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Grands projets d’infrastructures : 150 milliards FCFA de dettes à payer dès 2026 pour des projets déjà livrés

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Grands projets d’infrastructures : 150 milliards FCFA de dettes à payer dès 2026 pour des projets déjà livrés
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Électricité : 75 milliards FCFA à trouver pour payer les factures de NHPC

Selon une annexe à la loi de finances 2026 consacrée au suivi des grands projets d’investissement, l’État doit réunir environ 75 milliards FCFA afin de régler des factures d’électricité émises par Nachtigal Hydro Power Company (NHPC), l’exploitant du barrage hydroélectrique de Nachtigal. Ce besoin de trésorerie concerne essentiellement les factures d’août à décembre 2025, restées impayées par Eneo, le concessionnaire en charge de la production et de la distribution de l’électricité au Cameroun.

Depuis l’entrée en exploitation commerciale du barrage, le 18 mars 2025, l’État s’est engagé contractuellement à garantir le paiement de l’énergie produite, dans le cadre d’un partenariat public-privé de type concessif. Dans les documents budgétaires, le ministère des Finances rappelle clairement la nature de cet engagement :« En vue de réaliser le projet selon une approche PPP de type concessif, l’État s’est formellement engagé auprès de NHPC à se substituer au concessionnaire ENEO en cas d’incapacité de ce dernier à acheter l’énergie produite par le barrage de Nachtigal. » Cet engagement repose sur le mécanisme dit du « Take or Pay », qui oblige l’acheteur à régler l’électricité mise à disposition, qu’elle soit effectivement consommée ou non.

Le texte précise que ce risque commercial est supporté par l’État à travers « un engagement financier mensuel initial de FCFA 10 milliards (réhaussé à FCFA 15 milliards) dans l’hypothèse où ENEO serait dans l’incapacité d’honorer le paiement des factures de son fournisseur NHPC ». À ce jour, NHPC a déjà adressé à Eneo des factures cumulées estimées à 64 milliards FCFA. Sur ce montant, l’opérateur n’a réglé que 12,5 milliards FCFA, laissant un arriéré de 51,5 milliards FCFA. Ce gap a temporairement été comblé par l’État grâce à une lettre de crédit ouverte auprès de Société Générale Paris.

Mais cette ligne de garantie est désormais totalement consommée. Résultat, les factures couvrant les mois d’août à décembre 2025 n’ont toujours pas été honorées, ce qui explique le besoin immédiat de 75 milliards FCFA mis en avant dans les documents budgétaires. Pour éviter une accumulation d’arriérés et des tensions récurrentes sur le budget, le ministère des Finances indique avoir engagé des discussions avec Société Générale Cameroun et plusieurs établissements bancaires locaux, en vue de mettre en place un mécanisme de garantie financière plus durable.

UN PROJET STRATÉGIQUE, MAIS DES CONTRAINTES STRUCTURELLES

Cette pression financière survient alors que le barrage de Nachtigal est présenté comme une pièce maîtresse de la politique énergétique nationale. D’une capacité installée de 420 MW, l’infrastructure est censée couvrir près de 30 % de la demande électrique du pays. Le projet, porté par NHPC — une coentreprise associant EDF, la Société financière internationale (SFI) et l’État camerounais — a nécessité un investissement global de 786 milliards FCFA. Dans la pratique, cependant, l’évacuation de toute l’énergie produite reste limitée. Si la ligne de transport de 225 kV reliant Nachtigal à Yaoundé est opérationnelle, celle destinée à Douala, principal pôle industriel du pays, n’est pas encore achevée.

Une situation qui accentue le déséquilibre entre production disponible et consommation effective. Ces risques avaient été clairement identifiés par les partenaires techniques et financiers. Dans son rapport de la septième revue du programme économique et financier, publié en juin 2025, le Fonds monétaire international soulignait déjà que le dispositif contractuel de Nachtigal faisait peser des risques budgétaires non négligeables sur l’État camerounais. Le FMI rappelait notamment que « les charges liées à l’exploitation de la centrale exerceront des pressions supplémentaires sur les finances publiques, l’État étant juridiquement tenu de se substituer à Eneo en cas de défaillance »

Barrage de Memve’ele : l’État camerounais doit encore 16 milliards FCFA à Sinohydro

Trois ans après sa mise en service officielle, le barrage hydroélectrique de Memve’ele, n’a pas encore fini de révéler ses zones d’ombre. Outre des performances techniques inférieures aux attentes, le projet traîne un contentieux financier avec son principal constructeur, l’entreprise chinoise Sinohydro. D’après une annexe à la loi de finances 2026 consacrée au suivi des grands projets d’investissement publics, l’État camerounais reste redevable de 16 milliards de FCFA à Sinohydro.

