Actualités locales
Selon René Sadi, l’individu qui a déposé un faux décret à la Crtv, ne travaille pas à la présidence
Dans un communiqué publié ce lundi 30 juillet 2026, le ministre de la Communication porte-parole du gouvernement soutient que «le Gouvernement précise également que l’individu concerné ne figure nulle part dans les effectifs de la Présidence de la République et, partant, n’est nullement habilité à effectuer des missions de cette nature».
Le gouvernement camerounais réagit enfin à l’affaire du faux décret déposé par un individu à la Crtv, portant nomination d’un «vice-président» de la République. Dans un communiqué ce lundi 30 juin 2026, René Sadi, le ministre de la communication, souligne que «le Gouvernement de la République tient à faire savoir que, la diffusion des actes officiels dans notre pays notamment les décrets, les arrêtés, les nominations, les ordonnances, les annonces légales émanant soit du Premier ministre, des ministres ou de toute autre autorité habilitée à les signer, obéit à des procédures strictes et réglementées, qui visent à garantir leur fiabilité, leur crédibilité, ainsi que leur opposabilité aux tiers», lit-on ici.
Le porte-parole du gouvernement explique par ailleurs que s’agissant d’un décret présidentiel d’une telle importance, «celui qui nomme un Vice-Président de la République du Cameroun, il va de soi que toutes les précautions seraient prises le cas échéant, pour le rendre public à travers les canaux officiels. Il y a donc tout lieu de lever toute équivoque sur la provenance et l’authenticité de ce décret qui, de toute évidence, n’a jamais été signé par qui de droit».
Aussi, le Gouvernement de la République entend faire connaître à l’opinion que l’individu en question a été interpellé et se trouve actuellement entre les mains des autorités compétentes, qui ont engagé des investigations approfondies, afin d’apporter tous les éclairages nécessaires sur cette affaire. Aussi, le Gouvernement précise également que «l’individu concerné ne figure nulle part dans les effectifs de la Présidence de la République et, partant, n’est nullement habilité à effectuer des missions de cette nature».
En attendant les résultats de l’enquête en cours, René Sadi rappelle que toute décision dans ce «important domaine est et demeure de la seule et exclusive prérogative du Président de la République, Son Excellence Paul Biya».
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Barrage de Bini a Warak : près d’un milliard FCFA d’indemnisations versées aux populations après près de 10 ans d’attente

(Investir au Cameroun) – Du 26 au 29 juin 2026, les populations de 19 villages de l’arrondissement de Ngan-Ha, dans la région de l’Adamaoua, ont perçu une enveloppe globale de 985 millions de FCFA au titre des indemnisations relatives à la perte de leurs biens dans le cadre de la réalisation du projet de construction du barrage de Bini à Warak. Ces paiements interviennent près de 10 ans après le recensement des personnes impactées par ce projet énergétique, qui s’enlise depuis des années.
Confié en 2013 à la société chinoise Sinohydro Corporation Limited, le projet qui portait sur la construction d’un barrage hydroélectrique de 75 MW destiné à renforcer l’approvisionnement en électricité des régions de l’Adamaoua, du Nord et de l’Extrême-Nord, a été interrompu quelques mois plus tard. A cause des problèmes d’ordre financiers, a-t-on appris officiellement.
Depuis 2023, le gouvernement camerounais a confié le développement du projet à la société britannique Savannah Energy, qui ambitionne de céder 50% de ses actifs dans ce projet pour pouvoir attirer de nouveaux investisseurs. Le repreneur a aussitôt reconfiguré le projet, dont les capacités ont été portée de 75 MW à 95 MW, combinant à la fois hydroélectricité (55 MW) et solaire (40 MW).
Bini à Warak est présenté comme un projet stratégique pour le Réseau interconnecté Nord (RIN), couvrant les trois régions septentrionales du Cameroun. En effet, cette partie du pays est régulièrement confrontée à un déficit d’offre d’électricité du fait de la baisse drastique de la production du barrage de Lagdo, et en dépit de la construction récentes de centrales solaires à Maroua et Guider.
