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Paiements à NHPC : le Minfi négocie 42 milliards de FCFA auprès des banques pour renflouer la facilité de 100 milliards

(Investir au Cameroun) – Le montage bancaire destiné à sécuriser le paiement des factures dues à Nachtigal Hydro Power Company (NHPC) se précise un peu plus. Selon des sources d’Investir au Cameroun, quatre établissements — Afriland First Bank, UBA, SCB Cameroun et Access Bank — ont officiellement manifesté leur intérêt pour rejoindre le fonds revolving mis en place autour de cette facilité.
Les banques ont transmis leurs positions et les dossiers sont entrés en comité de crédit. Elles disposaient d’un délai de deux semaines pour notifier formellement leur décision définitive. En cas de validation des arbitrages internes, les engagements pourraient totaliser 42 milliards de FCFA supplémentaires : Afriland First Bank se positionne pour 10 milliards de FCFA, UBA pour 12 milliards de FCFA, tandis que SCB Cameroun et Access Bank envisagent chacune 10 milliards de FCFA.
Access Bank propose en parallèle un mécanisme de sécurisation. La banque s’engage à renflouer le compte de réserve logé à la Caisse autonome d’amortissement (CAA) via une émission d’Obligations du Trésor assimilables (OTA) de 10 milliards de FCFA. Un courrier a déjà été adressé au ministre des Finances et, sauf changement de dernière minute, les modalités doivent être arrêtées au Trésor dans les prochains jours. L’objectif est de constituer un matelas de garantie pour conforter les prêteurs sur la solidité du montage.
Tour de table encore incomplet
Ces nouveaux concours viendraient s’ajouter à une première mobilisation de 20 milliards de FCFA déjà obtenue auprès des prêteurs initiaux. L’État avait en effet bouclé un premier noyau avec CCA-Bank et Société Générale Cameroun, à hauteur de 10 milliards de FCFA chacun. Dans cette nouvelle phase, CCA-Bank propose par ailleurs d’augmenter sa participation de 5 milliards de FCFA supplémentaires.
La facilité globale s’élève à 100 milliards de FCFA, conformément à la convention de crédit signée le 25 novembre 2025 entre le gouvernement et les banques. Le montage a été structuré par Société Générale Capital Securities Central Africa comme chef de file, avec Elite Capital Securities Central Africa comme co-arrangeur. Le texte prévoit que les 80 milliards de FCFA restants après le premier tour de table puissent être apportés par des prêteurs entrants dans un délai de 90 jours après le premier tirage.
Si les engagements se concrétisent, le tour de table atteindrait environ 67 milliards de FCFA, soit 67 % de la facilité. Ce total résulterait des 42 milliards de FCFA attendus des quatre banques en discussion, auxquels s’ajouteraient les 20 milliards de FCFA déjà mobilisés et les 5 milliards de FCFA supplémentaires proposés par CCA-Bank. Il resterait alors près de 33 milliards de FCFA, soit 33 % du financement, à mobiliser pour boucler intégralement l’enveloppe de 100 milliards de FCFA.
Remplacer une lettre de crédit proche de l’épuisement
Le mécanisme revolving doit permettre à l’État d’honorer régulièrement les factures de NHPC, exploitant du barrage hydroélectrique de Nachtigal, sans recourir à la lettre de crédit (SBLC) initialement prévue dans les accords du projet, aujourd’hui proche de l’épuisement. Les défauts successifs d’Eneo au titre du règlement ont conduit NHPC à déclencher cette SBLC à hauteur de 42,63 milliards de FCFA, selon des informations glanées par Investir au Cameroun.
En toile de fond, le gouvernement cherche à prévenir un défaut de paiement, susceptible d’ébranler la confiance des partenaires financiers et, plus largement, la crédibilité du pays. Les discussions se poursuivent avec d’autres institutions financières afin de compléter la facilité de 100 milliards de FCFA.
Amina Malloum
Lire aussi :
15-01-2026 – Factures de Nachtigal : le Cameroun peine à mobiliser une nouvelle facilité de 100 milliards FCFA auprès des banques
29-10-2025 – Nachtigal : l’État négocie 100 milliards FCFA auprès de SGC et d’autres banques locales pour éviter un défaut de paiement
15-05-2025 – Électricité : Eneo peine à mobiliser 54 milliards de FCFA pour poursuivre la réhabilitation du barrage de Songloulou (384 MW)
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Me Félicité Esther Zeifman ressuscite l’affaire du téléphone distrait de l’une des épouses du patron du Groupe L’Anecdote (Première partie)

Au cours de l’audience criminelle spéciale consacrée à l’examination in chief et à la cross-examination du 35ᵉ témoin, le lieutenant-colonel Dieudonné Bialo, chef du service central des recherches judiciaires (Scrj) de la gendarmerie nationale, les avocats des parties civiles ont fait ressurgir, ce mardi 15 septembre 2026, l’affaire des terminaux numériques manquants, dans lesquels seraient contenus des éléments liés à l’assassinat de l’ancien chef de chaîne d’Amplitude FM.
C’est Me Félicité Esther Zeifman qui, après avoir obtenu du 35ᵉ témoin du ministère public la définition de l’enquête environnementale contenue dans sa grille méthodologique, a posé au lieutenant-colonel Dieudonné Bialo la question de savoir s’il est au courant que Melissa Amougou Belinga avait distrait un iPhone lors du déroulement de l’enquête préliminaire.
