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BILAN 2018-2025 – « Le Cameroun a à ses portes un marché de plus de 350 millions de consommateurs » (E. Noumbissie Ngakam)

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BILAN 2018-2025 – « Le Cameroun a à ses portes un marché de plus de 350 millions de consommateurs » (E. Noumbissie Ngakam)
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(Investir au Cameroun) – Avec plus de quarante ans de carrière, Emmanuel Noubissie Ngankam a traversé plusieurs sphères de l’économie : journaliste économique, conseiller du patronat, représentant de la Fondation Friedrich Ebert, puis représentant résident de la Banque mondiale en Algérie. Il a ensuite choisi de poursuivre comme consultant indépendant, en mettant son expertise au service de la réflexion économique. Cette trajectoire, qui va du suivi des politiques nationales à la représentation d’une institution financière internationale, donne à son regard une profondeur particulière. Dans cet entretien, il a examiné les performances de la croissance entre 2018 et 2025, l’évolution de la pauvreté, la gestion de la dette et des finances publiques, ainsi que les enjeux de gouvernance et de durabilité.

Investir au Cameroun : Comment évaluez-vous la croissance économique du Cameroun au cours de la dernière décennie (2014-2024) ? Quels en ont été les principaux moteurs, et dans quelle mesure cette croissance a-t-elle contribué à réduire la pauvreté dans le pays ?

Emmanuel Noubissie Ngankam: D’une manière générale, la croissance économique du Cameroun au cours de la dernière décennie a été atone voire décevante au regard d’une part des potentialités du pays et d’autre part des objectifs fixés par les autorités. Le pic de 5,3% réalisé en 2014 n’a plus jamais été atteint et en 2020 le taux de croissance a même été presque nul (0,7%) du fait de la pandémie du Covid-19. Depuis lors, le taux de croissance oscille autour de 3% (il a été de 3,5% en 2024), loin, très loin de la moyenne de 8,1% prévue dans la Stratégie Nationale de Développement SND30. Plusieurs facteurs expliquent cette contre-performance notamment, des chocs exogènes mais également des facteurs endogènes comme les crises sécuritaires dans les régions anglophones du Nord-Ouest et Sud-Ouest, et dans la partie septentrionale. Ces crises sécuritaires qui persistent depuis bientôt une dizaine d’années ont entrainé une explosion des dépenses militaires avec un effet d’éviction sur les ressources destinées aux autres secteurs notamment ceux liés aux infrastructures et au capital humain.

« Plusieurs facteurs expliquent cette contre-performance notamment, des chocs exogènes mais également des facteurs endogènes comme les crises sécuritaires dans les régions anglophones du Nord-Ouest et Sud-Ouest, et dans la partie septentrionale. »

Mais au-delà de ces facteurs, l’économie camerounaise est en proie à de nombreuses faiblesses structurelles qui plombent la réalisation de son plein potentiel.

Bien évidemment, cette atonie a conduit à une stagnation voire un recul du revenu par habitant et par conséquent un effet plutôt négatif sur la pauvreté qui a fait son lit tant en milieu rural qu’urbain. D’après le dernier baromètre de la CEMAC publié par la Banque mondiale en juin 2025, sur une population camerounaise estimée à 29,6 millions d’habitants, 12,6 millions soit environ 42,5% seraient pauvres et vivraient avec moins de 3,65 dollars (2200 FCFA) par jour. Le Cameroun dispose des moyens de réaliser son plein potentiel et changer de trajectoire.

Investir au Cameroun : Quelles ont été les tendances clés en matière d’inflation, de comptes publics (déficit budgétaire, dette) et de secteur extérieur (compte courant, exportations) au Cameroun durant cette décennie ? Comment ces évolutions affectent-elles l’attractivité du pays pour les investisseurs ?

Emmanuel Noubissie Ngankam: Les principaux agrégats macroéconomiques notamment ceux que vous mentionnez ont suivi le même trend. S’agissant particulièrement de l’inflation, les chiffres de l’Institut National de la Statistique (INS) indiquent des fluctuations contenues au tour de la norme communautaire de 3% jusqu’au pic de 2023, année au cours de laquelle la hausse généralisée des prix a atteint un niveau record de 7,4% avant de redescendre à 4,5% en 2024.

