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Le Cameroun poussé à retirer les aéroports de Garoua et Maroua du trafic international

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Le Cameroun poussé à retirer les aéroports de Garoua et Maroua du trafic international
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Jean Ernest Masséna Ngallè Bibéhè, ministre des Transports, a reçu le jeudi 28 mai 2026 Romain Ekoto, directeur du Bureau régional de l’Organisation de l’aviation civile internationale pour l’Afrique occidentale et centrale (Oaci). La délégation conduite par Romain Ekoto comprenait notamment René Tavarez, expert régional de l’OACI, Eugène Aponbi, directeur général de l’Agence de supervision de la sécurité aérienne en Afrique centrale (ASSA-AC), Thierry Nkoto, directeur de la formation au sein de cette institution, ainsi que le coordonnateur technique des Autorités africaines et malgaches de l’aviation civile (AAMAC) et un chef de service de l’ASSA-AC.

Cette visite s’inscrit dans le cadre d’une mission de dialogue et d’assistance du bureau régional de la Western and Central African (WACAF) au Cameroun, conduite du 25 au 29 mai 2026. Son objectif central est de préparer le pays à l’audit USOAP-CMA — le Programme universel d’audits de supervision de la sécurité — programmé pour novembre prochain. VINGT ANS SANS AUDIT : UN RETARD QUI PÈSE Romain Ekoto l’a dit sans détour devant le ministre et ses collaborateurs, le dernier audit de l’OACI au Cameroun remonte à 2006.

Deux décennies sans évaluation formelle de la conformité du système de sécurité aérienne. Pour l’audit de novembre 2026, l’organisation fixe au Cameroun un objectif de conformité d’au moins 75 % aux normes de sécurité et de sûreté internationales. Pour y parvenir, le directeur régional a formulé quatre demandes précises adressées au ministre.

GAROUA ET MAROUA : SORTIR POUR MIEUX PERFORMER

La recommandation la plus sensible concerne le sort de deux aéroports du septentrion. Romain Ekoto a suggéré au ministre de retirer Garoua et Maroua du réseau de navigation aérienne internationale, à l’image de ce qui avait déjà été fait pour Ngaoundéré. La logique est strictement comptable, des infrastructures non conformes aux normes OACI, si elles restent classées dans le réseau international, tirent mécaniquement vers le bas le score global du pays lors de l’audit.

En les excluant du périmètre évalué, le Cameroun préserve ses chances d’atteindre le seuil des 75 %. La mesure ne signifie toutefois pas une fermeture définitive des plateformes aéroportuaires concernées. Le directeur régional, Ekoto, a précisé que les aéroports de Garoua et de Maroua pourront continuer à recevoir des vols internationaux de manière ponctuelle, en dehors du cadre des dessertes régulières.

Le retrait annoncé relève donc davantage d’un ajustement administratif et statistique que d’une suspension opérationnelle. Dans le Grand Nord, cette nuance reste cependant relative. Entre une liaison internationale régulière et une autorisation exceptionnelle, les retombées en matière de connectivité, de mobilité des populations et de dynamisme économique ne sont pas comparables.

À Douala, le responsable régional a par ailleurs demandé une accélération des travaux de mise en conformité de l’aéroport international, en prélude à sa certification annoncée comme imminente. Le vaste projet de rénovation de l’aérogare est évalué à 95 milliards de FCFA TTC, pour un coût des travaux hors taxes estimé à 75 milliards de FCFA. Le financement repose sur un prêt de l’Agence française de développement (AFD) de 38,3 milliards de FCFA, une contribution directe d’ADC S.A. de 36,7 milliards de FCFA, ainsi qu’un apport de l’État du Cameroun chiffré à 20 milliards de FCFA au titre des impôts et droits de douane.

