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Le déficit commercial recule de 69 milliards FCFA au troisième trimestre 2025

Les échanges commerciaux entre le Cameroun et le reste du monde s’établissent à 1 945,7 milliards de FCFA au troisième trimestre 2025. Les données publiées le 29 janvier 2026 dans la note de conjoncture économique font apparaître un léger ralentissement par rapport au trimestre précédent, avec un recul de 24,3 milliards. Cette évolution traduit une diminution ponctuelle des flux. Sur un an en revanche, la tendance reste orientée à la hausse, les échanges progressant de 33,4 milliards en glissement annuel.
Au-delà de cette évolution globale, les échanges hors hydrocarbures offrent une lecture plus structurante. Leur valeur atteint 1 385,2 milliards de FCFA au troisième trimestre. Le repli trimestriel est marqué, avec une baisse de 164,2 milliards FCFA. En glissement annuel, ces échanges progressent de 97,4 milliards, traduisant l’élargissement progressif de la base commerciale du pays au-delà du pétrole et du gaz.
Recomposition progressive du commerce extérieur
Sur les neuf premiers mois de 2025, cette recomposition apparaît plus nettement. La valeur totale des échanges augmente de 401,8 milliards pour atteindre 6 218,8 milliards de FCFA. Hors hydrocarbures, la hausse est encore plus soutenue, avec une progression de 733,6 milliards, portant les échanges non pétroliers à 4 704,7 milliards. Ces évolutions traduisent une contribution croissante de secteurs comme l’agriculture, l’agro-industrie, la transformation du bois et certaines branches manufacturières, dans un contexte de recherche de valeur ajoutée locale et de diversification des débouchés extérieurs.
La balance commerciale met toutefois en évidence les fragilités persistantes de cette transition. Au troisième trimestre 2025, le déficit se réduit de 69,1 milliards par rapport au trimestre précédent pour s’établir à 726,6 milliards de FCFA. Cette amélioration résulte d’une baisse des importations de 46,7 milliards combinée à une hausse des exportations de 22,4 milliards. Le taux de couverture progresse ainsi de 3,2 points pour atteindre 45,6 pour cent.
Déficit hors hydrocarbures : un redressement encore insuffisant
Hors hydrocarbures, le déficit recule également, de 92,9 milliards, pour s’établir à 733,4 milliards. Le taux de couverture gagne 0,3 point et atteint 30,8 pour cent, un niveau encore faible mais en amélioration sur le trimestre. En glissement annuel en revanche, la situation se dégrade. Le déficit commercial se creuse de 174,4 milliards et le taux de couverture recule de 9,6 points. Hors hydrocarbures, le déficit augmente de 102,1 milliards tandis que le taux de couverture baisse de 3,4 points.
Importations : recul des volumes, contrastes sectoriels
Les importations de biens s’élèvent à 1 336,1 milliards de FCFA au troisième trimestre 2025, en recul de 46,7 milliards par rapport au trimestre précédent. Cette baisse s’explique par une diminution des volumes importés et un repli des prix des principaux produits achetés. Hors hydrocarbures, les importations diminuent de 128,6 milliards pour s’établir à 1 059,3 milliards. Les reculs les plus importants concernent notamment les poissons de mer congelés, l’aluminium et ses ouvrages, les engrais, le riz, les appareils pour la téléphonie ainsi que le blé et le méteil. À l’inverse, les achats de carburants et lubrifiants, de machines et appareils mécaniques, d’huiles et de produits sidérurgiques progressent, traduisant des besoins soutenus en intrants énergétiques et industriels.
Exportations : hausse trimestrielle portée par les hydrocarbures
Les exportations atteignent 609,5 milliards de FCFA au troisième trimestre, en hausse de 22,4 milliards par rapport au trimestre précédent. Cette progression est portée par l’augmentation des volumes exportés, malgré une baisse des prix. Les ventes hors hydrocarbures reculent toutefois de 35,6 milliards pour s’établir à 325,9 milliards sur le trimestre. Les hausses concernent principalement le gaz naturel liquéfié, les huiles brutes de pétrole et les bois sciés, tandis que les exportations de cacao brut, de coton et de savons enregistrent des replis notables.
Sur l’ensemble des neuf premiers mois de l’année, le déficit commercial atteint 1 588,9 milliards de FCFA, en aggravation de 112,6 milliards sur un an. Hors hydrocarbures, il s’établit à 1 779,5 milliards, un niveau quasiment stable avec une hausse limitée à 0,3 milliard. Dans l’ensemble, ces données traduisent une économie camerounaise engagée dans une diversification progressive de ses échanges extérieurs, mais encore contrainte par une forte dépendance aux importations et une base exportatrice non pétrolière en phase de consolidation. La progression annuelle soutenue des échanges hors hydrocarbures constitue néanmoins un signal de fond, indiquant que l’agriculture, la transformation locale et l’industrie manufacturière prennent progressivement plus de place dans le commerce extérieur, malgré des à-coups conjoncturels encore visibles.
