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Litige foncier Apouh-Socapalm : l’affaire renvoyée au 2 juillet, les riverains réclament la rétrocession de près de 200 ha

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Litige foncier Apouh-Socapalm : l’affaire renvoyée au 2 juillet, les riverains réclament la rétrocession de près de 200 ha
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(Investir au Cameroun) – La première audience du contentieux foncier opposant la communauté villageoise d’Apouh à Ngog, dans l’arrondissement d’Édéa 1er, à l’État du Cameroun, sur fond de différend avec la Société camerounaise de palmeraies (Socapalm), n’a pas pu se tenir le 4 juin 2026. Selon les informations disponibles, le renvoi est lié à une panne d’électricité au palais de justice. L’affaire a été reportée au 2 juillet 2026.

La prochaine audience devrait notamment permettre la désignation du rapporteur, magistrat chargé d’éclairer la formation de jugement sur la nature du dossier. Le recours, introduit devant la juridiction administrative, porte sur la situation foncière de parcelles exploitées par la Socapalm dans la zone d’Apouh à Ngog.

Le contentieux concerne cinq titres fonciers — 183 SN, 184 SN, 195 SN, 196 SN et 197 SN — attribués à la Socapalm le 10 août 1960. Selon les requérants, un état des lieux diligenté par le ministère des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières (Mindcaf) aurait établi des écarts entre les superficies couvertes par ces titres et celles effectivement exploitées par l’entreprise.

Le 20 septembre 2023, le Mindcaf aurait instruit le préfet de la Sanaga-Maritime de constituer, avec les services compétents, une commission de reconstitution des bornes. D’après les représentants des populations, cette instruction serait restée sans suite. C’est cette inertie administrative qui aurait conduit le chef du village Apouh à Ngog à saisir la juridiction administrative.

Pour Me Jean-Marc Touon, conseil des populations regroupées au sein de l’Association des femmes riveraines de la Socapalm Edéa (AFRISE), le dossier est d’abord un recours contre l’État du Cameroun pour excès de pouvoir. « Nous n’avons pas voulu orienter l’action uniquement contre Socapalm, parce que les titres fonciers, les arrêtés du ministre et les actes administratifs sont pris par l’État du Cameroun », explique-t-il.

L’avocat précise que les requérants ne demandent pas l’annulation des titres fonciers de 1960. Leur objectif est plutôt de faire constater les empiétements allégués et d’obtenir la rétrocession des superficies contestées aux populations riveraines. Me Touon évoque une solution progressive, qui pourrait passer par une libération échelonnée des parcelles litigieuses, en tenant compte notamment de l’ancienneté des plantations, sous le contrôle du juge et par accord entre les parties.

Depuis 2023, les campagnes de renouvellement des plantations de palmiers à huile engagées par la Socapalm ont ravivé les tensions avec les populations d’Apouh à Ngog et d’autres communautés riveraines. Celles-ci dénoncent la perte d’accès à des terres qu’elles considèrent comme ancestrales, ainsi que des restrictions affectant leurs activités agricoles et leurs moyens de subsistance.

Un rapport de Green Development Advocates (GDA), organisation de la société civile camerounaise, met également en cause la régularité de certaines occupations foncières dans la zone. Le document évoque notamment une surface de 874 hectares attribuée par arrêté préfectoral n°066/AP/C18/SAAJP du 3 mars 2021 à Apouh, alors que la concession provisoire serait encore en cours de transmission. Pour GDA, cette situation traduirait une exploitation agricole antérieure à l’attribution régulière de l’espace.

Sur les consultations tripartites mises en avant par la Socapalm, Me Jean-Marc Touon conteste leur portée. Selon lui, l’entreprise aurait engagé des opérations d’extension ou de replantation sur environ 200 hectares sans concertation suffisante avec les populations concernées et l’État.

