Actualités locales
le Tchad saura-t-il tirer les leçons de cette rupture ?
Le différend entre le Burkina Faso et la France n’est plus une simple crise diplomatique. Il s’est transformé en une rupture totale, après que Ouagadougou ait annoncé la fin de ses relations diplomatiques avec Paris à compter du 26 juin 2026. Selon Le Monde, les autorités burkinabè ont accordé à la France un délai de sept jours pour fermer son ambassade à Ouagadougou, illustrant l’ampleur de la dégradation des relations entre les deux pays, analyse Ibrahim Nabolsigue.
Le gouvernement burkinabè justifie cette décision en accusant la France de poursuivre un « nouvel agenda colonial » et de soutenir des réseaux subversifs et terroristes visant à déstabiliser le Burkina Faso et l’ensemble du Sahel. La rupture intervient également après la vive réaction de Ouagadougou à une résolution du Parlement européen critiquant la situation des libertés dans le pays, une initiative que les autorités burkinabè associent notamment au rôle joué par Christophe Gomart, ancien directeur du renseignement militaire français, aujourd’hui député au Parlement européen et vice-président de la commission de la sécurité et de la défense.
Ouagadougou continue par ailleurs d’accuser Paris d’apporter son soutien à l’ancien président de la transition, Paul-Henri Sandaogo Damiba, qu’elle soupçonne de préparer des activités visant à déstabiliser le régime actuel. En rejoignant le Mali et le Niger, qui formulent depuis plusieurs années des accusations similaires contre Paris, le Burkina Faso renforce, selon l’expert et l’analyste politique Mohammad N’golo, l’impression que les trois États de l’Alliance des États du Sahel partagent désormais une même lecture stratégique : la présence française est perçue comme une atteinte à leur souveraineté nationale.
Le Tchad, le seul maillon dont la position demeure incertaine
Pour N’golo, l’évolution la plus importante ne concerne toutefois pas uniquement le Burkina Faso, mais également le Tchad. Alors qu’un des principaux États du Sahel rompt définitivement avec Paris, plusieurs médias français et tchadiens évoquent des négociations en cours entre Paris et N’Djamena concernant un éventuel retour des forces françaises sur le territoire tchadien, dans le cadre d’un nouveau dispositif reposant sur une présence limitée, axée principalement sur le renseignement, la formation et l’assistance technique.
Des informations de presse ont également fait état de l’arrivée d’un nombre restreint d’officiers français au Tchad à la mi-avril dernier, ce que certains observateurs considèrent comme le début de la mise en œuvre de cette nouvelle orientation, en l’absence toutefois d’une confirmation officielle. L’analyste estime que la véritable question n’est pas tant celle du retour de militaires français que celle de l’évolution de la stratégie de Paris : la politique française a-t-elle réellement changé, ou seuls les modes d’action ont-ils évolué ?
Ce qu’a vécu le Burkina Faso, le Tchad l’a déjà connu
Selon le même expert, plusieurs des moyens de pression dénoncés aujourd’hui par le Burkina Faso avaient déjà été observés au Tchad ces dernières années. A ses yeux, les dossiers concernant certains opposants tchadiens, notamment ceux de Succès Masra et de l’affaire de la mort de Yaya Dillo, ont été utilisés à plusieurs reprises comme leviers de pression contre le régime du président Déby, aussi bien par des organisations internationales de défense des droits humains que lors de débats au Parlement européen auxquels ont participé des députés français.
Il considère également que les attaques terroristes ayant frappé le Mali le 25 avril dernier, et que les autorités maliennes ont imputées à un soutien français, montrent qu’un scénario similaire pourrait théoriquement se reproduire au Tchad si des conditions comparables, notamment un appui logistique ou de renseignement extérieur, venaient à être réunies.
Il convient également de rappeler que, le 25 octobre dernier, la France a accueilli à Nantes une série de réunions réunissant l’opposition tchadienne, avec la participation de plus d’une vingtaine d’organisations politiques et militaires, dans le but de coordonner leurs efforts en vue de renverser le régime.
