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Armand Noutack II s’interroge : « où est passé Jean-Jacques Ekindi ? »


L’observateur politique s’interroge sur l’absence remarquée de l’homme autrefois surnommé « le chasseur de Lion » pour sa farouche opposition à Biya.
Armand Noutack II faite remarquer que de la période précampagne électorale à la période post-électorale en passant par la campagne électorale pour la présidentielle 2025, Jean Jacques Ekindi n’a été aperçu nulle part.
« UNE AUTRE ABSENCE REMARQUABLE de 2025 ?
L’honorable Jean-Jacques Ekindi est l’un des seuls sinon l’unique homme politique AU MONDE a avoir abandonné la direction de son PROPRE parti Politique pour se réfugier dans le parti au pouvoir dont il est un ancien militant. (Une LÉGENDE).
Lorsque à la surprise générale, le patron du MP abandonne la direction de son parti il y a quelques années pour rejoindre le RDPC , je suis convaincu que c’était probablement pour mener une campagne électorale exceptionnelle aux côtés de Paul Biya en 2025 .
Curieusement, de la période précampagne électorale à la période post-électorale en passant par la campagne électorale, je ne l’ai pas entendu, ni vu … Je ne l’ai pas aperçu sur le terrain, encore moins dans la presse.
S’il vous plaît des nouvelles de l’ex patron du MP ? Il est toujours au Cameroun ? Il y a tellement de personnes en attente pour le prochain gouvernement qu’on a hâte de voir à quoi il va ressembler (je n’ai pas dit que Jean-Jacques Ekindi attend un poste au gouvernement oooh) . Bref j’espère qu’il se porte bien », écrit Armand Noutack II.
Qui est Jean-Jacques Ekindi ?
Jean-Jacques Ekindi est un homme politique camerounais. Il est président national du Mouvement progressiste, un parti politique d’opposition, depuis sa fondation en 1991. Il a été député à l’Assemblée nationale du Cameroun de 2007 à 2013.
Né à Douala, il a été membre de l’Union des peuples du Cameroun (UPC) au début de sa carrière politique. Il était politiquement actif pendant ses études en France, et il a été arrêté pour des raisons politiques en 1970 à son retour au Cameroun pour une visite.
Après près de deux ans de prison, il est libéré et reprend ses études en France. Lorsque le Mouvement démocratique populaire du Cameroun (RDPC) a été créé en tant que parti au pouvoir en 1985, en remplacement de l’Union nationale du Cameroun (CNU), Ekindi a rejoint le parti, encouragé par les promesses de réforme du président Paul Biya.
Ekindi a été élu président de la section du Wouri du RDPC en 1986. Son élection a été considérée comme faisant partie d’un effort du président Biya pour réconcilier les factions du parti en permettant à des politiciens comme Ekindi, qui avait été considéré comme déloyal dans le passé, d’assumer des rôles de leadership importants en tant que présidents de section. En 1990, au début de la période de réforme politique multipartite, il était considéré comme l’une des principales figures progressistes du RDPC. Au début de 1991, Ekindi a été réélu président de la section du Wouri, battant Albert Dzongang. Cependant, il a quitté le RDPC en mai 1991. Il était alors considéré comme le membre le plus important du RDPC à avoir fait défection dans l’opposition.
Dans l’opposition, Ekindi a fondé un nouveau parti : MP (Mouvement progressiste). Il est président national du MP depuis sa création le 23 août 1991. Il a participé à un rassemblement organisé par la Coordination nationale des partis et associations de l’opposition (NCOPA) à Douala les 23 et 24 septembre 1991. A cette occasion il a été arrêté et traité si mal qu’il a dû être hospitalisé. 30 à 60 personnes ont été arrêtées lorsqu’elles ont manifesté à Douala contre l’arrestation d’Ekindi. Ce dernier a été détenu pendant moins de 24 heures et a été libéré sans inculpation à la demande de consuls étrangers.
Ekindi était le candidat du MP à l’élection présidentielle d’octobre 1992. Au cours de la campagne, la Radio Télévision camerounaise (CRTV) a refusé de diffuser un segment produit par la campagne Ekindi le 2 octobre, estimant que le segment comprenait des« attaques violentes »contre le RDPC et des« propos insultants et diffamatoires contre Paul Biya ».
