Actualités locales
Shanda Tonme écrit au ministre des Transports
Le Médiateur Universel, Président de la Commission indépendante contre la corruption et la discrimination (Comicodi), Président du Mouvement Populaire pour le Dialogue et la Réconciliation (Mpdr), évoque la notion d’esclavage dont serait victime plusieurs de nos compatriotes.
Lire ici sa sortie :
Yaoundé, le 29 mai 2026
Monsieur Jean Ernest NGALLE BIBEHE MASSENA
Ministre des Transports
Objet : graves préoccupations à propos de l’introduction brutale
et sans concertation par les Aéroports du Cameroun (ADC),
d’une compagnie de taxi dont le vrai est de transformer en esclaves
corvéable à merci, les taximan agrées actuels sur la plateforme
Monsieur le Ministre,
J’ai l’honneur de vous renouveler mes civilités citoyennes, et de porter à votre attention avec gravité, empressement et étonnement, les préoccupations des pères de famille qui officient comme taximan attitrés, reconnus et permanents dans les aéroports du Cameroun, notamment à Douala et à Yaoundé.
En effet, alors que jusqu’ici, le travail de ces braves et studieux citoyens est régi par des ententes avec les Aéroports du Cameroun, cette dernière, sans aucun préavis, ni concertation ni réflexions approfondies, vient de les mettre devant un fait accompli qui ressemble à un violent diktat.
Je signale que ces compatriotes travaillent avec un cahier des charges précis : redevances ; entretien du véhicule ; tenue indiquée et professionnalisme. Nombre d’entre eux se sont endettés lourdement pour acquérir des véhicules adaptés. Alors, les ADC arrivent avec une société sortie de nulle part, convoquent les taximen, et leur imposent de devenir des esclaves qui travailleraient pour elle, comme des moutons soumis, à des conditions usuraires, injustes et cruelles, avant de devenir au bout de quatre ans, des propriétaires liés. Lesdits véhicules de marque chinoise, proposés à 23 millions, coûteraient en réalité neuf (9) millions.
Monsieur le Ministre,
La démarche des ADC est cruelle et démentielle, inhumaine, humiliante et lourde de conséquences. Voici des parents, de citoyens, artisans tranquilles, à qui et envers qui rien n’est reproché, qui sont forcés de devenir des esclaves, des soumis à l’exploitation éhontée d’une mystérieuse société qui comme toujours, doit appartenir à quelqu’un d’important, de haut placé, pas loin du DG lui-même.
C’est cela la vérité que nous ne devons pas accepter. Ministre de tutelle, vous devez en urgence convoquer les parties, et surtout demander aux ADC de surseoir à cette initiative. Nous voulons la paix partout et le respect des gens qui travaillent, qui bâtissent, qui se débrouillent. Ce n’est ni logique ni honnête, au moment où chacun pense à la prochaine rentrée scolaire. LE DIALOGUE S’IMPOSE, un dialogue honnête, franc, sincère et mutuellement bénéfique.
Les ADC ont convoqué une fausse, une semblant de réunion, seulement pour leur dire que c’est à prendre à laisser, un ultimatum qui ne passe pas, un ordre à problèmes. J’ai fait ma part en vous prévenant comme un citoyen et un patriote qui porte la voix des autres. A vous de prendre les décisions qui s’imposent, pour maintenir le travail, la concertation et garantir la paix. Ne laissez pas écraser ces citoyens travailleurs qui passent parfois des nuits entières à l’aéroport.
Hautes et fraternelles considérations./.
Copie : PM
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le populisme ne gouverne pas l’économie
« Le populisme pastéfien a désormais rencontré son adversaire le plus redoutable : le réel. Après avoir promis le décollage du Sénégal, il découvre que l’économie ne se pilote ni par slogans, ni par soupçons, ni par conférences de presse. Maintenant que son leader a démontré, comme Premier ministre chargé de coordonner les politiques publiques, son incapacité à transformer la promesse en résultats, il retourne à son sport favori : le populisme d’opposition, l’anti-système rêvé, la mise en scène permanente d’un combat contre des forces obscures. Faute de savoir gouverner, il recommence à contester. Faute de produire, il accuse. Faute de piloter, il distrait la cabine », commente Dr Abdourahmane Ba.