Le rapport de Jeune Afrique, des éléments qui méritent attention
Ces interrogations prennent une dimension supplémentaire à la lumière d’un récent rapport publié par ‘’Jeune Afrique’’. Celui-ci évoque des témoignages et des documents faisant état de l’implication de personnalités françaises se présentant comme proches des services de renseignement dans la coordination entre des opposants maliens installés à Paris et des responsables sécuritaires et militaires ukrainiens.
L’objectif aurait été de faciliter la fourniture de drones militaires ukrainiens, la mise en place de formations en Ukraine, le déploiement d’instructeurs militaires ainsi que la recherche de financements européens destinés à l’acquisition de nouveaux drones.
Commentant enfin les révélations publiées par ‘’Jeune Afrique’’, l’analyste estime que, elles étaient confirmées, elles illustreraient l’émergence d’un mode d’action privilégiant le soutien indirect aux interventions militaires classiques. Cette évolution, selon lui, soulève inévitablement la question du rôle que pourrait jouer la France si elle retrouvait une implantation militaire ou de renseignement au Tchad.
Mali, du Niger et du Burkina Faso…
Cette interrogation prend une résonance particulière au regard des informations publiées par le média français ‘’Le diplomate’’, selon lesquelles Paris envisagerait de faire du Tchad le principal centre de ses opérations de renseignement au Sahel et en Afrique de l’Ouest, en raison de sa position géostratégique, après son retrait du Mali, du Niger et du Burkina Faso.
Dans une telle hypothèse, l’analyste Mohammad N’golo ajoute que les conséquences pourraient dépasser le seul cadre intérieur tchadien. Les États de l’Alliance des États du Sahel, qui accusent depuis plusieurs années la France de chercher à déstabiliser leurs régimes et à soutenir leurs adversaires, pourraient considérer toute présence française dans le domaine du renseignement au Tchad comme une plateforme susceptible d’être utilisée contre leurs intérêts sécuritaires. Une telle perception risquerait d’alimenter une nouvelle phase de tensions entre N’Djamena et ses voisins, à un moment où la région a plus que jamais besoin de coopération et de confiance mutuelle pour faire face aux défis sécuritaires communs.
Ibrahim Nabolsigue
NB :Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement la position éditoriale d’Actu Cameroun.
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le gouvernement suspend la cession aux Camerounais malgré un investissement de 137 milliards FCFA

Le gouvernement camerounais a demandé au groupe français Somdia de « surseoir, avec effet immédiat, à toute démarche relative au projet de cession » de ses 82% dans la Société sucrière du Cameroun (Sosucam).
L’instruction, contenue dans une correspondance du directeur de cabinet du Premier ministre, Balungeli C. Ebune, gèle un accord signé le 13 août dernier entre Somdia et un consortium entièrement camerounais, en attendant les conclusions d’un comité stratégique de pilotage qui dispose de six mois pour se prononcer.
Un accord 100% camerounais, mis en pause par l’État camerounais
L’accord suspendu n’est pourtant pas anodin. Il prévoyait le transfert du premier producteur industriel de sucre du pays à cinq entrepreneurs nationaux, l’avocat d’affaires Joseph Pagop Noupoué, l’avicultrice industrielle Henriette Noutchougouin, l’ingénieur et financier William Nkontchou, l’ingénieur Igor Djoukwé et l’expert-comptable Marcel Tchagongom, adossé à un programme d’investissement de 210 millions d’euros, soit environ 137,7 milliards de FCFA.
Sur le papier, c’est précisément le scénario que tout discours de souveraineté économique appellerait de ses vœux : une entreprise stratégique, fondée en 1965, qui compte des milliers d’employés répartis entre les complexes de Mbandjock et de Nkoteng, échappant à un actionnariat étranger pour passer sous contrôle national.
