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Alucam : une indemnité ENEO de 16 milliards FCFA allège les comptes fournisseurs, mais le redressement reste fragile

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Alucam : une indemnité ENEO de 16 milliards FCFA allège les comptes fournisseurs, mais le redressement reste fragile
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(Investir au Cameroun) – Les états financiers 2025 d’Alucam font apparaître une indemnité de 16 milliards FCFA liée à un « sinistre ENEO », comptabilisée dans les autres produits. Cette compensation a contribué à absorber une partie de l’encours fournisseur envers l’électricien, tout en améliorant significativement le résultat de l’exercice.

Selon les notes annexes aux comptes, le poste « autres produits » a connu une forte variation en 2025 sous l’effet de trois éléments : l’indemnité liée au sinistre ENEO, pour 16 milliards FCFA, l’apurement de factures non parvenues pour 2 milliards FCFA et la reprise partielle d’une provision sur le TEC pour 4 milliards FCFA. Ces produits ont fortement soutenu les performances comptables d’Alucam sur l’exercice.

L’effet de cette indemnité se lit aussi dans l’évolution des dettes fournisseurs. Le poste « fournisseurs dettes en compte hors groupe » est passé de 36,8 milliards FCFA en 2024 à 18,1 milliards FCFA en 2025, soit une baisse d’environ 18,7 milliards FCFA. D’après la note 17 des états financiers, cette diminution s’explique essentiellement par l’absorption de l’encours du compte fournisseur ENEO par l’indemnité de 16 milliards FCFA due à la suite du sinistre.

Cette opération a même fait basculer le solde du compte ENEO en position débitrice d’environ 3 milliards FCFA au 31 décembre 2025. Autrement dit, après compensation comptable, le solde du compte ne traduisait plus seulement une dette d’Alucam envers son fournisseur d’électricité, mais une position favorable à l’entreprise sur ce compte précis. Cette évolution explique également la progression du poste « autres fournisseurs débiteurs », passé de 1,2 milliard FCFA en 2024 à 4 milliards FCFA en 2025.

Ce mécanisme ne doit toutefois pas être confondu avec une amélioration structurelle de la trésorerie. Il s’agit d’abord d’un effet comptable lié à une indemnisation et à des opérations de compensation. Les états financiers ne précisent pas la nature exacte du « sinistre ENEO » ayant donné lieu à cette indemnité. Aucun élément des documents consultés ne permet donc d’établir formellement le lien entre cette compensation et un incident industriel précis.

Parallèlement, les comptes font apparaître une autre opération majeure concernant ENEO. La note 19 indique que l’État du Cameroun s’est subrogé à Alucam pour le règlement d’une dette validée envers ENEO, d’un montant de 20,9 milliards FCFA. Cette dette correspond aux consommations d’énergie électrique haute tension d’octobre 2023 au 31 décembre 2024. Cette opération est distincte de l’indemnité de 16 milliards FCFA liée au sinistre ENEO.

Sur le plan du résultat, l’amélioration est nette. Alucam a dégagé un bénéfice net de 279,3 millions FCFA en 2025, contre une perte de 23,8 milliards FCFA en 2024. Le résultat des activités ordinaires ressort à près de 2 milliards FCFA, après un déficit de 21,9 milliards FCFA un an plus tôt.

Mais cette embellie reste fragile. Le chiffre d’affaires recule de 94,4 milliards FCFA en 2024 à 80 milliards FCFA en 2025, soit une baisse d’environ 15 %. Les comptes montrent aussi que les capitaux propres demeurent négatifs, à -51,9 milliards FCFA à fin décembre 2025, contre -52,2 milliards FCFA un an plus tôt. Les notes annexes signalent en outre que le fonds de roulement et la trésorerie nette restent négatifs.

Pour restaurer ses fonds propres, Alucam envisage une recapitalisation par conversion en capital social des créances de l’État du Cameroun figurant dans ses livres au 31 décembre 2025. Selon les commissaires aux comptes, des actions sont en cours en vue de cette recapitalisation courant 2026, sur la base de créances de l’État inscrites au bilan pour 92,5 milliards FCFA.

A l’analyse, cette indemnité pourrait être liée à l’incident survenu en avril 2020 sur le site industriel d’Édéa. À l’époque, une rupture de l’alimentation électrique avait provoqué un incendie dans la salle électrique du complexe métallurgique, endommageant plusieurs cuves d’électrolyse et affectant durablement les capacités de production de l’entreprise. Aucune mention explicite dans les états financiers ne permet toutefois d’établir avec certitude le lien entre cet événement et l’indemnisation enregistrée en 2025. Depuis cet épisode, Alucam exploite son outil industriel en deçà de ses capacités. L’indisponibilité d’une partie de ses installations limite sa production, qui peine à dépasser la moitié de sa capacité nominale de 100 000 tonnes par an.

Ainsi, le retour d’Alucam aux bénéfices en 2025 traduit moins un redressement industriel achevé qu’un assainissement comptable ponctuel, porté par des produits exceptionnels et des réaménagements de dette. La société améliore ses comptes, mais reste confrontée à une structure financière dégradée et à la nécessité de renforcer durablement ses fonds propres.