TROIS AUTRES CHANTIERS SUR LA TABLE

Au-delà de la question aéroportuaire, Ekoto a soumis au ministre trois autres exigences. La première porte sur la rapidité d’adoption des projets de textes réglementaires élaborés par l’OACI en matière de sécurité et de sûreté. La deuxième concerne la création d’une commission autonome chargée des enquêtes sur les accidents et incidents aériens.

Actuellement, cette fonction est assurée par une commission ad hoc placée sous la tutelle directe du ministre. L’OACI juge cette configuration insuffisamment indépendante au regard de ses standards, et estime qu’elle pénaliserait le Cameroun lors de l’évaluation.

La troisième demande vise l’adoption d’un schéma directeur pour le secteur de l’aviation civile, destiné à regrouper l’ensemble des projets en cours dans une feuille de route cohérente et suivable.

Devant ses directeurs généraux réunis — CCAA, ADC S.A., CAMAIRCO, ASECNA, ainsi que la Direction de l’aviation civile —, le ministre Ngallè Bibéhè a réaffirmé sa fermeté sur le respect des délais d’ici novembre. Chaque responsable a présenté, sur son périmètre, l’état d’avancement des travaux.

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Maina Anatole : Portrait d’un bâtisseur face aux vents contraires

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Maina Anatole : Portrait d’un bâtisseur face aux vents contraires
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Dans le grand livre du développement du Septentrion camerounais, certains noms s’écrivent en lettres d’or, portés par le souffle de l’engagement et gravés dans la pierre des réalisations concrètes. Maina Anatole est de cette lignée d’hommes. Actuel Secrétaire Général du Ministère de la Fonction Publique et de la Réforme Administrative (MINFOPRA), ce natif du canton de Boboyo s’est hissé au sommet de l’appareil étatique sans jamais renier ses racines prolétaires.

Du dénuement de Boboyo aux sommets du MINFOPRA, Maina Anatole s’est imposé comme le bâtisseur infatigable du Mayo-Kani, portant à bout de bras des projets majeurs pour la jeunesse et la culture Moundang. Mais dans l’arène politique, une telle lumière attire inévitablement les ombres. Face aux cabales médiatiques et aux jalousies locales, ce grand commis de l’État oppose la force tranquille de ses réalisations concrètes.

Pourtant, c’est sur ses terres natales du Mayo-Kani que l’homme révèle sa véritable stature . Celle d’un leader visionnaire, d’un modernisateur social et d’un gardien farouche du patrimoine culturel Moundang. Pour Maïna Anatole, « Les grands hommes font leur propre piédestal, l’avenir se charge de la statue. », comme le dit si bien la célèbre maxime .

La trajectoire de l’intégrité

Rien ne prédestinait ce fils d’une famille modeste de Boboyo à occuper l’un des postes les plus stratégiques de l’administration publique camerounaise. Nommé par décret présidentiel et installé en juillet 2018 à l’ENAM par le Ministre Joseph LE, Maina Anatole s’est immédiatement vu confier des chantiers titanesques . À savoir, la modernisation de l’accueil, réduction des délais de traitement des dossiers et accélération des réformes.

L’architecte de la dématérialisation

Loin des bureaux feutrés de Yaoundé, c’est sur le terrain de l’innovation qu’il s’illustre, notamment lors du Salon de l’Action Gouvernementale (SAGO). Face au public, il défend avec brio la quatrième révolution industrielle appliquée à l’État . Figé sur la mise en place des concours et oraux en ligne ; la transparence accrue dans les recrutements et le rapprochement de l’administration de l’usager lambda.

« C’est un homme de dossiers qui comprend que la modernité administrative est le seul levier pour intégrer efficacement notre jeunesse dans le monde de demain », confie un cadre du MINFOPRA.

Des œuvres concrètes contre le chômage

Dans l’Extrême-Nord, là où le climat et la situation géopolitique rendent le quotidien précaire, Maina Anatole ne se contente pas de discours politiques. Il agit. Conscient que le désœuvrement des jeunes est le terreau de tous les maux, il a investi sa propre énergie et ses ressources pour créer de véritables rampes de lancement professionnelles.

