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Aviation civile : le Cameroun rattrapé par le coût du statut international des aéroports de Garoua et de Maroua

(Investir au Cameroun) – Le Cameroun pourrait être conduit à arbitrer sur l’avenir du statut international des aéroports de Garoua et de Maroua. Selon des informations obtenues par Investir au Cameroun, le processus de certification de ces deux plateformes, prévu pour les aérodromes utilisés par des vols internationaux, n’a pas encore été engagé. Cette situation intervient alors que le pays se prépare à l’audit de supervision de la sécurité aérienne de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), programmé du 26 novembre au 9 décembre 2026.
« À ce stade, le processus de certification de certains aéroports internationaux, notamment Garoua et Maroua, n’a pas encore été engagé », confie à Investir au Cameroun une source au sein de l’OACI. Mais cette même source tient à dissiper toute ambiguïté : « L’OACI n’a recommandé ni la fermeture ni le retrait des aéroports de Garoua et de Maroua du réseau international. L’OACI n’impose pas de décisions aux États. Son rôle consiste à fournir des conseils et une assistance technique afin d’aider les États à mettre en œuvre les normes internationales. »
Cette précision est importante. Elle distingue trois réalités souvent confondues dans le débat public : l’obligation de conformité aux standards internationaux, la certification technique des aérodromes et la décision souveraine d’un État de maintenir ou non une plateforme dans son réseau international. En clair, l’OACI n’a pas le pouvoir de fermer un aéroport camerounais, ni de retirer elle-même son statut international. En revanche, ses normes et ses audits peuvent mettre en évidence des insuffisances susceptibles d’obliger les autorités nationales à accélérer les mises en conformité ou à revoir l’organisation de leur réseau aéroportuaire.
La question a refait surface après la mission de dialogue et d’assistance technique effectuée au Cameroun du 27 au 29 mai 2026 par le Bureau régional de l’OACI pour l’Afrique occidentale et centrale. Cette mission s’inscrivait dans les préparatifs de l’audit USOAP-CMA, qui évaluera la capacité du Cameroun à assurer la supervision de la sécurité de son aviation civile.
La certification des aérodromes constitue l’un des points sensibles de ce dispositif. Prévue par l’Annexe 14 de l’OACI relative aux aérodromes, elle permet à l’autorité nationale de l’aviation civile de vérifier que l’exploitant respecte les prescriptions réglementaires applicables ainsi que les normes et pratiques recommandées en matière de conception, d’exploitation et de sécurité des plateformes ouvertes au trafic international.
Concrètement, la procédure porte notamment sur l’état des pistes, les aides à la navigation aérienne, les services de sauvetage et de lutte contre l’incendie, les dispositifs de sûreté, les procédures d’exploitation, l’organisation de la gestion de la sécurité ainsi que la capacité de l’exploitant à assurer une surveillance continue des installations.
Ce processus peut être long. « Le délai d’obtention dépend du niveau de préparation de l’aéroport et peut varier de quelques mois à plusieurs années », explique un responsable proche du dossier. Une fois délivré, le certificat demeure valable aussi longtemps que les exigences restent respectées et que l’aéroport fait l’objet d’une surveillance permanente. À l’inverse, « une suspension ou un retrait peut être décidé lorsque des déficiences significatives affectant la sécurité sont constatées et ne sont pas corrigées dans les délais requis ».
Dans le cas de Garoua et de Maroua, aucune évaluation technique détaillée n’a encore été conduite dans le cadre de cette procédure. Ce point limite, pour l’instant, toute conclusion définitive sur l’état réel de conformité des deux plateformes. « Il serait prématuré de tirer des conclusions sur d’éventuels manquements spécifiques. Une telle évaluation relève des autorités compétentes dans le cadre du processus de certification lui-même », précise une source au fait du dossier.
Un arbitrage financier autant que réglementaire
Derrière la question juridique de la certification se profile surtout un arbitrage économique. Maintenir le statut international de Garoua et de Maroua suppose des investissements importants dans des infrastructures dont l’activité internationale régulière demeure limitée.
