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Cameroun : Afriland First Bank double son capital à 110 milliards de FCFA pour soutenir sa croissance

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Cameroun : Afriland First Bank double son capital à 110 milliards de FCFA pour soutenir sa croissance
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Première banque du marché camerounais, Afriland First Bank vient de porter son capital social de 50 à 110 milliards de FCFA, soit une augmentation de 120 %. Réalisée par incorporation de réserves, l’opération renforce son assise financière et accompagne ses ambitions de développement dans la CEMAC.

Afriland First Bank franchit un nouveau palier dans le renforcement de ses fonds propres. Dans un communiqué publié le 5 novembre 2026 à Yaoundé, son Conseil d’administration et sa Direction générale annoncent une augmentation effective du capital social de 60 milliards de FCFA, portant celui-ci de 50 à 110 milliards. L’opération, approuvée par les organes sociaux de l’établissement et autorisée par la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC), intervient dans un contexte de développement des activités de la banque.

Contrairement à une augmentation de capital par apport d’argent frais, l’opération a été réalisée par incorporation de réserves. Elle consiste à transférer au capital social des ressources déjà accumulées par l’établissement. Elle ne constitue donc pas une injection supplémentaire de liquidités, mais traduit la capacité de la banque à mobiliser une partie de ses réserves pour consolider durablement son capital. Le montant de 110 milliards de FCFA représente désormais plus du double du capital antérieur.

Ce renforcement intervient après un exercice 2025 particulièrement favorable. Afriland First Bank a dégagé un bénéfice net de 38,75 milliards de FCFA, contre 28,60 milliards en 2024, soit une progression de 35,5 %. Son produit net bancaire a augmenté de 20,8 %, à 152,5 milliards de FCFA. Le total bilan a atteint 2 549 milliards de FCFA, en croissance de 25,4 %. Le coefficient d’exploitation est parallèlement revenu de 44,63 % à 40,88 %, témoignant d’une amélioration de l’efficacité opérationnelle.

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La banque consolide également sa domination sur le financement de l’économie camerounaise. Selon les statistiques du marché bancaire à fin décembre 2025, ses encours de crédits atteignaient 1 680,9 milliards de FCFA, contre 1 382,5 milliards un an auparavant, soit une augmentation de 21,6 %. Avec 23,76 % des crédits distribués par le système bancaire, Afriland devance largement ses concurrents. Elle détient également 20 % des actifs bancaires du pays.

Plus de 1 200 milliards de crédits aux entreprises

Cette expansion s’appuie notamment sur le financement des entreprises. En avril 2026, Célestin Guela Simo, administrateur directeur général d’Afriland First Bank, indiquait que l’établissement avait accordé plus de 1 200 milliards de FCFA de crédits aux entreprises privées durant l’exercice 2025. La banque revendiquait également 20 333 milliards de FCFA de dépôts collectés sur l’année, pour un encours de 1 950 milliards, ainsi qu’un réseau de 100 agences sur le territoire camerounais.

« Chez Afriland First Bank, nous croyons que l’Afrique porte en elle le capital humain, le savoir-faire et les ressources nécessaires pour forger ses propres champions », déclarait Célestin Guela Simo à l’occasion de la présentation de ces performances. La banque entend notamment renforcer son accompagnement des PME et des projets industriels, avec l’appui de partenaires financiers internationaux.

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La digitalisation au cœur des ambitions pour 2030

L’augmentation de capital accompagne désormais le déploiement du plan stratégique « First Bank Horizon 2030 – cap sur la digitalisation ». Dans leur communiqué du 5 novembre, le Conseil d’administration et la Direction générale précisent que ce programme « place la transformation digitale, la qualité du service et l’accompagnement des projets des clients au cœur des priorités de la banque ».

Pour l’établissement fondé en 1987 par Paul Fokam Kammogne, cette nouvelle étape intervient alors que la concurrence s’intensifie sur le marché bancaire camerounais. Le développement des services numériques, la mobilisation de l’épargne et le financement des investissements constituent autant de leviers pour préserver sa position dominante. Avec un capital social désormais fixé à 110 milliards de FCFA, Afriland First Bank entend poursuivre son expansion au Cameroun et dans l’espace CEMAC, en s’appuyant sur les ressources accumulées au cours de sa croissance.

