Connect with us

Actualités locales

Nachtigal : 35 milliards FCFA déjà mobilisés sur les 56 milliards nécessaires à la reconstitution de la garantie de l’État

Published

on

Nachtigal : 35 milliards FCFA déjà mobilisés sur les 56 milliards nécessaires à la reconstitution de la garantie de l’État
Spread the love

(Investir au Cameroun) – L’opération financière engagée par l’État camerounais pour reconstituer le mécanisme de garantie lié au barrage hydroélectrique de Nachtigal progresse, sans être encore bouclée. Selon des informations obtenues par Investir au Cameroun auprès de sources proches du dossier, un premier abondement de 35 milliards de FCFA a déjà été mobilisé dans le cadre de la reconstitution de la lettre de crédit stand-by, ou SBLC, portée par SCB Cameroun.

L’opération, lancée en mars 2026 et arrangée par Financia Capital, vise à reconstituer intégralement une garantie libellée en euros, dont le montant dépasse 86 millions d’euros, soit environ 56 milliards de FCFA. À ce stade, les 35 milliards de FCFA déjà mobilisés représentent un peu plus de 62% de l’enveloppe recherchée. Le reliquat à couvrir s’établit autour de 21 milliards de FCFA.

Cette SBLC fait partie du dispositif de sécurisation financière du projet Nachtigal. Elle vise notamment à couvrir les engagements de paiement dus à Nachtigal Hydro Power Company (NHPC), société de projet chargée de l’exploitation de l’ouvrage, en cas de défaillance de l’acheteur de l’électricité produite par la centrale. Depuis la reprise en main publique de l’ex-Éneo, devenue Socadel, l’État cherche à contenir les risques de défaut sur ce projet stratégique, dont la production est désormais centrale pour l’équilibre du système électrique national.

Une opération avancée, mais pas encore finalisée

Selon une source impliquée dans les négociations, le financement n’est toutefois pas définitivement bouclé. Si les établissements bancaires approchés ont déjà manifesté leur intérêt et si les intentions recueillies couvrent désormais l’intégralité du montant recherché, plusieurs étapes restent à franchir.

« Les intentions recueillies auprès des banques couvrent désormais l’intégralité du montant recherché. Toutefois, les discussions se poursuivent sur les conditions financières, les caractéristiques du prêt et les garanties exigées. Une fois ces paramètres arrêtés, les dossiers devront être soumis aux comités de crédit des différents établissements avant la signature de la convention de financement », explique cette source.

Cette précision est importante. Elle signifie que l’État dispose déjà d’un premier coussin de sécurité, mais que la reconstitution complète de la garantie dépend encore de l’arbitrage des banques sur les conditions de financement, du niveau des sûretés exigées et de la validation interne des dossiers de crédit.

L’enjeu est d’éviter une rupture du mécanisme de couverture mis en place autour de Nachtigal. Selon nos informations, le réapprovisionnement partiel de la SBLC, combiné à un règlement partiel des créances dues à NHPC — estimées à près de 70 milliards de FCFA en février 2026 — a permis jusqu’ici de réduire la pression sur le dispositif de garantie lié au projet, notamment celui bénéficiant de l’appui de la Banque mondiale au profit de Société Générale Paris.

Parallèlement, l’État a mis en place un mécanisme de fonds revolving destiné à reconstituer progressivement cette réserve financière et à limiter les risques de défaut sur ses engagements. Ce montage doit permettre de sécuriser les paiements dus à NHPC, alors que la centrale de Nachtigal est devenue l’un des piliers de l’approvisionnement électrique du pays.

Un test pour les futurs grands projets énergétiques

Au-delà de la seule question de trésorerie, le dossier Nachtigal soulève un enjeu plus large : la maîtrise des engagements financiers pris par l’État dans les grands projets d’infrastructures structurés en partenariat public-privé.

Avec la multiplication des garanties publiques, des contre-garanties et des mécanismes de couverture dans les projets énergétiques, les autorités cherchent désormais à mieux mesurer les risques budgétaires associés à ces montages. Le cas Nachtigal montre qu’un projet techniquement stratégique peut aussi devenir une source de tension financière lorsque l’acheteur de l’électricité n’est pas en mesure d’honorer régulièrement ses obligations de paiement.

Cette préoccupation a déjà été exprimée par le ministère des Finances. « Nous devons de plus en plus maîtriser la structuration des financements que nous mettons en place pour les projets. Le cas NHPC nous apporte clairement des enseignements qui nous permettent aujourd’hui de mieux réfléchir. Nous estimons actuellement que la structuration financière de ce projet n’a pas permis à l’État d’être totalement à l’aise », avait déclaré un responsable du ministère des Finances lors de la deuxième édition du Colloque financier international, tenue à Yaoundé le 23 avril dernier.