Pour ce qui est des comptes publics, la situation du Cameroun est essentiellement caractérisée par un déficit budgétaire couplé à un déficit du compte courant, les fameux déficits jumeaux fortement préjudiciables à l’ensemble de l’économie. En 2024, le solde du compte courant était de -3,4% du PIB et le solde budgétaire de -1,5%. Ces chiffres traduisent un déséquilibre des comptes extérieurs et un déficit public financé soit par de l’endettement, soit par l’accumulation des arriérés, soit par les deux à la fois.

« Ces chiffres traduisent un déséquilibre des comptes extérieurs et un déficit public financé soit par de l’endettement, soit par l’accumulation des arriérés, soit par les deux à la fois. »

La persistance de la coexistence des déficits public et extérieur pourrait conduire à des ajustements structurels de plus ou moins forte amplitude.

Une telle situation à un impact négatif sur l’attractivité du pays dans la mesure où l’instabilité macroéconomique est la manifestation d’un Etat défaillant, ne pouvant plus faire face à ses engagements par ses moyens propres. Ceci peut se traduire par la réduction drastique de la demande interne et un recours au FMI pour le financement de la balance de paiement.

Investir au Cameroun : L’analyse de l’évolution de la richesse nationale du Cameroun entre 1995 et 2020 révèle un paradoxe : doublement du PIB nominal mais diminution de la richesse nationale par habitant et recul du capital naturel. Comment expliquez-vous cette situation et quelles en sont les implications pour la soutenabilité du développement ?

Emmanuel Noubissie Ngankam: Le paradoxe que vous percevez n’en est pas. Dans son récent rapport sur l’économie camerounaise en 2025, la Banque mondiale explique pertinemment ce phénomène. Malgré la croissance globale de la richesse totale, la richesse nationale par habitant a diminué de 11 % entre 1995 et 2020, sur fond de forte croissance démographique, comme dans d’autres pays de la région. La population du Cameroun a plus que doublé au cours de cette période, passant de 13 à 28 millions d’habitants. Le Cameroun a ainsi connu un déclin de la richesse par habitant tout en enregistrant une croissance positive du PIB. En comparaison, la moyenne des pays d’Afrique subsaharienne et des Pays à Revenu Intermédiaire de la Tranche Inférieure a connu une croissance positive à la fois du PIB et de la richesse. Ce constat indique que la croissance économique au Cameroun ne s’est pas accompagnée d’une accumulation durable de richesse.

Selon toujours la Banque mondiale, l’évolution de la richesse réelle par habitant dépend de l’équilibre entre la croissance des actifs et la dynamique démographique. Si l’accumulation et la valorisation des actifs productifs ne dépassent pas la croissance de la population, la richesse par habitant finira inévitablement par diminuer. Une gestion efficace des ressources naturelles, des investissements stratégiques dans les infrastructures et le capital humain, ainsi qu’une diversification économique sont donc essentiels pour garantir une croissance simultanée de la base d’actifs et du PIB par habitant.

Investir au Cameroun : Compte tenu de l’importance du capital naturel, particulièrement des forêts camerounaises, comment évaluez-vous les tendances de dégradation forestière et leur impact économique ? Quelles stratégies recommandez-vous pour concilier croissance économique et préservation de l’environnement ?

Emmanuel Noubissie Ngankam: Le capital naturel du Cameroun est effectivement très important même si la composante non renouvelable notamment les réserves pétrolières s’épuisent inexorablement. Le secteur des mines solides semble connaitre un frémissement positif. Pour ce qui est des richesses forestières, leur exploitation est caractérisée par une absolue opacité et leur contribution au PIB estimée à environ 4% me parait sous-optimale. Cela dit, contrairement à une idée reçue, il n’y a aucune incompatibilité entre croissance économique et préservation de l’environnement. Les deux se nourrissent mutuellement.

Investir au Cameroun : Quels sont, selon votre expertise, les défis majeurs liés à la gouvernance et à l’état de droit qui entravent la mobilisation efficace du capital et la performance économique au Cameroun ? Comment ces défis affectent-ils le climat d’investissement ?

