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Solde de l’Etat : plus de 1753,5 milliards de FCFA payés par le Minfi aux agents publics en 2025

«Depuis le 1er janvier 2025, l’Application Informatique de Gestion Logique des Effectifs et de la Solde (AIGLES) est donc entrée en production effective…Depuis cette date, l’ensemble des salaires des agents publics est calculé et versé de manière régulière, continue et sécurisée, sans aucune interruption ».Cette précision du ministre de la Fonction publique et de la Réforme administrative (Minfopra), Joseph Le illustre des progrès enregistrés grâce à l’application AIGLES dans la gestion de la solde des agents publics au Cameroun. La masse salariale est donc maîtrisée, se vante le Minfopra. La preuve, de janvier à décembre 2025, le ministère des Finances (Minfi) a versé à l’ensemble des personnels qui émargent au budget de l’Etat du Cameroun, la somme globale de 1753.585.976.559 FCFA. Et, plus de 503.000 agents publics, personnels à solde globale et pensionnés perçoivent désormais leur solde mensuelle dans des délais maîtrisés, avec une fiabilité accrue et une parfaite lisibilité. Selon Joseph Le, «La paie est aujourd’hui entièrement adossée aux données de carrière, garantissant la cohérence entre la situation administrative et la situation salariale, tout en assurant la traçabilité complète des opérations. Les primes et indemnités sont attribuées automatiquement, conformément à la réglementation en vigueur, contribuant ainsi à une meilleure maîtrise de la masse salariale».
Autres avantages liés à la mise en œuvre de l’application AIGLES
D’un coût global du projet estimé à 5,8 milliards de FCFA, donc 4, 8 FCFA pour l’intégrateur SIMAC et 955 millions de FCFA pour AFREETECH, l’assistant à la maîtrise d’ouvrage, AIGLES, informe-t-on, a également introduit une innovation majeure : l’automatisation intégrale de plusieurs actes de carrière, notamment les avancements d’échelon, les avancements de classe et les titularisations, générés automatiquement, avec effet financier immédiat. Ainsi, depuis janvier 2025, aucun dossier physique n’est requis pour le traitement de ces actes automatisés. Cette avancée a permis de réduire à moins de 25 % le taux d’erreurs et de diminuer de 70 % le temps consacré à la gestion de la carrière et des anomalies liées aux effets financiers. Par ailleurs, plus de 15.000 actes de carrière hors avancement ont été traités, couvrant l’ensemble du cycle de vie des agents publics, du recrutement à la retraite, en passant par les promotions, la discipline et les récompenses, précise le Minfopra.
Entre autres résultats significatifs apportés par AIGLES, l’on notre, une stabilité éprouvée de cette application, exploitée sans interruption majeure depuis 12 mois consécutifs, confirmant sa robustesse technique, sa fiabilité opérationnelle et sa capacité à soutenir des charges critiques en continu ; la mise en production effective de 14 modules prévus. Ce qui représente 83,24 % de réalisation de l’ensemble du projet ; la formation des administrations utilisatrices, avec un taux de couverture avoisinant 80%. Les sessions relatives aux modules de biométrie et d’archivage électronique étant en phase finale de déploiement. Mais aussi, le traitement intégral et continu de la solde de janvier à décembre 2025, couvrant l’ensemble des agents publics, des pensionnés et des personnels à solde globale, avec un niveau de précision, de régularité et de fiabilité jamais atteint jusqu’ici. Et, à ce jour, l’effectif total des personnels actifs de l’Etat, hors mis les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) est de 271.129 agents publics.
L’on note également, la sécurisation avancée de la signature électronique des actes de carrière, grâce à l’intégration de l’Infrastructure à Clé Publique (PKI) de l’ANTIC, garantissant l’authenticité, l’intégrité et la valeur juridique des actes administratifs produits ; le traitement automatique de plus de 250.686 avancements d’échelon et de classe, générés sans intervention humaine et assortis systématiquement d’effets financiers appliqués le même mois, illustrant l’efficacité des règles de gestion et la performance du système ; plus de 6.417.351 connexions enregistrées sur le portail AIGLES (portailaigles.gov.cm), offrant aux agents publics un accès sécurisé, permanent et rapide à leurs informations professionnelles et salariales.