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Filière coton : Les producteurs asphyxiés par le coût des intrants agricoles

Les acteurs ont récemment entamé un plaidoyer à l’endroit du gouvernement pour la subvention des engrais et l’augmentation du prix du coton comme dans d’autres pays en Afrique.
Après une embellie de la production de coton lors de la campagne agricole 2023/2024, avec une production record avoisinant les 400 000 tonnes, les producteurs ont des difficultés à rembourser la totalité de leurs crédits, octroyés par la Confédération nationale des producteurs de coton du Cameroun (CNPC-C), à travers la Société de développement de coton (SODECOTON).
Les acteurs de la filière ont récemment entamé un plaidoyer à l’endroit du gouvernement pour la subvention des engrais et l’augmentation du prix du coton comme dans d’autres pays en Afrique. La semence du coton pour emblaver 1 hectare de coton est commercialisée à 3 500 FCFA contre 5 000 FCFA le sac de 40kg. Le prix de la famille du glyphosate connait aussi une hausse de 100 FCFA par sachet de 260 ou 250 grammes, passant de 1 200 FCFA lors de la campagne écoulée à 1 300 FCFA.
Selon les producteurs, le prix du kilogramme du coton graine est resté bas, alors que les prix des intrants sont restés onéreux. L’engrais reste l’un des principaux leviers de la productivité parce que sa disponibilité conditionne les rendements, la compétitivité des exploitations et les revenus agricoles. Pourtant, le Cameroun continue de s’appuyer fortement sur l’importation pour couvrir ses besoins, ce qui expose la filière aux chocs de prix et d’approvisionnement.
Depuis les deux dernières années campagnes, le kilogramme de coton coûte 280 FCFA, un prix qui selon les producteurs n’atteint jamais le seuil de 300 FCFA à l’instar de l’Afrique de l’Ouest qui oscille autour de 350 FCFA alors que les engrais et urées sont devenus très chers soit 26 000 FCFA et 25 000 FCFA le sac de 50 kg dans d’autres pays, ces prix sont de 14 000 FCFA et 15 000 FCFA.
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13ème Forum de Paris sur la dette : quel horizon pour l’Afrique et le modèle camerounais ?

Sous le thème « Mieux coopérer dans un paysage de l’endettement en transformation », le Forum a réuni les grands argentiers mondiaux, de Kristalina Georgieva (FMI) à la direction de la Banque mondiale. L’enjeu majeur de cette grand-messe réside dans la distinction désormais vitale entre crise de liquidité et crise de solvabilité.
Pour de nombreuses économies africaines, étranglées par des taux d’intérêt durablement élevés et l’échéance imminente de leurs Eurobonds, l’accès au refinancement à court terme est devenu un goulet d’étranglement. L’objectif de Paris est clair : concevoir des mécanismes d’urgence pour éviter des défauts de paiement en chaîne, non par insolvabilité structurelle, mais par simple assèchement du cash disponible.
LA VOIX DE YAOUNDÉ FACE AU « MUR DU REFINANCEMENT »
Pour le Cameroun, la présence de Louis Paul Motaze à Bercy n’avait rien d’une simple formalité diplomatique. Yaoundé incarne cette catégorie de pays à revenu intermédiaire qui, bien que classés à risque de surendettement « élevé » par les institutions de Bretton Woods, maintiennent une trajectoire rigoureuse et honorent scrupuleusement leurs engagements. Le ministre camerounais est venu rappeler une réalité de terrain : la viabilité de la dette ne peut se construire au détriment du Budget d’Investissement Public (BIP), moteur de la stratégie nationale de développement SND30.
Face aux exigences de transparence absolue des données – l’un des grands chevaux de bataille de la France lors de ce sommet pour contrer les dettes cachées – , le Cameroun affiche une posture de clarté. La publication régulière des données de la Caisse Autonome d’Amortissement (CAA) en témoigne. Cependant, l’enjeu pour la délégation camerounaise résidait dans l’assouplissement des règles du « Cadre commun » du G20.
Ce mécanisme, conçu pour inclure la Chine (premier créancier bilatéral du Cameroun) et les investisseurs privés, brille encore par sa lenteur bureaucratique. Pour Yaoundé, obtenir une harmonisation rapide et une comparabilité de traitement entre créanciers occidentaux, asiatiques et privés est une nécessité absolue pour optimiser le profil de sa dette sans subir de décote souveraine.
L’URGENCE D’UNE FINANCE CLIMAT PRAGMATIQUE
L’autre grand axe défendu par l’Afrique lors de ce forum touche à l’articulation entre dette, développement et urgence climatique. Louis Paul Motaze et ses pairs africains ont insisté sur l’intégration systématique des clauses de suspension de la dette en cas de choc exogène ou de catastrophe naturelle (CRDCs). Plus encore, le Cameroun, au cœur du bassin du Congo, est particulièrement légitime pour revendiquer la mise en œuvre à grande échelle des « debt-for-nature swaps » (échanges de dette contre investissements verts).
L’enjeu est de convertir le fardeau financier en opportunités de financement pour la transition écologique et l’industrialisation locale, notamment à travers des projets d’infrastructures d’envergure. En somme, ce 13ème Forum de Paris consacre une certitude : la gouvernance financière mondiale ne peut plus s’écrire sans une concertation symétrique.