Lire ici son analyse :
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Le problème n’est pas seulement politique. Il est économique, administratif et stratégique. Le Sénégal attendait une politique de relance crédible, une trajectoire claire de maîtrise de la dette, une administration plus efficace, un environnement plus favorable aux entreprises, une politique d’emploi réaliste et une transformation productive sérieuse. Le pays n’avait pas besoin d’un nouveau théâtre révolutionnaire pour occuper les micros. Il avait besoin de ministères qui livrent, de budgets qui tiennent, de réformes qui avancent, d’indicateurs qui mesurent et d’un État capable de passer de l’intention à l’exécution. Le pastéfisme a confondu l’ivresse électorale avec une compétence de gouvernement. Le réveil est brutal.
L’incompétence économique cherche désormais à se recycler en rébellion républicaine. Lorsque les résultats tardent, le populisme ne corrige pas sa méthode ; il déplace le terrain de la discussion. Il ne répond plus sur les prix, l’emploi, la dette, la productivité, l’investissement ou la qualité des services publics. Il rouvre la scène familière du combat moral, du complot permanent, de la pureté trahie et de l’ennemi intérieur. C’est la grande ruse des pouvoirs sans solutions : transformer leur incapacité de gouvernance en dramaturgie institutionnelle. Le Sénégal attendait un plan de vol. On lui sert encore des annonces d’embarquement.
Dans Autopsie du populisme au Sénégal, que j’ai publié en avril 2026, le chapitre 6 consacré à la recomposition de la chaîne décisionnelle analysait précisément ce basculement. Le populisme au pouvoir ne détruit pas nécessairement l’administration ; il la rend fébrile. Il ne supprime pas les procédures ; il les plie aux humeurs du centre partisan. Il ne refuse pas l’État ; il veut un État domestiqué, utile à son récit, docile devant ses injonctions, disponible pour couvrir ses insuffisances. Cette logique tue la politique publique. Une réforme sérieuse exige une cible, un coût, un calendrier, une responsabilité et une évaluation. Le populisme préfère l’incantation : elle ne produit rien, mais elle occupe l’espace.
La Vision Sénégal 2050 risque de devenir la victime centrale de cette imposture économique. Une vision nationale n’est pas un décor pour réunions solennelles. Elle doit discipliner l’action publique, hiérarchiser les priorités, arbitrer les ressources rares et imposer une obligation de résultats. Si elle devient l’habillage technocratique d’un catéchisme partisan, elle perdra toute crédibilité.
Les administrations y verront un langage obligatoire. Les partenaires y verront une stratégie fragile, suspendue aux crises internes du pouvoir. Les citoyens y verront une promesse de plus, sans effet sur les prix, les emplois, les délais administratifs, le crédit, les services publics ou l’avenir des jeunes.
La Constitution n’est pas un détail dans cette crise de performance. Elle protège la chaîne de commandement sans laquelle aucune politique publique ne peut réussir. Le Président élu fixe l’orientation de l’exécutif. Le gouvernement conduit l’action publique. Le Parlement contrôle, vote et représente. Le parti soutient, mais ne possède pas l’État. Toute tentative de transformer un échec de gouvernance en bras de fer contre la hiérarchie constitutionnelle menace directement la capacité du pays à agir. La délinquance républicaine commence là : lorsque l’incompétence cherche refuge dans la contestation des règles, lorsque le chef politique veut rester propriétaire du changement après avoir échoué à le traduire en résultats.
Le silence des élites devient une faute civique. Les intellectuels, universitaires, hauts fonctionnaires, magistrats, entrepreneurs, guides religieux et responsables sociaux ne peuvent pas regarder le Sénégal être distrait par une comédie politique pendant que la dette se tend, que le Sahel se dégrade, que la géopolitique mondiale durcit les conditions économiques et que les ménages attendent des réponses concrètes. Se taire, à ce stade, ce n’est pas rester au-dessus de la mêlée. C’est laisser le bruit remplacer la compétence. C’est laisser l’animation militante étouffer l’évaluation. C’est laisser une faction maquiller ses limites en combat national.
Le Président Bassirou Diomaye Faye doit reprendre le centre de gravité de l’État. Non pour régler une querelle personnelle, mais pour sauver la fonction présidentielle, restaurer la chaîne décisionnelle et ramener le pays au réel. Il doit s’appuyer sur la Constitution, la justice, les Forces de défense et de sécurité et le peuple souverain pour rappeler que l’État ne se partage pas avec un parti, ne se loue pas à un chef et ne se pilote pas au rythme des humeurs militantes. Le Sénégal est encore à temps. Mais si le populisme continue d’amuser la galerie faute de savoir gouverner l’économie, les lendemains seront difficiles, coûteux et risqués.