Par Jean Luc FASSI
Défis Actuels du 06/11/2026

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PORTRAIT : Gagan Gupta, l’homme qui veut transformer la bauxite camerounaise en richesse industrielle

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PORTRAIT : Gagan Gupta, l’homme qui veut transformer la bauxite camerounaise en richesse industrielle
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Acteur clé du développement des zones industrielles en Afrique avec le groupe Arise, Gagan Gupta étend son empreinte au Cameroun sous la bannière d’A2MP Investments. En prenant le contrôle du gisement de bauxite de Minim-Martap, dans l’Adamaoua, l’expert-comptable de formation veut faire passer le pays de simple exportateur de minerai brut à producteur intégré d’alumine et d’aluminium.

« L’industrie africaine va exploser d’ici cinq à sept ans. » Cette prédiction, formulée en juillet 2026 dans un entretien accordé à l’AFP lors d’un passage à Paris, entre l’Afrique et Dubaï où il réside, résume la conviction qui anime depuis quinze ans le fondateur d’Arise. Né le 10 mai 1975 au Rajasthan, Gagan Gupta est diplômé en commerce de l’Université de Delhi et expert-comptable. Il débute comme contrôleur de gestion, notamment chez Reebok et Reckitt Benckiser en Inde.

En 2008, à 33 ans, il débarque au Gabon sans parler français pour diriger la filiale locale du groupe agroalimentaire singapourien Olam, où il noue des relations étroites avec le président de l’époque, Ali Bongo. Il y découvre un pays dont le bois part presque brut vers l’étranger. En 2010, alors que Libreville interdit l’exportation des grumes, il lance à Nkok, à 27 kilomètres de la capitale, une zone économique spéciale de 1 000 hectares destinée à transformer sur place cette ressource.

En 2022, la zone comptait 144 entreprises réparties dans 22 secteurs industriels. Selon son gestionnaire, les zones spéciales gabonaises ont créé depuis 2010 quelque 8 000 emplois directs et 12 000 emplois indirects. Nkok est aussi devenue la première zone industrielle d’Afrique certifiée neutre en carbone. Au Gabon, il a également porté, dans le cadre de partenariats public-privé engagés avec l’État, la plus grande plantation de palmiers à huile du continent, sur 60 000 hectares, une plantation d’hévéas de 10 000 hectares, ainsi que des projets portuaires et aéroportuaires, dont le port minéralier d’Owendo.

ARISE, OU L’INDUSTRIALISATION EN SÉRIE

En 2018, Gupta fonde Arise, groupe spécialisé dans les plateformes industrielles intégrées, les ports et les infrastructures, aujourd’hui présent dans une quinzaine de pays africains. Il s’articule autour de trois entités : Arise IIP pour les zones industrielles, Arise Ports & Logistics pour les ports, dont A.P. Moller Capital est actionnaire, et Arise Infrastructure Services. Sa méthode consiste à associer terrains aménagés, énergie, logistique, fiscalité allégée et partenariats public-privé, afin d’attirer des industriels dans des zones prêtes à produire.

Sa vitrine est la zone de Glo-Djigbé, au Bénin, pays producteur de coton. Filature, tissage, teinture et tricotage y sont regroupés pour fabriquer des vêtements finis plutôt que d’exporter la fibre. Les premiers articles ont été exportés en 2024 pour l’enseigne française Kiabi, puis pour d’autres marques, dont US Polo. Arise IIP revendique près de 2 milliards de dollars d’investissements cumulés et affirme que près de 100 000 personnes travaillent dans les zones qu’elle opère.

En septembre 2025, la structure a annoncé une levée de 700 millions de dollars avec l’entrée au capital du Saoudien Vision Invest, aux côtés d’Africa Finance Corporation, d’Equitane et de FEDA, la plateforme d’Afreximbank. Gupta a élargi son empire par Equitane, structure d’investissement créée en 2024 pour financer sur le long terme l’industrialisation du continent, qui détient 24,08 % d’Arise IIP ainsi que Spiro, spécialisée dans les motos électriques, qui opère dans six pays africains et a annoncé en octobre 2025 une levée record de 100 millions de dollars, et Solen, producteur d’électricité solaire au Gabon, au Bénin, au Togo et au Tchad, avec 50 mégawatts de projets actifs.