Le Conseil national de la communication a examiné cette décision et a décidé d’autoriser la diffusion du segment le 7 octobre. D’autres messages de la campagne Ekindi les 9 et 10 octobre n’ont pas été autorisés à être diffusés, mais selon le gouvernement, c’était parce qu’Ekindi « ne respectait pas les dispositions légales ». Selon les résultats officiels de l’élection de 1992, Ekindi a obtenu 0,79% des voix (un total de 23 525 voix) et s’est classé cinquième. Sa meilleure performance a été dans la province de l’Extrême-Nord, où il a remporté 9 903 voix.
Lorsque Biya a obtenu le surnom de « Lion Man » (l’homme lion) lors de l’élection présidentielle de 1992, Ekindi a à son tour obtenu le surnom de « Lion Hunter » (chasseur du lion) pour sa farouche opposition à Biya.
Fin 2003, Ekindi est devenu président en exercice du Front of Alternative Forces, une coalition d’opposition. Il a été brièvement détenu à Douala avec d’autres membres du Front en janvier 2004 alors qu’ils étaient sur le point de lancer une pétition liée à la prochaine élection présidentielle. La pétition indiquait que le registre électoral devait être informatisé et que les listes électorales devraient être révisées. Il a de nouveau été détenu le 17 août 2004 lors d’une marche à Douala.
Dans une interview de septembre 2004, Ekindi a exprimé sa désapprobation du grand nombre de partis politiques au Cameroun, arguant qu’il n’était pas utile d’en avoir autant et que cela rendait le paysage politique encombré et chaotique. Il a déclaré que de nombreux partis ont été créés par des individus qui ne recherchaient qu’un gain personnel et que le gouvernement a utilisé des agents pour créer de nouveaux partis afin de perturber l’opposition existante.
Selon Ekindi, le Cameroun n’aurait idéalement que trois partis, l’un au pouvoir et les deux autres dans l’opposition, et il a proposé des accords de fusion pour y parvenir. De nouveau candidat à l’élection présidentielle du MP lors de l’élection présidentielle du 11 octobre 2004, Ekindi a déposé une contestation judiciaire de la candidature de Biya à la Cour suprême en septembre 2004, arguant que la constitution interdisait à Biya de se présenter à la réélection tout en étant également président du CPDM.
Ekindi a ensuite annoncé son retrait des élections du 10 octobre au profit de John Fru Ndi, le candidat du principal parti d’opposition, le SDF. Son nom est néanmoins resté sur le bulletin de vote et il s’est classé 13e sur 16 candidats avec 0,27% des voix; il a obtenu son meilleur score dans la province de l’Extrême-Nord, où il a obtenu 0,62% des voix.
Après les élections de 2004, Ekindi a déposé deux requêtes devant la Cour suprême demandant l’annulation des élections. La première pétition portait sur l’argument d’Ekindi selon lequel Biya n’était pas un candidat valable parce qu’il était à la fois président de la République et président du RDPC, tandis que la seconde portait sur des allégations de fraude lors de l’élection elle-même. La Cour suprême a rejeté les deux requêtes d’Ekindi, ainsi que les dix autres requêtes déposées par d’autres personnes demandant l’annulation des élections, le 22 octobre.
Dans un entretien avec The Post le 2 janvier 2007, Ekindi a déclaré qu’il prévoyait de se présenter comme candidat aux élections législatives et municipales à Douala lors des élections qui se tiendront plus tard dans l’année. Toujours dans cette interview, il a vivement critiqué le discours du Nouvel An 2007 de Biya, arguant qu’il était inapproprié pour Biya de critiquer la corruption et d’autres problèmes alors qu’il était, en tant que président des 24 dernières années, la personne la plus responsable de l’état de la nation.
Lors des élections législatives du 22 juillet 2007, Ekindi a été élu à l’Assemblée nationale en tant que candidat député dans la circonscription du centre du Wouri de la province du Littoral, où le MP a obtenu 22,43% des voix et l’un des trois sièges disponibles.
Ekindi a été le seul membre de son parti à remporter un siège aux élections de 2007. Au cours de la campagne, il s’est plaint que le MP ne recevait que six secondes de temps d’antenne à la télévision par jour, soit un total d’une minute et 24 secondes pour toute la campagne.