L’on n’oublie pas aussi la mise en paiement des décomptes des prestataires, désormais fondée sur la qualification et la recette de 14 modules fonctionnels, contre 9 en 2024, traduisant une amélioration notable de la qualité, de la complétude et de la conformité des livrables. Ainsi, les deux prestataires ont déjà reçu 3.217.767.363 FCFA. Le reste à payer est de 2.628.053.648 FCFA. Les prochains décomptes sont en cours de validité, au niveau de l’instance compétente ; la génération automatique de 2.801 dossiers de prépension, avec une prise en charge immédiate par le système, démontrant la réactivité de AIGLES dans l’anticipation et la gestion des fins de carrière. Et, à ce jour, l’on compte 157.245 pensionnés, et lors de ses 12 premiers mois de fonctionnement, l’application AIGLES a procédé au traitement de 3.243 actes de mise à la retraite et de 1.080 actes de régularisation, assurant une gestion rigoureuse, transparente et équitable des droits à pension des agents publics.
Mais également, le traitement de 872 actes de titularisation, contribuant à la sécurisation des parcours professionnels et à la consolidation des carrières au sein de l’administration publique, la signature de plus de 500 décrets d’intégration directement dans AIGLES, réduisant significativement les délais de traitement, etc.
Les perspectives pour l’année 2026
Pour le Minfopra, les priorités majeures pour cette année 2026, porteront sur finalisation et la pleine opérationnalisation des modules de biométrie et d’archivage électronique, dont les travaux sont déjà très avancés dans les trois sites pilotes retenus pour cette première phase, à savoir: le Minfopra, le Minfi et le Consupe. Leur mise en service effective dans ces administrations, précise-t-on, permet de renforcer la fiabilité des données, de sécuriser davantage les processus administratifs et de moderniser durablement la gestion des dossiers des agents publics.
Par ailleurs, le Minfopra dit avoir l’ambition d’étendre progressivement le dispositif biométrique à l’ensemble du territoire national, afin de disposer d’un outil de contrôle des présences objectif, moderne et efficace. Cette extension, vise notamment à lutter résolument contre l’absentéisme au poste, véritable fléau qui fragilise la performance de l’administration camerounaise, et porte atteinte à la qualité du service public. Ainsi, pour le Minfopra, l’année 2026 s’annonce comme une étape déterminante de consolidation, d’optimisation et d’élargissement des acquis de AIGLES, pour une administration publique plus moderne, plus performante.
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Agroalimentaire : DENKY peaufine son installation dans la région de l’Ouest Cameroun

Le projet porté par Lisette Claudia Tame envisage la création de plusieurs centaines d’emplois et répondre à la désormais traditionnelle problématique de l’import substitution au Cameroun.
La région de l’Ouest Cameroun, département des Haut-plateaux dans le village Badenkop va s’enrichir d’une usine de transformation des produits alimentaires.
Le projet porté par Lisette Claudia Tame envisage la transformation du maïs et consacrera accessoirement des mini unités au développement des ressources telles que la pomme de terre, le plantain, la viande de porc, le sucre, avec l’ambition d’en faire à terme des unités autonomes, qui constitueront le complexe industriel qu’il est prévu de réaliser sur le même site.
Selon les prévisions, DENKY envisage de transformer chaque année : 500 tonnes de maïs ; 5 000 tonnes de sucre ; 300 tonnes de plantains et de pommes de terre ; 200 tonnes de fruits ; 200 tonnes de viande de porc. Le projet va générer 150 emplois directs et 200 emplois indirects. L’idée est de soutenir et de développer l’agriculture locale en encourageant des initiatives d’extension chez les agriculteurs locaux déjà actifs.
DENKY envisage également de fédérer les différents acteurs présents sur les chaines de valeurs des matières premières ciblées, pour garantir un fonctionnement régulier, et bien portant de ces différentes branches.
La cérémonie d’ouverture prévue vendredi 26 juin 2026 a pour objectif d’informer les acteurs du secteur agroindustriel de l’entrée d’une nouvelle unité dans la famille des transformations, présenter au gouvernement la réalisation d’un projet pour lequel ils ont été sollicités et présenter la vision qui fonde et accompagne cette réalisation.
Cet ouvrage vient répondre à la désormais traditionnelle problématique de l’import substitution, en proposant des produits issus des terres camerounaises, sous des aboutissements qui tutoient valablement l’offre étrangère.
Portrait
Lisette Claudia Tame est à la tête d’African Processing Company, la quatrième usine de transformation de cacao au Cameroun. Elle a su imposer sa marque de chocolats haut de gamme, Ca’Oly , symbole d’innovation, de qualité et de respect de l’environnement.