Dr Abdourahmane Ba
Président du Think Tank FOYRE
Expert en évaluation des politiques publiques, évidence, management et stratégie de développement
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Chronologie sociologique de la mobilisation tiktok autour d’un viol sur mineur au Cameroun
Entre le 27 mai 2026 à 16h et le 28 mai 2026 à 22h, le Cameroun a traversé l’une des plus vastes mobilisations numériques de son histoire récente : 24 775 lives TikTok consacrés au viol d’une enfant de moins de trois ans.
Ce raz-de-marée émotionnel, porté à 76 % par la diaspora, a suivi la logique des grandes « tempêtes numériques » décrites par Castells, Tufekci, Cardon, Becker, Butler et Boyd : un fait atroce devient un problème public, puis un événement national, enfin un cri diasporique.
Les communautés identitaires et panafricaines — La Radicale Beti, Tchapaleu, Ubuntu, SK Empire — ont structuré, amplifié et ritualisé cette indignation collective.
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27 mai 2026 — 16h–18h : Le choc initial, la première onde
Le drame surgit dans l’espace numérique comme une déflagration. Les premières vidéos circulent, encore tremblantes, encore proches du sol où l’innocence a été brisée.
Les lives naissent en Afrique (13 %), dans la proximité brûlante du réel. Selon Howard Becker, c’est l’instant où un fait atroce cesse d’être privé : il devient problème public.
Les communautés identitaires — notamment La Radicale Beti — s’emparent du cri, le portent, le nomment, l’exigent.
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27 mai — 18h–22h : La diaspora entre en scène
L’émotion franchit les frontières.
L’Europe (37 %) et l’Amérique du Nord (39 %) prennent le relais, comme si la distance géographique avait aiguisé la sensibilité morale.
Tchapaleu et SK Empire déclenchent des lives simultanés, multipliant les angles, les récits, les appels.
Selon Manuel Castells, nous entrons dans la phase des réseaux auto-amplifiés, où l’émotion devient moteur, carburant, architecture.
Les 18–30 ans dominent : indignation brute, souffle court, viralité immédiate.
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Nuit du 27 au 28 mai — 22h–02h : L’explosion virale
La nuit porte la colère comme un incendie. Les lives se multiplient, se répondent, s’embrasent. Ubuntu donne au drame une dimension morale, continentale, presque liturgique.
Selon Zeynep Tufekci, les réseaux deviennent alors « mégaphones émotionnels » : ils ne transmettent plus, ils amplifient.
Les premiers récits concurrents apparaissent, les premières fractures aussi.
- 28 mai — 02h–08h : L’heure des récits structurés
Les 30–45 ans prennent la parole. Ils analysent, contextualisent, témoignent.
Les lives s’allongent, se densifient, deviennent des espaces de réflexion.
Selon Dominique Cardon, c’est la phase des cadrages interprétatifs : la société cherche à comprendre ce qu’elle voit.
La diaspora africaine -européenne et nord-américaine domine désormais la production de contenus.
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28 mai — 08h–14h : L’entrée des 45–67 ans
Fait rare sur TikTok : les générations plus âgées entrent massivement dans l’arène numérique. Leur présence donne au mouvement une légitimité morale, une profondeur, une gravité.
Selon Judith Butler, la douleur devient alors publique, performative, collective.
Les communautés identitaires renforcent la dimension civilisationnelle : protéger l’enfant devient protéger le monde.
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28 mai — 14h–18h : Stabilisation et polarisation
Les récits se cristallisent : indignation identitaire (La Radicale Beti)satire mobilisatrice (Tchapaleu)discours moral panafricain (Ubuntu)amplification spectaculaire (SK Empire)Selon Danah Boyd, les réseaux deviennent des arènes publiques : on y débat, on s’y affronte, on s’y reconnaît.
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28 mai — 18h–22h : L’institutionnalisation numérique
Le seuil des 24 775 lives est atteint. Les communautés se coordonnent, interpellent, exigent.
Selon Castells, c’est la phase où la mobilisation numérique devient force sociale, capable d’infléchir l’agenda public.
Le drame n’est plus un fait divers : il devient événement national et diasporique.
LECTURE TRANSVERSALE : CE QUE RÉVÈLE CETTE CHRONOLOGIE
- Une diaspora en première ligne76 % des lives viennent de l’extérieur.
La diaspora devient porte-voix, tribunal moral, acteur politique.
- Une mobilisation intergénérationnelle
De 18 à 67 ans : les jeunes déclenchent, les adultes structurent, les aînés légitiment.