En fait, pour endiguer le chômage dans le Grand Nord, il est devenu le promoteur de structures d’envergure nationale . On peut citer entre autre, les Écoles de formation de santé et d’agriculture . Parmi elle, les centres d’apprentissage qui accueillent des vagues de jeunes Camerounais venus de toutes les régions du pays, transformant Kaélé en un pôle d’excellence académique.

Bien plus le Laboratoire d’analyses biomédicales de Kaélé , une infrastructure de pointe, alors en cours de finition, conçue pour combler un vide sanitaire critique et générer des emplois qualifiés pour la jeunesse locale.

Le Pharaon de la culture Moundang

Le développement économique n’est rien sans l’ancrage identitaire. Porté à la tête de Gbe-Zah, la plus grande association culturelle du pays Moundang, Maina Anatole a donné une impulsion internationale à la préservation de son patrimoine.

Complexe Culturel Moundang

Lancé en décembre 2023, le chantier du Complexe Culturel Moundang est le grand ouvrage de son mandat. Évalué à 300 millions de FCFA, ce joyau architectural, financé en partie grâce à un élan de solidarité de la diaspora qu’il a lui-même mobilisée, a franchi le cap des 40 % de réalisation.

Ce ne sera pas un simple musée, mais un carrefour vivant avec une salle de conférence moderne, une bibliothèque riche, des espaces d’exposition, des chambres d’accueil et un restaurant-bar. Sans oublier un complexe sportif avec déjà un terrain de basket-ball prêt à accueillir ses joueurs.

L’Ambassadeur aux mains bénies

Le 9 décembre 2023 restera gravé dans les annales : lors d’une cérémonie historique, les cinq Lamibes de l’arrondissement de Kaélé lui ont imposé les mains, le sacrant officiellement « Ambassadeur » et porte-parole du peuple Moundang. Un privilège unique, jamais accordé à ses prédécesseurs. Surnommé affectueusement « Le Pharaon » par ses admirateurs, il utilise cette légitimité pour éteindre les conflits locaux par des lettres officielles conjointes avec les chefs traditionnels, sanctuarisant le vivre-ensemble et la cohésion sociale.

La politique du cœur

L’altruisme de Maina Anatole s’est matérialisé par des campagnes de santé gratuites de grande envergure dans le Mayo-Kani. Grâce à son leadership et à sa synergie avec son homologue du gouvernement, le Dr Manaouda Malachie, des campagnes massives de soins gratuits ont été organisées, ouvrant l’accès aux consultations, examens et médicaments pour les populations les plus démunies dans toutes les aires de santé du département.

« Nul n’est prophète chez soi »

Pourtant, ce parcours sans faute suscite des jalousies féroces. Dans cette quête acharnée du développement, Maina Anatole fait face aux attaques de « persécuteurs » tapis dans l’ombre. Récemment encore, des rumeurs haineuses diffusées sur les réseaux sociaux par des activistes comme Boris Bertolt l’accusaient calomnieusement d’avoir versé 27 millions de FCFA à un marabout soudanais pour obtenir une promotion gouvernementale. Des attaques grossières qui visent à déstabiliser l’homme intègre.

Face à ces cabales, la communauté et les intellectuels font bloc. Un historien et élite du Grand Nord livre un témoignage poignant. « Derrière cette magnifique et salvatrice campagne de soins se cache un nom : Anatole Maina. N’en déplaise aux hommes de mauvaise foi et aux oiseaux de mauvaise augure qui savent toujours voir en mal les belles œuvres, ce geste mérite des applaudissements. La reconnaissance est une vertu. Le Complexe Culturel, les écoles de santé, le laboratoire… tout cela fait de lui un grand homme. Comme disait Jules Renard : « La récompense des grands hommes, c’est que, longtemps après leur mort, on n’est pas sûr qu’ils soient morts. »Le temps n’effacera jamais sa trace. »

Maina Anatole continue sa route, imperméable aux critiques stériles et aux sabotages politiques. Entre rigueur administrative à Yaoundé et chantiers humanitaires à Kaélé, le « fils prodigue » du Mayo-Kani prouve chaque jour que la plus belle des réponses à la méchanceté reste l’éclat des réalisations concrètes au service de son peuple.

