Actualités locales
Cameroun : 5 642 milliards de FCFA de financements déjà disponibles mais toujours non utilisés

(Investir au Cameroun) – Selon le dernier rapport mensuel sur la dette publique de la Caisse autonome d’amortissement (CAA), le Cameroun disposait, au 30 septembre 2025, de 5 641,9 milliards de FCFA de financements extérieurs, soit engagés mais non décaissés, soit autorisés mais non encore signés. Un volume proche d’une année et demie des 3 000 milliards de FCFA d’endettement prévus par la loi de finances 2026 pour couvrir le déficit budgétaire, alors même que les besoins restent élevés en infrastructures, énergie et développement agricole.
La part principale correspond aux soldes engagés non décaissés (SEND), qui atteignaient 4 714,7 milliards de FCFA à fin septembre 2025. Il s’agit de prêts déjà signés avec des créanciers — principalement des institutions multilatérales et des partenaires bilatéraux — sans décaissement effectif à ce stade. À ce stock s’ajoutent 927,2 milliards de FCFA de financements autorisés par décret présidentiel, dont les conventions de prêt restent à finaliser. Une fois signés, ces accords alimenteront le même circuit de financement extérieur, prolongeant le décalage entre engagement contractuel et impact économique.
2 856,4 milliards de FCFA de SEND classés « à contraintes »
Au sein des prêts non décaissés, la CAA souligne le poids des SEND « à contraintes », évalués à 2 856,4 milliards de FCFA, soit environ 63 % du total des SEND. Ces montants regroupent notamment 1 943 milliards de FCFA liés à des prêts signés depuis plus de cinq ans, 1 001,9 milliards de FCFA associés à des financements n’ayant enregistré aucun décaissement six mois après leur signature, ainsi que 2 282 milliards de FCFA rattachés à des projets dont les délais de décaissement sont arrivés à échéance ou ont fait l’objet de prorogations.
La CAA attribue ces blocages à des retards dans la délivrance des avis de non-objection par les bailleurs, à des difficultés récurrentes de mobilisation des fonds de contrepartie, ainsi qu’aux contraintes liées aux procédures d’expropriation et à la libération des emprises foncières.
Même non mobilisés sur le terrain, certains financements génèrent des charges, notamment via des commissions d’engagement appliquées à plusieurs accords de prêt extérieurs. L’État supporte ainsi un coût financier sans contrepartie économique immédiate. Les retards d’exécution exposent aussi les projets à l’évolution des prix, réduisant progressivement la valeur réelle des montants initialement négociés. Le sujet est d’autant plus sensible que le service de la dette a atteint 1 030,3 milliards de FCFA sur les neuf premiers mois de 2025, renforçant l’enjeu d’une utilisation plus efficace des ressources empruntées.
Agriculture : des prêts Standard Chartered attendus pour la CDC
Le secteur agricole illustre ces décalages. Parmi les financements autorisés mais encore en attente de finalisation figurent deux prêts destinés à la Cameroon Development Corporation (CDC), à contracter auprès de Standard Chartered Bank : 47,07 milliards de FCFA pour construire une unité de transformation du caoutchouc et de l’huile de palme, et 4,67 milliards de FCFA pour les coûts connexes de mise en œuvre. D’un montant global d’environ 51,7 milliards de FCFA, ces financements doivent soutenir la relance d’un des principaux acteurs agro-industriels du pays.