Son parcours est marqué par la détermination et la résilience. Après plusieurs années passées en Europe, elle fait le choix de revenir au pays pour y investir et bâtir un projet porteur de sens. Un pari réussi : son entreprise génère aujourd’hui un chiffre d’affaires de plus d’un milliard de FCFA et a permis la création de près de 200 emplois directs et indirects.
En janvier 2025, elle inaugure une usine de transformation de cacao à Okoa Maria, près de Mbankomo. Dotée d’une capacité de broyage annuelle de 4 000 tonnes, cette installation place APC SA parmi les cinq principaux acteurs nationaux du secteur, rivalisant désormais avec des poids lourds tels que Sic Cacaos et Chococam.
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Commerce extérieur : les entreprises camerounaises mal préparées à l’accès sans droits de douane au marché chinois

L’ouverture totale du marché chinois aux produits africains constitue sans doute l’une des mesures commerciales les plus importantes de ces dernières années pour les économies du continent. Depuis le 1er mai 2026, la République populaire de Chine applique en effet une politique de tarif douanier zéro sur les importations en provenance des pays africains. Concrètement, les produits camerounais peuvent désormais accéder à l’un des plus vastes marchés du monde sans supporter les droits de douane qui réduisaient jusqu’ici leur compétitivité.
Une décision saluée par le gouvernement camerounais qui y voit une occasion exceptionnelle de renforcer les exportations nationales et de promouvoir le « Made in Cameroon » auprès de plus de 1,4 milliard de consommateurs. Dans un communiqué adressé aux opérateurs économiques, le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, a invité les entreprises concernées à accomplir les formalités nécessaires afin de bénéficier de ce nouveau régime préférentiel. Les filières du cacao, du café, du bois transformé, du coton, des fruits, des épices, des huiles végétales, des produits artisanaux ou encore des cornes séchées figurent parmi les principaux secteurs susceptibles de tirer profit de cette ouverture.
Pékin a par ailleurs mis en place des mécanismes de facilitation des exportations africaines, notamment à travers les « Corridors verts », destinés à fluidifier les échanges commerciaux et logistiques. Sur le papier, le Cameroun dispose pourtant de nombreux atouts pour profiter pleinement de cette nouvelle donne.
Le pays possède une diversité agroécologique rare en Afrique centrale, une production agricole abondante et des ressources forestières considérables. Du cacao aux fruits tropicaux, en passant par le café, le miel, les épices, le poivre de Penja, les huiles végétales ou les produits artisanaux, l’offre exportable existe bel et bien. À cela s’ajoute une position géographique stratégique qui fait du Cameroun une porte d’entrée naturelle vers les marchés de la sous-région.
Pourtant, entre le potentiel affiché et la capacité réelle des entreprises à exporter vers la Chine, le fossé demeure important. L’accès préférentiel au marché chinois ne garantit pas automatiquement une augmentation des exportations. Encore faut-il que les producteurs soient capables de satisfaire aux exigences de qualité, de traçabilité, de conditionnement et de certification imposées par les autorités chinoises. Or, sur ce terrain, beaucoup d’entreprises camerounaises restent insuffisamment préparées.
Les petites et moyennes entreprises, qui constituent l’essentiel du tissu productif national, manquent souvent des moyens techniques et financiers nécessaires pour franchir ces barrières. C’est précisément sur ce point que les limites de l’action publique apparaissent. Si l’annonce de l’ouverture du marché chinois a été largement relayée, les mesures concrètes d’accompagnement restent encore peu visibles. Les opérateurs ont besoin d’informations détaillées sur les procédures d’accès, de formations sur les normes exigées, d’un appui à la certification, d’infrastructures logistiques adaptées et surtout de mécanismes de financement dédiés à l’exportation. Sans cet écosystème d’accompagnement, seuls quelques grands groupes déjà structurés seront en mesure de saisir cette opportunité, laissant de côté une grande partie des producteurs locaux.
Cette situation est d’autant plus préoccupante que les échanges entre Yaoundé et Pékin demeurent profondément déséquilibrés. Selon les données de l’Institut national de la statistique, les exportations camerounaises vers la Chine reposent encore essentiellement sur les matières premières brutes. Le pétrole, le gaz naturel liquéfié, le bois et le coton dominent largement les flux commerciaux. Cette spécialisation maintient le pays dans une position de fournisseur de ressources peu transformées, tandis que la plus grande partie de la valeur ajoutée est créée à l’étranger. L’exonération douanière décidée par la Chine offre donc au Cameroun une occasion rare de changer de modèle.
