Connect with us

Actualités locales

« le manioc contient du poison »

Published

on

« le manioc contient du poison »
Spread the love

Selon le biologiste thérapeute, de nationalité Camerounaise, l’introduction de cet aliment a affaibli l’Afrique.

Lire ici son texte: 

Le manioc que tu manges chaque jour contient un poison : L’introduction de cet aliment a affaibli l’Afrique.

Tu manges du manioc presque tous les jours. Boulettes, tapioca, gari, couscous de manioc, bâtons de manioc… C’est devenu tellement banal que tu ne te poses même plus la question. Mais si je te disais que cet aliment, que tu considères comme « traditionnel africain », n’a été introduit sur notre continent qu’il y a quelques siècles ?

Et si je te disais qu’il contient naturellement une substance toxique qui affecte ton cerveau, tes nerfs, ta thyroïde ? Et si je te disais que ceux qui nous l’ont apporté le savaient parfaitement ? Aujourd’hui, je vais te révéler la vérité sur le manioc. Une vérité qui dérange. Une vérité qui explique peut-être beaucoup de choses sur l’état de santé de nos populations.

Ce que les études des nations unies ont révélé

En 1982, une conférence des Nations Unies s’est tenue au Togo. Des scientifiques du monde entier ont présenté leurs recherches sur le manioc. Leurs conclusions étaient claires : Le manioc contient naturellement du cyanure (sous forme de linamarine, un glycoside cyanogène).

 Ce cyanure est présent dans toutes les parties de la plante : racines, feuilles, tiges.  Certaines variétés en contiennent plus que d’autres.  La cuisson réduit la teneur en cyanure, mais ne l’élimine pas complètement.  Une consommation régulière expose à des doses chroniques de cyanure. Ces études ont été publiées il y a plus de 40 ans. Elles sont disponibles, consultables, vérifiables. Mais personne n’en parle.

Pourquoi ?

Le mécanisme du poison silencieux

Le cyanure contenu dans le manioc n’est pas assez concentré pour te tuer immédiatement. Ce n’est pas un poison aigu. C’est un poison chronique. Tu en manges un peu aujourd’hui. Un peu demain. Un peu après-demain. Pendant des années. Des décennies.

Et ce cyanure, à petites doses, traverse facilement la barrière hémato-encéphalique – cette barrière naturelle qui protège ton cerveau des toxiques. Une fois dans ton cerveau, il perturbe le fonctionnement des neurones. Il gêne les connexions synaptiques. Il ralentit la transmission nerveuse.

Résultat : Difficultés d’apprentissage. Problèmes de concentration. Mémoire qui flanche. Coordination motrice réduite.  Fatigue nerveuse chronique. Les scientifiques appellent ça le « konzo » dans sa forme aiguë, et le « crétinisme endémique » dans sa forme chronique.

Ce que j’ai observé dans les zones à forte consommation

Quand j’étais étudiant en biologie, j’ai eu l’occasion de visiter des régions où le manioc est l’aliment de base quasi-unique.

Le constat était saisissant : Beaucoup d’enfants avec des retards de développement.  Des adultes au QI mesuré parfois très bas (équivalent à celui d’un enfant de 5-10 ans).  Des problèmes de thyroïde généralisés (goitres).  Des paralysies partielles chez les plus exposés.  Une apathie générale, un manque de dynamisme. Je ne dis pas que le manioc est la seule cause. Mais les corrélations sont trop fortes pour être ignorées.

Pourquoi nos grands-parents n’en sont pas morts

Tu vas me dire : « Mais docteur, mes grands-parents ont mangé du manioc toute leur vie et ils sont morts vieux ! »

C’est vrai. Mais avec des nuances importantes : Ils consommaient des variétés différentes : les maniocs d’il y a 50-100 ans n’étaient pas les mêmes qu’aujourd’hui. Moins sélectionnés pour le rendement, plus variés, peut-être moins toxiques.  Ils avaient des méthodes de préparation traditionnelles : trempage prolongé, fermentation, séchage au soleil, cuissons longues. Ces méthodes réduisaient significativement la teneur en cyanure. Ils ne mangeaient pas que du manioc : leur alimentation était plus variée, avec plus de légumes, de fruits, de protéines animales, qui aident à détoxifier le cyanure.

Aujourd’hui, on mange du manioc raffiné, transformé, avec moins de diversité alimentaire, moins de méthodes traditionnelles de détoxification. Le poison s’accumule.

