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Sérail : mieux comprendre le poste de vice-président de République d’après Paul Biya…


Il y a eu jusque-là moult exégèses de la révision constitutionnelle adoptée par le parlement camerounais le 4 avril 2026 et réinstituant, tout à coup, le poste de vice-président de la République. Si le projet de révision a été défendu par le Garde des Sceaux, Laurent Esso — l’un des plus proches amis du chef de l’État, M. Paul Biya —, c’est qu’au-delà de toute analyse, il provient directement de son initiateur, M. Biya — 93 ans et bientôt 44 années à la tête de l’État, explique le journaliste camerounais vivant au Canada, Jean-Marc Soboth.
Lire ici son analyse :
Mais contrairement à ceux qui y voient la manœuvre enclenchant directement la succession de M. Biya, ce dernier ne se voit pas hors du Palais de sitôt.
- Biya n’envisage à travers cette réforme que la perspective de se faire assister et suppléer par plus jeune dans la plupart des activités présidentielles nécessitant un effort physique soutenu : rencontres internationales, apparitions publiques épuisantes, diverses audiences avec les corps diplomatiques. Il lie le vice-président à son pouvoir nominatif et à son propre mandat pour contrôler son ambition. Il l’envisage comme une assurance-vie en cas de décès.
Il se peut donc que les exégètes se soient plantés partiellement.
L’intention réelle du chef d’État camerounais est, pour l’instant, de s’aménager le douillet chemin du pouvoir à vie.
On l’a vite compris. S’il n’est pas contraint à changer d’avis par la pression — il émerge déjà un faux débat sur de soi-disant préférences Ekang —, la personne désignée ne relèvera pas des équilibres politiques traditionnels. Il s’agit de l’homme qui, depuis les années-Covid, est le plus proche du chef de l’État : son fils Franck Emmanuel Olivier Biya. C’est l’homme adoubé par la France d’Emmanuel Macron quasiment contre l’assentiment de son père.
Franck Biya menait déjà discrètement des affaires réservées. Il veille sur son père. Les affaires réservées relèvent en principe d’une division sans visage au palais. Le système avait été refait par le chef de l’État en 2011 afin de « cloisonner » les dossiers sensibles, les excluant du champ de compétence du secrétaire général Ferdinand Ngoh Ngoh. Cette division, avec le protocole d’État et presque tout ce qui est important au Palais, relève dès lors du cabinet civil réformé du diplomate Samuel Mvondo Ayolo.
Qui ne s’en souvient ? Il avait clairement été question de la future vice-présidence au Cameroun lors du dernier voyage du vice-président de la Guinée Équatoriale, Téodoro Nguema Obiang Mangue le 19 novembre 2025. Deux heures de séance de travail marathon de M. Biya himself avec « Teddy » flanqué de sa seule pile de documents. Un tête-à-tête sans précédent.
Le vice-président équato-guinéen était, rappelons-le, le tout premier et seul « homme d’État africain » reçu par M. Biya immédiatement après sa réélection en octobre 2026. S’ensuivit une séance des cadeaux généralement réservée aux « blancs ». Des présents remis en mains propres par un M. Biya, manifestement satisfait de « l’expertise » du dynamique VP Fang. Par convenance diplomatique, le VP livra plutôt à la presse du perron une discussion sur la « coopération commerciale », imaginaire entre les deux pays voisins.
Envoyé par son père Téodoro Obiang Nguema Mbasogo (83 ans et 46 ans au pouvoir), « Teddy » était venu expliquer son travail de VP à M. Paul Biya, dit-on. À travers lui, M. Biya rêve déjà pour son fils. Avec une petite nuance. M. Biya n’aurait pas encore totalement adhéré à l’idée (française) d’une succession filiale au trône même si elle devient techniquement inéluctable au cas où.
L’idée viendrait-elle peut-être du père Obiang Nguema Mbasogo observant les difficultés motrices de son « grand-frère » en public ? — M. Biya serait l’homme qui entraina Malabo dans le franc CFA à la demande de la France. Le contenu du rapport Président/Vice-président en Guinée Équatoriale consisterait en un partage de tâches entre le père et le fils. Avec le fils, on ne risque rien a priori.
Le jeune Nguema Obiang s’occupe de tout ce qui exige de l’énergie physique. Son père gère les « dossiers lourds » ; les dossiers d’État plus sensibles, ceux ne nécessitant pas des voyages à l’étranger ou des débauches substantielles d’énergie.
Une telle réforme est une incongruité certes. La rédaction en est un énorme bricolage aux apparences cohérentes. Le vice-président devrait bénéficier d’un mandat électif ainsi que l’a rappelé, entre autres, le courageux Sénateur René Zé Nguélé. Pour qui connaît M. Paul Biya — qui, en général, se fait rédiger ses textes constitutionnels à Paris —, le seul fait qu’il soit contesté pourrait être l’élément de motivation final. Seul le fuitage change parfois les destins.