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Le FMI presse Yaoundé de remplacer les dirigeants des entreprises publiques aux mandats expirés

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Le FMI presse Yaoundé de remplacer les dirigeants des entreprises publiques aux mandats expirés
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La question du renouvellement des dirigeants des entreprises publiques s’impose comme l’une des principales recommandations adressées au Cameroun par le Fonds monétaire international (FMI). C’est du moins ce qui ressort du dernier rapport des services du FMI relatif aux consultations de 2026 au titre de l’Article IV, publié en mai dernier à la suite d’une mission effectuée en mars 2026.

Dans ce document, l’institution de Bretton Woods considère que les insuffisances observées dans le fonctionnement des organes de gouvernance, combinées à la multiplication des mandats arrivés à expiration, contribuent à retarder les restructurations nécessaires et à prolonger les contre-performances financières de plusieurs entreprises publiques.

« La faiblesse de la gouvernance est un vecteur de transmission au budget des mauvais résultats des entreprises publiques. Une surveillance insuffisante — due à des organes de gouvernance inactifs ou incomplets et à de nombreux mandats de direction expirés ou vacants — retarde les restructurations et permet aux pertes financières de persister. Malgré le cadre juridique et institutionnel établi par la loi de 2017, dix entreprises publiques restent non conformes. Les lacunes en matière de gouvernance sont aggravées par l’absence ou le fonctionnement défaillant de Conseils d’administration et d’Assemblées générales dans plusieurs entreprises. En 2024, deux entreprises publiques ne disposaient d’aucun organe de gouvernance, tandis que plus de la moitié des postes de direction clés étaient occupés par des responsables dont les mandats étaient arrivés à échéance ou demeuraient vacants », peut-on lire dans le rapport.

Ce constat intervient alors que plusieurs dirigeants d’entreprises et d’établissements publics continuent d’exercer leurs fonctions depuis des années sans renouvellement officiel de leur mandat, une situation régulièrement dénoncée par les spécialistes de la gouvernance publique. Pour le FMI, le problème ne réside pas dans l’absence de cadre réglementaire. Le Cameroun dispose, depuis près d’une décennie, de la loi du 12 juillet 2017 portant statut général des entreprises publiques, un texte qui définit notamment l’organisation des organes de gouvernance, les responsabilités des administrateurs et les règles encadrant les mandats des dirigeants.

Toutefois, estime l’institution financière, l’application de ce dispositif demeure incomplète dans une partie du portefeuille public. Cette situation souligne-t-elle, alimente les dysfonctionnements observés dans plusieurs structures et limite l’efficacité des mécanismes de contrôle prévus par la législation.

Les conclusions du FMI font d’ailleurs écho aux analyses développées par la professeure Viviane Ondoua Biwolé dans une étude consacrée à la gouvernance des entreprises et établissements publics. Selon cette spécialiste du management public, les présidents de conseils d’administration (PCA) et les directeurs généraux dont les mandats excèdent les limites prévues par la loi de 2017 se trouvent dans une situation irrégulière au regard du cadre juridique en vigueur.

Dans cette étude, l’universitaire estime que, depuis juillet 2023, 43 présidents de conseils d’administration ont perçu indûment environ 634 millions de FCFA de rémunérations. Ce montant se répartit entre 325 millions de FCFA versés aux PCA des entreprises publiques et 309 millions de FCFA attribués à ceux des établissements publics. Elle considère également que les dirigeants concernés ont contribué à une perte globale estimée à près de 195 milliards de FCFA pour l’État sur la période 2020-2024.