Avec la plateforme minière A2MP, il porte des projets sur le fer au Gabon, l’or au Mali et la bauxite au Cameroun.

UNE VISION : PRODUIRE LÀ OÙ L’ON EXTRAIT

Le raisonnement de Gupta est simple : les pays africains ne doivent plus exporter leurs matières premières pour importer les produits finis qui en sont issus. Dans une interview à fDi Intelligence, publication du groupe Financial Times, en août 2023, il le résumait ainsi : « Exporter des matières premières revient à exporter des emplois, et importer des produits finis revient à importer du chômage. Ce n’est pas durable. »

Il applique ce raisonnement au textile : l’Afrique subsaharienne importe plus de 30 milliards de dollars de produits textiles par an, et leur substitution par une production locale pourrait créer, selon lui, « jusqu’à 10 millions d’emplois ». Dans un rapport de l’Africa CEO Forum et d’Okan Partners en 2021, il posait deux conditions : travailler avec les gouvernements pour garantir un cadre stable et bâtir un écosystème industriel couvrant toute la chaîne de valeur. Il répète aussi qu’« il est impossible d’industrialiser sans investir dans le capital humain et le tissu local », et fait de la traçabilité et de la durabilité des chaînes de transformation l’autre promesse de ses parcs industriels.

Marathonien, il court chaque jour à 5 heures du matin. Marié et père de deux enfants, il a lancé le Marathon du Gabon. « Je crois profondément que l’endurance est la première qualité d’un bâtisseur », confiait-il à Forbes Afrique.

LE CAMEROUN, DU PORT AU COTON, PUIS AUX MINES

Le Cameroun est déjà un terrain d’action pour Arise IIP. Le 30 septembre 2024, le groupe a signé avec le Port autonome de Douala une convention de partenariat public-privé pour la zone industrialo-portuaire de Dibamba, sur 517 hectares, pour un investissement d’environ 230 milliards de FCFA. Les travaux ont été lancés le 24 juillet 2025.

Le 11 septembre 2025, la CNPS a signé trois conventions avec Arise, dont une usine de transformation du coton à Dibamba. Elle prend la forme de Camtex, dont le capital est réparti entre Panafritex, filiale textile d’Arise (51,1 %), Sodecoton (24,9 %), la CNPS (20 %) et Marlo Properties Fincorp (5 %), pour un investissement estimé à 180 milliards de FCFA et 12 000 emplois industriels annoncés.

Au-delà du port et du coton, cette logique l’a conduit à Minim-Martap, dans l’Adamaoua, projet de bauxite développé par l’Australien Canyon Resources. Selon la décision rendue le 28 octobre 2026 par le Takeovers Panel australien, il est le bénéficiaire effectif ultime d’A2MP Investments, qui détenait avec ses associés 55,56 % des droits de vote de Canyon.

Dans une lettre à AFG Bank Cameroun du 30 juillet 2026, A2MP évoque une chaîne allant de la bauxite à l’alumine, puis à l’aluminium. Pour Gagan Gupta, ce dossier prolonge ce qu’il a bâti avec le bois et le coton : faire de la bauxite de l’Adamaoua, non plus seulement un minerai exporté, mais le point de départ d’une filière de transformation locale.

Par Jean Luc FASSI
Défis Actuels du 03/11/2026

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Cameroun : réélu à la tête du syndicat des industriels, Samuel N. Kondo Ngande veut renforcer l’influence des industrielet leur compétitivité

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Cameroun : réélu à la tête du syndicat des industriels, Samuel N. Kondo Ngande veut renforcer l’influence des industrielet leur compétitivité
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La liste CAP INDUSTRIE 2029, conduite par le président sortant Samuel Njanga Kondo Ngande, a remporté l’élection du Bureau du Syndicat des industriels du Cameroun, le 5 novembre 2026 à Douala. Pour ce nouveau mandat de trois ans, l’équipe qui voit l’entrée de figures telle qu’Alain Blaise Batongue, entend renforcer son influence auprès des pouvoirs publics, améliorer les services aux entreprises et accélérer l’intégration des petites et moyennes industries dans les chaînes de valeur.

