Connect with us

Actualités locales

ce débat sur l’or camerounais n’est pas minier, il est politique

Published

on

ce débat sur l’or camerounais n’est pas minier, il est politique
Spread the love

Commentant le récent communiqué du ministre des Mines sur la traçabilité de l’or camerounais, le communicateur estime qu’en pleine polémique, l’État reconnaît publiquement qu’il ne maîtrise pas pleinement une ressource stratégique. Sans annoncer immédiatement une contre-offensive claire, visible, datée.

Dans un communiqué publié le 29 décembre 2025, le ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement Technologique par intérim reconnait l’écart entre la quantité d’or déclaré d’exportation et les statistiques internationales.

Selon le Pr FUH Calistus Gentry, les écarts découlent des difficultés de sortie du territoire dues à la porosité des frontières terrestres utilisées en grande partie par des exploitants des pays voisins pour acheminer l’or aux Émirats Arabes Unis au nom du Cameroun, comme pays d’origine.

Il rassure toutefois que « le Gouvernement est en train de travailler pour faire du secteur de l’or une mine exceptionnelle de ressources financières pouvant contribuer à l’élargissement de l’assiette fiscale et au renforcement des réserves d’or de l’État. »

Pour Alexandre Siewe, au lien d’un simple communiqué, le gouvernement aurait dû annoncer une mesure immédiate, visible, même imparfaite. Et aussi changer le cadre narratif : passer de la justification à la reconquête.

« Or camerounais : l’Etat répond par des chiffres à une question de souveraineté

En 2025, ce n’est plus un message. C’est un bruit.

La polémique actuelle n’est pas une affaire de kilos, de tonnes ou de tableaux statistiques. Ce débat sur l’or camerounais n’est pas minier. Il est politique. Et profondément narratif. C’est précisément une crise de souveraineté narrative. Et c’est là que le communiqué ministériel, pourtant techniquement structuré, montre ses limites.

Disons-le d’emblée : Le texte du MINMIDT n’est ni confus, ni improvisé. Il est même administrativement solide.
Mais il répond à la mauvaise question.
L’opinion publique ne demande pas :
« Comment expliquer les écarts statistiques ? »

Elle demande : Qui contrôle réellement l’or du Cameroun, et au profit de qui ?

Face à cette interrogation politique et symbolique, l’État répond par une démonstration technique. C’est un décalage classique. Et toujours risqué.

Une stratégie de dilution bien connue.

Le communiqué opère trois mouvements visibles :
– Fragmentation des responsabilités :
Ministère, SONAMINES, Douanes, artisanat, frontières poreuses. Tout est exact. Mais à la fin, personne n’incarne la responsabilité.
– Externalisation implicite de la faute : Les voisins, les exploitants, les circuits informels. Le message sous-jacent : le problème vient d’ailleurs.
– Invocation de l’autorité suprême: La référence explicite au Chef de l’État vise à rassurer. Mais l’autorité symbolique ne suffit pas quand le récit reste flou.

Résultat : une parole institutionnelle, mais sans figure de souveraineté clairement assumée.

Quand l’État reconnaît sa faiblesse sans montrer ses muscles.

Une phrase concentre toute la fragilité du texte :
« La SONAMINES ne dispose pas de moyens financiers et technologiques suffisants… ».

Factuellement, c’est peut-être vrai.
Stratégiquement, c’est une confession dangereuse.

En pleine polémique, l’État reconnaît publiquement qu’il ne maîtrise pas pleinement une ressource stratégique.
Sans annoncer immédiatement une contre-offensive claire, visible, datée.

Or, en communication de souveraineté, on ne révèle jamais une faiblesse structurelle sans poser simultanément un acte d’autorité.
Le vrai angle mort : la temporalité

Le communiqué parle :
– du passé (ce qui explique),
– du futur vague (ce qui est envisagé).