Ces inquiétudes rejoignent celles du Fonds monétaire international. Dans son rapport sur la septième revue du programme économique et financier du Cameroun, publié en 2025, l’institution relevait déjà que les charges liées au fonctionnement de la centrale de Nachtigal étaient susceptibles d’exercer de nouvelles pressions sur les finances publiques.

Alors que le gouvernement prépare d’autres infrastructures énergétiques majeures, notamment le barrage hydroélectrique de Kikot, Nachtigal apparaît désormais comme un cas d’école. Le projet reste essentiel pour renforcer l’offre électrique nationale, mais son montage financier rappelle que les grands barrages ne se mesurent pas seulement en mégawatts. Ils se mesurent aussi à la capacité de l’État à sécuriser durablement les engagements contractuels, les garanties publiques et les flux de paiement qui conditionnent leur viabilité.

Amina Malloum

Lire aussi:

Factures de NHPC / Nachtigal : le Cameroun veut lever 56 milliards FCFA avec SCB et Financia Capital comme arrangeurs

23-02-2026 – Barrage de Nachtigal : les factures impayées de l’État envers NHPC frôlent déjà 70 milliards FCFA

17-02-2026 – Paiements à NHPC : le Minfi négocie 42 milliards de FCFA auprès des banques pour renflouer la facilité de 100 milliards

Rejoindre notre chaîne télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Click to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Actualités locales

SRC : le recouvreur public de l’État creuse ses pertes avec un déficit de 1,97 milliard FCFA en 2025

Published

on

SRC : le recouvreur public de l’État creuse ses pertes avec un déficit de 1,97 milliard FCFA en 2025
Spread the love

(Investir au Cameroun) – La Société de recouvrement des créances du Cameroun (SRC), chargée de récupérer des créances pour le compte de l’État et de certains organismes publics, peine toujours à retrouver l’équilibre financier. Selon les comptes approuvés le 23 juin 2026 par l’Assemblée générale de cette entreprise publique, l’exercice 2025 s’est soldé par une perte nette de 1,97 milliard de FCFA. Le total du bilan s’établit, lui, à 9,9 milliards de FCFA.

Ce résultat ravive les fragilités déjà relevées par la Chambre des comptes de la Cour suprême dans son audit consacré à la gestion de la SRC sur la période 2018-2022. À titre de comparaison, la perte enregistrée en 2025 équivaut à près de 93 % du déficit cumulé constaté par les magistrats financiers sur les cinq exercices audités, estimé à environ 2,1 milliards de FCFA. La comparaison est d’autant plus sensible que la dernière année couverte par cet audit, 2022, s’était déjà soldée par un déficit d’environ 1 milliard de FCFA.

Réunie à Yaoundé sous la présidence d’Edoua Gilbert Didier, l’Assemblée générale a décidé d’affecter l’intégralité de la perte 2025 au poste « report à nouveau ». Dans son communiqué final, elle a également exprimé ses « regrets face aux entraves constantes dans l’exercice du mandat de recouvrement » de la SRC. Cette formule ouvre une question centrale: quels acteurs, quelles procédures ou quels blocages institutionnels freinent concrètement l’exécution du mandat confié à cette société publique?

Une structure de coûts qui pèse sur l’activité

L’audit de la Chambre des comptes avait déjà mis en évidence une situation financière durablement dégradée. Sur la période 2018-2022, la SRC a enregistré trois exercices déficitaires sur cinq. Les magistrats financiers attribuent une partie importante de cette contre-performance au poids des charges de personnel, qui absorbaient l’essentiel des revenus générés par l’entreprise.

Entre 2018 et 2022, les dépenses de personnel ont représenté en moyenne 86 % du produit net bancaire, indicateur retenu par l’audit pour apprécier les revenus de l’activité. Certaines années, ces charges ont même dépassé les produits réalisés. En 2020, année marquée par la crise sanitaire, les frais de personnel ont atteint 1,4 milliard de FCFA, contre 1,3 milliard de FCFA de produit net bancaire, soit un ratio de 112 %. Le même déséquilibre s’est reproduit en 2022, avec 1,86 milliard de FCFA de charges de personnel pour 1,82 milliard de FCFA de produit net bancaire, soit un ratio de 102 %.

Ce modèle apparaît difficilement soutenable pour une société dont les revenus dépendent principalement des commissions perçues sur les créances effectivement recouvrées. Lorsque l’activité de recouvrement ralentit, ou lorsqu’elle se heurte à des blocages, la SRC conserve une structure de charges lourde qui fragilise mécaniquement ses comptes.