C’est dans ce contexte que le FMI insiste sur la nécessité d’une régularisation rapide des nominations. Pour les experts du Fonds, cette mesure constitue l’un des principaux leviers susceptibles d’améliorer la performance des entreprises concernées tout en réduisant les risques budgétaires supportés par l’État. « Un levier de réforme crucial est le renforcement des cadres de gouvernance, aux fins duquel il faudra conformer les entreprises publiques au cadre juridique de 2017 en rendant effectif le fonctionnement des organes de gouvernance et en régularisant les nominations aux postes de direction », souligne l’institution.

DES DÉFAILLANCES QUI FINISSENT PAR PESER SUR LE BUDGET DE L’ÉTAT

Au-delà des questions de conformité juridique, le FMI établit un lien direct entre les insuffisances de gouvernance et la situation financière de plusieurs entreprises publiques. Selon l’institution, l’absence de supervision efficace et les dysfonctionnements des organes de décision empêchent souvent l’adoption rapide de mesures de redressement lorsque les difficultés apparaissent. Cette inertie favorise la persistance des pertes financières, l’accumulation des dettes et, à terme, une sollicitation accrue du budget de l’État sous forme de subventions, de recapitalisations ou de prises en charge d’engagements financiers.

Le rapport avertit d’ailleurs que les entreprises publiques pourraient continuer à représenter une source durable de vulnérabilité pour les finances publiques si les réformes ne sont pas accélérées. « En l’absence de réformes radicales, les entreprises publiques risquent de rester une source persistante de pression et de risque pour les finances publiques, avec des conséquences préjudiciables sur la viabilité de la dette et l’exécution du budget », prévient le Fonds.

Dans cette perspective, le renouvellement des dirigeants n’apparaît que comme une première étape. Le FMI recommande également d’améliorer la qualité des informations financières transmises par les entreprises publiques, de renforcer la production régulière d’états financiers certifiés, de clarifier les relations financières entre l’État et ses entreprises, ainsi que d’accroître la discipline de paiement au sein du secteur public. L’institution préconise enfin de s’attaquer aux difficultés structurelles qui affectent certaines entités publiques, notamment les déficits de fonds propres, les besoins récurrents de recapitalisation et des niveaux d’endettement jugés préoccupants.

Pour le Fonds, la mise en conformité de la gouvernance et le traitement de ces fragilités constituent des conditions indispensables pour limiter les risques pesant sur les finances publiques et améliorer durablement la performance du secteur public marchand.

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Agro-industrie : la CDC enregistre une perte nette de 20 milliards FCFA en 2025

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Agro-industrie : la CDC enregistre une perte nette de 20 milliards FCFA en 2025
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La Cameroon Development Corporation (CDC), deuxième employeur du Cameroun après l’État, est retombée dans le rouge en 2025. D’après les états financiers certifiés au 31 décembre 2025 et publiés dans le rapport du commissaire aux comptes, l’entreprise agro-industrielle a enregistré une perte nette de 20,04 milliards FCFA, contre un bénéfice de 45,42 milliards FCFA un an plus tôt.

Ce retournement représente une dégradation de plus de 65 milliards FCFA du résultat net entre les deux exercices. Il intervient alors même que plusieurs indicateurs d’exploitation affichent une amélioration. Le chiffre d’affaires est ainsi passé de 23,01 milliards FCFA en 2024 à 24,93 milliards FCFA en 2025, tandis que la valeur ajoutée a progressé de 20,61 milliards à 30,38 milliards FCFA.

Dans le même temps, le résultat d’exploitation s’est renforcé pour atteindre 19,28 milliards FCFA, contre 12,58 milliards FCFA un an auparavant. Ces performances montrent que la détérioration du résultat final ne provient pas de l’activité opérationnelle de l’entreprise. Elle s’explique essentiellement par des éléments exceptionnels qui avaient profondément modifié la physionomie des comptes de l’exercice 2024.