Cette somme correspond au solde non réglé des travaux de bitumage de la route d’accès au barrage, réalisés en préfinancement par l’entreprise chinoise pour un coût total évalué à 27 milliards de FCFA. Le document, élaboré par le ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat), précise que cette composante n’était pas intégrée dans la convention de financement initiale du projet Memve’ele. À ce jour, seuls 11 milliards de FCFA ont été effectivement versés, laissant subsister un arriéré conséquent.

Plus préoccupant encore, lors de l’élaboration du budget 2026 du ministère de l’Eau et de l’Énergie (MINEE), cette dette n’a été budgétisée qu’à hauteur de 1,3 milliard de FCFA. Une dotation jugée largement insuffisante, qui rend improbable un règlement intégral de la créance à court terme et prolonge l’exposition de l’État à des engagements hors bilan. Ces tensions financières viennent s’ajouter aux contre-performances opérationnelles du barrage. D’une puissance installée théorique de 211 MW, Memve’ele n’injecte en moyenne qu’environ 150 MW dans le Réseau interconnecté Sud (RIS), bien en deçà des projections initiales.

Avec un investissement global estimé à près de 450 milliards de FCFA, l’ouvrage n’a jamais fonctionné à plein régime depuis son entrée en exploitation. Les autorités expliquent cette situation par le faible débit du fleuve Ntem, aggravé par des épisodes de sécheresse de plus en plus fréquents, qui limitent la capacité de production de la centrale. Dès 2022, les premières alertes avaient été lancées. En période d’étiage, notamment entre janvier et février, la production de Memve’ele chutait drastiquement, atteignant à peine 30 MW aux heures de pointe du soir, avant de tomber à zéro le reste de la journée, selon les données alors communiquées par les acteurs du secteur électrique.

Autoroute Kribi-Lolabé : 33 milliards FCFA d’arriérés à régler à CHEC

L’exploitation de l’autoroute Kribi-Lolabé pourrait peser davantage sur les finances publiques dès 2026. Selon une annexe au projet de loi de finances de l’exercice 2026 consacrée à « l’évolution des grands projets d’investissement », l’État camerounais devra mobiliser une enveloppe globale de 33 milliards de FCFA afin de s’acquitter des loyers dus à China Harbour Engineering Company (CHEC), partenaire privé du projet.

Ce montant cumule à la fois des arriérés accumulés depuis la mise en service de l’infrastructure et les loyers contractuels à verser au titre de l’année budgétaire 2026. D’après le document officiel consulté dans le cadre de la préparation budgétaire, le contrat de PPP prévoit le paiement de loyers pour un montant total de 270 milliards de FCFA sur une durée de 30 ans. Or, depuis le démarrage de l’exploitation, l’État n’a versé que 2 milliards de FCFA, alors que près de 20 milliards étaient déjà exigibles. Il en résulte un passif de 18 milliards de FCFA, « ne disposant d’aucune couverture budgétaire sur l’exercice 2025 », précise la même source. À ces impayés s’ajoutent les loyers dus pour 2026, évalués à 15 milliards de FCFA.

En agrégeant les deux composantes, le besoin de financement lié à l’autoroute atteint donc 33 milliards de FCFA dès l’an prochain. L’annexe budgétaire indique par ailleurs que le ministère des Travaux publics (MINTP) « s’est engagé à prendre en charge une partie de ce besoin dans le cadre de la préparation de son budget ». Une récente concertation entre les parties prenantes a permis de passer en revue les facteurs à l’origine de l’écart persistant entre les recettes de péage et les charges d’exploitation.