La Chambre des comptes a également pointé un déséquilibre dans la répartition des effectifs. Au 31 mars 2024, la SRC comptait 168 agents, mais seulement 18 étaient directement affectés aux activités de recouvrement, soit 10,7 % de l’effectif total. Pour une entreprise dont la mission première est précisément de récupérer les créances publiques et parapubliques, cette répartition pose une question de productivité interne, d’efficacité opérationnelle et d’alignement des ressources humaines sur le cœur de métier.

Le paradoxe d’un recouvreur public déficitaire

La perte de 2025 ne peut donc pas être lue comme un simple accident comptable. Elle remet en lumière une contradiction plus profonde: la SRC dispose d’un mandat stratégique dans l’écosystème des finances publiques, mais son organisation, sa structure de charges et les obstacles évoqués par son Assemblée générale limitent sa capacité à produire les résultats attendus.

La société est censée contribuer à l’assainissement financier de l’État en récupérant des créances parfois anciennes, difficiles à mobiliser ou juridiquement complexes. Mais les performances relevées par l’audit 2018-2022, puis la perte enregistrée en 2025, montrent que ce mandat reste difficile à convertir en recettes suffisantes pour couvrir durablement les charges de fonctionnement.

La mention des « entraves constantes » formulée par l’Assemblée générale mérite, à ce titre, d’être clarifiée. Ces obstacles proviennent-ils de débiteurs publics récalcitrants, de procédures judiciaires longues, de résistances administratives, de dossiers insuffisamment documentés ou de limites propres à l’organisation interne de la SRC ? En l’absence de précisions, cette expression souligne davantage l’ampleur du problème qu’elle ne l’explique.

Pour l’État, l’enjeu dépasse la seule situation financière de la SRC. Il touche à la capacité des administrations publiques à récupérer les ressources qui leur sont dues, dans un contexte où la mobilisation des recettes internes reste une priorité budgétaire. Une société de recouvrement déficitaire, faiblement dotée en personnel directement affecté à son cœur de métier et grevée par des charges importantes, risque de devenir un maillon faible plutôt qu’un instrument d’assainissement financier.

La publication des comptes 2025 confirme ainsi que les fragilités relevées par la Chambre des comptes n’ont pas encore donné lieu à un redressement visible. Le problème n’est plus seulement de constater les pertes. Il est désormais de savoir si la SRC peut être réorganisée autour de sa mission première: recouvrer effectivement les créances, réorienter ses moyens vers les activités opérationnelles et restaurer la crédibilité financière d’un outil public conçu pour rapporter de l’argent à l’État, non pour accumuler les déficits.

Amina Malloum

Lire aussi:

16-02-2026 – SRC : jusqu’à 112 % du revenu net absorbé par la masse salariale, pour un résultat déficitaire de 2,1 milliards de FCFA

10-02-2026 – SRC : 14,2 milliards de FCFA non reversés au Trésor public, selon la Chambre des comptes

27-01-2026 – La SRC s’arrime aux standards internationaux de protection de la fortune publique

Rejoindre notre chaîne télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Continue Reading

Actualités locales

180 députés découvrent les coulisses du GPIGN et des unités d’élite de la Gendarmerie

Published

on

180 députés découvrent les coulisses du GPIGN et des unités d’élite de la Gendarmerie
Spread the love

Le mardi 23 juin 2026, 180 jeunes députés, représentant les différentes régions du Cameroun et accompagnés de leurs superviseurs, ont effectué une visite éducative auprès du Groupement Escadron Mobile de Gendarmerie n° 1.

Les visiteurs ont été accueillis par la 4e Inspectrice de la Gendarmerie Nationale, la Colonelle Emilienne Viorong, et le Commandant de la Légion Centre de Gendarmerie, le Colonel Nguele Désiré. Les jeunes parlementaires ont ensuite été reçus dans la salle Pandore du Groupement Escadron Mobile par le Lieutenant-Colonel Bamuh Muluh Emmanuel, Commandant de l’unité.

Dans son discours de bienvenue, le Commandant du Groupement a félicité et encouragé les jeunes députés d’avoir choisi de visiter le Groupement Escadron Mobile n° 1, une unité chargée d’assurer la sécurité des personnes et de leurs biens dans la capitale.

Au cours de la visite, la Commandante Annette Andong, Chef d’État-Major du Groupement Escadron Mobile n° 1, a présenté l’unité et ses missions : le maintien de l’ordre public et le rétablissement de la sécurité. Par la suite, le capitaine MBARGA NJI J., chef de l’escadron blindé de reconnaissance et d’appui, a présenté son unité, le Groupe d’intervention polyvalent de la Gendarmerie nationale (GPIGN), et ses missions aux jeunes parlementaires.

