Actualités locales
Route Bamenda–Babajou : Afriland, BGFIBank et Orange Money exposés à des mesures de saisie dans l’affaire BOFAS

(Investir au Cameroun) – Le 26 février 2026, la Caisse de Dépôts et de Consignations (CDEC) a adressé deux commandements de payer à BGFIBank Cameroun et à Orange Money Cameroun. Selon des sources d’Investir au Cameroun, l’institution leur réclame 3,68 milliards de FCFA, dont 3,58 milliards de FCFA au titre du principal et 101 millions de FCFA d’intérêts de retard, présentés comme des pénalités liées à un paiement tardif.
La CDEC accorde un délai de huit jours pour s’exécuter. À défaut, elle se réserve le droit de procéder « à la saisie de ses avoirs bancaires et/ou actions et valeurs mobilières ou à la saisie et vente des biens meubles et effets mobiliers du concerné » et « à la saisie de vos biens meubles ».
La démarche vise des sommes dues « au titre de la solidarité de paiement avec Afriland First Bank », banque ayant fourni des garanties dans le cadre d’un marché public attribué à BOFAS Sarl. Le marché, conclu en 2022, portait sur la réhabilitation de la route Babajou–Bamenda, section 3 Bamenda Up-Hill Station Bypass (4,93 km), dans la région du Nord-Ouest.
Pour son exécution, une avance de plus de 2,8 milliards de FCFA a été versée par l’État à l’entreprise. Cette avance avait été sécurisée par une garantie de restitution souscrite auprès d’Afriland First Bank le 12 août 2022. Dans sa lettre, la banque indiquait : « Nous prenons, en tant que garant, l’engagement irrévocable de payer au bénéficiaire toute somme dans la limite du montant de la garantie qui s’élève à FCFA 2 864 569 370 ».
Défaillance de Bofas
En complément, BOFAS avait produit une caution personnelle et solidaire de 1,4 milliard de FCFA, également émise par Afriland. L’ensemble représente un cautionnement global d’environ 4,265 milliards de FCFA émis par Afriland First Bank, provisionné à hauteur de 900 millions de FCFA, présentés comme une somme mise de côté pour couvrir une partie du risque.
Le dossier bascule le 26 février 2024, lorsque le ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, résilie le contrat « aux frais et risques de l’entreprise », invoquant « la défaillance de l’entreprise ». Le marché, attribué de gré à gré — procédure sans appel d’offres — pour 14,32 milliards de FCFA sur 15 mois, n’avait pas atteint ses objectifs.
Après la résiliation, les cautions devaient être mobilisées afin de rembourser l’avance de démarrage et couvrir le préjudice subi par l’État. Mais l’entreprise et son garant Afriland se montrent réticents à reverser la garantie de restitution d’avance et la caution de bonne exécution des travaux à l’État. D’où l’entrée en scène de la CDEC, qui active un mécanisme de recouvrement forcé. La procédure s’étend ainsi au-delà du donneur d’ordre initial (Afriland), en mettant en cause des acteurs financiers tiers — BGFIBank, Orange Money Cameroun et, en arrière-plan, la Société Commerciale de Banque Cameroun (SCB Cameroun).
Pourquoi BGFIBank et Orange Money sont-ils ciblés ?
La CDEC s’appuie sur la loi de 2023 encadrant les garanties et le recouvrement des créances par les entités publiques bénéficiaires du privilège du Trésor, mécanisme qui confère à l’État un rang prioritaire pour le recouvrement de certaines créances. Son raisonnement mobilise deux dispositions clés.
L’article 49 prévoit que « tous dépositaires, détenteurs ou débiteurs des sommes appartenant ou devant revenir aux débiteurs et garanties par le privilège du Trésor sont tenus, sur la demande qui leur est faite sous la forme d’avis à tiers détenteur (…) de verser en lieu et place des débiteurs les fonds qu’ils détiennent (…) ». Dans cette logique, un avis à tiers détenteur revient à demander au tiers de payer à la place du débiteur.
L’article 17 précise pour sa part que « tout refus de décharger ou d’exécuter un avis à tiers détenteurs (…) entraine une solidarité de paiement du tiers détenteur ». Autrement dit, le tiers peut être recherché comme le débiteur lui-même si la demande n’est pas exécutée.
Selon cette lecture, les montants aujourd’hui réclamés correspondraient à des fonds d’Afriland logés sur des comptes ouverts auprès de BGFIBank et d’Orange Money. Les deux entités sont donc visées comme « tiers détenteurs », et non comme débiteurs initiaux du marché. Au sens de la CDEC, la non-exécution des commandements de payer les exposerait à la solidarité, au motif qu’ils auraient détenu — sans les restituer — des fonds provenant d’Afriland et liés aux garanties d’exécution du marché objet du litige.