Selon Ekindi, cela représentait une discrimination contre les petits partis. Il a également dirigé la liste des députés pour les élections municipales simultanées à Douala 1 et y a remporté un siège en tant que conseiller municipal. Au moment des élections, l’alliance entre le MP et le SDF s’est effondrée parce que, selon Ekindi, le SDF a décidé de présenter des candidats dans le Wouri Center et a ignoré l’alliance. Le MP a plutôt formé une alliance avec l’Union démocratique du Cameroun (CDU). Plus tard dans l’année, la femme d’Ekindi, Else Ekindi, est décédée subitement le 26 octobre.
Lors de la réélection du Bureau de l’Assemblée nationale le 14 mars 2008, Ekindi s’est opposé lorsqu’Emilia Lifaka, la vice-présidente du Groupe parlementaire du RDPC, a présenté une liste « consensuelle » de candidats au Bureau. Ekindi a déclaré qu’il n’avait pas été consulté sur la liste et qu’elle n’était donc pas basée sur un consensus. Cavaye Yeguie Djibril, le président de l’Assemblée nationale, a ignoré l’objection d’Ekindi.
Après que trois stations de radiodiffusion aient été temporairement fermées et que le matériel de radiodiffusion ait été par la suite retenu, Ekindi a allégué le 4 juillet 2008 que le ministre des Communications Jean Pierre Biyiti bi Essam était « coupable d’abus de pouvoir ». Ekindi a participé à des consultations politiques avec le Premier ministre Ephraïm Inoni concernant la nomination des membres d’Élections Cameroun (ELECAM), la commission électorale nationale.
Après que Biya ait nommé les membres d’ELECAM le 30 décembre 2008, Ekindi a déclaré le 3 janvier 2009 que les nominations allaient au-delà de la simple manipulation, à laquelle il s’était habitué, et atteignaient le niveau de la tromperie flagrante. Selon lui, il ne s’attendait pas à ce que Biya aille jusqu’à nommer des membres dirigeants du RDPC à ELECAM, car les membres d’ELECAM étaient censés être des personnes neutres et indépendantes. En outre, il a dit que les consultations tenues avant les nominations étaient inutiles car les propositions faites au cours de ces consultations étaient complètement ignorées.
Le MP n’a remporté aucun siège aux élections législatives de septembre 2013, et Ekindi a donc perdu son siège à l’Assemblée nationale. Lors d’une conférence de presse tenue à son domicile le 30 avril 2020, Jean Jacques annonça son retour au sein du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), la formation qu’il avait quitté il y a bientôt 30 ans.
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Électricité : Socadel envisage à Bertoua l’installation d’une cabine solaire pilote de 10 à 15 kWc

(Investir au Cameroun) – La Société camerounaise d’électricité (Socadel) envisage d’installer à Bertoua, dans la région de l’Est, une première cabine solaire communautaire d’une puissance comprise entre 10 et 15 kWc. Présentée sous l’appellation « Solar Booth Project », l’initiative doit tester un modèle de fourniture locale d’électricité avant une éventuelle reproduction dans d’autres localités.
Le projet se trouve encore à un stade préparatoire. Le site exact de la cabine n’est pas arrêté, plusieurs espaces publics de Bertoua restant à l’étude. Socadel n’a pas non plus communiqué le coût de l’installation, son mode de financement, son calendrier de réalisation ou l’identité des populations et infrastructures appelées à en bénéficier.
Une capacité encore indicative
La première cabine devrait disposer d’une puissance photovoltaïque installée de 10 à 15 kWc. Cette unité mesure la puissance maximale théorique des panneaux dans des conditions normalisées. Elle ne permet pas, à elle seule, de déterminer la quantité d’électricité qui sera effectivement produite et distribuée.
La production réelle, exprimée en kilowattheures, dépendra notamment de l’ensoleillement, du rendement des équipements, des usages raccordés et de la présence éventuelle de batteries. Aucune information n’est disponible, à ce stade, sur la capacité de stockage envisagée. Il est donc impossible d’évaluer l’autonomie du dispositif ou sa capacité à fournir de l’électricité la nuit et pendant les interruptions du réseau conventionnel.
Compte tenu de sa puissance, la cabine ne peut pas être présentée comme une réponse au déficit électrique de l’ensemble de Bertoua. Son impact devrait rester limité à des usages communautaires de proximité, dont la nature doit encore être précisée.