Le Syndicat des industriels du Cameroun (Syndustricam) renouvelle sa confiance à Samuel Njanga Kondo Ngande. Réunis en assemblée générale élective le 5 novembre 2026 au Makepe Palace à Douala, les membres de l’organisation patronale ont élu la liste CAP INDUSTRIE 2029 conduite par leur président sortant, également responsable de Socarto, entreprise spécialisée dans l’industrie du papier, du carton et de l’emballage. Cette reconduction ouvre un mandat 2026-2029 placé sous le signe de la consolidation des acquis et d’un renforcement de la représentation des intérêts industriels.

La nouvelle équipe dirigeante comprend Ébénézérine Moudio, de Cimencam, au poste de première vice-présidente, et Tagne Tapia, de Socipec, comme deuxième vice-présidente. Zakiatou Dalil, d’Azur SA, prend en charge les finances et l’audit, tandis qu’Alain Blaise Batongue, de MSMI, est responsable de la cellule PME/PMI. Angèle Modi Koko d’Alucam, Jean-François Canavagguia de MIA Cameroun et Ekoegbe Achuo de MPL complètent le Bureau. Une composition associant plusieurs filières industrielles et différentes catégories d’entreprises.

Un plaidoyer renforcé auprès des pouvoirs publics

Le programme de la liste élue repose sur trois orientations : « Consolider les acquis, élargir notre influence, servir chaque industriel ». Le nouveau Bureau veut notamment renforcer la capacité du Syndustricam à peser sur les décisions économiques qui affectent les entreprises. L’énergie, le financement, la logistique, le foncier industriel, la normalisation, la commande publique et le commerce extérieur figurent parmi les principaux domaines d’intervention retenus pour les trois prochaines années.

L’organisation prévoit une veille permanente sur les textes réglementaires, la consultation systématique des adhérents avant les grandes concertations publiques et un suivi des propositions adressées au gouvernement. Elle entend également promouvoir une politique d’import-substitution fondée sur l’investissement productif, la compétitivité et le développement des capacités locales. L’objectif affiché dans son programme est de « faire reconnaître le SYNDUSTRICAM comme l’interlocuteur de référence sur les questions industrielles ».

Les PME et PMI au cœur du nouveau mandat

La nouvelle équipe promet également de transformer le syndicat en véritable plateforme de services aux entreprises. Parmi les initiatives annoncées figurent les « SYNDUSTRICAM Supplier Days », destinés à rapprocher les grandes entreprises, les petites et moyennes industries, les fournisseurs et les prestataires. Le programme prévoit aussi un annuaire des membres, une plateforme de partage des opportunités commerciales et financières ainsi que des formations mutualisées à travers les SYNDUSTRICAM Training Services.

Une attention particulière sera accordée aux petites et moyennes industries, notamment pour leur accès au financement, à la certification, aux marchés et à la sous-traitance industrielle. Le Bureau entend faciliter leurs relations avec les grands donneurs d’ordre et leur intégration dans les chaînes de valeur. Le développement des partenariats internationaux, la modernisation des équipements de production et l’exploitation des opportunités offertes par la Zone de libre-échange continentale africaine figurent également au programme.

Enfin, CAP INDUSTRIE 2029 s’engage à améliorer la gouvernance interne, à diversifier les ressources financières du syndicat et à renforcer la transparence de sa gestion. Chaque engagement devra être assorti de responsabilités, d’échéances et de résultats mesurables. Un bilan annuel d’exécution sera présenté à l’assemblée générale. Le Bureau ambitionne ainsi de transformer l’influence institutionnelle acquise au cours du précédent mandat en avantages économiques plus tangibles pour les entreprises industrielles camerounaises.

Par Yves TCHENANG
Défis Actuels du 05/11/2026

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Opportunité : Le manioc camerounais ne fait pas encore recette dans la ZLECAF

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Opportunité : Le manioc camerounais ne fait pas encore recette dans la ZLECAF
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La production reste embryonnaire au niveau national et reste morcelée sur de petites surfaces, avec un accès limité aux semences améliorées, au financement et aux marchés structurés.