Manœuvres judiciaires
Sur le volet judiciaire, Afriland First Bank a engagé une procédure de référé en assignant Orange Money Cameroun et BGFIBank, avec la SCB Cameroun appelée en intervention forcée, devant le président du tribunal de première instance de Yaoundé Centre Administratif. L’objet de la démarche était de faire cesser les effets de l’avis à tiers détenteur (ATD) émis par la CDEC.
À la suite des arguments juridiques présentés par les parties le 3 décembre 2025, et selon l’ordonnance n°887/D/HH, le juge des référés s’est déclaré matériellement incompétent pour faire cesser les effets des ATD émis par la CDEC. Malgré cette décision, Afriland First Bank a néanmoins déposé une requête aux fins de défense à exécution contre l’ordonnance susmentionnée.
S’appuyant sur l’article 43 de la loi sur le privilège du Trésor, qui dispose que « la saisie est exécutée nonobstant opposition », la CDEC a poursuivi ses opérations en émettant des actes à l’encontre des tiers détenteurs tels que BGFIBank et Orange Money.
Le cas SCB
La SCB – contrôlée par le groupe marocain Attijariwafa bank – ayant introduit un recours gracieux (demande amiable de réexamen, sans passer par un procès) après avoir versé une caution équivalente à 10 % des montants concernés, a vu sa procédure être temporairement suspendue, confie une source proche du dossier.
BOFAS a, de son côté, contesté la décision de résiliation de son contrat devant le juge administratif. Par décision n°12/OSE/CAB/PTA/2025 du 20 mars 2025, ce dernier a ordonné la suspension de toute mobilisation de la caution par le ministère des Travaux publics. Toutefois, selon la CDEC, cette suspension ne saurait lui être opposable, au motif qu’elle n’était pas partie à cette procédure judiciaire et qu’elle est, désormais, la seule entité à conserver cette catégorie de fonds.
Dans la lecture que la CDEC fait de la loi de 2023, le régime des sûretés publiques évolue : le non-respect des engagements de garantie dans les marchés publics relèverait désormais d’un dispositif de recouvrement plus opérationnel, porté par l’intervention de la CDEC. Les tiers saisis pourraient, dans ce cadre, être recherchés en solidarité lors d’une exécution forcée en cas de non-respect des obligations légales.
Amina Malloum
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Canal 2’Or 2026 : Le Makossa est-il en train de perdre sa couronne ?
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Chantal Biya reçoit le Prix du meilleur mécène pour son soutien à la culture camerounaise

Présente à la 15ᵉ édition des Canal 2’Or, organisée le samedi 31 octobre 2026 au Palais des Congrès de Yaoundé, la Première dame du Cameroun, Chantal Biya, a reçu le Prix du meilleur mécène. Une distinction qui vient saluer son soutien à la culture camerounaise et ses actions en faveur des personnes vulnérables.
La 15ᵉ édition des Canal 2’Or a réservé une distinction particulière à la Première dame du Cameroun. À l’occasion de cette cérémonie organisée au Palais des Congrès de Yaoundé, le samedi 31 octobre 2026, Chantal Biya a reçu le Prix du meilleur mécène, décerné par le comité d’organisation.
Cette récompense intervient dans le cadre d’une édition symbolique, marquant les vingt ans de cette cérémonie consacrée à la célébration et à la promotion des talents artistiques camerounais.
Un engagement culturel de longue date
À travers cette distinction, les organisateurs entendent reconnaître le soutien apporté par la Première dame à la culture camerounaise, ainsi que ses différentes initiatives caritatives en faveur des personnes vulnérables.
Ce prix fait également écho à une précédente reconnaissance. En 2015, lors de la dixième édition des Canal 2’Or, Chantal Biya avait déjà reçu le Prix spécial du mécénat de la culture.
Onze ans plus tard, cette nouvelle distinction vient ainsi rappeler les liens entretenus entre la Première dame et les organisateurs de cet événement culturel.
Les Canal 2’Or célèbrent vingt ans de talents camerounais
Au-delà des récompenses individuelles, cette édition anniversaire marque deux décennies de célébration de la création artistique nationale. Musique, audiovisuel et divertissement constituent autant de secteurs mis en lumière par cette cérémonie, devenue un rendez-vous du paysage culturel camerounais.
La distinction attribuée à Chantal Biya s’inscrit donc dans une soirée où la reconnaissance du talent artistique côtoie celle du mécénat et du soutien aux initiatives culturelles.
Source : Libre Opinion
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« le peuple camerounais existe bien avant 1650, 1961 et 1972 »

Dans un éditorial consacré à l’histoire et à l’identité du Cameroun, Le Capitaine de vaisseau Serge Atonfack Guemo défend l’idée d’un peuple camerounais dont les racines socioculturelles seraient antérieures à la colonisation. Il met en garde contre les discours qui, selon lui, réduisent l’identité nationale aux héritages linguistiques et aux découpages historiques issus de la période coloniale et postcoloniale.