Selon l’analyse officielle, le trafic demeure inférieur aux prévisions initiales, en raison notamment de « la lente occupation de la zone industrielle du Port autonome de Kribi », du retard accusé par la phase 2 du port, de « l’absence des entreprises minières attendues », d’une connectivité encore limitée, du non-démarrage de certains axes structurants et surtout de « la faible production d’électricité », identifiée comme un frein majeur à l’industrialisation de la zone.

Face à cette situation, le MINTP a recommandé la transmission formelle du montant à prévoir pour couvrir les charges d’exploitation, qualifiées de « point critique du montage financier ». Le ministère évoque également la possibilité de faire évoluer le cadre contractuel, y compris par une transformation du PPP en contrat de marché public, afin de mieux encadrer les engagements financiers de l’État.

Pour rappel, le contrat de partenariat public-privé de l’autoroute KribiLolabé a été signé le 30 décembre 2020 entre le gouvernement camerounais, représenté par les ministres des Finances et des Travaux publics, et l’entreprise chinoise China Harbour Engineering Company. Il porte sur le financement partiel, la conception, l’exploitation et la maintenance d’un linéaire de 38,5 km, complété par 4,94 km de voies de raccordement, sur une période de 30 ans. Dans ce schéma, CHEC, également en charge de la construction via un contrat EPC, est rémunérée sous forme de loyers calculés à partir des recettes de péage collectées pour le compte de l’État, ce dernier conservant la fixation des tarifs. Le financement des travaux repose sur un prêt de 226,95 milliards de FCFA, complété par un préfinancement privé de 66,61 milliards de FCFA, charges financières comprises.

Autoroute Yaoundé-Douala : 22,5 milliards FCFA encore dus sur la phase 1

Au moment où le gouvernement affine le montage financier de la deuxième phase de l’autoroute Yaoundé-Douala, un contentieux budgétaire hérité de la première étape continue de faire surface. D’après une annexe à la loi de finances 2026 consacrée à l’évolution des grands projets d’investissement, l’État doit encore régler un reliquat global de 22,5 milliards de FCFA pour des travaux exécutés en dehors du cadre contractuel de départ. Mise en service en 2021, la première phase de 60 km devait initialement être exploitée et entretenue via un partenariat public-privé (PPP).

Dans cette optique, une procédure de contractualisation avait été engagée avec China First Highway Engineering Company (CFHEC) pour une durée de 30 ans. Avant même la finalisation de ce contrat, l’entreprise chinoise avait toutefois « préfinancé et réalisé des travaux complémentaires jugés nécessaires à la fonctionnalité de l’infrastructure », selon le document budgétaire. La suspension ultérieure du processus de PPP a placé ces investissements dans une zone grise, les rendant « sans fondement juridique formel ». Pour régulariser la situation, un protocole spécifique a été élaboré afin d’organiser le remboursement de ces travaux préfinancés, pour un montant arrêté à 10,5 milliards de FCFA. Faute de mobilisation des ressources en 2025, cette charge a été reportée et doit être intégrée au budget 2026 du ministère des Travaux publics (Mintp), suivant un mécanisme de règlement défini par l’administration.

À cette première ardoise s’ajoute un second ensemble de créances liées à l’exécution même du chantier. Le Mintp fait état de travaux supplémentaires engagés pour achever la section courante de l’autoroute, évalués à 60 milliards de FCFA, ainsi que de travaux de raccordement indispensables à la fonctionnalité globale de l’ouvrage, estimés à 45 milliards de FCFA. Ces prestations n’étaient prévues ni dans le marché initial, ni dans le financement contracté auprès de l’Eximbank of China. Pour encadrer leur prise en charge, un protocole d’accord a été signé le 19 avril 2022 entre le ministère des Travaux publics, le ministère de l’Économie et la CFHEC. Il prévoyait que l’entreprise exécute les travaux, avec un remboursement progressif par l’État via un système de « décomptes différés ».

À la date de référence retenue par l’annexe à la loi de finances 2026, la CFHEC avait transmis des décomptes totalisant 90 milliards de FCFA. Sur ce montant, 78 milliards ont déjà été payés, laissant un solde d’environ 12 milliards de FCFA, également inscrit dans la programmation budgétaire 2026 du Mintp. En additionnant les 10,5 milliards liés aux travaux préfinancés du PPP avorté et les 12 milliards de décomptes différés non soldés, la dette résiduelle de l’État sur la phase 1 atteint bien 22,5 milliards de FCFA.