Selon les observations figurant dans le rapport du commissaire aux comptes, « la perte de 2025 s’explique notamment par l’absence du produit exceptionnel de 59,9 milliards FCFA enregistré en 2024 lors de la reprise par l’État d’une partie des dettes fiscales et sociales de la CDC ». Ce produit exceptionnel avait permis à l’entreprise de dégager un bénéfice net historique malgré les difficultés structurelles auxquelles elle demeure confrontée.

L’impact de cet élément apparaît clairement dans le compte de résultat. Alors que le résultat des activités ordinaires est passé de 12,30 milliards FCFA en 2024 à 18,96 milliards FCFA en 2025, le résultat hors activités ordinaires a basculé de +59,90 milliards FCFA à -8,96 milliards FCFA sur la même période. C’est principalement cette évolution qui explique le passage d’un bénéfice de 45,42 milliards FCFA à une perte de 20,04 milliards FCFA.

DES PERFORMANCES OPÉRATIONNELLES TOUJOURS FREINÉES PAR LA CRISE SÉCURITAIRE

Malgré l’amélioration de plusieurs indicateurs de gestion, la CDC continue de subir les conséquences de la crise sécuritaire qui affecte les régions anglophones du Cameroun depuis près d’une décennie. Dans son rapport, l’entreprise attribue notamment ses difficultés aux journées de « Ghost Town » imposées par les groupes séparatistes armés dans la région du Sud-Ouest, où se trouvent son siège social ainsi que l’essentiel de ses plantations industrielles. Elle évoque également les perturbations liées à la période préélectorale de 2025, l’insécurité persistante dans certaines zones de production et l’assassinat d’assistants de terrain dans les secteurs d’Ekona et de Sonne-Likomba.

Ces contraintes continuent de peser directement sur les capacités de production du groupe. Les données reprises dans le rapport indiquent que 51 % des plantations matures d’hévéa demeurent inexploitées. La situation reste également préoccupante dans la filière du palmier à huile, où 36 % des plantations matures ne sont toujours pas exploitées.

Cette sous-utilisation importante des plantations constitue un frein majeur au redressement industriel de l’entreprise et limite sa capacité à tirer pleinement profit de l’amélioration de ses performances opérationnelles.

DES CAPITAUX PROPRES DE NOUVEAU SOUS PRESSION

La dégradation du résultat net a également des répercussions sur la structure financière de la société. Les capitaux propres de la CDC sont retombés à 3,20 milliards FCFA à fin 2025, contre 9,67 milliards FCFA un an auparavant. Dans le même temps, le capital social est passé de 53,50 milliards FCFA à 67,52 milliards FCFA. Les réserves demeurent toutefois fortement négatives, à -55,70 milliards FCFA, même si leur niveau s’est amélioré par rapport aux -101,32 milliards FCFA enregistrés en 2024.

Cette évolution traduit la persistance des pertes accumulées au fil des années, malgré les mesures de soutien dont l’entreprise a bénéficié. Sur le plan bilanciel, le total de l’actif s’établit à 102,81 milliards FCFA, contre 110,46 milliards FCFA un an plus tôt. Les immobilisations corporelles représentent l’essentiel des actifs, avec 76,94 milliards FCFA. Les créances progressent quant à elles à 13,52 milliards FCFA.

À l’inverse, la trésorerie active recule fortement, passant de 11,47 milliards FCFA à 4,13 milliards FCFA. L’endettement financier poursuit néanmoins sa décrue. Les dettes financières sont revenues de 35,54 milliards FCFA en 2024 à 26,86 milliards FCFA en 2025, soit une réduction de près de 8,7 milliards FCFA.

Les flux de trésorerie montrent toutefois que l’entreprise continue de générer des ressources grâce à son activité. Les flux de trésorerie opérationnels ont atteint 13,07 milliards FCFA en 2025, contre 15,43 milliards FCFA un an auparavant. Dans le même temps, les investissements se sont élevés à 3,06 milliards FCFA, tandis que les flux de financement ont atteint 14,93 milliards FCFA.

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