L’histoire du bébé koala (une leçon de la nature)

Savais-tu que le bébé koala, à sa naissance, ne peut pas digérer les feuilles d’eucalyptus ? Pendant des mois, il ne mange que le lait de sa mère. Puis, au moment du sevrage, sa mère produit des excréments liquides spéciaux – une sorte de « bouillie » riche en bactéries spécifiques. Le bébé koala mange ces excréments. Pourquoi ?

Parce que ces bactéries sont les seules capables de détoxifier les toxines des feuilles d’eucalyptus. Sans elles, le bébé mourrait empoisonné. La nature a tout prévu. Mais nous, humains modernes, on a perdu ce savoir. On a perdu les préparations traditionnelles qui détoxifiaient le manioc.

On a perdu les aliments fermentés qui nous protégeaient. On a perdu la diversité alimentaire qui équilibrait les toxines. Et on continue de manger du manioc comme si de rien n’était. Les autres problèmes du manioc. Le cyanure n’est pas le seul problème du manioc.  L’amidon : le manioc est essentiellement de l’amidon, une longue molécule de glucose que ton corps doit découper pour l’utiliser.

Si ton intestin est un peu fatigué (et il l’est, avec l’alimentation moderne), de grosses molécules d’amidon passent dans ton sang.

Elles créent une inflammation, des dépôts, des problèmes métaboliques.  L’index glycémique élevé : le manioc fait monter ta glycémie en flèche, provoquant des pics d’insuline et favorisant le stockage des graisses. La pauvreté nutritionnelle : le manioc est riche en calories vides, mais pauvre en vitamines, minéraux, protéines. Une alimentation centrée sur le manioc crée des carences.  L’absorption du sol : le manioc pompe les nutriments du sol. Dans les régions surcultivées, les sols s’appauvrissent, et le manioc devient encore moins nourrissant.

La grande supercherie historique

Le manioc n’est pas originaire d’Afrique. Il vient d’Amérique du Sud. Il a été introduit en Afrique par les colonisateurs portugais au 16ème siècle. Pourquoi l’ont-ils introduit ? Parce que c’est une plante robuste, qui pousse partout, sur n’importe quel sol, sans presque aucun soin.  Parfaite pour nourrir des populations qu’on voulait exploiter sans avoir à les nourrir correctement. Ce n’est pas un aliment de vie. C’est un aliment de survie.

Mais on nous l’a vendu comme « traditionnel ». Comme « notre ». Comme « typiquement africain ». Aujourd’hui, des millions d’Africains dépendent du manioc comme base de leur alimentation. Et ils en paient le prix en santé.

Ce que tu peux faire

Je ne te dis pas d’arrêter complètement le manioc. Ce serait irréaliste.

Mais voici ce que tu peux faire pour minimiser les risques : Réduis ta consommation. Utilise le manioc comme accompagnement, pas comme base unique de ton alimentation.  Varie tes sources de glucides. Patate douce, igname, taro, plantain mûr – ces aliments ont des profils nutritionnels différents et moins toxiques.

 Prépare-le correctement : trempage prolongé, fermentation, cuisson complète. Reviens aux méthodes traditionnelles.  Associe-le à des aliments protecteurs : légumes verts, protéines, aliments riches en soufre (ail, oignon) qui aident à détoxifier le cyanure.  Mange des aliments fermentés : ils recolonisent ton intestin avec les bonnes bactéries qui peuvent aider à neutraliser les toxines.

La formation « la nourriture des dieux »

Dans cette formation, je consacre un module entier aux glucides. Tu apprendras : Quels féculents privilégier selon ton profil de santé.  Comment préparer le manioc pour réduire sa toxicité (techniques traditionnelles retrouvées).  Comment diversifier ton alimentation sans frustration.  Des recettes simples et délicieuses avec des alternatives plus saines.

Cette formation, c’est le résultat de 20 ans de recherche. Je l’ai créée pour que toi aussi, tu puisses bénéficier de ce que j’ai appris en laboratoire, en Finlande, et auprès de nos tradipraticiens.

Le catalogue de produits naturels

En attendant, j’ai développé des produits qui peuvent t’aider à détoxifier ton corps et à compenser les effets d’une alimentation trop centrée sur le manioc : Le pack des amertumes : neem, vernonia, kigelia – des plantes qui aident le foie à éliminer les toxines. La tisane des rois : pour calmer l’inflammation et soutenir le système nerveux.

 Les jus de légumes vivants : carotte, betterave, gingembre – pour reminéraliser et nourrir tes cellules.  Le miel thérapeutique : un probiotique naturel qui soutient ta flore intestinale. Ces produits sont 100% naturels, 100% africains. Je les ai conçus après des années de recherche, et je les utilise moi-même quotidiennement.