Or c’est justement ce transfert que l’État vient de figer. Le motif invoqué par Balungeli C. Ebune est que la Sosucam « revêt, pour l’État camerounais, un caractère hautement stratégique, tant au regard de la souveraineté alimentaire du pays que de ses enjeux économiques, sociaux et politiques ». Un argument de souveraineté utilisé, non pas pour accélérer la reprise par des Camerounais, mais pour la suspendre.
Le dossier est en réalité plus enchevêtré qu’un simple choix entre repreneurs étrangers et nationaux. Somdia est une filiale du groupe Castel, dont la gouvernance fait l’objet d’un conflit familial ouvert. Le 22 juin 2026, Romy Castel a publiquement contesté le processus de cession porté par Somdiaa, revendiquant elle-même un projet concurrent pour Sosucam, adossé à Boissons du Cameroun, filiale historique du groupe dans la bière et les boissons gazeuses. Sa proposition reste toutefois suspendue à l’issue d’une procédure judiciaire engagée à Singapour pour la reprise en main de la gouvernance du groupe Castel. Le nom du géant nigérian Dangote avait également circulé plus tôt dans le dossier, avant d’être écarté par la signature du 13 août.
Le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, a lui-même reconnu ne pas savoir avec précision combien de candidats sont réellement en lice, insistant sur la nécessité de consulter l’ensemble des actionnaires, dont l’État lui-même, présent au capital via la CNPS et la SNI. C’est cette pluralité d’intérêts, camerounais et français mêlés, que le comité stratégique doit désormais démêler en six mois.
Il reste que l’effet immédiat de la décision est de freiner, non pas une cession à un groupe étranger, mais une cession à des investisseurs camerounais déjà engagés, alors que le gouvernement invoque justement la souveraineté alimentaire pour la justifier. Sosucam pèse dans les comptes publics avec un chiffre d’affaires annuel d’environ 60 milliards de FCFA et près de 12 milliards de FCFA d’impôts versés chaque année ; l’entreprise est, selon ses dirigeants, fragilisée depuis une décennie par des importations massives de sucre qui ont compromis son développement. Un contexte qui aurait pu plaider pour une validation rapide d’un plan d’investissement de 137,7 milliards de FCFA porté par des Camerounais, plutôt que pour un gel supplémentaire du dossier.
Le gouvernement fait valoir que la prudence s’impose sur un actif de cette importance, et que six mois ne sont pas un délai déraisonnable pour sécuriser l’emploi, l’outil de production et la continuité de l’approvisionnement national en sucre. Mais pour les cinq repreneurs camerounais, comme pour l’opinion, le résultat immédiat est le même : un accord porté par des capitaux nationaux, présenté par ses auteurs comme un projet de souveraineté industrielle, se retrouve suspendu par l’État au nom d’une souveraineté qu’il ne leur reconnaît pas encore.
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Le Cameroun intègre le système panafricain de paiement PAPSS

La Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) a officiellement adhéré, le 9 juillet 2026, au Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS), une avancée qui devrait faciliter et accélérer les transactions commerciales du Cameroun avec les autres pays africains.
Le Cameroun ouvre une nouvelle ère dans l’intégration des échanges commerciaux africains. Dans un communiqué daté du 21 août 2026, le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana annonce l’adhésion officielle de la BEAC au PAPSS, développé par Afreximbank dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
En effet, cette adhésion ouvre de nouvelles perspectives aux opérateurs économiques camerounais. Elle doit notamment leur permettre d’effectuer des paiements transfrontaliers instantanés avec leurs partenaires des autres pays africains, en monnaies locales. Le dispositif vise ainsi à rendre les transactions plus rapides, plus efficaces et plus sécurisées, tout en réduisant la dépendance aux devises tierces et aux intermédiaires financiers extérieurs.
Pour le gouvernement, cette évolution constitue une opportunité pour renforcer les échanges intra-africains et tirer davantage profit de la ZLECAf. Le ministre du Commerce invite la communauté des affaires à s’approprier ce nouvel instrument afin d’en exploiter pleinement les avantages.
