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Marché financier : le Cameroun veut lever 1 165 milliards FCFA sur un marché de la dette

Première économie de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), le Cameroun s’apprête à revenir sur le marché régional des titres publics en 2026 avec un objectif de mobilisation fixé à 1 165 milliards de FCFA. L’information ressort des programmes annuels d’émissions rendus publics par la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), qui assurent la régulation et l’organisation du marché des valeurs du Trésor dans la sous-région. Ce volume place à nouveau le Cameroun en tête des émetteurs de la zone, devant le Gabon et le Congo. Il reste toutefois inférieur aux montants effectivement levés par les États de la Cemac en 2025, traduisant une certaine retenue dans un environnement financier devenu plus contraignant depuis la fin de l’année.
À l’échelle régionale, les six pays de la Cemac prévoient de lever 3 906,5 milliards de FCFA en 2026, contre des volumes nettement plus élevés mobilisés sur le marché entre septembre 2024 et octobre 2025. Le programme de Yaoundé en 2026 repose essentiellement sur les instruments de court terme. Sur les 1 165 milliards de FCFA attendus, 765 milliards devraient être mobilisés via des bons du Trésor assimilables, tandis que 400 milliards de FCFA sont programmés sous forme d’obligations du Trésor assimilables destinées au financement du déficit budgétaire. Une structure qui reflète la volonté de conserver une certaine flexibilité de trésorerie, dans un contexte monétaire plus resserré.
UN MARCHÉ ACTIF MAIS PLUS EXIGEANT EN 2025
Ce retour du Cameroun s’inscrit dans la continuité d’une année 2025 marquée par une activité soutenue sur le marché des titres publics de la Cemac. Selon les données de la BEAC, entre septembre 2024 et septembre 2025, les Trésors publics de la sous-région ont mobilisé 6 157,2 milliards de FCFA sur le marché primaire, contre 5 001,3 milliards sur la période précédente. L’encours global des valeurs du Trésor a progressé de 33,5 % en un an, pour atteindre 9 234,2 milliards de FCFA à fin septembre 2025. Cette dynamique a concerné aussi bien les bons du Trésor que les obligations.
Les émissions de bons ont totalisé 3 218,1 milliards de FCFA sur la période, dominées par les maturités à 26 et 52 semaines, largement utilisées par le Cameroun, le Gabon et le Tchad. Les obligations ont représenté 2 939,1 milliards de FCFA, principalement concentrées sur les maturités de deux à cinq ans, qui ont capté plus de 80 % des volumes levés. Le Cameroun a figuré parmi les contributeurs réguliers de ce marché, même si ses volumes sont restés inférieurs à ceux du Gabon sur le segment obligataire. Cette présence constante a permis d’ancrer le pays comme un émetteur récurrent, mais elle s’est accompagnée d’un renchérissement progressif des conditions de financement.
LE COÛT DE L’ENDETTEMENT, UN SUJET CENTRAL
L’année 2025 a en effet été marquée par une hausse du coût des ressources mobilisées par les États de la Cemac. D’après la BEAC, le taux moyen pondéré des émissions de bons du Trésor s’est établi à 6,93 % entre septembre 2024 et septembre 2025, contre 6,61 % un an auparavant. Sur le segment des obligations, le rendement moyen est passé de 9,11 % à 9,61 % sur la même période. Ces évolutions traduisent un environnement monétaire plus restrictif, lié notamment au resserrement opéré par la BEAC afin de préserver les réserves de change de la zone. Elles reflètent aussi une perception accrue du risque, dans un contexte où les besoins de financement demeurent élevés et où les investisseurs se montrent plus sélectifs.
Au Cameroun, cette réalité est reconnue de longue date par les autorités. Le directeur général du Trésor, Moh Sylvester Tangongho, l’a rappelé lors du colloque international sur la dette souveraine des États de la CEMAC tenu les 10 et 11 avril à Yaoundé. « Les taux d’intérêts sont élevés. Il y a deux ans, on levait les bons du Trésor de 3 à 6 mois à 2,2 %. Actuellement, on est à 6 %, 6,5 % », a-t-il souligné. Plus inquiétant encore, les taux de couverture se sont effondrés. « Avant, on avait des taux de couverture qui allaient jusqu’à 300 %. Aujourd’hui, on peine parfois à lever la totalité des montants sollicités », a-t-il conclu.