Mais le plus important…

Si tu veux vraiment transformer ta santé, si tu veux comprendre en profondeur comment fonctionne ton corps, si tu veux des réponses personnalisées à tes questions… Il n’y a rien de mieux que de se rencontrer. C’est pour ça que j’ai créé les rencontres annuelles des belles-âmes.

Qu’est-ce que c’est ?

C’est un événement unique, qui a lieu une fois par an, où je reçois un petit groupe de personnes motivées pour 2 jours d’immersion complète. Ce n’est pas une conférence. Ce n’est pas un séminaire assis à écouter passivement.

C’est une expérience vivante. Pendant 2 jours :

On cuisine ensemble : tu apprendras à préparer des aliments vivants, des macérats, des fermentations, des jus – les mains dans la farine (saine). On déguste : tu découvriras des goûts, des textures, des combinaisons que tu n’imaginais pas. On échange : je répondrai à toutes tes questions, sans filtre, sans tabou. Sur ta santé, ton alimentation, tes problèmes spécifiques.

On apprend : je te transmettrai les connaissances que j’ai mises 20 ans à acquérir – en laboratoire, en Finlande, auprès de nos tradipraticiens. On se connecte : tu rencontreras d’autres personnes comme toi, qui cherchent à reprendre le contrôle de leur santé. Des échanges, des partages, une communauté.

Pourquoi « les belles-âmes » ?

Parce que ceux qui viennent à ces rencontres ne sont pas des gens ordinaires. Ce sont des âmes en éveil. Des personnes qui ont compris que leur santé est leur bien le plus précieux. Qui refusent de rester passives face aux maladies. Qui veulent reprendre leur pouvoir.

Des cadres, des entrepreneurs, des femmes et hommes d’affaires, des professions libérales – des gens comme toi, qui ont de l’argent mais pas la santé, et qui ont décidé que ça devait changer.

Comment participer ?

C’est simple. Écris « Rencontre » en commentaire. Je t’enverrai en message privé toutes les informations détaillées sur les prochaines Rencontres annuelles des belles-âmes : Les dates précises. Le programme complet. Le lieu exact. Les modalités d’inscription. Le prix (accessible pour ceux qui sont prêts à investir dans leur santé).

Rejoindre notre chaîne télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Click to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Actualités locales

Jean Bahebeck réclame un Ordre des journalistes au Cameroun

Published

on

Spread the love

Selon le médecin et figure médiatique bien connue, cet organe pourra mieux défendre et arbitrer les dérives dans les médias.

Sur le plateau de CLUB D’ÉLITES sur Vision4 ce dimanche, le Pr Jean Bahebeck a plaidé pour la création d’un Ordre des journalistes face aux dérives observées récemment, notamment dans l’actualité sur l’abus sexuel sur une enfant de trois ans dans une école privée à Yaoundé.

Selon lui, le Conseil national de la communication qui joue actuellement le rôle de régulateur est « juge et partie ».

« Je pense que les journalistes ont besoin d’une structure, et même les télévisions en ont besoin. Pas seulement le CNC qui les interpelle, mais aussi une organisation capable de les défendre. Il n’y a personne pour les défendre ni pour arbitrer véritablement. Le CNC est juge et partie. C’est une institution face à des individus.

Je crois aussi que, si nous voulons faire évoluer notre pays, il faudrait envisager quelque chose comme un ordre des journalistes. De l’autre côté, il pourrait également exister une association des débatteurs de télévision. Cette activité prend de plus en plus d’importance. Je lance simplement l’idée : il faudrait s’organiser et se structurer pour qu’elle ne disparaisse pas, car elle joue un rôle social important dans le débat public », a déclaré Pr Jean Bahebeck.

Rappelons que le Conseil national de la communication (abrégé en CNC ») est un organe de régulation et de consultation doté de la personnalité juridique et de l’autonomie financière. Placé auprès du premier ministre, chef du Gouvernement du Cameroun il est chargé d’assister les pouvoirs publics dans l’élaboration, la mise en œuvre et le suivi de la politique nationale de communication sociale.

Le CNC veille par ses décisions et avis au respect :

Des lois et règlements en matière de communication sociale;
De l’éthique et de la déontologie professionnelle;
De la paix sociale, de l’unité et de l’intégration nationale dans tous les médias;
De la promotion des langues et cultures nationales dans tous les médias ;
De la promotion des idéaux de paix, de démocratie et des droits de l’homme;
De la protection de la dignité des personnes, notamment de l’enfance et de la jeunesse dans les médias;
De l’égalité d’accès aux médias, notamment en période électorale;
De la liberté et de la responsabilité des médias;
De l’indépendance des services public et privé de la communication;
De la transparence, du pluralisme et de l’équilibre dans les programmes des entreprises de communication.
Le CNC émet un avis conforme sur :

Les dossiers de demande de licences de création et d’exploitation des entreprises privées de communication audiovisuelle;
les rapports du Gouvernement relatifs à l’assignation des fréquences audiovisuelles;

Le CNC est consulté avant tout recours contentieux relatif au refus ou au retrait de la carte de presse.