C’est que, M. Biya tient à montrer aux Camerounais qu’il est le patron, le seul. Il fait ce qu’il veut, quand il veut. Il ruse en faisant l’impotent. Il punit les contestations. Il fait valider ses réformes auprès d’une chancellerie. Il méprise ses compatriotes. Il sait qu’ils ne peuvent rien contre lui en dehors de la criaillerie dans leur terrain de prédilection : les réseaux sociaux.
J’imagine ce qui se dirait si M. Biya n’avait pas été diplômé en droit (la Sorbonne, Paris) et de science politique (Sciences Pô Paris) — c’est un « spécialiste en droit » disait Maurice Kamto lors d’une interview sur STV. M. Biya est politologue. Si ce n’était pas le cas, on aurait abondamment glosé sur son illettrisme. N’est-ce pas ?
Dans la logomachie habituelle, on dénonce une démocratie en panne. Toujours cette lecture étriquée basée sur notre académisme français. Nous courons de toutes nos forces dans le sac. On veut atteindre la « perfection française ». Notre seul horizon ? Réussir une copie tropicale du système semi-présidentiel semi-parlementaire français. L’empêcheur de réaliser ce projet de modernisation est M. Biya, pur produit du même académisme parisien.
Réfléchissons-y ensemble. Si M. Biya ne réalise pas le système démocratique qu’on nous a enseigné à l’Université, c’est parce qu’il sait pertinemment que rien ne peut l’empêcher de refuser de le faire. C’est ici où se situe l’insuffisance.
- Biya sait que « la démocratie française » consacre, in fine, une monarchie présidentielle. On en a tropicalisé le mécanisme. Ça s’appelait présidentialisme renforcé ou quelque chose du genre, dont le seul rôle est de « protéger d’abord les intérêts français » en faisant semblant. Les contre-pouvoirs constitutionnels (législatif et judiciaire) lui sont subordonnés.
Le système favorise le pouvoir jouissif taillable à souhait. Il en profite. Tout dépend de lui. Il lui suffit d’entretenir un bon contact avec la France. Dites donc. N’importe qui à sa place irait s’installer pour la vie au Palais. Du moins tant et aussi longtemps que tout le pouvoir y dépendra du bon vouloir d’un individu.
Ce n’est pas M. Biya qui est le problème dans le fond. C’est l’étendue des « pouvoirs discrétionnaires » du singe académique de la France qui est la cause. Il faudrait penser un système original capable d’éjecter quiconque, aussi spectaculairement incompétent, aura un jour envie de s’éterniser au pouvoir au détriment d’un pays dont les fils se déchirent.
Notre système constitutionnel sans véritable contre-pouvoir ne vaut rien.
NB : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement la position éditoriale d’Actu Cameroun.
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« les cheveux sont-ils réellement un problème de discipline ou de sagesse ? »

L’homme politique Hilaire Kamga interroge sur le problème des cheveux longs dans les établissements scolaires.
Le sujet sur le drame survenu au lycée technique de Nsam a été l’un des thèmes de débat de ce dimanche 25 octobre 2026. Hilaire Kamga, invité à l’émission Canal Presse de Canal 2 international, a réagi en posant des questions sur les cheveux longs, un modèle généralement interdit dans nos écoles.
« Ce n’est pas parce que cette pratique néocoloniale de couper les cheveux existe qu’on doit nécessairement la faire perdurer. De mon point de vue, il faut aussi s’intéresser à ses conséquences, et c’est là que se situe le véritable problème.
Des études ont été menées. Les enfants dont les cheveux sont maintenus courts depuis la maternelle jusqu’en classe de terminale ne connaissent pas véritablement le trésor qu’ils portent sur leur tête. Ils ne savent pas qu’ils peuvent utiliser différentes formes de tresses pour mettre en valeur leur beauté. Que se passe-t-il lorsqu’ils arrivent à l’université ? Ils se tournent naturellement vers les mèches et les perruques, qui ne correspondent pas à leurs cheveux naturels. Pour moi, la question disciplinaire est fondamentale et doit être respectée. Mais il est temps de poser la véritable problématique : les cheveux sont-ils réellement un problème de discipline ou de sagesse ? », a déclaré Hilaire Kamga.
Invité à la même émission, René Descartes Akono, le communicant du parti au pouvoir, le RDPC, a indiqué que le problème sur le drame du lycée technique de Nsam ne se trouvait pas sur la question des cheveux. Pour lui, il convient d’étudier les réelles circonstances des décès des deux élèves.