L’officier supérieur de la gendarmerie nationale a répondu à cette question par l’affirmative, tout en indiquant que c’est grâce au tracking des terminaux numériques que les enquêteurs se sont rendu compte de l’incorporation du numéro de téléphone de la puce et du numéro IMEI de l’appareil de la concernée.
À la question de l’avocate des ayants droit de Martinez Zogo de savoir quelles sont les dispositions prises par la commission mixte d’enquête police/gendarmerie nationale pour retrouver ce téléphone distrait par l’épouse de Jean-Pierre Amougou Belinga, D. Bialo fait savoir au tribunal que la commission avait interpellé deux personnes, dont une dame qui s’est présentée comme une femme de ménage du couple de l’homme d’affaires et, avant elle, un monsieur qui avait été interpellé.
Ce dernier s’est présenté comme proche de cette femme de ménage, dont la puce téléphonique avait rayonné dans le téléphone recherché. Selon l’officier supérieur de la gendarmerie nationale, c’est l’audition de cet homme proche de l’agent domestique du couple Amougou Belinga qui a conduit à la découverte de la disparition de cet iPhone.
S’agissant des dispositions prises pour auditionner Melissa Amougou Belinga, indexée par sa femme de ménage, la commission mixte, en son temps, explique D. Bialo, avait sollicité sa présence via les conseils du patron du groupe L’Anecdote.
Lorsque Me Félicité Esther Zeifman demande au témoin du ministère public si ce téléphone distrait sciemment n’aurait pas pu participer à la manifestation de la vérité, le lieutenant-colonel Bialo répond : « Le téléphone est recherché parce que le lieutenant-colonel Justin Danwe communique, dans une de ces auditions, un numéro de téléphone appartenant et utilisé par M. Amougou Belinga. Les divers trackings ont révélé des rayonnements correspondant aux divers lieux fréquentés par son utilisateur ».
Aussi le lieutenant-colonel Danwe avait-il affirmé avoir transmis une vidéo de la victime à Amougou Belinga via cet iPhone. Mais durant la cross-examination du 35ᵉ témoin faite par l’avocat du lieutenant-colonel Justin Danwe, Me Jacques Mbuny, ce dernier a rappelé au lieutenant-colonel Bialo que relativement au transfert de cette vidéo à l’homme d’affaires, l’expert Georges Bell Bitjocka avait déclaré que cette vidéo avait été extraite d’un téléphone d’un membre du commando, Vincent Godje, qui avait été nommément cité. Cependant, D. Bialo a réagi : « En tant que membre de la commission d’enquête mixte, nous avons écouté ces extraits de vidéo courts ».
Sur le champ, Me Mbuny pose la question à Bialo : « Vous avez extrait les vidéos du téléphone de Danwe ou vous avez ouï dire qu’il y avait des vidéos dans son téléphone ? Et l’officier supérieur de la gendarmerie nationale de répondre, de façon laconique : « C’était un ouï-dire! »
En suivant le prolongement du questionnement de Me Zeifman, l’avocate juge qu’il était nécessaire que ce téléphone soit mis à la disposition de l’enquête pour contribuer à la manifestation de la vérité. Les (ces éléments) avez-vous consignés et adressés au commissaire du gouvernement ?, s’interroge l’avocate des ayants droit de Martinez Zogo.
Et Bialo de répondre : « Je pense ». « Que faisons-nous en ce moment ? Comment rattraper cet impair ? », s’interroge, in fine, Me Zeifman. C’est sur ces entrefaites qu’une objection a été formulée par Me Tchudjo, un des avocats de Jean-Pierre Amougou Belinga, qui a demandé au tribunal de rejeter cette question qui, explique-t-il, est une question d’opinion. Au bout du compte, le président du tribunal a retenu cette objection et a invité le témoin à apporter des réponses techniques aux questions de fait et de connaissance s’inscrivant en droite ligne du contenu de l’enquête.
À titre informatif, le Service central de recherches judiciaires (Scrj) de la gendarmerie nationale, dont le lieutenant-colonel Dieudonné Bialo est le responsable, s’est auto saisi à la suite de l’information liée à la disparition d’Arsène Mbani Zogo et après la découverte de sa dépouille. L’officier supérieur de la gendarmerie nationale reconnaît, dans le cadre de ses recherches, n’avoir pas fait de constatations.
En revanche, s’agissant des observations, le Service central des recherches judiciaires (Scrj) s’est déployé dans une enquête environnementale (recherche de tout indice non enregistré devant contribuer à la manifestation de la vérité) auprès des citoyens. La vidéo surveillance a été aussi mise à contribution tant elle était gérée, indique D. Bialo, par la Délégation générale à la sûreté nationale (DGSN), en appui avec la légion de gendarmerie du Centre.
De plus, ajoute Bialo, le Service central des recherches judiciaires n’a pas posé d’acte d’enquête ; il assistait le commandant de la légion de gendarmerie du Centre et utilisait le matériel pour faire le tracking de tout ce que l’on pouvait avoir comme numéro de téléphone des intervenants.
Serge Aimé BIKOI
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