La Socapalm, de son côté, rejette les accusations d’irrégularités foncières. L’entreprise soutient que ses titres ont été délivrés par l’État camerounais et affirme agir dans le respect du cadre légal. Elle met également en avant un processus de clarification foncière engagé avec l’administration et les communautés riveraines.

La Société camerounaise de palmeraies est une société anonyme de droit camerounais. D’après les informations publiées par l’entreprise, Socfinaf détient 67,46 % de son capital, contre 22,36 % pour l’État du Cameroun, le solde étant coté à la Bourse de Douala depuis 2009.

L’audience du 2 juillet devrait donc ouvrir une nouvelle étape dans un dossier ancien, à la fois foncier, administratif et social. Au-delà de la seule situation d’Apouh à Ngog, le litige interroge la gestion des concessions agro-industrielles, la protection des droits fonciers des communautés riveraines et le rôle de l’État dans l’arbitrage des conflits entre investisseurs et populations locales.

Frédéric Nonos

Lire aussi:

16-10-2025 – Epinglée par une enquête pour irrégularités foncières à Édéa, Socapalm réfute les accusations

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Électricité : Socadel envisage à Bertoua l’installation d’une cabine solaire pilote de 10 à 15 kWc

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Électricité : Socadel envisage à Bertoua l’installation d’une cabine solaire pilote de 10 à 15 kWc
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(Investir au Cameroun) – La Société camerounaise d’électricité (Socadel) envisage d’installer à Bertoua, dans la région de l’Est, une première cabine solaire communautaire d’une puissance comprise entre 10 et 15 kWc. Présentée sous l’appellation « Solar Booth Project », l’initiative doit tester un modèle de fourniture locale d’électricité avant une éventuelle reproduction dans d’autres localités.

Le projet se trouve encore à un stade préparatoire. Le site exact de la cabine n’est pas arrêté, plusieurs espaces publics de Bertoua restant à l’étude. Socadel n’a pas non plus communiqué le coût de l’installation, son mode de financement, son calendrier de réalisation ou l’identité des populations et infrastructures appelées à en bénéficier.

Une capacité encore indicative

La première cabine devrait disposer d’une puissance photovoltaïque installée de 10 à 15 kWc. Cette unité mesure la puissance maximale théorique des panneaux dans des conditions normalisées. Elle ne permet pas, à elle seule, de déterminer la quantité d’électricité qui sera effectivement produite et distribuée.

La production réelle, exprimée en kilowattheures, dépendra notamment de l’ensoleillement, du rendement des équipements, des usages raccordés et de la présence éventuelle de batteries. Aucune information n’est disponible, à ce stade, sur la capacité de stockage envisagée. Il est donc impossible d’évaluer l’autonomie du dispositif ou sa capacité à fournir de l’électricité la nuit et pendant les interruptions du réseau conventionnel.

Compte tenu de sa puissance, la cabine ne peut pas être présentée comme une réponse au déficit électrique de l’ensemble de Bertoua. Son impact devrait rester limité à des usages communautaires de proximité, dont la nature doit encore être précisée.

Un modèle économique qui reste à documenter

Le dispositif envisagé doit intégrer un système de comptage des consommations, une gouvernance locale ainsi qu’un mécanisme de traçabilité des recettes. L’objectif est de suivre l’électricité distribuée et les revenus générés par son exploitation.

Plusieurs paramètres restent cependant inconnus : le tarif qui serait appliqué aux usagers, l’entité chargée de collecter les paiements, la destination des recettes et la prise en charge des dépenses d’entretien. Socadel n’a pas davantage précisé si elle exploiterait directement l’installation ou si sa gestion serait confiée à la mairie, à une organisation communautaire ou à un prestataire privé.

Ces informations seront déterminantes pour apprécier la viabilité du modèle. Une cabine solaire communautaire ne peut être durable que si les recettes couvrent au moins une partie de l’exploitation, de la maintenance et du renouvellement des batteries, généralement parmi les équipements les plus coûteux du dispositif.