Emmanuel Noubissie Ngankam: Cette question renvoie à la qualité des institutions perçues sous le triptyque : Règles et contraintes, instruments de gouvernance, et équilibre des jeux. La qualité des institutions est au cœur du progrès économique et le Cameroun ne fait pas exception. Un fonctionnement normal des institutions sous les trois tableaux indiqués plus haut permettrait au Cameroun de faire des bons prodigieux. A titre d’illustration, prenez un secteur comme celui de la justice. Peut-on évaluer l’impact de la paralysie de ce secteur sur la vie nationale du simple fait que le Conseil Supérieur de la Magistrature ne s’est plus réuni depuis cinq ans ? Il est indéniable qu’un environnement économique perverti par des institutions essentiellement extractives n’est pas attractif pour les investisseurs. Pour mieux comprendre l’importance de la qualité des institutions dans le progrès économique d’un pays, je recommanderais la lecture du livre « The Origins of Power, Prosperity and Poverty : Why Nations Fail » de Daron Acemoglu et James Robinson, tous deux prix Nobel d’économie 2024 pour leurs travaux sur la manière dont les institutions affectent la prospérité des nations.

Investir au Cameroun : Fort de votre expérience au GICAM et à la Banque mondiale, comment analysez-vous l’évolution de l’accès au financement pour les entreprises camerounaises et les relations entre secteur privé et pouvoirs publics ? Quelles améliorations préconisez-vous ?

Emmanuel Noubissie Ngankam: Il est indéniable que l’un des facteurs limitants du développement du secteur privé au Cameroun est l’accès au financement. Le système financier est dominé par des banques commerciales qui, au-delà de leur frilosité, ont des limites structurelles pour le financement du haut de bilan c’est-à-dire des financements longs. La faiblesse de leurs capitaux propres et la nature de leurs ressources essentiellement exigibles à court terme, ne le leur permettent pas. Le marché financier quant à lui reste encore embryonnaire. Sur le compartiment action de la Bourse des Valeurs mobilières, il n’y a que six entreprises cotées. La bonne nouvelle c’est qu’on assiste de plus en plus à l’émergence des fonds d’investissement et des gestionnaires d’actifs qui pourraient offrir des solutions alternatives. C’est une culture qui va s’implanter avec le temps.

« La bonne nouvelle c’est qu’on assiste de plus en plus à l’émergence des fonds d’investissement et des gestionnaires d’actifs qui pourraient offrir des solutions alternatives. C’est une culture qui va s’implanter avec le temps. »

S’agissant des relations entre secteur privé et pouvoirs publics, il est à déplorer qu’elles soient dans la torpeur. Depuis la mise à mort du Cameroon Business Forum en 2021, les actions entreprises sont velléitaires et isolées. Il est impérieux voire urgent qu’un cadre de concertation permanent et structuré soit mis en place. L’absence de ce cadre de concertation entre public et privé est préjudiciable à l’essor de l’économie camerounaise.

Investir au Cameroun : Au-delà du secteur pétrolier traditionnel, quels secteurs identifiez-vous comme les plus porteurs pour diversifier l’économie camerounaise tout en préservant le capital naturel ? Comment optimiser cette transition ?

Emmanuel Noubissie Ngankam: L’un des objectifs de la SND30 est de faire du Cameroun un « Nouveau Pays Industrialisé ». Pour y parvenir, le Gouvernement ambitionne de porter la croissance moyenne du secteur secondaire (hors pétrole) à 8% en moyenne entre 2020 et 2030 ; or cette croissance oscille autour de 2, 5% (2,3 en 2023 et 2,4% en 20224). Un tel décrochage indique ce qu’il y a à faire de travail pour remettre l’économie camerounaise sur les rails de la diversification dont l’axe principal est le développement de l’industrie manufacturière. Une telle ambition indique la trajectoire de la diversification de l’économie.

« Il y a à faire de travail pour remettre l’économie camerounaise sur les rails de la diversification dont l’axe principal est le développement de l’industrie manufacturière. »

La SND30 décrit parfaitement le périmètre stratégique reposant sur neuf (9) sous-secteurs industriels moteurs : Energie, Agro-industrie, Numérique, Filières forêt-bois, Textile-confection-cuir, Mines-métallurgie-sidérurgie, Hydrocarbure-pétrochimie-raffinage, Chimie-pharmacie et Construction-service-professionnels-scientifiques-technique. Comme j’aime à le dire, la SND30 a été indéniablement bien pensée, mais dévoyée dans sa mise en œuvre.

Investir au Cameroun : Dans le contexte de la ZLECAF et de l’intégration CEMAC, comment le Cameroun peut-il tirer parti de sa position géographique et de ses atouts pour devenir un hub d’investissement en Afrique centrale ?