Mais il manque le présent stratégique :
– ce qui change maintenant,
– ce qui ne se reproduira plus,
– ce qui engage personnellement la parole publique. Sans cela, le message perçu devient : « Faites-nous confiance, on y travaille. »

En 2025, ce n’est plus un message.
C’est un bruit.

Ce qu’un État souverain aurait dû faire :
Pas forcément parler plus. Mais parler autrement.
– Nommer clairement l’enjeu : la souveraineté sur l’or.
– Incarn­er la parole : une voix, un responsable, un porteur de récit.
– Annoncer une mesure immédiate, visible, même imparfaite.
– Changer le cadre narratif : passer de la justification à la reconquête.

Car une vérité demeure :
– un Etat ne perd jamais une bataille stratégique à cause des chiffres.
– Il la perd quand il laisse d’autres raconter ses ressources à sa place.

Et dans le monde actuel, celui qui perd le récit…finit toujours par perdre le contrôle.

Alexandre Siewe
Chroniqueur des récits d’âme et d’influence – Conseil en communication stratégique »

Rejoindre notre chaîne télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Click to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Actualités locales

Universités d’État : le gouvernement débloque plus de 6,6 milliards de FCFA pour les enseignants-chercheurs

Published

on

Spread the love

Le ministère de l’Enseignement supérieur annonce de nouveaux paiements en faveur des enseignants-chercheurs et fait le point sur l’apurement de la dette académique des universités […]

Rejoindre notre chaîne télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Continue Reading

Actualités locales

Lions Indomptables : le MINSEP lance les préparatifs des prochaines échéances

Published

on

Spread the love

Le ministère des Sports a réuni ce vendredi 18 septembre 2026 les administrations concernées par l’organisation des prochains rendez-vous des Lions Indomptables, notamment face aux […]

Rejoindre notre chaîne télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Continue Reading

Actualités locales

Jeanne Nsoga répond aux critiques et défend la complexité de la gestion de l’État

Published

on

Jeanne Nsoga répond aux critiques et défend la complexité de la gestion de l’État
Spread the love

Le dossier du complexe sportif d’Olembé continue de susciter des réactions au Cameroun. Dans une publication consacrée aux difficultés de la gestion publique, la femme politique Jeanne Nsoga défend une lecture fondée sur les contraintes auxquelles sont confrontés les décideurs et appelle à davantage de recul dans les critiques adressées aux responsables publics.

Pour Mme Nsoga, ancienne militante du FSNC d’Issa Tchiroma Bakary, il existe un écart important entre le regard porté de l’extérieur et la réalité de la prise de décision. « De l’extérieur, tout paraît simple. De l’intérieur, tout est systémique », écrit-elle, évoquant notamment les arbitrages budgétaires, les procédures administratives et la nécessité de préserver certains équilibres sociaux.

Elle prend notamment l’exemple du complexe sportif d’Olembé, dont le marché initial avait été confié à l’entreprise italienne Gruppo Piccini. Le projet, lancé dans la perspective de la Coupe d’Afrique des nations, reposait notamment sur des financements apportés par Intesa Sanpaolo et UBA. Le contrat avec Piccini a ensuite été résilié et la poursuite des travaux confiée à l’entreprise canadienne Magil Construction.

Lire la tribune de Jeanne Nsoga :

« Bonjour mes gens,

Tout le monde sait comment diriger une entreprise, sauf ceux qui la dirigent. Et tout le monde sait comment diriger un pays, sauf ceux qui le font.

Dans une entreprise comme dans un État, celui qui regarde de l’extérieur ne voit que le résultat final. Il ne voit pas la contrainte. Il ne voit pas les arbitrages budgétaires, les procédures, la nécessité de ménager les équilibres sociaux.

De l’extérieur, tout paraît simple. De l’intérieur, tout est systémique. C’est pour cela que beaucoup de critiques brillants deviennent des gestionnaires moyens quand on leur confie les clés. Ce n’est pas de l’incompétence, c’est la découverte de la complexité.