Un modèle économique qui reste à documenter
Le dispositif envisagé doit intégrer un système de comptage des consommations, une gouvernance locale ainsi qu’un mécanisme de traçabilité des recettes. L’objectif est de suivre l’électricité distribuée et les revenus générés par son exploitation.
Plusieurs paramètres restent cependant inconnus : le tarif qui serait appliqué aux usagers, l’entité chargée de collecter les paiements, la destination des recettes et la prise en charge des dépenses d’entretien. Socadel n’a pas davantage précisé si elle exploiterait directement l’installation ou si sa gestion serait confiée à la mairie, à une organisation communautaire ou à un prestataire privé.
Ces informations seront déterminantes pour apprécier la viabilité du modèle. Une cabine solaire communautaire ne peut être durable que si les recettes couvrent au moins une partie de l’exploitation, de la maintenance et du renouvellement des batteries, généralement parmi les équipements les plus coûteux du dispositif.
Une réplication suspendue aux résultats du pilote
Bertoua n’en serait pas à sa première expérience avec l’énergie solaire décentralisée. La ville a déjà accueilli plusieurs programmes d’éclairage public solaire. Le projet de Socadel s’en distinguerait toutefois par la fourniture d’électricité à des usages communautaires, l’installation de compteurs et la mise en place d’un mécanisme de gestion des recettes.
L’expérimentation intervient alors que Socadel cherche à financer sa remise à niveau. Le 1er juillet 2026, l’entreprise a confié à General Bank of Cameroon un mandat visant à mobiliser 60 milliards de FCFA pour des investissements dans la production, la distribution et la commercialisation de l’électricité. Aucun élément public ne permet toutefois de rattacher la cabine de Bertoua à cette enveloppe.
À l’occasion de cette opération financière, le président du conseil d’administration de Socadel, Antoine Ntsimi, avait assuré que« les résultats devront parler plus fort que les annonces ». Le projet de Bertoua ne pourra donc être évalué qu’après la publication de son coût, de son calendrier, de ses bénéficiaires et de ses performances opérationnelles.
Son éventuelle reproduction dans d’autres localités dépendra de ces résultats. À ce stade, aucun programme national de déploiement ni objectif chiffré d’installation de nouvelles cabines n’a été annoncé.
Ludovic Amara
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« Dangote envoie balader le ministre des Finances et honore ses engagements vis-à-vis Paul Biya »
« Un mois après l’inauguration de la plus grande raffinerie du monde, Aliko Dangote a été reçu par le président Paul Biya. Des promesses d’investissements ont […]
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PPP : le CARPA cartographie les financeurs d’un portefeuille évalué à 4 895 milliards de FCFA

(Investir au Cameroun) – Le Conseil d’appui à la réalisation des contrats de partenariat (CARPA) a confié au cabinet Polygone SARL une étude stratégique sur l’écosystème de financement des partenariats public-privé au Cameroun. Selon la décision d’attribution consultée par Investir au Cameroun, la mission coûtera 39,35 millions de FCFA TTC et devra être réalisée en deux mois.
L’étude doit permettre aux autorités d’identifier les établissements et investisseurs capables d’apporter les ressources de long terme nécessaires aux projets d’infrastructures. Elle intervient alors que la Caisse autonome d’amortissement (CAA) évalue à 4 895,1 milliards de FCFA le portefeuille d’investissements suivi au titre des PPP, soit l’équivalent de 14,1 % du PIB à fin mars 2026.
Ce montant ne constitue ni une dette immédiatement exigible ni une estimation des sommes que l’État devra nécessairement décaisser. Il donne cependant une indication sur l’ampleur des projets dont les montages financiers, les garanties et les engagements contractuels doivent être suivis.
Banques, assurances et marché financier passés au crible
Polygone SARL devra évaluer la capacité des banques, des compagnies d’assurances, des fonds de pension, de la Banque de développement des États de l’Afrique centrale (BDEAC) et du marché financier régional à participer au financement des PPP.
L’étude examinera les conditions moyennes proposées par chaque catégorie de financeurs. Pour les prêteurs, l’analyse portera notamment sur les taux d’intérêt, les maturités, les devises utilisées, les garanties exigées et les principales clauses de financement. Pour les investisseurs en fonds propres, elle devra plutôt apprécier les niveaux de rendement attendus et les conditions de sortie.