« La cause de la mort de ce garçon ne vient pas de l’établissement, ni de la manière dont la discipline y est appliquée, ni des cheveux. Il est mort dans la rue. Il faut donc se demander pourquoi celui qui conduisait était autorisé à conduire une moto et à transporter des passagers dans ce type de rue. C’est sur tous ces aspects qu’il faut se pencher et orienter les questions. Il faut renforcer les contrôles sur qui conduit quoi, car beaucoup d’autres personnes peuvent encore mourir pendant que nous continuons à débattre des cheveux. Maintenant, il y a un autre événement qui s’est produit au lycée : la question de la discipline. On peut débattre de la manière dont elle est appliquée, des limites de l’autorité du proviseur et de la nécessité de laisser les enfants entrer dans l’établissement, avec ou sans cheveux longs », a-t-il déclaré.
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Dette extérieure : deux fonds Franklin Templeton déclarent 2 milliards de FCFA d’obligations camerounaises

(Investir au Cameroun) – Deux fonds d’investissement liés au gestionnaire américain Franklin Templeton détenaient, au 30 juin 2026, des obligations souveraines camerounaises d’un montant nominal cumulé de 3,11 millions d’euros, soit environ 2,04 milliards de FCFA. Ces titres, rémunérés au taux annuel de 5,95 %, arrivent à échéance le 7 juillet 2032. Les positions sont détaillées dans leurs états de portefeuille déposés auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC), le régulateur américain des marchés financiers.
Le principal détenteur identifié, Templeton Global Dynamic Income Fund, déclarait 2,89 millions d’euros de nominal, soit environ 1,90 milliard de FCFA. Au 30 juin 2026, ces obligations étaient valorisées à 2,96 millions de dollars dans son portefeuille.
Le deuxième fonds, Putnam Master Intermediate Income Trust, détenait 220 000 euros de nominal, équivalant à 144,3 millions de FCFA, pour une valeur de marché de 225 216 dollars.
Ce dernier a été renommé Franklin Master Intermediate Income Trust en juillet 2026. Annoncé le 15 mai, ce changement de dénomination n’a pas modifié son symbole boursier PIM à la Bourse de New York. L’inventaire arrêté au 30 juin porte donc encore son ancienne dénomination.
Une position déjà présente en 2023, mais réduite depuis
Les archives réglementaires américaines montrent que Putnam Master Intermediate Income Trust détenait des obligations camerounaises avant son intégration à Franklin Templeton.
Au 31 mars 2023, le fonds déclarait 360 000 euros de nominal, évalués à 279 603 dollars. Cette position précédait le rachat de Putnam Investments par Franklin Templeton, finalisé le 1er janvier 2024.
Au 30 septembre 2025, le nominal détenu était descendu à 320 000 euros, pour une valeur de marché de 309 844 dollars. Neuf mois plus tard, il n’atteignait plus que 220 000 euros. La diminution représente 100 000 euros, soit 31,25 % du nominal déclaré à fin septembre 2025.
Les documents consultés ne précisent ni les dates des transactions ni les opérations à l’origine de cette évolution. Ils établissent néanmoins que le fonds n’est pas un nouvel investisseur apparu en 2026 sur cette dette.
Un troisième portefeuille du groupe américain comporte également des titres camerounais. Dans son état arrêté au 31 janvier 2026, Franklin Emerging Market Debt Opportunities Fund déclarait 2,13 millions d’euros de nominal, soit près de 1,4 milliard de FCFA, valorisés à 2,22 millions de dollars.
Cette dernière position correspond toutefois à une date différente de celles des deux premiers fonds. Elle ne peut donc pas être additionnée aux 3,11 millions d’euros constatés au 30 juin pour établir l’exposition totale de Franklin Templeton à cette échéance. Les documents examinés ne permettent pas non plus de déterminer si d’autres véhicules du groupe détiennent les mêmes obligations.
Des titres issus de l’emprunt international de 2021
Les obligations identifiées se rattachent à l’emprunt international de 685 millions d’euros, soit environ 450 milliards de FCFA, émis par le Cameroun en juin 2021. Cette opération, assortie d’un coupon annuel de 5,95 %, visait principalement à refinancer l’eurobond de 2015, dont le taux atteignait 9,5 %.
Dans une communication publiée le 30 juin 2021, le ministère camerounais des Finances indiquait que l’émission avait attiré 205 investisseurs. Les demandes avaient atteint 2,258 milliards d’euros, mais l’État avait plafonné les souscriptions retenues à 685 millions d’euros.
Les états de portefeuille déposés auprès de la SEC permettent d’identifier nominativement certains fonds détenant ces obligations plusieurs années après leur émission. Ils ne permettent toutefois pas de savoir si ces investisseurs ont participé à la souscription initiale ou acheté leurs titres ultérieurement sur le marché secondaire.
Les 2,04 milliards de FCFA recensés dans les deux portefeuilles au 30 juin 2026 correspondent au montant nominal des obligations détenues, et non à de nouveaux financements encaissés par le Trésor camerounais. Leur valeur de marché, distincte de ce nominal, est comptabilisée en dollars dans les documents américains.
Baudouin Enama
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