Une réplication suspendue aux résultats du pilote

Bertoua n’en serait pas à sa première expérience avec l’énergie solaire décentralisée. La ville a déjà accueilli plusieurs programmes d’éclairage public solaire. Le projet de Socadel s’en distinguerait toutefois par la fourniture d’électricité à des usages communautaires, l’installation de compteurs et la mise en place d’un mécanisme de gestion des recettes.

L’expérimentation intervient alors que Socadel cherche à financer sa remise à niveau. Le 1er juillet 2026, l’entreprise a confié à General Bank of Cameroon un mandat visant à mobiliser 60 milliards de FCFA pour des investissements dans la production, la distribution et la commercialisation de l’électricité. Aucun élément public ne permet toutefois de rattacher la cabine de Bertoua à cette enveloppe.

À l’occasion de cette opération financière, le président du conseil d’administration de Socadel, Antoine Ntsimi, avait assuré que« les résultats devront parler plus fort que les annonces ». Le projet de Bertoua ne pourra donc être évalué qu’après la publication de son coût, de son calendrier, de ses bénéficiaires et de ses performances opérationnelles.

Son éventuelle reproduction dans d’autres localités dépendra de ces résultats. À ce stade, aucun programme national de déploiement ni objectif chiffré d’installation de nouvelles cabines n’a été annoncé.

Ludovic Amara

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« Dangote envoie balader le ministre des Finances et honore ses engagements vis-à-vis Paul Biya »

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« Un mois après l’inauguration de la plus grande raffinerie du monde, Aliko Dangote a été reçu par le président Paul Biya. Des promesses d’investissements ont […]

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PPP : le CARPA cartographie les financeurs d’un portefeuille évalué à 4 895 milliards de FCFA

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PPP : le CARPA cartographie les financeurs d’un portefeuille évalué à 4 895 milliards de FCFA
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(Investir au Cameroun) – Le Conseil d’appui à la réalisation des contrats de partenariat (CARPA) a confié au cabinet Polygone SARL une étude stratégique sur l’écosystème de financement des partenariats public-privé au Cameroun. Selon la décision d’attribution consultée par Investir au Cameroun, la mission coûtera 39,35 millions de FCFA TTC et devra être réalisée en deux mois.

L’étude doit permettre aux autorités d’identifier les établissements et investisseurs capables d’apporter les ressources de long terme nécessaires aux projets d’infrastructures. Elle intervient alors que la Caisse autonome d’amortissement (CAA) évalue à 4 895,1 milliards de FCFA le portefeuille d’investissements suivi au titre des PPP, soit l’équivalent de 14,1 % du PIB à fin mars 2026.

Ce montant ne constitue ni une dette immédiatement exigible ni une estimation des sommes que l’État devra nécessairement décaisser. Il donne cependant une indication sur l’ampleur des projets dont les montages financiers, les garanties et les engagements contractuels doivent être suivis.

Banques, assurances et marché financier passés au crible

Polygone SARL devra évaluer la capacité des banques, des compagnies d’assurances, des fonds de pension, de la Banque de développement des États de l’Afrique centrale (BDEAC) et du marché financier régional à participer au financement des PPP.

L’étude examinera les conditions moyennes proposées par chaque catégorie de financeurs. Pour les prêteurs, l’analyse portera notamment sur les taux d’intérêt, les maturités, les devises utilisées, les garanties exigées et les principales clauses de financement. Pour les investisseurs en fonds propres, elle devra plutôt apprécier les niveaux de rendement attendus et les conditions de sortie.

Le rôle de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) sera étudié sous l’angle de l’environnement monétaire, prudentiel et financier. La banque centrale n’a pas vocation à prêter directement aux projets, mais ses règles influencent la capacité des banques commerciales à immobiliser des ressources sur de longues périodes.

Le consultant devra également identifier les bailleurs multilatéraux, bilatéraux et privés susceptibles d’intervenir au Cameroun. La mission couvrira les différents instruments mobilisables : crédits bancaires, fonds propres, garanties, émissions obligataires, financement mixte, finance islamique et finance climatique.