Rejoindre notre chaîne télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Continue Reading

Actualités locales

Joseph Antoine Bell en vedette aux États-Unis

Published

on

Joseph Antoine Bell en vedette aux États-Unis
Spread the love

Entre transmission, culture et diaspora, le  gardien de but mythique des Lions Indomptables met fin ce dimanche 31 mai 2026 à une série d’activités entamée il y a quelques jours au pays de Donald Trump.

 

Ce dimanche 31 mai 2026, Joseph Antoine Bell, ancienne gloire des Lions Indomptables, clôture aux États-Unis d’Amérique une série d’activités entamée deux jours plus tôt.

À l’invitation de la diaspora camerounaise d’Amérique, le double champion d’Afrique, chef traditionnel et conférencier réputé, a lancé sa tournée le 29 mai. Il a pris part à plusieurs temps forts du Festival culturel camerounais d’Amérique du Nord, organisé autour du thème « Cameroonian culture and living together”.

Au cours de son séjour, l’ancienne star du football mondial a rencontré plusieurs personnalités, dont l’ambassadeur du Cameroun aux États-Unis, Henri Etoundi Essomba, informe le journaliste camerounais Nana Paul Sabin. .

 

Rejoindre notre chaîne télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Continue Reading

Actualités locales

les paradoxes d’une décentralisation sous tutelle

Published

on

les paradoxes d’une décentralisation sous tutelle
Spread the love

Dans les normes, la décentralisation doit être exercée par la base. Mais, le modèle camerounais consacre plutôt une décentralisation administrée par le sommet. C’est l’objet de ce regard critique dont le prétexte est la signature ce 15 mai 2026 de l’Arrêté Conjoint N°0043/AC/MINDDEVEL/MINFI fixant les modalités de création et d’organisation des Unités de Suivi de la Fiscalité Locale (USFL) au sein des CTD, clame Louis Marie Kakdeu.

 

 

 Ce texte s’inscrit dans la chaîne normative ouverte par la loi n°2024/020 du 23 décembre 2024 portant fiscalité locale, dont la circulaire conjointe FILOC du 4 juillet 2025 avait déjà précisé les modalités d’application.

 Pendant la session parlementaire de Novembre 2024, le Social Democratic Front (SDF) avait porté ce débat à l’Assemblée nationale lors des débats sur la loi des finances 2025 mais, le parti avait été inaudible parce que le débat identitaire dominait l’actualité politique du pays reléguant au second plan les préoccupations réelles du citoyen et les enjeux de développement du pays. Aujourd’hui, le réveil est brutal et l’ensemble de la communauté nationale découvre comme si c’était un nouveau sujet que le processus de décentralisation a été dévoyé sous nos yeux. De quoi est-il question ?

Lutte contre la mauvaise gouvernance locale

Le cœur de la réforme porte en gros sur l’article 13 qui consacre explicitement le dessaisissement des ordonnateurs et comptables municipaux de leurs prérogatives liées à l’émission des recettes fiscales et au recouvrement des impôts, taxes et redevances communales. En langage facile, le gouvernement veut sanctionner les maires qui excellent dans le détournement des recettes fiscales. En effet, la collecte de la fiscalité locale était un objet d’enrichissement personnel des maires.

Alors que ces derniers se remplissaient les poches, le gouvernement était sollicité pour payer les frais de fonctionnement des mairies, ce qui représentait pour l’Etat une double perte. C’est le cas des arriérés de salaire dans les CTD qui entrent dans la dette flottante devant être payée par l’Etat.

La DGI projette à près de FCFA 600 milliards les recettes attendues de la fiscalité locale en 2026, somme qui s’était toujours volatilisée jusqu’ici. Par exemple, les banderoles et autres affiches pullulent dans nos villes sans que l’on ne voie suffisamment les entrées dans les recettes des mairies. Le fisc entend donc instaurer un principe de la gouvernance, celui de la transparence, afin d’instituer la traçabilité des recettes fiscales locales. Du point de vue du gouvernement, cette réforme ne toucherait pas les engagements financiers de l’Etat vis-à-vis des CTD ; elle viserait plutôt à mieux collecter les ressources pour mieux servir les CTD dans l’intérêt général.