Le rôle de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) sera étudié sous l’angle de l’environnement monétaire, prudentiel et financier. La banque centrale n’a pas vocation à prêter directement aux projets, mais ses règles influencent la capacité des banques commerciales à immobiliser des ressources sur de longues périodes.
Le consultant devra également identifier les bailleurs multilatéraux, bilatéraux et privés susceptibles d’intervenir au Cameroun. La mission couvrira les différents instruments mobilisables : crédits bancaires, fonds propres, garanties, émissions obligataires, financement mixte, finance islamique et finance climatique.
L’objectif est de distinguer les projets susceptibles d’être financés sur le marché national ou régional de ceux qui nécessitent des ressources internationales. L’étude devra aussi déterminer quels mécanismes de garantie ou de rehaussement de crédit peuvent améliorer leur attractivité auprès des prêteurs et des investisseurs.
La commande répond ainsi à un problème de bancabilité. L’inscription d’un projet dans le portefeuille des PPP ne garantit pas qu’il trouvera des financeurs disposés à immobiliser leurs ressources pendant quinze, vingt ou trente ans, dans des conditions compatibles avec ses recettes futures et avec les capacités financières de l’État.
Les 4 895 milliards ne constituent pas une facture pour l’État
Dans sa note de conjoncture de mars 2026, la CAA situe à 4 895,1 milliards de FCFA les engagements recensés au titre des PPP, soit 14,1 % du PIB. Le tableau détaillé servant de base à cette estimation présente toutefois principalement les montants d’investissement associés aux différents projets.
L’intégralité de cette enveloppe ne peut donc pas être assimilée à une dette ou à une perte potentielle pour l’État. L’exposition budgétaire réelle dépend des obligations contenues dans chaque contrat, de la répartition des risques et des recettes générées par l’infrastructure.
Certains PPP reposent essentiellement sur les paiements effectués par les usagers. D’autres peuvent prévoir des loyers versés par l’administration, des garanties de revenus, des compensations en cas d’insuffisance de la demande, des obligations de rachat ou des indemnités de résiliation. Ce sont ces clauses qui déterminent le risque susceptible de revenir au budget public.
Les PPP permettent ainsi d’étaler le financement d’une infrastructure et d’en confier une partie au partenaire privé. Ils ne suppriment cependant ni le coût du projet ni tous les risques associés. Lorsque les recettes sont inférieures aux prévisions ou qu’une garantie publique est appelée, une partie du risque initialement transféré au privé peut revenir à l’État.
La CAA précise par ailleurs que son estimation n’intègre pas comme telle l’enveloppe globale de 5 400 milliards de FCFA annoncée pour le projet ferroviaire reliant le Cameroun au Congo. Cette somme correspond à la valeur estimative d’un projet transfrontalier et ne constitue pas, à ce stade, une obligation budgétaire intégrale supportée par le seul Cameroun.
Attirer les capitaux sans accumuler les garanties
Polygone SARL devra formuler des recommandations stratégiques, proposer des instruments adaptés aux différents types de projets et élaborer une feuille de route pour améliorer l’environnement de financement des PPP.
Cette démarche doit aider l’État à mieux préparer les opérations avant leur présentation aux prêteurs, à identifier les sources de remboursement et à répartir plus clairement les risques entre les administrations, les investisseurs et les opérateurs privés.
Le défi tient notamment au décalage entre la durée des infrastructures et celle des ressources mobilisables. Les projets routiers, ferroviaires, énergétiques ou hydrauliques nécessitent souvent des financements remboursables sur plusieurs décennies, alors que les ressources des banques sont généralement disponibles sur des périodes plus courtes.
Le développement des PPP dépendra donc de la capacité des autorités à associer banques, investisseurs institutionnels, bailleurs internationaux et marché financier régional. Cette mobilisation devra toutefois éviter une accumulation de garanties publiques susceptible de transformer progressivement le financement privé en charges différées pour le budget.
L’étude attribuée à Polygone SARL ne constitue pas encore une réforme du financement des PPP. Elle doit d’abord établir un diagnostic des financeurs disponibles, de leurs exigences et des instruments susceptibles d’être mobilisés.
La difficulté ne sera pas seulement de trouver davantage de capitaux privés. Elle consistera surtout à déterminer quelles garanties l’État peut raisonnablement accorder sans faire supporter au budget l’essentiel des risques que les PPP sont censés partager.
Amina Malloum
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