Ce passif intervient alors que la préparation de la phase 2 s’accélère. Lors d’une revue des projets routiers tenue le 14 avril 2025, le ministère des Travaux publics a présenté un document intitulé « Construction de l’autoroute Yaoundé-Douala », qui chiffre le coût prévisionnel de cette nouvelle étape à 1 072 milliards de FCFA TTC (environ 899,3 milliards hors taxes). Le tracé projeté porte sur 141 km d’axe principal et près de 40 km de bretelles d’interconnexion.

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Cameroun : Où va l’argent de l’Etat ?

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Cameroun : Où va l’argent de l’Etat ?
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En dix ans, le budget de l’État du Cameroun a plus que doublé, passant de 3746,6 milliards FCFA en 2015 à 8816,4 milliards FCFA en 2026. Mais, alors que ces chiffres donnent l’impression d’une trajectoire ascendante de la puissance publique, une interrogation fondamentale demeure chez les citoyens : où va réellement ces milliards ?

L’examen attentif des lois de règlement (documents arrêtant définitivement l’exécution des budgets votés à l’Assemblée nationale) et des rapports d’évaluation du FMI et de la Banque mondiale livre un constat sans équivoque : les arbitrages financiers de la dernière décennie ont été dominés par le poids de la dette publique, du fonctionnement institutionnel et des détournements des deniers publics, au détriment de l’investissement productif et des dépenses sociales.

1. Le service de la dette est le premier poste budgétaire du pays

L’argent public sert d’abord à rembourser les dettes. En 2024 seulement, le service de la dette publique représentait à lui seul 24% de l’ensemble des dépenses ordonnancées de l’État (avec plus de 1 600 milliards FCFA exécutés sur une prévision de 2 252 milliards FCFA). Il faut dire que la dette publique est passée de moins de 25% du PIB en 2015 à plus de 43% du PIB en 2024, ce qui asphyxie l’économie. Les rapports d’évaluation du FMI soulignent un risque élevé de surendettement, qui contraint l’État à consacrer près de 1 franc CFA sur 4 uniquement au paiement du principal et des intérêts de sa dette.

2. Fonctionnement et masse salariale

En 2024, les dépenses de personnel atteignaient 1490,5 milliards FCFA, soit 22,6% des dépenses ordonnancées. Sur dix ans, la masse salariale de la fonction publique a progressé de plus de 60%, alors que l’Etat ne produisait pas proportionnellement la croissance. Pire, la consommation de biens et services et les charges de fonctionnement des ministères et autres institutions représentent un bloc structurel d’environ 25% des budgets annuels, caractérisé régulièrement par des impayés et une accumulation de restes à payer (comme en témoigne la dette locative de l’État).

3. Les détournement de deniers publics en hausse

Si le rapport annuel de la Commission Nationale Anti-Corruption (CONAC), pour l’exercice 2025, ne présente qu’un préjudice financier subi par l’État de 6,2 milliards FCFA, c’est parce qu’au fil du temps, l’on ne poursuit plus grand monde en justice ! La CONAC ne travaille que sur des cas signalé et/ou enrôlés ! Les détournements tracés et poursuivis par la justice et les organes de contrôle représentent moins de 2% du budget consolidé.

Or, dans la réalité, lorsque l’on regarde le rapport des bailleurs de fonds, la part réelle et systémique des détournements à travers des mécanismes de surfacturation, gaspillage, fraude, exécutions fictives, absentéisme payé (fonctionnaires fictifs), virements dérogatoires hors budget, est d’environ 15% de la valeur réelle du budget national annuel. Sauf que la corruption est devenue une normalité au Cameroun. L’un des sujets les plus discutés dans les rapports de la Banque mondiale et du FMI sur le Cameroun porte sur les « subventions » aux produits pétroliers.

Entre 2015 et 2023, cela a coûté plus de 2000 milliards FCFA au Trésor public. L’on appelle cela subvention alors que dans la structure des prix du litre de carburant, c’est le consommateur qui paie. Où part cet argent ? C’est aussi le consommateur qui paie la (re)construction de la SONARA, sauf que le budget annoncé a déjà été récolté plusieurs fois sans suite ! Pire, les rapports d’évaluation des bailleurs de fonds estiment que les détournements représentent une perte d’efficacité atteignant 30% du Budget d’Investissement Public (BIP).