Soucieux d’en apprendre davantage, les jeunes députés ont posé de nombreuses questions. À la fin de la séance, ils se sont déclarés satisfaits des réponses apportées.

Après les présentations théoriques, les jeunes parlementaires ont pu observer de près différents équipements utilisés pour le maintien de l’ordre public et par le GPIGN.

Les jeunes parlementaires et leurs accompagnateurs ont exprimé leur gratitude et leur satisfaction à la hiérarchie de la Gendarmerie nationale pour l’accueil chaleureux et les précieuses informations partagées lors de la visite.

Rejoindre notre chaîne télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Continue Reading

Actualités locales

Gaz domestique : la subvention recule à 48,96 milliards FCFA en 2025 malgré une consommation en hausse

Published

on

Gaz domestique : la subvention recule à 48,96 milliards FCFA en 2025 malgré une consommation en hausse
Spread the love

(Investir au Cameroun) – La facture publique liée au soutien du prix du gaz domestique a légèrement baissé en 2025, malgré la progression continue de la demande nationale. Selon les données présentées à l’issue de la 57e session ordinaire du conseil d’administration de la Caisse de stabilisation des prix des hydrocarbures (CSPH), tenue le 24 juin, la prise en charge du soutien à la consommation du gaz domestique s’est établie à 48,96 milliards de FCFA en 2025, contre 52,6 milliards de FCFA un an plus tôt.

La baisse ressort à 3,64 milliards de FCFA, soit un recul de 6,92% sur un an. Cette enveloppe demeure toutefois la deuxième plus élevée de ces dernières années, après le pic de 75 milliards de FCFA enregistré en 2022. En 2023, la subvention s’était établie à 42,5 milliards de FCFA, avant de repartir à la hausse en 2024.

Une demande toujours dynamique

Le maintien de cette subvention vise à préserver le prix homologué de la bouteille de gaz domestique la plus consommée par les ménages, fixée à 6 500 FCFA. Ce soutien reste un instrument social sensible, dans un contexte où le gaz est devenu une source d’énergie essentielle pour les ménages urbains et périurbains.

La baisse observée en 2025 intervient pourtant dans un marché toujours en expansion. D’après la CSPH, la consommation de gaz domestique a progressé de 13% en 2025, après une hausse de 12% en 2024. Autrement dit, la facture de subvention se contracte alors que les volumes consommés continuent d’augmenter fortement.

Cet écart traduit une évolution importante du modèle d’approvisionnement. Il suggère que la charge supportée par la CSPH ne dépend pas seulement de la demande finale, mais aussi du coût d’importation, de la disponibilité du produit sur le marché international, du niveau des prix de référence et de la part couverte par la production locale.

Bipaga, levier de réduction de la facture

L’un des facteurs explicatifs réside dans la montée en puissance de la production locale de gaz de pétrole liquéfié (GPL), notamment à travers le centre de Bipaga, dans la région du Sud, exploité par la Société nationale des hydrocarbures (SNH).

Selon un rapport antérieur de la SNH, la production locale avait déjà permis de réaliser 2,236 milliards de FCFA d’économies sur la subvention du GPL en 2023. Cette année-là, le centre de Bipaga avait livré 34 699 tonnes de GPL, contre 28 677 tonnes en 2022, soit une progression de près de 21%.

Cette dynamique contribue à réduire la dépendance aux importations et à alléger, à la marge, le coût du soutien public au gaz domestique. Elle ne suffit toutefois pas encore à inverser structurellement la dépendance du Cameroun au GPL importé. Les volumes les plus récents de production locale n’ont d’ailleurs pas été précisés à l’issue de la session du conseil d’administration de la CSPH.

La Caisse indique, plus largement, que le marché national a été approvisionné de manière continue en 2025 afin de satisfaire la demande en produits pétroliers. La consommation des carburants terrestres — super, pétrole lampant et gazoil — a progressé de 4%, tandis que celle du gaz domestique a augmenté de 13%.

Cette pression sur la demande intervient alors que la CSPH affiche un résultat net en net recul. Son bénéfice est passé de 12,9 milliards de FCFA en 2024 à 7,13 milliards de FCFA en 2025, soit une baisse de près de 5,8 milliards de FCFA sur un an.

La trajectoire financière de la CSPH illustre ainsi l’équilibre délicat auquel reste confronté l’État : maintenir un prix socialement acceptable pour les ménages, contenir la charge de subvention et accélérer la substitution aux importations. En 2025, la baisse de la subvention constitue un signal positif, mais encore insuffisant pour conclure à une détente durable de la facture du gaz domestique.

Ludovic Amara

Rejoindre notre chaîne télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Continue Reading

Trending

Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infosCliquez ici