BRM
Lire aussi:
05-09-2022 - Barrage de Bini à Warak (75 MW) : las d’attendre la reprise des travaux depuis 4 ans, Sinohydro quitte le chantier
24-10-2025 – Bini à Warak : Savannah Energy veut céder 50 % de ses parts pour attirer de nouveaux investisseurs dans le projet
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Cadiz CF mise sur le talent camerounais Junior Ngono jusqu’en 2030

Le Cadiz CF a décidé de passer à l’action. Le club andalou, pensionnaire de la deuxième division espagnole, a officiellement levé l’option d’achat de l’attaquant camerounais Junior Ngono, récompensant ainsi une saison prometteuse sous les couleurs du club.
Arrivé en prêt avec option d’achat lors de l’exercice écoulé, le jeune avant-centre, formé à Voges Academy, s’est définitivement engagé avec le club espagnol. Il est désormais lié à Cadiz jusqu’en 2030, preuve de la confiance que lui accordent les dirigeants andalous.
Évoluant principalement avec l’équipe réserve, le protégé d’Africa Sport Fusion, l’agence dirigée par Pierre Tonnang, a su se distinguer par son efficacité offensive. Auteur de 8 buts et de 3 passes décisives, Junior Ngono a largement contribué aux bonnes performances de son équipe, confirmant son potentiel et sa capacité à franchir un nouveau palier.
Cette signature constitue une étape majeure dans la carrière du jeune international camerounais. En s’inscrivant sur le long terme avec Cadiz CF, Junior Ngono bénéficie désormais d’un cadre idéal pour poursuivre sa progression et nourrir l’ambition de s’imposer, à terme, avec l’équipe première du club andalou.
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Zlecaf : le Cameroun veut lever le verrou des règles d’origine pour doper ses exportations africaines

(Investir au Cameroun) – Une quinzaine d’entreprises camerounaises prennent part, du 29 juin au 2 juillet 2026 à Douala, à un atelier consacré aux règles d’origine dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf). Organisée conjointement par l’Organisation mondiale des douanes (OMD), l’Union européenne (UE) et le Conseil national des chargeurs du Cameroun (CNCC), cette formation vise à aider les opérateurs économiques à mieux utiliser les préférences tarifaires offertes par les accords commerciaux, en particulier ceux de la Zlecaf.
Derrière ce rendez-vous technique se joue un enjeu économique plus large : la capacité du Cameroun à accroître ses exportations vers le reste du continent. En 2023, l’Afrique ne représentait encore que 12,7 % des exportations camerounaises et 9,5 % de ses importations. Un niveau relativement faible au regard des ambitions affichées par la Zlecaf, qui promet aux pays membres un accès préférentiel à un marché continental de plus de 1,3 milliard de consommateurs.
L’atelier de Douala s’inscrit dans le cadre du programme UE-OMD pour les règles d’origine en Afrique, ou RoO Africa Programme. Il cible les exportateurs, les entreprises de transformation et les associations professionnelles, avec pour objectif de renforcer leur capacité à comprendre, appliquer et valoriser les règles d’origine dans leurs opérations commerciales.
Ces règles constituent l’un des mécanismes les plus déterminants de la Zlecaf. Elles permettent d’établir la nationalité économique d’un produit et de déterminer s’il peut bénéficier ou non des préférences tarifaires négociées entre les États parties. Autrement dit, une marchandise produite ou transformée au Cameroun ne peut profiter des avantages tarifaires de la Zlecaf que si elle répond aux critères d’origine prévus par l’accord.
Or, ces critères restent encore mal maîtrisés par une partie des opérateurs économiques. Cette faible appropriation peut priver les entreprises des préférences tarifaires auxquelles elles pourraient prétendre, rallonger les délais de traitement douanier, accroître les coûts et provoquer des litiges sur l’origine réelle des marchandises. Pour les exportateurs, l’enjeu est donc autant administratif que commercial.
