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67 ans après, la mémoire de Ruben Um Nyobè toujours vivante

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67 ans après, la mémoire de Ruben Um Nyobè toujours vivante
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Ce samedi 13 septembre 2025 marque le 67ᵉ anniversaire de l’assassinat de Ruben Um Nyobè, figure emblématique de la lutte anticoloniale au Cameroun.

Le Mpodol, comme on le surnommait en référence à son rôle de porte-parole, tombait le 13 septembre 1958 dans les forêts de Boumnyebel, abattu par les troupes coloniales françaises.

À Song Mpek, son village natal, une cérémonie de recueillement a rassemblé militants, autorités locales, étudiants et habitants venus saluer la mémoire de celui qui incarne encore aujourd’hui la résistance et l’aspiration à l’indépendance. Des gerbes de fleurs ont été déposées sur le monument érigé en son honneur, tandis que des prises de parole ont rappelé son combat.

« Ruben Um Nyobè n’est pas seulement un héros historique, c’est un repère moral pour notre génération », a déclaré un enseignant présent sur place.

Un combat porté jusqu’à l’ONU

Secrétaire général de l’Union des Populations du Cameroun (UPC), Ruben Um Nyobè avait porté la cause camerounaise jusque dans les couloirs des Nations Unies, plaidant pour l’autodétermination d’un pays alors sous tutelle française et britannique.

« Nous ne demandons pas la charité, nous réclamons le droit à la liberté et à la dignité », affirmait-il en 1952 à New York devant la Quatrième Commission de l’ONU.

Ses discours, empreints de rigueur et de courage, dénonçaient les abus du système colonial tout en esquissant un projet de société fondé sur l’unité nationale. « Le Cameroun n’est pas une mosaïque de tribus, mais une nation appelée à vivre unie et libre », déclarait-il encore, en réponse aux manœuvres visant à diviser le mouvement indépendantiste.

Une mémoire longtemps étouffée

Son assassinat brutal à 38 ans a ouvert une longue période de répression politique, dont les cicatrices restent encore sensibles. Enterré à la hâte par l’administration coloniale, son nom fut longtemps effacé des manuels scolaires avant d’être progressivement réhabilité dans les années 1990.

Aujourd’hui, des rues, des écoles et des monuments portent son nom, mais de nombreux historiens estiment que la reconnaissance de son rôle dans l’histoire nationale reste insuffisante.

Pour beaucoup, la mémoire de Ruben Um Nyobè demeure une boussole dans un Cameroun toujours confronté à des défis démocratiques et sociaux.

Soixante-sept ans plus tard, l’écho de sa voix résonne encore : celui d’un homme qui, au prix de sa vie, avait choisi de dire non à la soumission.

67 ans après, la mémoire de Ruben Um Nyobè toujours vivante
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« le peuple camerounais existe bien avant 1650, 1961 et 1972 »

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« le peuple camerounais existe bien avant 1650, 1961 et 1972 »
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Dans un éditorial consacré à l’histoire et à l’identité du Cameroun, Le Capitaine de vaisseau Serge Atonfack Guemo défend l’idée d’un peuple camerounais dont les racines socioculturelles seraient antérieures à la colonisation. Il met en garde contre les discours qui, selon lui, réduisent l’identité nationale aux héritages linguistiques et aux découpages historiques issus de la période coloniale et postcoloniale.

Atonfack Guemo prend position dans le débat sur les origines et la construction de l’identité nationale camerounaise. Dans un texte intitulé « Le Cameroun : peuple d’origine, d’implantation et de mœurs immémoriales, réalité socio-tribale bien antérieure à 1650, à 1961 et à 1972 », il appelle à reconnaître l’ancienneté des communautés et des traditions qui composent le pays.

Le chef de la Division de la Communication au ministère délégué à la présidence de la République chargé de la Défense conteste les approches qui situent la naissance du Cameroun à des dates historiques précises, notamment janvier 1960, octobre 1961 ou encore la conférence de Foumban d’avril-mai 1972. Selon lui, ces repères ne sauraient résumer l’histoire des populations qui occupaient déjà le territoire avant l’arrivée des puissances étrangères.

