, publié par l’Institut national de la statistique (INS). A en croire le statisticien public, cette évolution correspond à « plus du double du taux d’inflation général» enregistré sur la période analysée, ce qui maintient les produits alimentaires au rang de «principal moteur de l’inflation» dans le pays.

Fort de cette réalité, l’INS redoute un redressement de la courbe de l’inflation au Cameroun, après la détente observée depuis plusieurs mois. «Si les hausses récentes des prix, notamment alimentaires, venaient toutefois à se prolonger, elles pourraient progressivement freiner la baisse de l’inflation en moyenne annuelle, voire entraîner son redressement à moyen terme», analyse l’organe en charge de l’élaboration de la statistique officielle.

En effet, après de fortes tensions inflationnistes enregistrées dans le pays de fin 2021 à pratiquement l’année 2025 – avec 4,1% au premier semestre – le Cameroun est entré dans une phase de décélération de l’inflation depuis plusieurs mois, au point où cet indicateur est redescendu sous la norme communautaire de 3%.

Pour illustration, le taux d’inflation dans le pays est passé de 3,3% en mai 2025 à 2,7% en mai 2026, après 2,1% en avril 2026, selon les données compilées par l’INS. «Cette évolution traduit, d’une part, une modération sensible des tensions inflationnistes par rapport à l’année précédente et, d’autre part, une légère remontée des prix par rapport au mois précédent», fait remarquer le statisticien public, qui scrute avec une attention plus marquée les prix des produits alimentaires, devenus le véritable arbitre de l’inflation au Cameroun.

BRM

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Riyad Mahrez annonce sa retraite internationale après l’élimination de l’Algérie du Mondial 2026

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Riyad Mahrez a annoncé sa retraite internationale avec les Fennecs d’Algérie. L’ailier de 35 ans s’est retiré après l’élimination de son pays de la Coupe […]

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