Emmanuel Noubissie Ngankam: La ZLECAF est incontestablement une formidable opportunité pour les pays africains particulièrement au regard du contexte mondial actuel. Cependant sa mise en œuvre pâtit encore d’un certain nombre d’entraves structurelles notamment (i) les infrastructures et la connectivité, (ii) les problèmes monétaires et de change, (iii) les obstacles à la mobilité et à la circulation. Pour le Cameroun, l’enjeu majeur reste la diversification de son économie à travers le développement de l’industrie manufacturière. Sa position stratégique peut en faire, comme anticipé dans la SND30, le Commutateur (fournisseur d’énergie électrique) le Nourricier (fournisseur des produits agro-industriels) et l’Equipementier (fournisseur des biens d’équipement notamment des meubles) de la CEEAC et du Nigeria. Le Cameroun a à ses portes un marché de plus de 350 millions de consommateurs.

Investir au Cameroun : Quelles sont vos perspectives macroéconomiques à moyen terme pour le Cameroun ? Quels sont les principaux risques et quelles options politiques recommandez-vous pour accélérer un développement durable et inclusif ?

Emmanuel Noubissie Ngankam: Le potentiel économique du Cameroun est incommensurable, mais les perspectives sont couvertes d’une brume constituée d’incertitudes et de risques qui assombrissent l’horizon à court et moyen terme. A très court terme, la plus grosse incertitude est l’élection présidentielle du 12 octobre 2025. Au-delà des éventuelles tensions post-électorales, même une victoire à la régulière du Président Biya ne dissipe pas les incertitudes dans ce sens que le statu quo pourrait avoir raison du changement de cap qui s’impose pourtant comme un impératif. A cette incertitude pourraient se greffer l’absence d’un programme avec le FMI et le recul du soutien financier des partenaires, la persistance des contingences du secteur de l’électricité, la persistance de la crise sécuritaire, les tensions de trésorerie de l’état dont l’une des manifestations est le recours quasi mensuel au marché régional des titres publics. Ces incertitudes sont amplifiées par un contexte international marqué par la réduction du financement du développement, la volatilité des cours des matières premières, les perturbations du commence et des investissements.

« Cela dit, il est impérieux et même urgent de repenser le climat des affaires dans toutes ses dimensions. »

Cela dit, il est impérieux et même urgent (i) de repenser le climat des affaires dans toutes ses dimensions, (ii) investir massivement dans les facteurs de productivité et de compétitivités notamment les infrastructures physiques, énergétiques, et le capital humain (iii) réformer le secteur des télécommunications et du numérique, (iv) faire une relecture sans complaisance de la SND30 dont le mise en œuvre a déraillé du fait des hypothèses et des objectifs devenus obsolètes, (v) sortir de la spirale de la crise sécuritaire dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Tous ces chantiers sont conditionnés par le renforcement et le fonctionnement normal des institutions. Pour réaliser l’objectif de devenir un pays émergent à l’horizon 2035 comme ambitionné par les autorités, c’est-à-dire accéder à la catégorie de revenu intermédiaire de la tranche supérieure, le Cameroun doit au minimum tripler son Revenu National Brut par habitant (RNB/h) qui est actuellement de 1680 dollars. Un excitant challenge dont le Cameroun a les moyens.

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« le 6 novembre est toujours l’occasion d’une commémoration historique avec la charge émotionnelle qu’impose cette évocation »

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« le 6 novembre est toujours l’occasion d’une commémoration historique avec la charge émotionnelle qu’impose cette évocation »
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Le secrétaire général du comité central du RDPC, Jean Nkuete, affirme qu’au RDPC, on est conscient des défis relevés au Cameroun.

En ce 6 novembre 2026, le parti au pouvoir, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), s’est retrouvé à son siège. Jean Nkuete, le secrétaire général du comité central du RDPC, a reçu des personnalités, entre autres le très honorable Datouo, le président de l’Assemblée nationale. En cette date d’anniversaire de prestation de serment du président national du RDPC Paul Biya, il a prononcé un discours qui fait un bref tour sur l’action de ce dernier au Cameroun.

Retrouvez ci-dessous le discours de Jean Nkuete.