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furieux que ses enfants envoient de l’argent à leur mère, un père la ligote pendant la nuit

Oscar T., commerçant de 54 ans, s’est irrité samedi de ce que Dorcas reçoive seule de l’argent de leurs rejetons, aujourd’hui à l’étranger grâce à lui. Lire le récit de Cameroon Tribune.
Dorcas T., 44 ans, ménagère, a été secourue dimanche par une équipe des Esir (police). La dame était sur son lit, en sueur et en pleurs, ligotée comme un saucisson sec. La scène se passe au quartier Nkomba à Bonabéri, dans l’arrondissement de Douala IV.
Selon les informations obtenues par CT, tout part d’un problème d’argent au sein de ce couple dont le premier enfant naît quand Dorcas a à peine 18 ans. Après ce garçon, Oscar et son épouse en ont eu deux autres. Deux vivent et travaillent en Europe, la dernière finit ses études de médecine en Afrique du Sud, et gagne déjà des sous grâce à des jobs.
Mercredi dernier, un papier attire l’attention d’Oscar dans sa chambre : un bordereau de réception d’argent. Cinq mille euros (environ 3 277 000 F) envoyés d’Europe par un des enfants. Oscar est étonné. Dorcas ne lui en a rien dit. Sa curiosité piquée, il fouille le sac sur lequel il a trouvé le bordereau. Bingo ! Il en contient beaucoup d’autres. Le commerçant constate que son épouse reçoit de l’argent de leurs enfants – on ignore depuis quand. L’homme se fait une copie des documents.
Deux jours plus tard, il demande de l’argent à sa femme pour un voyage d’affaires à l’Est. Cinq cent mille F. « Je vais prendre où ? », dit Dorcas, qui assure qu’elle n’a que le reste d’argent de ration. « Sauf si tu veux que je te donne ça, et on reste sans manger », ajoute-t-elle.
Le lendemain samedi, Oscar remet ça : « Pourquoi tu ne me donnes pas l’argent ? ». Dorcas persiste : elle n’en a pas. « Sauf si je vais emprunter à notre réunion », dit la dame, en référence à l’association F2, soit « Femmes fidèles », dont elle est membre. Oscar ne dit rien.
En soirée le même samedi, il tente une dernière fois sa chance. Là, Dorcas s’irrite : « Tu commences à me déranger ! » Oscar fait son sac et attend l’heure pour son voyage de nuit. La dame dira plus tard à la police avoir le sommeil lourd. Elle n’a donc rien senti… Réveillée en pleine nuit, elle amorce un mouvement qu’elle sent entravé. Puis réalise la situation : elle est pieds et poings liés. Avec le genre d’élastique servant à fixer les bagages sur une moto. La dame appelle René, le neveu qu’elle héberge. Mais apparemment, le sommeil lourd est de famille. Dorcas se met alors à crier dans la nuit.
Lucien, un voisin, réveillé par les cris, appelle Oscar vers 4 h. Apprenant que ce dernier est en déplacement, il conclut : « On est en train d’agresser ta femme ». Réponse : « Elle n’est pas agressée, c’est une punition ». À son tour, Marguerite, épouse de Lucien, est réveillée. Elle appelle sa voisine. Dorcas voit l’appel, et hurle : « Je suis ligotée ! Je ne peux pas décrocher ! ». Marguerite, en service aux Affaires sociales, appelle la police.
La patrouille arrive, enfonce la porte centrale, ce qui réveille enfin René. Dorcas est hydratée, puis conduite dans une formation sanitaire. Joint au téléphone par l’inspecteur, Oscar ne nie rien. Et se dit scandalisé que les enfants pour lesquels il s’est battu n’envoient de l’argent qu’à leur mère, qu’il a par ailleurs accusée de « manger » cet argent « avec quelqu’un d’autre », sans toutefois prouver cette accusation contre une membre de l’association F2. Oscar est attendu mercredi à Douala.
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