Pour le Cameroun, le défi des prochains mois consistera à manœuvrer avec agilité entre ces nouveaux mécanismes de liquidité multilatéraux et le maintien d’une discipline budgétaire interne, condition sine qua non pour préserver sa crédibilité sur les marchés internationaux tout en finançant son émergence.
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Coopération : 484 milliards FCFA décaissés dans le cadre de l’accord triennal avec l’ITFC

Le bilan de la coopération entre le Cameroun et l’International Islamic Trade Finance Corporation (ITFC), filiale du Groupe de la Banque islamique de développement (BID), est jugé satisfaisant. Les deux parties ont procédé à cette évaluation en marge des Assemblées annuelles 2026 du Groupe de la BID, qui se sont tenues du 16 au 19 juin 2026 à Bakou, en Azerbaïdjan. Le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat), Alamine Ousmane Mey, a conduit la délégation camerounaise à ce rendez-vous financier.
En marge de ces assises, il a tenu une séance de travail avec le directeur général de l’ITFC, Adeeb Al Aama. Les échanges entre les deux responsables ont permis de faire le point sur l’état de la coopération entre les deux parties. Les financements accordés à des entreprises stratégiques telles que la Sonara, la Sodecoton et Alucam ont été passés en revue, de même que les lignes de crédit mises en place dans les banques camerounaises pour soutenir les petites et moyennes entreprises (PME) et les petites et moyennes industries (PMI).
Au terme de cette évaluation, il ressort que les financements mobilisés atteignent déjà 840 millions de dollars, soit 484,26 milliards de FCFA. Ce montant représente 105 % de l’objectif initial de 800 millions de dollars, équivalant à 462,7 milliards de FCFA. Signé en avril 2024 pour une durée de trois ans (2024-2027), le cadre de partenariat n’arrivera à échéance que dans un an, ce qui conforte les deux parties dans leur appréciation positive des résultats enregistrés.
DES FINANCEMENTS AU PROFIT DES ENTREPRISES PUBLIQUES ET DES PME
Dans le cadre de cet accord triennal, le Cameroun a notamment conclu un accord de financement Mourabaha de 126,5 milliards de FCFA avec l’ITFC. Ce crédit vise à sécuriser et à pérenniser les importations de produits pétroliers de la Société nationale de raffinage (Sonara). Officiellement autorisé par la présidence de la République, il doit soutenir la trésorerie et les activités commerciales de l’entreprise. Depuis l’incendie majeur de mai 2019, la raffinerie publique a dû adapter son modèle d’exploitation et recourt régulièrement à des facilités de crédit pour assurer l’approvisionnement du marché national en produits pétroliers.
Le concours de l’ITFC s’inscrit ainsi dans une logique de soutien à la continuité de l’approvisionnement énergétique du pays. Parallèlement, le secteur bancaire camerounais a renforcé son accès à des ressources financières alternatives grâce à la mobilisation de 20 millions d’euros, soit près de 13 milliards de FCFA, par l’intermédiaire de deux banques locales. Le premier accord, d’un montant de 10 millions d’euros, a été signé le 21 mai 2025 à Alger, en marge des Assemblées annuelles du Groupe de la BID, entre l’ITFC et CCA-Bank.
Cette facilité est dédiée au financement du commerce et vise à soutenir les opérations des entreprises locales. La Commercial Bank-Cameroun (CBC) a, elle aussi, conclu, lors du même rendez-vous, une opération de 10 millions d’euros avec l’ITFC. Structurée selon le principe islamique de la Mourabaha, cette facilité vise à soutenir les importations stratégiques, notamment dans les domaines de l’énergie, des intrants industriels et des biens de consommation. Une partie de ces ressources servira à renforcer Aman Finance Islamique, la fenêtre de finance islamique de la CBC, opérationnelle depuis 2022.
Ce guichet propose des produits conformes aux principes de la finance islamique afin de favoriser l’inclusion financière des populations peu bancarisées. Le crédit comprend également un mécanisme de confirmation de lettres de crédit destiné à sécuriser les paiements liés aux opérations d’importation. L’accord-cadre 2024-2027 constitue le prolongement d’un précédent partenariat triennal conclu entre le Cameroun et l’ITFC. Dans le cadre de ce premier programme, près de 602 millions de dollars, soit environ 348,4 milliards de FCFA, avaient été mobilisés par l’institution, représentant plus de 80 % de l’enveloppe initiale de 750 millions de dollars.
Fort de ces résultats, les deux parties ont signé, en avril 2024, un nouvel accord triennal portant l’enveloppe globale à 800 millions de dollars à déployer jusqu’en 2027. L’objectif affiché est d’accompagner la transformation économique post-crise, de soutenir les PME et de diversifier les instruments de financement.
Au regard des performances déjà enregistrées, le Cameroun et l’ITFC ont réaffirmé leur volonté de renforcer davantage leur partenariat. Les deux parties entendent accroître les financements en faveur de l’économie nationale et stimuler les échanges commerciaux, afin de consolider la dynamique de coopération engagée au cours des dernières années.
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