Selon une source aux Aéroports du Cameroun (ADC), la seule réhabilitation de la piste de Garoua nécessiterait environ 21 milliards de FCFA. Cette estimation, qui n’a pas encore fait l’objet d’une communication officielle détaillée, donne toutefois un ordre de grandeur des montants à mobiliser pour maintenir la plateforme dans une trajectoire de conformité complète avec les exigences applicables à un aéroport international.
À Maroua, les besoins paraissent plus larges. Ils concernent à la fois la modernisation des infrastructures, le renforcement des équipements de navigation aérienne, les moyens de sûreté et les installations de contrôle. « Pour que Maroua puisse pleinement répondre aux standards d’un aéroport international, il faudrait notamment renforcer les moyens de l’ASECNA, construire une tour de contrôle conforme aux normes requises et déployer des équipements de navigation et de sécurité adaptés », confie une source proche du dossier.
Ces investissements ne se limitent pas aux travaux initiaux. Ils entraînent également des charges récurrentes : maintenance des équipements, disponibilité permanente des services de secours, dispositifs de sûreté, personnel qualifié, contrôle aérien, inspections régulières et mise à niveau continue des procédures. Autant de coûts fixes qui pèsent davantage lorsque le trafic international est faible.
Or, selon plusieurs acteurs du secteur, les aéroports de Garoua et de Maroua enregistrent aujourd’hui une activité principalement domestique, portée notamment par Camair-Co, à laquelle s’ajoutent des vols spéciaux, officiels ou affrétés. Le trafic international commercial régulier y demeure limité. Cette réalité pose une question de rendement de la dépense publique : faut-il mobiliser plusieurs dizaines de milliards de FCFA pour maintenir deux plateformes dans une catégorie réglementaire dont l’usage économique reste marginal ?
La réponse n’est pas seulement comptable. Garoua et Maroua jouent un rôle d’aménagement du territoire dans les régions du Nord et de l’Extrême-Nord. Leur maintien en activité répond à des enjeux de connectivité, de mobilité administrative, de sécurité, de continuité territoriale et de désenclavement. Mais ces fonctions peuvent être assurées par des aéroports domestiques, sans nécessairement supporter l’ensemble des exigences attachées à une plateforme internationale régulière.
C’est tout l’enjeu du débat qui s’ouvre. Une révision éventuelle du statut international de Garoua et de Maroua ne signifierait pas leur fermeture. Les deux aéroports pourraient continuer à accueillir des vols intérieurs, ainsi que certains vols spéciaux ou affrétés selon les autorisations délivrées par les autorités compétentes. La différence porterait principalement sur leur capacité à recevoir de manière régulière des vols commerciaux internationaux.
Pour certains acteurs du secteur, une telle option permettrait de concentrer les ressources publiques sur les plateformes à vocation internationale avérée, en particulier Douala et Yaoundé-Nsimalen, tout en maintenant une desserte aérienne nationale vers le septentrion. Pour d’autres, elle pourrait être perçue comme un recul symbolique pour le Grand Nord, dans un pays où les infrastructures de transport demeurent un marqueur sensible d’équilibre territorial.
À ce stade, aucune décision officielle de déclassement n’a été annoncée. Mais l’absence de processus de certification engagé pour Garoua et Maroua, combinée au coût élevé des mises à niveau nécessaires, place désormais le gouvernement devant un choix : investir pour maintenir pleinement le statut international de ces plateformes, ou assumer une redéfinition plus économique et plus réaliste de leur rôle dans le réseau aéroportuaire national.
Au-delà du cas de Garoua et de Maroua, ce dossier révèle une contrainte plus large pour le Cameroun. À l’approche de l’audit USOAP-CMA de l’OACI, le pays doit démontrer sa capacité à concilier les standards internationaux de sécurité aérienne, la soutenabilité budgétaire de ses investissements aéroportuaires et la réalité économique de plateformes à faible trafic. C’est moins l’existence de ces aéroports qui est en débat que le coût, pour l’État, de leur maintien dans la catégorie internationale.
Amina Malloum
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Entretien routier : les 47 milliards FCFA prévus pour 2026 couvrent à peine un tiers des besoins

(Investir au Cameroun) – Le Cameroun reste confronté à un déficit massif de financement pour l’entretien de son réseau routier. Selon les données récemment présentées au Sénat par le ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, les ressources mobilisées par le Fonds routier en 2026 s’élèvent à 47,784 milliards de FCFA. Cette enveloppe ne couvre que 31,7 % des besoins réels en entretien courant.