Dans son argumentaire, Atonfack Guemo estime que les communautés camerounaises disposaient bien avant la colonisation de leurs propres espaces de peuplement, de leurs coutumes et de leurs formes de relations sociales. Il évoque notamment les liens de voisinage, les parentés et les similitudes entre les pratiques culturelles des différentes communautés.

Lire l’éditorial de Cyril Atonfack Guemo :

Le Cameroun : peuple d’origine, d’implantation et de mœurs immémoriales, réalité socio-tribale bien antérieure à 1960, à 1961 et à 1972

Une acception communément admise présente le fondamentalisme comme étant l’ensemble des radicalités qui défendent une conception rigoriste de la religion ou de la politique, au risque d’une confrontation avec la société environnante. Le fondamentalisme renvoie ainsi à une espèce de comparaison entre un état originel et ses évolutions. Ce qui peut donner de la matière pour une discussion constructive et mutuellement enrichissante, du moins pour des personnes bien intentionnées. Sinon de prêter à polémique, le fondamentalisme devient très vite polémologique, lorsqu’il se nourrit d’intransigeance, d’affabulations et de fausses allégations.

Ainsi en est-il du fait, pour certains, d’élever des techniques administratives apprises pendant l’occupation étrangère, en éléments culturels jouissant d’une légitimité égale à celle des fondements de l’écologie sociologique héritée de nos ancêtres. Il en va de même du travestissement d’autres pans de l’histoire de notre pays, qui consiste à faire croire que cette histoire ne commencerait qu’en janvier 1960 pour les uns, en octobre 1961 pour d’autres, ou après la conférence de Foumban d’avril-mai 1972 pour une autre mouvance. Autant d’aliénantes manipulations cognitives, autant d’enivrantes élégies qui engendrent le clivage, l’ostracisme, le déracinement et, au final, la violence.

Ces discours, tout ce qu’il y a de plus inepte, finissent par transformer de paisibles jeunes gens nourrissant des rêves d’un avenir radieux au sein de la cité Cameroun en de furieux désespérés animés d’une haine viscérale de leur propre pays, car se prenant pour les descendants de chimériques héros d’autrefois, intrépides défenseurs de royaumes qui n’ont pourtant jamais existé sous nos cieux.

Mais d’une manière qui ne serait autre que délibérée, tout semble mis en œuvre pour occulter, déformer, contrefaire l’irréfragable réalité selon laquelle nos divers sites de peuplement tribaux sont antérieurs à l’arrivée du colonisateur. Nos voisinages et consanguinités, nos divers us et coutumes ancestraux, qui entre eux partagent de très nombreux points de similarité, ont depuis toujours constitué des facteurs de fraternel rapprochement, voire d’inextricable intrication entre nos tribus.

Le peuple camerounais ne saurait donc être réduit à une addition, une juxtaposition, et encore moins à une superposition de tribalités sui generis, seulement liées par une communauté de langues étrangères d’un usage purement transactionnel. Le peuple camerounais est d’origine, d’implantation et de mœurs immémoriaux. L’occupation étrangère n’y aura d’ailleurs rien changé, contrairement aux malsaines intentions opportunistes qui veulent regrouper les Camerounais en fonction des langues apportées de l’extérieur, ou en rapport avec les points cardinaux. Pareille catégorisation est une source additionnelle de tracas dont on devrait résolument se passer.

Car ce qui importe avant et après tout, ce n’est ni la fidélité proclamée à tel ou tel idiome d’outre-mer, ni la tapageuse démonstration du désir de mimétisme avec tel ou tel peuple étranger. Ce qui importe avant et après tout, c’est la volonté des Camerounais de faire de cette binarité linguistique d’opportunité un précieux instrument devant servir au rapatriement des savoirs techniques et technologiques, un important atout d’attraction et de facilitation dans le contact avec d’autres peuplades de la scène planétaire. Tout en préservant, tout en pérennisant et tout en promouvant l’être et l’artefact qui fondent à la fois l’originalité et la singularité de notre personnalité. Vous parlez d’un fondamentalisme inclusif ?

Sachons rester vigilants,
Sachons rester patriotes,
Sachons aimer définitivement le Cameroun.

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