L’objet de ces prêts renvoie à des initiatives antérieures. En 2012, les autorités avaient déjà annoncé la mobilisation d’environ 51,8 milliards de FCFA pour moderniser les installations de la CDC, avec des objectifs similaires : réduire les importations et renforcer la valeur ajoutée locale. Plus de dix ans après, la persistance de ces priorités interroge la continuité des investissements et l’impact des contraintes sécuritaires et opérationnelles ayant affecté l’entreprise ces dernières années.
Eau, routes, éducation : des secteurs stratégiques aussi concernés
Au-delà de l’agriculture, plusieurs projets structurants restent freinés. Dans l’approvisionnement en eau, les financements destinés à la reconfiguration du système de distribution de Yaoundé, avec l’appui d’un consortium de banques internationales, demeurent partiellement non décaissés. Côté infrastructures routières, le projet de la route Ebolowa–Akom II–Kribi, autorisé pour un montant supérieur à 130 milliards de FCFA, n’a pas encore pleinement basculé dans sa phase d’exécution. Dans l’éducation, enfin, plusieurs lignes de crédit du Projet d’appui à l’éducation de base (PAEBC) — notamment celles de la Banque islamique de développement — restent à l’état de « déploiement préliminaire ». Dans chaque cas, l’écart persiste entre disponibilité des financements et avancée des réalisations.
La CAA met en avant des facteurs structurels : des projets engagés avant l’achèvement complet des phases préparatoires (études techniques, acquisition des terrains, indemnisation des populations), et une mobilisation difficile des fonds de contrepartie — généralement entre 15 % et 20 % du coût total — dans un contexte budgétaire contraint. S’y ajoutent des procédures de passation des marchés et des circuits d’approbation parfois longs, au niveau national comme auprès des partenaires techniques et financiers.
Si les autorités jugent le taux global d’absorption des financements extérieurs « moyen », l’ampleur des montants en attente de décaissement souligne une marge d’optimisation. La CAA recommande notamment l’annulation des soldes inactifs liés à des projets clos ou durablement interrompus, un renforcement de la préparation en amont avant signature des accords, ainsi que des dispositifs plus sécurisés pour mobiliser les fonds de contrepartie. Pour l’État, l’enjeu est double : améliorer l’impact économique de financements déjà.
Idriss Linge
Lire aussi :
28-03-2018 – Ouverte dès ce 28 mars 2018, BAO, la 1ère enseigne du Cash & Carry au Cameroun et en Afrique, parie sur les produits alimentaires
Rejoindre notre chaîne télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici
Actualités locales
L’affaire Martinez Zogo : où est la vérité interprétable au-delà du buzz et des règlements de comptes ?
« Au-delà de l’émotion légitime et du spectacle macabre qui entourent l’assassinat effroyable de Martinez Zogo, l’exigence de vérité impose un recul critique et une rigueur […]
Rejoindre notre chaîne télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici
Actualités locales
BVMAC : Alios Finance sollicite 13 milliards pour renforcer ses capacités de financement