Une mauvaise solution à un réel problème de gouvernance

On apprend à forger en forgeant. Au lieu de poursuivre la mise en œuvre du processus de la décentralisation, le gouvernement ne peut pas choisir de reculer et de compromettre les enjeux de développement parce qu’’il y a détournement des deniers publics. La solution au vol n’est pas le recul, le contournement ou le retrait des compétences, mais la sanction. Le fisc ne veut plus attendre les résultats d’audit pour avoir une idée des recettes locales. Le fisc veut la traçabilité en temps réel.

Toutefois, en s’abstenant de sévir face aux résultats d’audit qui accablent les maires, le gouvernement montre son incapacité à gouverner. La loi sur la fiscalité locale de 2024, la lettre circulaire de 2025 et l’arrêté de 2026 sont des voies de contournement des barons du régime et du RDPC qui ont pris en otage les mairies et qui ont fait main-basse sur la fiscalité locale. A défaut de les faire passer devant les lois de la République, le régime en place doit tout au moins faire preuve de courage politique pour renouveler son personnel politique et conduire le pays vers le développement.

Un gage de non-fonctionnalité

L’Arrêté consacre lui-même que les USFL au sein des CTD ne seront pas fonctionnelles. Il ne dit pas d’où viendront leurs moyens de fonctionnement. Il impose aux communes des obligations précises (transmission des fichiers contribuables avant le 31 janvier, participation aux enquêtes cadastrales, délibérations conformes, etc.) qui supposent une administration municipale structurée, informatisée et compétente. L’article 11 exige que le chef de l’USFL soit un agent public contractuel de catégorie 8 minimum ou un fonctionnaire en détachement de catégorie B minimum, avec une expérience en fiscalité. Or, une grande majorité des 374 communes camerounaises dispose de ressources humaines limitées et de systèmes d’information rudimentaires.

La création d’une USFL dans chaque CTD suppose des investissements massifs dans les infrastructures informatiques, un recrutement massif de nouveaux profils, ou des détachements de fonctionnaires, trois options qui impliquent des coûts budgétaires que les communes, précisément faute de ressources suffisantes, auront du mal à supporter. La création des Centres de Fiscalité Locale et des Particuliers (CFLP) est évoquée comme solution d’avenir, mais la circulaire elle-même reconnaît, dans ses dispositions transitoires, que ces centres ne sont pas encore déployés. Dans l’intervalle, le droit commun s’applique, c’est-à-dire l’administration centrale des impôts.

La critique de la centralisation des recettes a toujours été la longueur du circuit de la collecte jusqu’au transfert des ressources aux CTD. Le plus souvent, ces ressources retournent au niveau des CTD vers la fin d’année, paralysant le fonctionnement des mairies en début d’année. Pour résoudre ce problème, l’on pourrait maintenir au niveau des Centres divisionnaires des impôts (CDI), les ressources de la fiscalité locale. Ce serait en ce moment-là un simple transfert du pôle de détournement des deniers publics des maires vers les chefs de CDI. On ne serait donc pas sorti de l’auberge et aucun problème de gouvernance n’aurait été résolu.

Une décentralisation de façade

En dessaisissant les ordonnateurs locaux, en soumettant la création de l’USFL à l’approbation étatique, en confiant l’essentiel des pouvoirs fiscaux aux CFLP de la DGI, le système construit autour de la loi de 2024 consacre une décentralisation de façade : les communes ont des structures, des attributions formelles, des obligations de reporting, mais pas de pouvoir réel.

À l’heure où le Cameroun ambitionne de parachever sa décentralisation et où le SDF ambitionne d’aller plus loin vers le fédéralisme, notamment à travers le transfert effectif des compétences et des ressources prévu par le Code Général des CTD de 2019, cet arrêté confirme que la trajectoire choisie par le gouvernement camerounais reste celle d’une décentralisation administrée par le sommet plutôt qu’exercée par la base.

Pour les enjeux de développement local, notamment le financement des infrastructures, l’amélioration des services de base, la responsabilisation des élus locaux devant leurs populations, cette trajectoire présente des limites que ni la meilleure circulaire ni le meilleur arrêté organisationnel ne pourront surmonter tant que le transfert réel des compétences n’aura pas été accompli. La constitutionnalité de ces textes est donc engagée et il est à espérer que le débat politique camerounais commencera à s’intéresser aux sujets de fonds touchant les enjeux de développement du pays.

 

Louis-Marie KAKDEU, MPA, PhD & HDR

Deuxième Vice-Président National SDF

Rejoindre notre chaîne télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Continue Reading

Trending

Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infos Cliquez ici