Autrement dit, les besoins annuels peuvent être estimés à environ 150 milliards de FCFA, laissant apparaître un gap de plus de 100 milliards de FCFA. Ce déficit explique en partie la dégradation récurrente du réseau, en particulier sur les routes en terre, qui représentent l’écrasante majorité du linéaire national.
Le réseau routier camerounais s’étend sur 121 873 km. Au 31 décembre 2025, il ne comptait que 10 939,92 km de routes bitumées, soit moins de 9 % du total. À l’inverse, plus de 110 000 km demeurent en terre, donc particulièrement exposés aux intempéries, à l’érosion et aux ruptures de trafic pendant les saisons pluvieuses.
Le ministre des Travaux publics reconnaît lui-même la vulnérabilité de ce réseau. Les routes en terre, a-t-il rappelé,« connaissent de fréquentes dégradations en raison de la nature du revêtement de la chaussée, qui ne résiste pas aux pluies ». Cette fragilité structurelle est aggravée par l’insuffisance des moyens consacrés à l’entretien préventif.
Un programme 2026 loin de couvrir l’ensemble du réseau
Pour l’année 2026, le Programme annuel d’entretien routier prévoit le financement de 263 projets. Ces interventions doivent permettre d’entretenir 5 215,41 km de routes et 2 620,89 mètres linéaires d’ouvrages d’art.
Mais rapporté à l’ampleur du réseau national, cet effort reste limité. Les interventions prévues ne couvrent qu’une fraction des routes en terre, alors même que celles-ci concentrent l’essentiel des besoins d’entretien. Le sous-financement se traduit donc par une logique de priorisation permanente : les pouvoirs publics interviennent d’abord sur les axes jugés les plus stratégiques, au détriment d’une couverture régulière de l’ensemble du réseau.
Selon Emmanuel Nganou Djoumessi,« les ressources budgétaires de 47,7 milliards de FCFA du Fonds routier couvrent à peine 31,7 % des besoins en interventions ». Cette déclaration illustre l’écart entre les ambitions d’entretien et les capacités financières réellement disponibles.
Le ministère indique par ailleurs que 488 contrats de construction, de réhabilitation ou d’entretien sont en cours d’exécution ou en préparation. Ils couvrent globalement 13 445,11 km de routes. L’objectif est de concentrer les moyens sur les axes structurants, notamment ceux qui relient les bassins de production, les grands corridors économiques et les zones de forte circulation.
Les routes communales et régionales tirent le réseau vers le bas
Le ministre reconnaît toutefois que l’impact de ces interventions reste limité. Selon lui,« la qualité du réseau routier est tirée vers le bas par les routes régionales et surtout communales, largement en terre, ou alors par les routes bitumées ayant déjà atteint leur durée de vie ».
Cette situation met en lumière l’un des angles morts de la politique routière : la décentralisation de l’entretien. Une part importante du réseau relève désormais des collectivités territoriales décentralisées, mais celles-ci ne disposent pas toujours des moyens financiers, techniques et humains nécessaires pour assurer une maintenance régulière.
En 2026, les ressources transférées aux collectivités s’élèvent à 8 milliards de FCFA pour les régions et 41 milliards de FCFA pour les communes. Ces dotations doivent permettre d’intervenir sur 3 683 km de routes et 3 243 mètres linéaires d’ouvrages d’art. Mais là encore, l’écart demeure considérable entre les besoins du terrain et les enveloppes disponibles.
Le défi est donc double. Il faut, d’une part, accroître les ressources dédiées à l’entretien courant afin d’éviter la dégradation prématurée des infrastructures. Il faut, d’autre part, améliorer la programmation, le contrôle et l’exécution des travaux, afin que les crédits disponibles produisent un effet visible sur la praticabilité des routes.
Le ministère des Travaux publics a d’ailleurs lancé, en avril 2026, une étude visant à élaborer une stratégie nationale d’entretien du patrimoine routier. L’objectif est de passer d’une logique principalement curative, souvent coûteuse et tardive, à une approche plus préventive et mieux planifiée.