Selon les chiffres disponibles, le Cameroun compte plus de 350 000 producteurs de manioc. Le chiffre a été confirmé par Gabriel Mbaïrobe, ministre en charge de l’Agriculture et du développement rural (Minader), lors de la 3ème édition du festival international All Kassava, tenu dans la ville de Douala du 29 octobre au 1er novembre 2026.

Selon la Stratégie de développement du secteur rural, couplée au Plan national d’investissement agricole 2020-2030, le Cameroun s’est fixé un objectif de production de 10 millions de tonnes de manioc en 2030. Il est également attendu un accroissement de rendement devant atteindre 20 tonnes par hectares à la même année. Sauf que à date, la filière souffre encore d’un manque de structuration.

Depuis la mise sur pied de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF), le manioc est reconnu comme une filière stratégique pour l’Afrique en général et une opportunité pour le Cameroun. Malgré le potentiel productif dont dispose le Cameroun, la chaîne de valeur de cette filière manque de structuration.

La production reste embryonnaire au niveau national et reste morcelée sur de petites surfaces, avec un accès limité aux semences améliorées, au financement et aux marchés structurés. L’accompagnement des acteurs pour saisir les opportunités commerciales qu’offre la ZLECAF. Les partenariats entre les petits producteurs et acheteurs ne sont pas facilités et l’usage des outils numériques pour connecter l’offre à la demande reste presque inexistant.

Au Cameroun, la filière enregistre encore environ 40% de perte de sa production du fait du manque d’infrastructures de transformation. La répartition de la production selon la taille de l’exploitation montre que 62,5% proviennent de petits producteurs.

«L’interprofession a été créée en juillet dernier. Donc, elle est encore très jeune. Nous avons environ 120 organisations à la création, dont certaines ont jusqu’à 120 membres. Seulement, elle est en activité dans quatre régions : le Centre, le Sud, l’Est et le Littoral. Après le festival All Kassava co-organisé avec Fadec, nous allons reprendre la sensibilisation. Notre ambition est de couvrir l’étendue du territoire national et être installée dans les 10 régions d’ici fin 2027» rassure dans les colonnes du journal Cameroon Tribune, Yvette Doume, présidente de l’interprofession manioc du Cameroun et par ailleurs promotrice du festival international du manioc.

Le Cameroun dépense massivement chaque année pour importer du blé, l’une de ses principales denrées alimentaires importées. Les statistiques officielles estiment les importations annuelles à environ 800 000 tonnes. Le site Business in Cameroon rapporte qu’en 2023, la facture s’élevait à 178 milliards FCFA, tandis que d’autres sources avancent des chiffres plus élevés selon les fluctuations des prix mondiaux.

Suu le terrain

Sur le terrain, afin de rattraper son retard, le gouvernement du Cameroun à travers son ministère en charge de l’Agriculture et du développement rural (Minader) et le ministère des PME, de l’économie sociale et de l’Artisanat (Minpmeesa) a lancé le projet « Manioc & Femmes dans la ZLECAf ». L’initiative est également soutenue par le Conseil national des chargeurs du Cameroun (CNCC).

Ledit programme envisage de doter chaque productrice d’au moins 1 hectares de manioc. Des sessions de renforcement des capacités ont lieu dans des bassins de production comme Mbangassina, Pouma, Mbalmayo ou Djoum. En outre, le gouvernement vise la mise en place de 200 unités de transformation pour produire autour de 600 000 tonnes de farine de manioc par an, afin notamment de l’incorporer dans la panification et de réduire les importations de blé.

Une première usine moderne a été mise en service à Ngoulemakong (région du Sud Cameroun) en janvier 2024 d’une capacité de 20 tonnes/jour, et sept autres sont prévues dans les localités de Banguem, Dibombari, Lobo, Batchenga, Mvangan entre autres. Une unité spécialisée dans les pâtisseries et le pain à base de manioc a également été inaugurée par la Socoapace à Minkoa-Lobo.

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