Amina Malloum

Lire aussi :

29-05-2026 – Alucam renoue avec un bénéfice de 279,3 millions de FCFA en 2025, mais son redressement reste fragile

03-02-2026 – Naxya Holding propose 100 milliards de FCFA à l’État pour reprendre et moderniser Alucam

24-09-2025 - Avec des pertes de 23,7 milliards en 2024, Alucam mise sur Proalu et un potentiel investisseur pour sa survie

13-08-2024 – Transformation de l’aluminium : Proalu SA signe un accord avec l’Etat pour construire une usine de 88 milliards de FCFA

05-11-2025 - Alucam : les détails de l’offre de rachat faite par le Singapourien Eagle Eye d’Arise IIP à l’Etat du Cameroun

06-01-2016 - Lazard Frères & Co devrait conseiller le Cameroun dans la recherche d’un investisseur pour Alucam

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Gaz domestique: la SCDP veut porter la capacité de chargement de Bonabéri à 1 950 tonnes par jour

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Gaz domestique: la SCDP veut porter la capacité de chargement de Bonabéri à 1 950 tonnes par jour
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(Investir au Cameroun) – La Société camerounaise des dépôts pétroliers (SCDP) prépare une nouvelle phase de modernisation de son dépôt GPL de Bonabéri, à Douala. L’entreprise publique prévoit d’y construire un système intégré de chargement destiné à fluidifier l’acheminement du gaz domestique vers les opérateurs, par camions-citernes et wagons-citernes.

Approuvé par le conseil d’administration de la SCDP lors de sa session du 25 mai 2026, le projet devrait être exécuté sur une période d’environ 20 mois. Son coût n’a pas été communiqué.

Le dispositif annoncé comprend notamment un poste de chargement camions, un poste de chargement wagons, une nouvelle pomperie GPL, des systèmes modernes de comptage ainsi que des équipements d’automatisation et de sécurité. L’objectif est de corriger le déséquilibre entre les capacités de stockage, récemment renforcées, et les capacités de chargement, devenues un point de tension dans la chaîne d’approvisionnement.

« Nous connaissons une pression sur le gaz domestique, qui est un produit en forte croissance. Il a fallu développer nos capacités avec un hub à Bonabéri qui permettra d’augmenter les volumes de chargement, aussi bien par camions que par wagons-citernes », explique Véronique Manzoua épouse Moampea Mbio, directrice générale de la SCDP.

Selon l’entreprise, cette modernisation devrait permettre de porter la capacité quotidienne de chargement de GPL de 1 000 à près de 1 950 tonnes, soit une hausse de 95 %. Le site pourrait également charger jusqu’à sept wagons-citernes, contre deux actuellement, ce qui multiplierait par 3,5 la capacité de chargement ferroviaire.

Au-delà du gain opérationnel, l’enjeu est stratégique. Bonabéri est le principal point d’entrée et de redistribution du GPL importé au Cameroun. Toute tension sur ce site se répercute rapidement sur les délais de chargement, les rotations des opérateurs et, in fine, la disponibilité du gaz domestique sur le marché.

Cette pression pourrait s’accentuer avec la réorientation attendue d’une partie des opérateurs qui s’approvisionnaient jusque-là au centre GPL de Bipaga, dans la région du Sud. Une réduction temporaire de l’activité sur ce site transférerait une partie de la demande logistique vers Douala, renforçant le rôle de Bonabéri dans l’approvisionnement national.

Le projet intervient dans un contexte de dépendance structurelle aux importations. La production locale de GPL reste limitée et ne couvre qu’une fraction de la demande nationale. Le solde est importé, avec un impact direct sur les finances publiques, les besoins en devises et la sécurité d’approvisionnement.

Pour la SCDP, la modernisation de Bonabéri doit donc répondre à trois impératifs : accélérer les opérations de chargement, améliorer la traçabilité des volumes et renforcer la sécurité industrielle sur un produit sensible. Reste désormais à connaître le coût exact de l’investissement, son mode de financement et son calendrier opérationnel détaillé.

Frederic Nonos

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Préparation Mondial 2026 – Hervé Penot “impressionné par la performance collective du Maroc vs Norvège”

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Préparation Mondial 2026 – Hervé Penot “impressionné par la performance collective du Maroc vs Norvège”
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Les Lions de l’Atlas du Maroc on fait match nul 1-1 contre la Norvège, en match de préparation de la Coupe du monde 2026.

Le Maroc est même passé tout près de la victoire face aux coéquipiers Erling Haaland et de Martin Ødegaard. Cette prestation à quelques jours du démarrage de la Coupe du monde a fini de convaincre le journaliste français Hervé Penot quant à la solidité du bloc marocain.

« J’ai été impressionné par la performance collective du Maroc vs Norvège. Tous les changements ont permis à Norvège de revenir. Mais collectivement, les Lions très bien. Espérons que Elzzalzouli pas trop grave. Car c l’un des joueurs qui a le plus progressé en sélection », a écrit Hervé Penot sur X.