Sur la décennie, cela équivaut à un manque à gagner réel allant jusqu’à 4000 milliards FCFA sur la réalisation des infrastructures (routes, écoles, hôpitaux). L’opération de comptage physique des personnels de l’État (COPPE) a révélé sur la décennie des dizaines de milliers d’agents publics fictifs ou en situation d’irrégularité.

Les rémunérations indues versées et rattrapées représentaient jusqu’à 600 milliards FCFA sur la décennie, soit environ 4% de la masse salariale publique. Plus grave, l’audit approfondi mené sur les chapitres 65 (interventions de fonctionnement) et 94 (interventions en investissement) sur la décennie a mis en lumière l’évaporation de près de 1000 milliards FCFA au profit d’entreprises écrans ou pour des interventions dépourvues de justificatifs probants. Mais, comme j’ai dit, l’opération épervier s’est avérée politique et à tête chercheuse.

4. Les soldes engagées non décaissées

L’une des critiques récurrentes formulées par l’Assemblée nationale lors des débats sur les lois de règlement concerne le taux d’exécution des dépenses en capital (BIP). L’on a toujours parlé d’une sous-consommation chronique du budget et des emprunts. Sur la décennie, la part des SEND (Soldes Engagés Non Décaissés) s’est révélée particulièrement élevée, allant jusqu’à 70% du budget annuel global (soit environ les deux tiers du budget de l’État), et représentant près de 15% du PIB.

Les encours de SEND (prêts extérieurs signés avec les Partenaires Techniques et Financiers – PTF, mais non encore décaissés) ont fortement grimpé sous l’effet de l’accumulation des conventions de financement. En 2025, ils ont atteint le niveau critique de 5100 milliards FCFA, soit l’équivalent de près de 70% de l’ensemble des ressources et charges budgétisées de l’exercice.

Le coût d’opportunité et les commissions d’immobilisation sont importants. Le Cameroun subit le syndrome de la faible capacité d’absorption alors qu’il faut seulement travailler à résoudre les problèmes d’exécution qui sont : la faible maturité des projets, les retards dans les procédures d’expropriation, les lenteurs des décaissements et la complexité des procédures de passation des marchés publics.

En récapitulant les dix dernières années d’exécution budgétaire au Cameroun, l’on note qu’environ 15% seulement de l’argent public a été consacré au financement des routes, hôpitaux, écoles, réseaux électriques, etc. L’enjeu central pour la gestion des finances publiques camerounaises ne réside plus seulement dans la capacité à collecter des recettes ou à emprunter, mais dans la qualité de la dépense.

Sans une restructuration audacieuse qui accorde la priorité absolue aux investissements générateurs de croissance, l’argent de l’État continuera principalement de financer son propre fonctionnement et le remboursement de ses dettes.

Louis Marie Kakdeu, MPA, PhD & HDR

Deuxième Vice-Président National du SDF

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Football : La Ligue 1 McDonald’s explore en Afrique

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Football : La Ligue 1 McDonald’s explore en Afrique
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La Ligue 1 McDonald’s, le championnat de football professionnel de la France, veut renforcer sa présence en Afrique francophone à partir du Cameroun. La Ligue de football professionnel (LFP) qui gère le football professionnel en France, à travers sa filiale commerciale LFP Media, et 6Sports Marketing Advertising, organisent une Watch Party le 25 octobre 2026 à Yaoundé. A l’occasion du match entre le Paris Saint-Germain (PSG) et l’Olympique lyonnais (OL). Cette initiative vise à rapprocher la compétition de ses supporters et à tester de nouvelles formes d’engagement sur le continent.

Au-delà de la retransmission de la rencontre, cette activité entend associer football, divertissement, médias et partenariats. Il est question de créer un espace d’échanges entre les supportes, les acteurs médiatiques et les marques, à travers des animations et des dispositifs de communication. Le but poursuivi est de transformer l’intérêt du public africain en général et celui du Cameroun en particulier pour le championnat français, en une expérience collective à divulguer, tout en ouvrant de nouvelles possibilités commerciales. Ce Watch party constitue la « première étape d’une ambition plus large de développement de l’expérience Ligue 1 McDonald’s auprès des publics d’Afrique francophone», renseigne 6Sports Marketing Advertising, le partenaire camerounais de LFP Media dans l’initiative.