Mesdames, Messieurs, chers camarades,

Il va sans dire qu’en ce 44 anniversaire de l’accession à la magistrature suprême de Son Excellence Paul BIYA, notre joie est, comme relevé plus haut, exaltée par votre impressionnante présence parmi nous, joie qui de surcroit exhale l’ambiance d’une famille politique fière de son champion et de ses incommensurables accomplissements matériels et immatériels pour notre pays et ses compatriotes, actuellement comme à l’avenir.
En effet, pour nous, pour toutes les Camerounaises et tous les Camerounais de bonne volonté qui prennent la pleine mesure du chemin parcouru et qui sont conscients des défis relevés par notre pays, le 6 novembre est toujours l’occasion d’une commémoration historique avec la charge émotionnelle qu’impose cette évocation.

Du point de vue de la restitution de la vérité historique, il est de notre responsabilité et de notre devoir de relever que le 6 novembre 1982 n’a pas été exclusivement vécu comme un temps de passation de pouvoir entre deux grands hommes d’État.
Ce fut aussi et surtout le temps de la révélation de la volonté de notre pays de sortir du bois et de dompter les profondes mutations du monde qui s’annonçaient afin qu’il puisse exister dans cet environnement international implacable en devenir à son rythme et selon sa propre identité, de telle sorte que, par-delà les tumultes et les incertitudes d’un monde toujours en quête de lui-même, le Cameroun demeure toujours le Cameroun.

Ainsi naquit le Renouveau avec son ambition et son projet qui n’ont pas pris une seule ride. 44 années sont passées, mais le souvenir reste toujours aussi vivace. Certains d’entre nous ont eu le privilège de vivre ce moment. D’autres, plus jeunes, se contentent du souvenir que nous leur en livrons. Oui, quoi qu’on en dise, le 6 novembre 1982 est une date inoubliable !

Aujourd’hui, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais, qui porte le Renouveau depuis le 24 mars 1985, se souvient du 6 novembre 1982, non pas avec nostalgie, mais avec lucidité, comme on regarde dans le rétroviseur pour mieux avancer.
Notre famille politique commémore donc le 44ᵉ anniversaire de l’accession à la magistrature suprême du président Paul BIYA comme un pèlerinage dans le temps, en vue d’aborder rationnellement et efficacement les chantiers du présent et du futur.
Nous vivons également cet anniversaire comme un temps de respiration pour nous rappeler que malgré le temps qui passe inexorablement, il y a toujours un commencement. Et que le commencement ne doit jamais être oublié, au risque de briser la boussole qui aide à se projeter vers l’avenir.

Armés de l’ardeur imprimée par l’historique prestation de serment le 6 novembre 2025, un autre 6 novembre, nous avons alors raison de fêter et de célébrer dans la joie et l’allégresse le 44ᵉ anniversaire du Renouveau, qui d’une part, coïncide cette année avec la première année du septennat de la Grandeur et de l’Espérance du président Paul BIYA, et d’autre part se situe à la veille d’importantes échéances électorales dans le sillage du dernier scrutin présidentiel.

Il y a probablement, voire certainement, dans ce croisement d’évènements, ce trinaire, un autre appel qui nous est lancé à poursuivre avec méthode et rigueur notre préparation pour les prochaines élections législatives et municipales jusqu’au dernier jour.
Dès lors, au-delà des stratégies gagnantes à mettre en place, nous devons proposer des listes de candidats constituées d’hommes et de femmes, jeunes ou moins jeunes, mais davantage femmes et jeunes, qui soient en mesure de porter triomphalement les couleurs du Parti dans leur circonscription électorale.

Il nous faut ratisser large, en ayant à l’esprit que lors des élections locales, l’électeur vote pour un visage connu, une figure convaincante, un homme, une femme ou un jeune en qui ils se reconnaissent et qui portent fièrement les valeurs du RDPC.
Au total, les retrouvailles autour de la célébration du 44ᵉ anniversaire de l’accession du président Paul BIYA à la magistrature suprême sont une occasion supplémentaire d’approfondissement des réflexions sur les conditions nécessaires à la victoire dans chaque localité en ayant sans cesse à l’esprit le respect de grandes orientations données par la circulaire-cadre du président national, la note d’application du secrétaire général, les recommandations et les enseignements du séminaire stratégique du 22 juillet dernier.

■ Mesdames, Messieurs, chers camarades.

Oui, toutes et tous ici rassemblés, nous sommes venus cet après-midi parce que nous croyons au programme du président Paul BIYA ; parce que nous lui faisons entièrement confiance; parce que nous sommes convaincus, comme par le passé, qu’il est, pour le moment, l’homme qu’il faut pour le Cameroun à Etoudi.