L’objectif est de distinguer les projets susceptibles d’être financés sur le marché national ou régional de ceux qui nécessitent des ressources internationales. L’étude devra aussi déterminer quels mécanismes de garantie ou de rehaussement de crédit peuvent améliorer leur attractivité auprès des prêteurs et des investisseurs.

La commande répond ainsi à un problème de bancabilité. L’inscription d’un projet dans le portefeuille des PPP ne garantit pas qu’il trouvera des financeurs disposés à immobiliser leurs ressources pendant quinze, vingt ou trente ans, dans des conditions compatibles avec ses recettes futures et avec les capacités financières de l’État.

Les 4 895 milliards ne constituent pas une facture pour l’État

Dans sa note de conjoncture de mars 2026, la CAA situe à 4 895,1 milliards de FCFA les engagements recensés au titre des PPP, soit 14,1 % du PIB. Le tableau détaillé servant de base à cette estimation présente toutefois principalement les montants d’investissement associés aux différents projets.

L’intégralité de cette enveloppe ne peut donc pas être assimilée à une dette ou à une perte potentielle pour l’État. L’exposition budgétaire réelle dépend des obligations contenues dans chaque contrat, de la répartition des risques et des recettes générées par l’infrastructure.

Certains PPP reposent essentiellement sur les paiements effectués par les usagers. D’autres peuvent prévoir des loyers versés par l’administration, des garanties de revenus, des compensations en cas d’insuffisance de la demande, des obligations de rachat ou des indemnités de résiliation. Ce sont ces clauses qui déterminent le risque susceptible de revenir au budget public.

Les PPP permettent ainsi d’étaler le financement d’une infrastructure et d’en confier une partie au partenaire privé. Ils ne suppriment cependant ni le coût du projet ni tous les risques associés. Lorsque les recettes sont inférieures aux prévisions ou qu’une garantie publique est appelée, une partie du risque initialement transféré au privé peut revenir à l’État.

La CAA précise par ailleurs que son estimation n’intègre pas comme telle l’enveloppe globale de 5 400 milliards de FCFA annoncée pour le projet ferroviaire reliant le Cameroun au Congo. Cette somme correspond à la valeur estimative d’un projet transfrontalier et ne constitue pas, à ce stade, une obligation budgétaire intégrale supportée par le seul Cameroun.

Attirer les capitaux sans accumuler les garanties

Polygone SARL devra formuler des recommandations stratégiques, proposer des instruments adaptés aux différents types de projets et élaborer une feuille de route pour améliorer l’environnement de financement des PPP.

Cette démarche doit aider l’État à mieux préparer les opérations avant leur présentation aux prêteurs, à identifier les sources de remboursement et à répartir plus clairement les risques entre les administrations, les investisseurs et les opérateurs privés.

Le défi tient notamment au décalage entre la durée des infrastructures et celle des ressources mobilisables. Les projets routiers, ferroviaires, énergétiques ou hydrauliques nécessitent souvent des financements remboursables sur plusieurs décennies, alors que les ressources des banques sont généralement disponibles sur des périodes plus courtes.

Le développement des PPP dépendra donc de la capacité des autorités à associer banques, investisseurs institutionnels, bailleurs internationaux et marché financier régional. Cette mobilisation devra toutefois éviter une accumulation de garanties publiques susceptible de transformer progressivement le financement privé en charges différées pour le budget.

L’étude attribuée à Polygone SARL ne constitue pas encore une réforme du financement des PPP. Elle doit d’abord établir un diagnostic des financeurs disponibles, de leurs exigences et des instruments susceptibles d’être mobilisés.

La difficulté ne sera pas seulement de trouver davantage de capitaux privés. Elle consistera surtout à déterminer quelles garanties l’État peut raisonnablement accorder sans faire supporter au budget l’essentiel des risques que les PPP sont censés partager.

Amina Malloum

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