(Investir au Cameroun) – Alios Finance Cameroun sollicite 13 milliards de FCFA sur le marché obligataire de la Cemac, un an après une émission dont le montant effectivement placé avait atteint 9 milliards de FCFA. Proposée à des taux de 6,60 % et 7,20 %, cette nouvelle opération doit renforcer ses capacités de financement.
Les souscriptions à cet emprunt obligataire à tranches multiples sont ouvertes jusqu’au 7 août 2026, selon les paramètres communiqués pour l’opération. D’une valeur nominale de 10 000 FCFA, les titres sont répartis entre une tranche de trois ans, rémunérée à 6,60 % brut par an, et une tranche de cinq ans, assortie d’un coupon annuel brut de 7,20 %.
Si l’émission est intégralement souscrite, Alios Finance placera 1,3 million d’obligations. L’établissement ne peut toutefois pas encore être présenté comme ayant « levé » 13 milliards de FCFA : ce montant constitue l’objectif de l’opération et ne pourra être considéré comme effectivement levé qu’à l’issue du placement.
Des coupons relevés par rapport à l’émission de 2025
Alios Finance Cameroun revient rapidement sur le marché. En 2025, l’établissement avait proposé un emprunt de 10 milliards de FCFA, réparti à parts égales entre une tranche de trois ans rémunérée à 6 % et une tranche de cinq ans à 7 %.
Au terme de cette opération, la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC) avait admis à sa cote 900 255 obligations. À une valeur nominale de 10 000 FCFA par titre, ce volume correspond à 9,00255 milliards de FCFA, soit environ 90 % de l’objectif initial.
La nouvelle enveloppe recherchée est donc supérieure de 30 % à l’objectif de 2025 et de 44,4 % au montant effectivement placé cette année-là. Alios relève également les taux proposés de 60 points de base sur la maturité de trois ans et de 20 points de base sur celle de cinq ans. Cette hausse améliore l’attractivité des titres pour les investisseurs, mais augmente parallèlement le coût nominal des nouvelles ressources de l’établissement.
La clôture des souscriptions, annoncée pour le 7 août 2026, coïncide avec le paiement de la quatrième échéance de l’emprunt de 2025. Selon un avis publié le 21 juillet par la BVMAC, Alios doit décaisser 771,037 millions de FCFA à cette date, dont 627,831 millions au titre du principal et 143,207 millions au titre des intérêts. Les encaissements par les investisseurs doivent débuter le 10 août.
L’IFC annoncée comme investisseur de référence
La Société financière internationale (IFC), institution du Groupe de la Banque mondiale chargée du financement du secteur privé, est présentée dans les documents de placement comme investisseur de référence. Le montant de son engagement et la tranche dans laquelle elle investira ne sont toutefois pas précisés.
Le montage de l’opération réunit également Attijari Securities Central Africa, Elite Capital Securities Central Africa et Société Générale Capital Securities Central Africa. Plusieurs sociétés de Bourse de la Cemac doivent participer au placement des titres.
Les ressources recherchées sont destinées au développement des activités historiques d’Alios Finance : crédit-bail mobilier, crédit d’investissement, location longue durée et crédits à court terme. Contrairement aux banques, cet établissement financier n’est pas autorisé à collecter des dépôts dans le cadre de comptes courants. Le recours au marché obligataire constitue donc l’un de ses principaux leviers pour mobiliser des ressources longues et financer de nouveaux crédits.
Un test pour le nouveau propriétaire
Cette opération intervient quinze mois après la prise de contrôle d’Alios Finance Cameroun par Credaf Group. La holding financière de l’homme d’affaires ivoirien Serge-Aimé Bilé a finalisé l’acquisition le 30 avril 2025, après l’obtention des autorisations réglementaires requises.
Selon le communiqué officiel relatif à l’opération, l’acquisition a porté sur les entités d’Alios Finance au Cameroun, au Gabon et en Côte d’Ivoire, l’entité ivoirienne disposant de succursales au Burkina Faso, au Mali et au Sénégal. Credaf Group est ainsi devenu l’actionnaire principal des activités concernées dans les zones Cemac et Uemoa.
Dans un communiqué publié début juillet 2026, Alios a affirmé détenir, à fin décembre 2025, 28 % de l’encours camerounais de leasing, avec un portefeuille de 52,7 milliards de FCFA. Son principal concurrent était alors crédité de 25 %. La même communication faisait également état d’une progression de 3 % enregistrée par Alios sur le segment des nouveaux crédits au premier trimestre 2026.
Amina Malloum
Rejoindre notre chaîne télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici
Actualités locales
Samuel Mvondo Ayolo : « Paul Biya n’a jamais été hospitalisé »
Le ministre directeur du Cabinet civil de la présidence, a formellement démenti les rumeurs sur l’état de santé du président camerounais en affirmant à Jeune […]
Rejoindre notre chaîne télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Société2 years agoPrésidentielle 2025 au Cameroun: voici les 10 candidats qui ont déjà déclaré leurs candidatures

Dernières actualités2 years agoCameroun : Liste complète des 250 ethnies qui font la fierté de la nation

Politique2 years agoPrésidentielle 2025 : voici les 10 candidats qui ont déjà déclaré leurs candidatures

Politique2 years agoÉlections présidentielles 2025 au Cameroun : Quels candidats ont les meilleures chances de succès ?

Actualités locales4 months agoThéodore Datouo élu président de l’Assemblée nationale du Cameroun !
- Société1 year ago
Obtenez votre CNI en 48 heures : voici les 13 centres d’enrôlement au Cameroun

Faits divers2 years agoFrais de retrait Orange Money Cameroun : Tout ce que vous devez savoir

Société2 years agoVoici l’origine des noms de 20 quartiers de Yaoundé