Alors aujourd’hui, à toutes les militantes et tous les militants, tous les amis, sympathisants du RDPC ainsi qu’à tous nos compatriotes de bonne volonté, je lance un appel solennel à la mobilisation finale et efficace afin de donner au président Paul BIYA, lors des prochaines élections législatives et municipales, les majorités encore plus larges et confortables dont il a besoin à l’Assemblée nationale et dans les conseils municipaux pour conduire dans la sérénité l’exaltante mission que le peuple camerounais lui confie sans relâche depuis le 6 novembre 1982 à la tête de l’État et attend de lui avec espoir, espérance et confiance depuis le 6 novembre 2025 une impulsion capitale pour l’accélération du processus de développement économique et social du pays.

Chers camarades.
Tel est le sens profond que nous donnons à la célébration du 44ᵉ anniversaire de l’accession à la magistrature suprême de Son Excellence Paul BIYA, à qui nous souhaitons très humblement et très respectueusement toujours plus de santé, de sagesse, de résilience et de vigilance dans l’accomplissement de ses nobles et exaltantes missions.

Vive le Rassemblement démocratique du peuple camerounais,
Vive le Cameroun, uni et indivisible, et son prestigieux chef, le président Paul BIYA.
Je vous remercie de votre bienveillante et aimable attention.

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300 ministres en 44 ans de règne

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Quarante-quatre ans de remaniements pour un bilan qui tient en un mot : immobilisme. Le chiffre qui accuse. 299 cadres ont servi dans les gouvernements de Biya en 33 ans, comme :- premier ministre, vice-Premier ministre, ministre d’État, ministre, ministre délégué, secrétaire d’État.

Selon le décompte, on parle de 32 équipes dont 13 pour les seules années 1980. Trois cents ministres, des dizaines d’équipes, et un pays qui n’avance pas. Si le remède avait été le bon, une seule équipe aurait suffi. Ce qu’on change sans cesse, c’est le casting, jamais la politique.

Le remaniement comme méthode de survie

Le remaniement n’est pas un outil de gouvernement, c’est un outil de pouvoir. Chaque décret réduit à néant la carrière d’un ministre devenu trop populaire ou trop ambitieux. Les ministres ne sont jamais évalués sur des résultats, mais maintenus ou balayés selon leur loyauté. Le pouvoir entretient, selon ses détracteurs, une cour de courtisans et d’obligés.

Le chef de l’État n’a pas toujours eu la main heureuse dans ses choix, relève une enquête de presse. Des dizaines de ministères passent entre des centaines de mains. Mais le véritable centre de décision reste unique, et il est vieux.

Chronologie d’un système

– 6 novembre 1982. Premier gouvernement de Biya : 34 membres dont 2 femmes.

– Années 1980. Treize équipes en dix ans, dans le sillage des tentatives de putsch de 1983 et 1984. Biya supprime le poste de Premier ministre en 1984.

– 1991. Sous la pression des « villes mortes », il rétablit la primature et forme un gouvernement de 31 membres, dont une seule femme. L’ouverture démocratique n’a pas changé le fond.

– 1992-2009. Les Premiers ministres se succèdent : Achidi Achu, Mafany Musonge, puis Inoni, nommé le 8 décembre 2004, puis Philémon Yang, nommé le 30 juin 2009.

– 2015. Après les élections, Biya reste de marbre et fait mentir ceux qui croyaient à la règle d’un nouveau gouvernement après chaque scrutin.

– Avril 2016. Publication de l’enquête sur les 299 ministres : 66 ministres du Renouveau étaient déjà décédés au 14 avril 2016.

– 4 janvier 2019. Dion Ngute devient Premier ministre, plus de deux mois après la présidentielle d’octobre 2018.

– 16 janvier 2019. Dernier conseil ministériel convoqué par le chef de l’État. Aucun n’a eu lieu depuis.

– 31 décembre 2025. Biya annonce lui-même un « nouveau gouvernement » dans « les prochains jours ». C’est la première fois qu’il annonce un remaniement lui-même, lui qui en a pratiqué plus de trente en 43 ans.

– Août 2026. Neuf mois plus tard, l’équipe de Joseph Dion Ngute est toujours en poste, avec une longévité exceptionnelle de sept ans. L’annonce est attendue chaque jour à 17 heures devant la radio.