Mais pour transformer cette ouverture en véritable levier de développement industriel, il faudra aller bien au-delà des déclarations d’intention. L’État, les banques, les organisations patronales et les investisseurs privés sont appelés à construire un dispositif cohérent permettant aux entreprises nationales de conquérir durablement ce marché. Faute d’une telle mobilisation, le risque est grand de voir cette opportunité historique profiter à une poignée d’acteurs seulement, tandis que le pays continuera d’exporter principalement des matières premières, sans parvenir à réduire le déséquilibre de sa balance commerciale avec la deuxième puissance économique mondiale.
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Infrastructures routières : 240 milliards FCFA pour la reconstruction du corridor Douala-Bangui

Selon le document d’évaluation du projet (PAD) rendu public le 12 juin 2026, le Cameroun bénéficiera d’un financement de 240,4 milliards de FCFA (425 millions de dollars), composé d’un prêt de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) de 230,3 milliards de FCFA (407 millions de dollars) et d’un crédit de l’Association internationale de développement (IDA) de 10,1 milliards de FCFA (18 millions de dollars).
Cette enveloppe représente l’essentiel du financement de la première phase du Programme de corridor économique Douala-Bangui, dont le coût total s’élève à 297,05 milliards de FCFA (525 millions de dollars). La République centrafricaine recevra un don IDA de 51 milliards de FCFA (90 millions de dollars), tandis que la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) bénéficiera d’un don de 5,6 milliards de FCFA (10 millions de dollars) pour soutenir les réformes régionales de facilitation du commerce et du transport.
L’approbation du financement par le Conseil d’administration de la Banque mondiale le 12 juin dernier marque le passage du projet de la phase de préparation à celle de mise en œuvre. Cette validation autorise désormais la signature des accords de financement et le démarrage des activités prévues. Quelques jours avant cette échéance, le ministère camerounais des Travaux publics (Mintp) indiquait déjà que toutes les conditions préalables avaient été remplies.
Dans un compte rendu publié à l’issue d’une réunion tenue le 10 juin 2026 entre le ministre des Travaux publics et une délégation de la Banque mondiale conduite par Anne-Cécile Souhaid, directrice de la division Afrique de l’Ouest et du Centre, le département ministériel soulignait que « toutes les conditions préliminaires ont été satisfaites par le Cameroun pour mobiliser les ressources nécessaires à la reconstruction des axes du corridor Douala-Bangui ». Réhabiliter les principaux axes du corridor.
Ce financement s’inscrit dans une approche programmatique multiphase (MPA) dont l’enveloppe globale est estimée à plus de 600 milliards de FCFA (1,2 milliard de dollars). L’objectif est de renforcer la compétitivité du principal corridor commercial reliant le port de Douala à la République centrafricaine.
La première phase prévoit notamment la réhabilitation de la section Edéa-Yaoundé (164 km) au Cameroun et de la route Baoro-Bossemptélé en République centrafricaine. Des interventions ciblées sont également programmées sur les axes Ayos-Bertoua-Garoua-Boulaï (environ 575 km) et Bangui-Bossemptélé afin d’assurer la continuité du trafic. Le projet intègre également des mesures de sécurité routière fondées sur l’approche « Safe System », incluant l’amélioration des infrastructures critiques, le contrôle de la vitesse et le renforcement de la prise en charge post-accident.
UN PROJET À VOCATION ÉCONOMIQUE ET RÉGIONALE
Au-delà de la réhabilitation des routes, le programme vise à stimuler l’activité économique le long du corridor. Des études seront réalisées pour plusieurs projets structurants, dont la zone industrielle et la plateforme logistique d’Edéa, le complexe économique et touristique Mouanko-Yoyo, la Zone économique spéciale du bois de Bertoua, ainsi que le port sec de Béloko et la Zone économique spéciale de Boali en République centrafricaine.
Le projet prévoit également des investissements sociaux, notamment dans les écoles, les centres de santé, les centres de formation professionnelle et les marchés, avec une attention particulière à l’entrepreneuriat féminin. Enfin, une composante régionale mise en œuvre avec l’appui de la CEMAC doit permettre de fluidifier le commerce sur le corridor grâce à la numérisation des procédures, à l’extension du guichet unique, à la mise en place de plateformes logistiques numériques et au renforcement de la coordination entre les États concernés. L’objectif est de réduire les coûts et les délais de transport sur l’un des axes commerciaux les plus stratégiques d’Afrique centrale.
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