UNE BASE D’INVESTISSEURS ENCORE ÉTROITE
La structure des détenteurs de titres publics reste par ailleurs un facteur déterminant dans la formation des taux. À fin septembre 2025, les spécialistes en valeurs du Trésor détenaient près de 65 % de l’encours total des titres de la Cemac, selon la BEAC. Les investisseurs institutionnels représentaient 18,6 %, tandis que les établissements de crédit non-SVT en détenaient 12,3 %. La part des personnes physiques demeurait marginale. Cette configuration limite la profondeur du marché et contribue à maintenir une pression sur les rendements exigés par les investisseurs dominants, essentiellement bancaires. Les contraintes prudentielles applicables à certains acteurs, notamment les compagnies d’assurance, ainsi que la faible diffusion de la culture financière, freinent l’élargissement de la base d’investisseurs à moyen terme.
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Prévention des risques : La Sonara ouvre aux assureurs un marché de 5 milliards de FCFA pour ses installations

La Société nationale de raffinage (Sonara) veut recruter une ou plusieurs compagnies d’assurances pour couvrir ses biens et ses installations dans le cadre d’un marché évalué à 5,1 milliards de FCFA sur trois ans. L’information ressort d’un appel d’offres national ouvert publié le 4 mars 2026 par la direction générale de l’entreprise pétrolière publique. Selon le document consulté sur la plateforme de l’Agence de régulation des marchés publics, la procédure vise à sélectionner un assureur ou un groupement d’assureurs de droit camerounais pour prendre en charge différents risques liés aux actifs de la raffinerie de Limbé entre le 1er juillet 2026 et le 30 juin 2029.
Le financement sera assuré par le budget autonome de la Sonara. Les garanties recherchées couvrent un large périmètre de biens et d’équipements. Les prestations attendues concernent notamment la couverture des risques liés aux installations industrielles, aux équipements informatiques, aux bureaux ainsi qu’aux habitations ou locaux administratifs appartenant à l’entreprise. Certaines catégories d’infrastructures restent toutefois exclues du dispositif d’assurance, comme certaines unités de stockage ou des installations portuaires, selon les termes de référence de l’appel d’offres. Le contrat ne prévoit pas d’allotissement. Les compagnies intéressées devront donc proposer une offre couvrant l’ensemble du périmètre défini dans le dossier d’appel d’offres.
Les entreprises admises à soumissionner doivent être établies au Cameroun et disposer des agréments requis pour exercer dans la branche dommages aux biens, conformément à la réglementation en vigueur dans les pays membres de la Conférence interafricaine des marchés d’assurances. Les documents exigés aux candidats incluent la preuve de l’absence de sanctions de la CIMA ainsi que des engagements de réassurance d’au moins 200 milliards de FCFA. Les dossiers devront être déposés au plus tard le 1er avril 2026 à Limbé.
Cette nouvelle procédure d’assurance intervient dans un contexte où la question de la couverture des risques industriels demeure particulièrement sensible pour la raffinerie camerounaise. Le 19 décembre 2019, un important incendie avait ravagé plusieurs unités de production du site de Limbé, provoquant l’arrêt des activités de raffinage et entraînant des pertes financières considérables pour l’entreprise. Depuis cet incident, la Sonara poursuit un programme de reconstruction et de modernisation de ses installations tout en renforçant ses dispositifs de gestion des risques.
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Contributions fiscales : Le Port de Kribi génère plus de 1 000 milliards FCFA de recettes douanières en huit ans

De mars 2018 à mars 2026, huit années se sont écoulées depuis la mise en service du port en eau profonde de Kribi. Huit années durant lesquelles cette infrastructure stratégique a progressivement trouvé sa place dans le paysage économique du Cameroun. Depuis son inauguration, la plateforme portuaire accompagne une montée en puissance continue des flux commerciaux. Les navires de grande capacité, attirés par ses installations modernes, ont ouvert de nouvelles routes d’échanges, donnant au Cameroun une visibilité accrue sur les corridors régionaux.
Les données officielles disponibles indiquent que les recettes douanières cumulées générées par l’activité du port dépassent désormais 1 000 milliards de FCFA. Pour la seule année 2025, elles atteignent 335 milliards de FCFA. Cette progression suit de près l’évolution du trafic, en particulier celui des conteneurs qui s’impose comme le principal moteur de croissance. En 2025, le port a traité 555 398 équivalents vingt pieds, soit une hausse annuelle de 82,4%.
Sur la période 2018-2025, la progression cumulée atteint plus de 300%. Cette dynamique traduit une intensification des échanges formels et une meilleure traçabilité des marchandises, deux facteurs déterminants pour la mobilisation des recettes fiscales. La montée en régime des infrastructures joue un rôle central dans ce processus. L’entrée en phase 2 du port, avec l’extension des quais à 1 330 mètres, l’installation de sept portiques et l’aménagement de 60 hectares d’aires de stockage, permet d’accueillir des navires de grande capacité. Cette évolution favorise une concentration accrue des flux au sein d’un circuit contrôlé, limitant les pertes liées à l’informel et aux pratiques frauduleuses.