Le gouvernement fantôme

Le comble de l’absurde est atteint aujourd’hui. Le gouvernement est en place depuis sept ans sans nouvelle nomination, malgré des décès et des démissions de ministres, dont celles de Bello Bouba Maïgari et d’Issa Tchiroma Bakary.

Quatre membres du gouvernement Dion Ngute sont morts en fonction sans être remplacés.

Un État qui n’enterre pas ses ministres décédés n’est plus gouverné, il est administré par inertie.

Voilà ce que ces 305 noms n’ont pas produit

Trois cents ministres, et pourtant :

– Aucune alternance : les mêmes cercles se recyclent d’un gouvernement à l’autre.

– Aucune culture du résultat : on ne démissionne pas, on est « remercié » par décret.

– Une jeunesse qui n’a vu que des visages usés, quand l’âge du chef de l’État a lui-même dépassé 93 ans.

– Des institutions qui ne fonctionnent plus sans lui : il suffit qu’il s’absente soixante-quatorze jours pour que le pays retienne son souffle.

Le bilan

Les 305 ministres sont la preuve d’un système où personne ne gouverne vraiment, puisque chacun sait que la décision appartient à un seul homme.

Le jour où le Cameroun sera enfin gouverné, ce sera par une équipe qui répond de ses résultats devant les citoyens, et non devant un décret lu à la radio.

Charles Armel Mbatchou

Journaliste, analyste politique, chroniqueur et historien d’art.

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la cinglante réponse d’Alex Nguépi au PCRN

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la cinglante réponse d’Alex Nguépi au PCRN
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L’homme politique Alex Nguépi demande au PCRN d’arrêter de porter la confusion entre la formation du gouvernement et la nomination d’un vice-président.

Alex Nguépi, démissionnaire du Social Democratic Front (SDF), a fait une publication réponse au Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN). Il convient de souligner que ladite réponse est motivée par la prise de parole d’Anne Féconde Noah, porte-parole de Cabral Libii, sur NTV. Rappelons qu’au sujet du vice-président, Cabral pense que le nommer permettrait au Cameroun de voir la continuité des affaires publiques et mettrait fin à la guerre des clans entre autres. L’homme politique Alex Nguépi demande de ne pas confondre deux questions fondamentales.

« J’ai suivi avec beaucoup d’amusement l’intervention de Madame Anne Féconde NOAH sur la demande de Cabral Libii concernant la nomination d’un vice-président. Il faut arrêter de mélanger deux questions fondamentalement différentes : la formation du gouvernement et la nomination d’un vice-président. La formation du gouvernement relève du fonctionnement normal des institutions après une élection présidentielle. Le Cameroun a besoin d’un gouvernement opérationnel, capable de répondre à la vie chère, au chômage, à la corruption et aux nombreuses urgences sociales.

En revanche, la vice-présidence soulève une véritable question de légitimité démocratique. Comment comprendre qu’un président élu au suffrage universel puisse être remplacé, en cas de vacance, par un vice-président désigné par nomination plutôt que choisi directement par le peuple ? Si le Cameroun doit avoir un vice-président, celui-ci devrait être élu en même temps que le président de la République », écrit-il.

L’homme politique Alex Nguépi, les réelles motivations de Cabral Libii par rapport à sa demande de nomination d’un vice-président. Il se demande si le leader du PCRN est à la recherche d’un poste ou bien s’il défend une République des héritiers parmi lesquels il fera partie.

« On est en droit de s’interroger sur le calcul politique de Cabral Libii. L’opposition doit-elle désormais construire son avenir autour de l’espoir d’une nomination présidentielle ? Certains semblent entretenir le rêve qu’un poste de vice-président pourrait être offert à l’opposition. Mais depuis quand la conquête démocratique du pouvoir se résume-t-elle à attendre une nomination ?

Le véritable combat doit se situer sur le terrain électoral : les législatives et les municipales. C’est en conquérant une majorité parlementaire que nous pourrons engager un véritable débat sur les réformes constitutionnelles nécessaires. Le Cameroun n’a pas besoin d’une compétition pour les strapontins institutionnels. Il a besoin d’institutions légitimes, d’un gouvernement responsable et d’un Parlement fort. Le peuple ne mange pas les titres, ne se soigne pas avec les nominations et ne nourrit pas sa famille avec les postes politiques ! La politique doit être un combat pour le peuple, pas une course aux privilèges », écrit-il.

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