Atonfack Guemo prend position dans le débat sur les origines et la construction de l’identité nationale camerounaise. Dans un texte intitulé « Le Cameroun : peuple d’origine, d’implantation et de mœurs immémoriales, réalité socio-tribale bien antérieure à 1650, à 1961 et à 1972 », il appelle à reconnaître l’ancienneté des communautés et des traditions qui composent le pays.
Le chef de la Division de la Communication au ministère délégué à la présidence de la République chargé de la Défense conteste les approches qui situent la naissance du Cameroun à des dates historiques précises, notamment janvier 1960, octobre 1961 ou encore la conférence de Foumban d’avril-mai 1972. Selon lui, ces repères ne sauraient résumer l’histoire des populations qui occupaient déjà le territoire avant l’arrivée des puissances étrangères.
Dans son argumentaire, Atonfack Guemo estime que les communautés camerounaises disposaient bien avant la colonisation de leurs propres espaces de peuplement, de leurs coutumes et de leurs formes de relations sociales. Il évoque notamment les liens de voisinage, les parentés et les similitudes entre les pratiques culturelles des différentes communautés.
Lire l’éditorial de Cyril Atonfack Guemo :
Le Cameroun : peuple d’origine, d’implantation et de mœurs immémoriales, réalité socio-tribale bien antérieure à 1960, à 1961 et à 1972
Une acception communément admise présente le fondamentalisme comme étant l’ensemble des radicalités qui défendent une conception rigoriste de la religion ou de la politique, au risque d’une confrontation avec la société environnante. Le fondamentalisme renvoie ainsi à une espèce de comparaison entre un état originel et ses évolutions. Ce qui peut donner de la matière pour une discussion constructive et mutuellement enrichissante, du moins pour des personnes bien intentionnées. Sinon de prêter à polémique, le fondamentalisme devient très vite polémologique, lorsqu’il se nourrit d’intransigeance, d’affabulations et de fausses allégations.
Ainsi en est-il du fait, pour certains, d’élever des techniques administratives apprises pendant l’occupation étrangère, en éléments culturels jouissant d’une légitimité égale à celle des fondements de l’écologie sociologique héritée de nos ancêtres. Il en va de même du travestissement d’autres pans de l’histoire de notre pays, qui consiste à faire croire que cette histoire ne commencerait qu’en janvier 1960 pour les uns, en octobre 1961 pour d’autres, ou après la conférence de Foumban d’avril-mai 1972 pour une autre mouvance. Autant d’aliénantes manipulations cognitives, autant d’enivrantes élégies qui engendrent le clivage, l’ostracisme, le déracinement et, au final, la violence.
Ces discours, tout ce qu’il y a de plus inepte, finissent par transformer de paisibles jeunes gens nourrissant des rêves d’un avenir radieux au sein de la cité Cameroun en de furieux désespérés animés d’une haine viscérale de leur propre pays, car se prenant pour les descendants de chimériques héros d’autrefois, intrépides défenseurs de royaumes qui n’ont pourtant jamais existé sous nos cieux.
Mais d’une manière qui ne serait autre que délibérée, tout semble mis en œuvre pour occulter, déformer, contrefaire l’irréfragable réalité selon laquelle nos divers sites de peuplement tribaux sont antérieurs à l’arrivée du colonisateur. Nos voisinages et consanguinités, nos divers us et coutumes ancestraux, qui entre eux partagent de très nombreux points de similarité, ont depuis toujours constitué des facteurs de fraternel rapprochement, voire d’inextricable intrication entre nos tribus.
Le peuple camerounais ne saurait donc être réduit à une addition, une juxtaposition, et encore moins à une superposition de tribalités sui generis, seulement liées par une communauté de langues étrangères d’un usage purement transactionnel. Le peuple camerounais est d’origine, d’implantation et de mœurs immémoriaux. L’occupation étrangère n’y aura d’ailleurs rien changé, contrairement aux malsaines intentions opportunistes qui veulent regrouper les Camerounais en fonction des langues apportées de l’extérieur, ou en rapport avec les points cardinaux. Pareille catégorisation est une source additionnelle de tracas dont on devrait résolument se passer.
Car ce qui importe avant et après tout, ce n’est ni la fidélité proclamée à tel ou tel idiome d’outre-mer, ni la tapageuse démonstration du désir de mimétisme avec tel ou tel peuple étranger. Ce qui importe avant et après tout, c’est la volonté des Camerounais de faire de cette binarité linguistique d’opportunité un précieux instrument devant servir au rapatriement des savoirs techniques et technologiques, un important atout d’attraction et de facilitation dans le contact avec d’autres peuplades de la scène planétaire. Tout en préservant, tout en pérennisant et tout en promouvant l’être et l’artefact qui fondent à la fois l’originalité et la singularité de notre personnalité. Vous parlez d’un fondamentalisme inclusif ?
Sachons rester vigilants,
Sachons rester patriotes,
Sachons aimer définitivement le Cameroun.
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