Le cas d’Olembe illustre bien cette différence entre le commentaire et la commande. En 2015, le projet de 163 milliards est financé par deux prêts, 138,5 milliards de la banque italienne Intesa Sanpaolo et 24,5 milliards d’UBA, et confié à l’italien Gruppo Piccini.

Ce que beaucoup n’ont pas compris, c’est que c’était un prêt lié. Le prêteur impose son entreprise. Sans Piccini, pas de financement italien. De l’extérieur, on a critiqué le choix de l’entreprise comme si quelqu’un au Cameroun l’avait choisi par plaisir. À l’intérieur, on sait que c’était la condition pour avoir le prêt.

Quand Piccini accumule les retards à l’approche de la CAN, l’État résilie en 2019 et fait appel en urgence au canadien Magil, avec un nouveau prêt de 55 milliards. Magil encaissera 42 milliards sur ces 55 sans achever l’hôtel et le centre commercial, et le chantier finira en arbitrage à

Paris et Washington. Bilan : 218 milliards pour un complexe inachevé, quand la Côte d’Ivoire livre Ebimpe en 4 ans pour 143 milliards. (C’est l’exemple qu’on prend trop souvent et qui me fait sourire).

Les commentateurs ont dit qu’on a mal géré. Celui qui a géré sait qu’il a dû choisir entre perdre l’organisation de la CAN et décider vite. (On sait tous ce que le Cameroun a subi comme chantage sous les quolibets de notre diaspora matango qui avait cru voir en cela une occasion de positionner un politique inachevé en quête de pouvoir).

Ce phénomène de commentateur sabitou n’est pas exclusivement camerounais. En Grèce en 2015, Yanis Varoufakis était le critique le plus brillant de l’Europe. Théoricien redouté, il expliquait comment il fallait gérer la crise. Une fois nommé ministre des Finances, il a découvert la même contrainte : un prêt lié aux conditionnalités de la Troïka et un plafond de verre à Bruxelles et Berlin. En six mois, il a démissionné. Non par incompétence, mais parce que de l’intérieur, on ne gère pas une théorie, on gère des contraintes.

Le Cameroun évolue dans un système mondial qui n’a pas toujours intérêt à voir un pays africain stratégique aller vite. Plus que d’autres, le Cameroun est craint pour ses prises de position géostratégiques. Soumis encore au Franc CFA, il subit des « arbitrages orientés » qui lui sont défavorables, en plus des conditionnalités des bailleurs.

Il est au cœur du Golfe de Guinée, avec 400 km de côte, du pétrole, du gaz, et une position qui fait le lien entre l’Afrique centrale et l’Afrique de l’Ouest. Une telle position ne nous attire pas que des amitiés. Elle attire les convoitises, les ingérences et les jeux d’influence des grandes puissances. Chaque grande décision – un port, une route, un stade, un contrat minier – se prend donc sous le regard, et parfois la pression, d’acteurs qui n’ont pas toujours intérêt à nous voir aller trop vite.

Quand je vous lis cracher sur votre pays pour les condamnations qu’il subit, je souris de voir autant de superficialité s’étaler, mais je le dis souvent, c’est de la faute de ceux qui vous ont formés en mystifiant le savoir. Pourtant on leur a dit qu’en transmettant le savoir, il faut en donner la clé de lecture.

Ce que le commentateur appelle lenteur est souvent le temps de la défense de la souveraineté. Quand à cela s’ajoutent le manque de civisme, le manque de patriotisme, l’illettrisme diplômé et la corruption, le pays est sous pression.

Critiquer est utile. Mais juger sans avoir porté la charge est TROP facile.

ATTERRISSONS ».

CLIQUEZ ICI POUR LIRE L’ARTICLE ORIGINAL SUR camerounactuel.com

Continue Reading

Trending

Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infosCliquez ici