Evaluation

Ce Watch party rentre ainsi dans le cadre d’une stratégie de développement international de la Ligue 1 McDonald’s. Le Cameroun, terre de football par excellence et un des principaux fournisseurs de joueurs au football français, est un terrain privilégié pour cette première expérience, une expérience test. Le choix a été porté sur 6Sports Marketing Advertising, une agence camerounaise spécialisée dans le marketing sportif et l’événementiel notamment. Lequel dispose d’un bureau permanent à Casablanca, au Maroc. Un choix porteur : « Nous ne voulons pas simplement amener la Ligue 1 McDonald’s au Cameroun. Nous voulons contribuer à construire une véritable expérience Ligue 1, pensée pour les publics africains et connectée aux réalités économiques et culturelles du marché», explique Yannick N’Degue, directeur général de 6Sports Marketing Advertising. Alors, «notre rôle sera de créer des passerelles entre une propriété sportive internationale, ses fans et les marques qui souhaitent prendre part à cette histoire », a-t-il indiqué. Le contrat prévoit une saison pilote à l’issue de laquelle les deux parties procèderont à une évaluation, et éventuellement envisager de nouvelles opérations dans le pays. Si l’expérience est concluante, elle sera étendue sur d’autres pays d’Afrique francophone, et donc de nouveaux marchés.

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MINETTE LIBOM LI LIKENG : « que la voix de chaque nation soit entendue dans le domaine de l’IA »

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MINETTE LIBOM LI LIKENG : « que la voix de chaque nation soit entendue dans le domaine de l’IA »
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À l’occasion d’un sommet international consacré à l’intelligence artificielle en Corée du Sud, la ministre camerounaise des Postes et Télécommunications a plaidé pour une gouvernance mondiale inclusive de cette technologie et un partage équitable de ses bénéfices. Minette Libom Li Likeng a également présenté les avancées du Cameroun dans l’élaboration de sa stratégie nationale, axée notamment sur les infrastructures, la formation, l’innovation et le développement d’une intelligence artificielle éthique et responsable.

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

Recevez les chaleureuses salutations du peuple camerounais et, en particulier, celles de notre Chef de l’État, Son Excellence M. Paul Biya.

C’est pour moi un insigne honneur de conduire la délégation camerounaise qui prend part à ce sommet.

Les promesses de l’IA sont si proches et pourtant si insaisissables pour de nombreux citoyens du monde. Entre des infrastructures inadéquates et des compétences insuffisantes, l’adoption et l’intégration des outils d’IA dans les activités quotidiennes de nombreux pays semblent encore lointaines, tandis que certaines nations sont déjà très avancées et occupent une position dominante dans le domaine de l’IA.

Les promesses de l’IA en matière d’amélioration de nos conditions socio-économiques ne peuvent se concrétiser que par la concertation et le partage des bénéfices.

À l’instar d’Internet, malgré ses nombreux bienfaits pour l’humanité, la cybercriminalité, la désinformation, le chantage, le harcèlement et le vol viennent annuler ces formidables avancées scientifiques.

Ces maux liés à Internet sont les marques d’un parcours et d’une technologie qui ont, d’une certaine manière, négligé une réglementation concertée.

Nous devons tirer les leçons de cette expérience et travailler ensemble pour veiller à ce que la voix de chaque nation soit entendue et prise en compte dans les conceptions et les offres de services du domaine de l’IA.

Au Cameroun, conscient du fait que l’intelligence artificielle est un outil prodigieux qui présente des perspectives considérables de progrès tout en soulevant des risques qui appellent à une vigilance soutenue, le Chef de l’État a prescrit le développement d’une IA éthique et responsable.

Et pour ce faire, le Gouvernement s’est engagé dans un processus d’élaboration d’une stratégie de développement de l’intelligence artificielle en privilégiant une démarche participative et inclusive, associant l’ensemble des parties prenantes à la réflexion sur les conditions d’appropriation et de développement de cette technologie au Cameroun.