Pour le Cameroun, l’enjeu dépasse le confort des usagers. L’état du réseau routier conditionne l’accès aux bassins agricoles, la compétitivité des corridors logistiques, le coût du transport intérieur et l’intégration des territoires. Tant que l’entretien courant restera financé à moins d’un tiers des besoins, la dégradation du réseau continuera de peser sur l’activité économique et sur la qualité des services publics.
Ludovic Amara
Lire aussi :
13-02-2026-Entretien routier : le Fonds routier plafonne à 30–35 milliards de FCFA par an, loin des 60 milliards budgétés
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China holds concert to celebrate 105th founding anniversary of CPC
BEIJING, June 29 (Xinhua) — A concert was held in Beijing on Monday evening in celebration of the 105th anniversary of the founding of the Communist Party of China (CPC).
Party and state leaders Xi Jinping, Li Qiang, Zhao Leji, Wang Huning, Cai Qi, Ding Xuexiang, Li Xi, and Han Zheng joined about 3,000 people to watch the performance, titled « Putting the People First. »
Held at the Great Hall of the People in central Beijing, the concert featured five segments, honoring revolutionary martyrs, recalling military-civilian solidarity during the years of the revolutionary wars, and depicting development during the years of socialist revolution and construction.
Performers also showcased China’s transformations since reform and opening-up, and highlighted the country’s achievements in the new era.
As the performance drew to a close, the audience rose to chorus the song « Without the Communist Party, There Would Be No New China. »
Representatives of foreign experts working in China were also invited to the event. ■
A concert is held in celebration of the 105th anniversary of the founding of the Communist Party of China (CPC) in Beijing, capital of China, June 29, 2026. Party and state leaders Xi Jinping, Li Qiang, Zhao Leji, Wang Huning, Cai Qi, Ding Xuexiang, Li Xi, and Han Zheng joined about 3,000 people to watch the performance, titled « Putting the People First. » (Xinhua/Xie Huanchi)
A concert is held in celebration of the 105th anniversary of the founding of the Communist Party of China (CPC) in Beijing, capital of China, June 29, 2026. Party and state leaders Xi Jinping, Li Qiang, Zhao Leji, Wang Huning, Cai Qi, Ding Xuexiang, Li Xi, and Han Zheng joined about 3,000 people to watch the performance, titled « Putting the People First. » (Xinhua/Yan Yan)
A concert titled « Putting the People First » is held in celebration of the 105th anniversary of the founding of the Communist Party of China (CPC) in Beijing, capital of China, June 29, 2026. (Xinhua/Yin Bogu)
A concert titled « Putting the People First » is held in celebration of the 105th anniversary of the founding of the Communist Party of China (CPC) in Beijing, capital of China, June 29, 2026. (Xinhua/Yin Bogu)
A concert titled « Putting the People First » is held in celebration of the 105th anniversary of the founding of the Communist Party of China (CPC) in Beijing, capital of China, June 29, 2026. (Xinhua/Ding Lin)CLIQUEZ ICI POUR LIRE L’ARTICLE ORIGINAL SUR camerounactuel.com
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la Cour suprême bloque la remise en cause du droit du sol voulue par Donald Trump
La Cour suprême des États-Unis a invalidé mardi 30 juin, le décret de Donald Trump visant à supprimer le droit du sol pour les enfants d’immigrés en situation irrégulière.
La Cour suprême des États-Unis a infligé un revers judiciaire au président Donald Trump en rejetant sa tentative de remettre en cause le droit du sol, l’un des principes fondateurs de la citoyenneté américaine.
Dans une décision rendue le 30 juin, une majorité de six juges, composée de trois magistrats conservateurs, dont le président de la Cour, et des trois juges progressistes, a annulé un décret signé par Donald Trump à son retour à la Maison Blanche. Ce texte prévoyait de supprimer la citoyenneté automatique accordée à la naissance aux enfants d’immigrés en situation irrégulière.
En effet, ce décret figurait parmi les mesures les plus controversées du second mandat du président américain. En le rejetant, la plus haute juridiction du pays réaffirme la portée du droit du sol, consacré par le 14ᵉ amendement de la Constitution et considéré comme un pilier de l’identité américaine.
Cette décision constitue un revers majeur pour l’administration Trump et relance le débat sur la politique migratoire aux États-Unis.
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