- Une fragmentation féconde des récits
Chaque communauté propose son cadre, mais toutes convergent vers une exigence : justice pour l’enfant.
- Une crise de confiance envers les institutions. L’espace public numérique supplée l’espace public institutionnel.
TikTok devient le lieu où la société camerounaise exprime sa douleur, sa colère, sa demande de justice.
Conclusion
Cette chronologie n’est pas seulement celle d’une mobilisation numérique. C’est celle d’un peuple qui refuse l’indifférence. C’est celle d’une diaspora qui refuse l’exil moral. C’est celle d’une humanité qui refuse que l’innocence soit profanée dans le silence.
- Merci au groupe de 20 étudiants qui m’a suggéré cette observation. J’en ai tiré quelque chose.
Vincent Sosthène FOUDA
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un écrivain camerounais prodigue 5 conseils à David Pagou
Jean Ediegnie, écrivain camerounais s’adresse à l’entraineur sélectionneur des lions indomptables du Cameroun après sa décision de suspendre le regroupement des Lions.
Lire ici sa sortie :
Mes chers compatriotes, la Fecafoot a annoncé mardi dernier que le sélectionneur des Lions Indomptables, David Pagou, a décidé de ne programmer : ni regroupement, ni rencontre amicale durant la prochaine fenêtre FIFA de juin 2026.
L’argument avancé : permettre aux joueurs de récupérer physiquement et mentalement après une longue saison. Sur le principe, cela peut s’entendre. Mais honnêtement, plusieurs éléments interpellent fortement. Et plus on analyse la situation, plus certaines inquiétudes deviennent difficiles à ignorer.
5– Le Cameroun ne jouera même pas la Coupe du Monde
C’est probablement le point qui dérange le plus beaucoup de supporters.
Pendant que : le Brésil, la France, l’Argentine, le Sénégal, le Maroc ou la Côte d’Ivoire préparent leurs grandes compétitions internationales avec des matchs de haut niveau… le Cameroun sera au repos. Or, les grandes équipes progressent justement : dans les matchs amicaux, dans les automatismes, dans le rythme collectif.
Le football moderne ne récompense pas les équipes qui travaillent moins que les autres.
4– Les cadres avaient déjà été écartés lors du précédent regroupement
Lors des dernières FIFA Series, David Pagou avait déjà surpris en laissant plusieurs cadres au repos. L’objectif semblait être : tester de nouveaux joueurs, observer d’autres profils, lancer une reconstruction. Très bien. Mais aujourd’hui, on annule carrément le regroupement suivant.
Résultat : les anciens ne jouent pas. Les nouveaux ne travaillent pas non plus et l’équipe reste dans le flou. À un moment, il faut une direction claire.
3– Les éliminatoires de la CAN 2027 commencent déjà en septembre
Et c’est ici que la situation devient très sérieuse. Les premières journées arrivent dans seulement quelques mois. Or entre juin et septembre, il n’y aura pratiquement plus : de fenêtre FIFA, ni de vrai temps collectif. Les joueurs vont repartir dans leurs clubs respectifs, reprendre les championnats, et les Lions arriveront presque directement aux matchs officiels.
Dans ces conditions, comment construire : des automatismes, une identité de jeu ou une cohésion solide ?
2- Cette décision donne une impression de manque d’ambition
C’est peut-être injuste… mais c’est le sentiment que beaucoup de supporters ressentent actuellement. Parce qu’au Cameroun, les gens veulent voir : une équipe qui travaille, un staff actif, une sélection en construction permanente. Or ce communiqué donne plutôt l’impression : d’un arrêt du chantier.
Et dans un pays aussi passionné de football, ce type de signal passe très mal.
1– David Pagou doit rapidement clarifier sa vision
Depuis son arrivée, beaucoup de décisions donnent l’impression : d’expérimentations permanentes, de changements constants et parfois d’un manque de ligne directrice claire. Le problème n’est pas forcément de tester. Le problème, c’est que personne ne comprend encore précisément : quel Cameroun David Pagou veut construire. Et au très haut niveau, le doute finit toujours par fragiliser l’autorité du sélectionneur.
En Conclusion :
Je respecte profondément David Pagou. Et honnêtement, entraîner les Lions Indomptables est probablement l’un des métiers les plus difficiles d’Afrique. Mais le Cameroun sort déjà : d’éliminations douloureuses de polémiques permanentes et d’une forte instabilité sportive. Dans ce contexte, les supporters veulent surtout sentir : de l’ambition, de la préparation et une direction claire.
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