C’est dans ce cadre que des Concertations nationales sur l’intelligence artificielle réunissant les administrations publiques, les entreprises, les chercheurs, les universitaires, la société civile et les partenaires au développement ont été organisées, lesquelles ont abouti à un projet de Stratégie nationale de développement de l’économie numérique au Cameroun, en cours de finalisation, et qui repose sur plusieurs piliers essentiels, notamment le développement des infrastructures et la gouvernance des données, le renforcement du capital humain, la promotion de l’innovation, l’inclusion numérique ainsi que l’instauration d’une gouvernance responsable de l’intelligence artificielle.

Je ne saurais conclure mon propos sans exprimer ma profonde gratitude aux organisateurs et au Gouvernement coréen pour leur accueil chaleureux, et pour avoir pris l’initiative de nous réunir tous dans cette salle afin de débattre et d’agir de concert autour d’une technologie qui, si elle est correctement encadrée et régulée, constituerait l’une des étapes les plus décisives que l’humanité aura franchies dans son évolution.

Je vous remercie de votre aimable attention.

À Séoul, le Cameroun explore les opportunités de l’intelligence artificielle

Par Fabrice BELOKO

L’agriculture, la santé, l’éducation et l’administration figurent parmi les secteurs où l’intelligence artificielle pourrait répondre à des besoins concrets au Cameroun. À Séoul, la délégation conduite par Minette Libom Li Likeng, ministre des Postes et Télécommunications, explore des pistes de coopération avec les partenaires internationaux, notamment dans les infrastructures numériques, les capacités de calcul et la formation aux métiers du numérique.

Le Cameroun veut tirer parti de l’intelligence artificielle pour soutenir son économie. Conduite par la ministre des Postes et Télécommunications, Minette Libom Li Likeng, sa délégation prend part au Global AI and Digital Summit, organisé du 19 au 22 octobre 2026 à Séoul, en Corée du Sud.

La rencontre, organisée à l’initiative du Groupe de la Banque mondiale avec les autorités sud-coréennes, réunit des responsables publics, des investisseurs, des entreprises technologiques et des chercheurs. Pour Yaoundé, ce rendez-vous offre un cadre de discussion avec des partenaires susceptibles d’accompagner la transformation numérique du pays.

Les échanges portent notamment sur la connectivité, les infrastructures de données, les capacités de calcul, les compétences et les conditions d’adoption de l’intelligence artificielle. Le Cameroun entend aussi confronter ses priorités aux expériences internationales et faire connaître les besoins de ses entreprises et de ses jeunes innovateurs.

Les applications envisagées concernent plusieurs secteurs économiques. Dans l’agriculture, l’intelligence artificielle pourrait aider les producteurs camerounais. Dans la santé, elle pourrait appuyer la prise de décision. L’éducation et les services publics figurent également parmi les domaines d’application examinés au sommet.

Ces perspectives supposent toutefois des infrastructures adaptées, des compétences disponibles et des coûts de fonctionnement maîtrisés. Le Cameroun souhaite notamment explorer les possibilités de coopération autour des centres de données, des plateformes numériques, de la formation et de la recherche appliquée. L’accompagnement des start-up fait aussi partie des pistes évoquées.

La question du financement reste déterminante pour passer des intentions aux réalisations. La participation au sommet ne constitue, à elle seule, ni un accord de financement ni la conclusion d’un partenariat. Les retombées dépendront de la capacité à identifier des projets prioritaires, à mobiliser les partenaires et à assurer leur suivi.

En marge du sommet, le dialogue ministériel consacré à la Déclaration de Cotonou permet au Cameroun d’échanger avec les autres pays signataires. Adopté le 18 novembre 2025 par 22 pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre, ce texte vise la construction d’un marché numérique africain unique à l’horizon 2030.

Les objectifs comprennent une couverture haut débit de 95 %, la création de deux millions d’emplois numériques et la formation de 20 millions de personnes aux compétences numériques. Pour le Cameroun, cette coopération régionale ouvre des possibilités de partage d’expériences et de mutualisation des capacités.

Le défi sera désormais de relier ces ambitions aux besoins nationaux, avec des projets ciblés et des résultats mesurables pour les citoyens et les entreprises.

Par Fabrice BELOKO
Défis Actuels du 22/10/2026

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