Au-delà du segment conteneurisé, le terminal polyvalent affiche également une forte progression. Les volumes traités passent de moins de 240 000 tonnes en 2018 à 1,27 million de tonnes en 2025. Cette diversification des flux élargit l’assiette fiscale et renforce la contribution du port aux recettes publiques L’activité globale confirme cette tendance. Le volume de marchandises franchit 12 millions de tonnes en 2025, contre un peu plus de 7 millions à l’ouverture. Le nombre d’escales atteint 559 la même année, sur un total de 3 471 depuis 2018.
Les premiers chiffres de 2026 prolongent cette trajectoire avec plus de 122 000 EVP déjà manutentionnés en deux mois L’effet budgétaire du port s’inscrit dans une transformation plus large de l’économie. En structurant une zone industrialo-portuaire et en générant environ 15 000 emplois, la plateforme contribue à formaliser les activités et à sécuriser les flux économiques.
Cette formalisation élargit mécaniquement la base taxable et améliore le rendement des prélèvements. Les investissements périphériques renforcent cette logique. La mise en place d’une ligne énergétique de 225 kV et la réhabilitation des axes Edéa Kribi et Kribi Yaoundé visent à fluidifier l’acheminement des marchandises vers l’hinterland. Cette amélioration des corridors réduit les coûts logistiques et favorise une concentration accrue des échanges dans des circuits officiels.
À mesure que le port s’affirme comme hub régional, la question budgétaire prend une dimension stratégique. La capacité à capter et sécuriser les flux commerciaux devient un levier de financement interne. Dans un contexte de pression sur les ressources publiques, le Port de Kribi apparaît comme un instrument de consolidation des recettes et de renforcement de la souveraineté budgétaire du Cameroun.
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Cameroun – Banque mondiale : de nouveaux investissements annoncés dans l’énergie et l’emploi des jeunes

La Banque mondiale prépare de nouveaux investissements destinés à renforcer l’accès à l’électricité et à soutenir l’emploi des jeunes au Cameroun. L’annonce a été faite à l’issue d’une audience récemment accordée à Yaoundé par le Premier ministre, Chef du gouvernement, Joseph Dion Ngute, au directeur des opérations de l’institution pour le Cameroun, Cheick Kanté. Les échanges ont principalement porté sur le renforcement des programmes de développement en cours ainsi que sur l’accélération de la mise en œuvre de projets jugés prioritaires par le gouvernement camerounais.
La rencontre a également permis de passer en revue le cadre global de coopération entre le Cameroun et l’institution de Bretton Woods, qui finance déjà plusieurs programmes dans des secteurs clés tels que le développement numérique, l’urbanisme, l’éducation, l’énergie, la décentralisation et les infrastructures de transport. Au cours de l’audience, les deux responsables ont évalué l’état d’avancement de ces initiatives et examiné les moyens de consolider le partenariat afin d’obtenir des résultats plus significatifs.
Les discussions ont également porté sur l’appui de la Banque mondiale aux réformes de politiques publiques engagées par le gouvernement. S’exprimant à la presse à l’issue de la rencontre, Cheick Kanté a indiqué que les échanges ont notamment porté sur l’accompagnement de l’institution financière internationale aux priorités de développement du Cameroun. Il a souligné que le secteur de l’énergie figure parmi les axes majeurs de coopération, compte tenu de son importance stratégique pour la transformation économique du pays.
Selon lui, le développement énergétique constitue un levier essentiel pour soutenir la croissance et accompagner l’ambition du Cameroun de devenir un pays émergent à l’horizon 2035. La Banque mondiale intervient déjà dans ce domaine à travers plusieurs instruments de financement, notamment des garanties et des financements directs destinés à accélérer la réalisation de projets. Les deux parties ont également évoqué la participation du Cameroun au programme énergétique visant à élargir l’accès à l’électricité à grande échelle.
L’objectif est de permettre à environ huit millions de Camerounais supplémentaires d’être connectés au réseau électrique d’ici 2030, avec l’appui déterminant de la Banque mondiale. La question de l’emploi des jeunes et du développement des compétences a également occupé une place importante dans les discussions.
Dans un contexte marqué par la nécessité d’accroître les opportunités professionnelles pour la jeunesse, l’institution financière internationale étudie les moyens de soutenir des programmes favorisant la création d’emplois, notamment à travers la transformation économique et le renforcement des formations adaptées aux besoins du marché. Pour sa part, le Premier ministre Joseph Dion Ngute a salué la qualité de la coopération entre le Cameroun et la Banque mondiale. Il a réaffirmé l’engagement du gouvernement à poursuivre et à renforcer ce partenariat stratégique afin d’assurer la réussite des projets de développement engagés au bénéfice des populations.
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