Le Maroc est logé dans le Groupe C en compagnie du Brésil, de Haïti et de l’Ecosse.

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Cemac : la BEAC suspend les opérations de refinancement des investissements dans le secteur productif

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Cemac : la BEAC suspend les opérations de refinancement des investissements dans le secteur productif
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(Investir au Cameroun) – La Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), institut d’émission commun aux six pays de la Cemac – Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad et RCA – a suspendu les opérations de refinancement des crédits à moyen termes destinés à soutenir l’investissement dans le secteur productif. Selon nos sources, la décision a été prise au terme d’un débat houleux, au cours du Comité de politique monétaire (CPM) de la BEAC tenu le 2 avril 2026 à Yaoundé.

«Il s’agit d’une suspension provisoire, le temps de nous permettre de moderniser le mécanisme de fonctionnement de ce guichet qui, comme vous le savez, est un mécanisme ancien. Donc, pour l’instant, nous ne prenons plus de nouvelles demandes de refinancement provenant des banques commerciales, mais nous continuons à traiter les dossiers déjà reçus par la banque centrale avant cette décision de suspension», explique une source interne à la BEAC.

Au cours de la conférence de presse ayant sanctionné le CPM de la BEAC du 29 septembre 2025, le gouverneur de la banque centrale des pays de la Cemac avait déjà annoncé une réforme du guichet spécial de refinancement, anciennement connu sous le nom de guichet B. La relecture des textes régissant ce guichet opérationnel depuis les années 90, avait précisé Yvon Sana Bangui, a pour objectif «d’adapter ce dispositif à notre contexte d’aujourd’hui ».

Un concours financier n’excédant pas 60% du coût du projet

Pour rappel, le marché monétaire de la Cemac, piloté par la BEAC, est structuré en deux compartiments. On a, d’une part, le marché interbancaire, sur lequel les banques commerciales se refinancent entre elles grâce à la liquidité qu’elles ont en compte à la banque centrale, et d’autre part, les interventions de la BEAC effectuées au profit des établissements de crédit éligibles, à travers deux guichets (A et B).

«Le guichet A correspond à la sphère du marché monétaire où sont traitées toutes les opérations d’injections ainsi que les opérations de reprise de liquidités. Le guichet B est réservé au refinancement des crédits à moyen terme destinés à l’investissement productif», explique le gouverneur de la banque centrale des pays de la Cemac.

Selon les textes régissant le guichet B, dont le montant des concours n’excède pas 60% du coût du projet à financer, les demandes de refinancement de 20 milliards de FCFA au plus sont de la compétence du gouverneur de la BEAC. Pour les montants supérieurs à 20 milliards de FCFA, la décision revient au CPM, tandis que les directeurs nationaux de la BEAC se prononcent sur des demandes de 4,5 milliards de FCFA au plus par trimestre, dont 1,5 milliard de FCFA par mois.

Un guichet peu exploité par les banques

Au demeurant, si les banques commerciales opérant dans la Cemac sont très actives sur le guichet A, celles-ci manifestaient très peu d’intérêt pour le guichet B jusqu’à une date récente. «Au mois de juin (2025), nous avons réuni toutes les banques à Bangui et nous avons fait la présentation du guichet B. Le constat était amère : les banques ont totalement méconnu l’existence de cet instrument», avait révélé Yvon Sana Bangui au sortir du CPM de la BEAC du 29 septembre 2025.

Après l’opération de charme de la BEAC en direction des banques commerciales du mois de juin 2025 à Bangui, l’on va noter une affluence plus importante des banques camerounaises vers le guichet B, désormais baptisé guichet spécial de refinancement. A titre d’illustration, pour la seule année 2025, par exemple, la banque centrale a validé le refinancement des crédits de 41,2 milliards de FCFA accordés par les banques locales pour le projet d’exploitation du gisement de fer de Bipindi-Grand-Zambi, puis des prêts bancaires de 31,3 milliards de FCFA pour le financement du programme d’investissement de l’opérateur des télécoms Camtel.

Dans le même temps, le banquier camerounais CCA Bank a été autorisé à lever 30 milliards de FCFA auprès de la banque centrale pour participer au financement d’un projet minier au Congo, tandis qu’Afriland First Bank a sollicité le refinancement de la BEAC pour la construction d’une huilerie de 20 milliards de FCFA à la Société de développement du coton (Sodecoton). Au regard de cet engouement des banques, la suspension provisoire des opérations sur le guichet spécial de refinancement de la banque centrale prive temporairement les établissements de crédit et les industriels d’un levier stratégique pour l’industrialisation de la zone Cemac.

Brice R. Mbodiam

Lire aussi:

17-02-2026 – Fer de Grand Zambi : cinq banques locales autorisées à lever 41,2 milliards de FCFA à la BEAC pour financer l’exploitation

16-01-2026 – CCA Bank annoncé sur deux deals de 34,1 milliards de FCFA dans des projets miniers au Cameroun et au Congo

30-09-2025 - Sonara : la BEAC disposée à activer son guichet B pour financer les travaux de réhabilitation à hauteur de 60%

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