Former un noyau national d’experts
Pour Guillaume Gerout, expert de l’OMD, l’objectif de la formation est de doter le Cameroun d’un noyau de formateurs qualifiés, capables de maîtriser les principes, les critères et les procédures relatifs aux règles d’origine définies par la Zlecaf. Ces formateurs devront ensuite relayer cette expertise auprès des agents des douanes, des opérateurs économiques, des transitaires et des autres acteurs de la chaîne logistique.
L’enjeu est de passer d’une connaissance théorique des accords commerciaux à une capacité pratique d’utilisation des préférences tarifaires. Pour les entreprises, cela suppose de mieux structurer leurs chaînes d’approvisionnement, de documenter l’origine des intrants utilisés, de sécuriser les certificats d’origine et d’adapter, lorsque cela est nécessaire, leurs procédés de production aux exigences du régime préférentiel.
L’implication conjointe de l’OMD, de l’UE et du CNCC traduit aussi la volonté de combiner expertise technique internationale, appui institutionnel européen et ancrage local dans la facilitation des échanges. Au niveau sous-régional, la CEMAC et la CEEAC suivent également ce processus, dans la perspective d’une harmonisation progressive des pratiques et de l’intégration de formateurs locaux dans une dynamique régionale.
Jacob Kotcho Bongkwaha, directeur du marché commun à la Commission de la CEEAC, rappelle que 400 produits de la sous-région sont déjà éligibles au régime préférentiel de la Zlecaf. Selon lui, l’objectif est désormais d’aller au-delà de ce seuil afin d’offrir davantage d’opportunités aux entreprises d’Afrique centrale.
Une utilisation encore limitée par les entreprises camerounaises
Depuis le démarrage des échanges dans le cadre de la Zlecaf, seules quelques entreprises camerounaises ont commencé à exporter sous ce régime préférentiel. Parmi elles figurent notamment le GIC Afatex, qui a expédié vers le Ghana des safous, de l’ananas séché et du gingembre ; Cameroon Tea Estate et Ndawara Tea Estate, également engagées sur le marché ghanéen avec le thé ; Inoda Industries Sarl, spécialisée dans la résine ; ainsi que la Compagnie camerounaise d’aluminium (Alucam), avec des lingots d’aluminium destinés à l’Algérie.
Ces premières opérations montrent que le dispositif est utilisable. Mais elles révèlent aussi que le nombre d’entreprises camerounaises réellement engagées dans le commerce sous Zlecaf reste encore limité. Pour franchir un cap, le pays devra augmenter le nombre d’exportateurs éligibles, renforcer la qualité des produits, améliorer la documentation commerciale et réduire les obstacles administratifs qui freinent encore les échanges transfrontaliers.
La formation aux règles d’origine devient ainsi un maillon essentiel de la stratégie camerounaise de conquête du marché africain. Pour les entreprises exportatrices, une bonne maîtrise de ces règles peut permettre de réduire les droits de douane, de gagner en compétitivité et de sécuriser l’accès aux marchés régionaux. Pour l’administration douanière, elle doit contribuer à améliorer la fiabilité des certificats d’origine et à limiter les contestations lors du passage des marchandises aux frontières.
Mais la réussite du programme dépendra moins de la tenue ponctuelle d’un atelier que de sa capacité à s’inscrire dans un écosystème plus large. La formation devra être suivie d’une meilleure coordination entre administrations, d’une harmonisation des pratiques dans la CEEAC, d’une digitalisation accrue des procédures, de mécanismes de recours accessibles aux opérateurs et d’une volonté politique partagée entre États pour faire de la Zlecaf un véritable outil de transformation commerciale.
Pour le Cameroun, qui cherche à diversifier ses débouchés au-delà de ses partenaires traditionnels, l’enjeu est clair : transformer la Zlecaf en opportunité concrète pour ses entreprises, et non en simple promesse continentale.
Frédéric Nonos
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