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le « robin des bois » camerounais ?

Robin des Bois est un personnage de fiction britannique, héros légendaire, et archétypal du Moyen. De l’avis d’Ousmanou Magadji, observateur de notre landerneau politique, l’ancien ministre de l’Emploi et de la formation professionnelle incarne un bon profil pour présider à la destinée de notre pays.
Lire ici sa sortie :
« Issa Tchiroma est un Robin des Bois », m’a confié hier au téléphone un cadre d’un parti politique dont je préfère taire le nom pour éviter toute accusation de sabotage politique.
Il m’a parlé des obséquiosités de Tchiroma envers Biya, de sa longévité au sein du régime et d’autres travers de l’homme politique. Mais il a préféré s’attarder sur ses qualités humaines, visibles et discrètes. Il a insisté sur le fait que Tchiroma est naturellement généreux, soucieux de faire évoluer ceux qui l’entourent, même un Camerounais lambda.
Rappelons que cet ami n’est pas membre du FNSC, mais il s’est fendu en louanges sur les qualités humaines de Tchiroma à tel point que nous avons dû interrompre notre appel téléphonique : j’avais du travail, et lui une obligation sociale.
Au cours de notre longue conversation, il a évoqué plusieurs bienfaits de Tchiroma envers les populations et les individus qu’il a aidés à s’élever socialement, politiquement et professionnellement.
Je me souviens particulièrement d’un groupe électrogène offert à la prison centrale de Garoua, pour pallier les coupures d’électricité en plein mois de mars et soulager les détenus de la chaleur intense.
Quand il est à Garoua, sa résidence ne désemplit pas : nécessiteux, militants de son parti, citoyens venus formuler des doléances personnelles ou à sa formation politique. Il faisait des efforts considérables et d’une générosité remarquable pour rencontrer et satisfaire tout le monde. C’est un homme d’une générosité avérée, qui faisait profiter aux autres des avantages acquis, d’une manière ou d’une autre, pendant qu’il était au gouvernement. Il n’hésitait pas à partager abondamment, dans un système où le régime fonctionnait comme une mangeoire généralisée.
Issa Tchiroma possède une grandeur d’âme et un sens de partage innés que la politique a transformés, par conformité au système, en un Robin des Bois : il a profité du régime, mais il a partagé ses gains, et continue encore.
On peut lui reprocher ses flatteries envers Biya, stratégiques pour obtenir des bénéfices pécuniaires et des positions, mais c’est avant tout un homme doué d’une charité naturelle, reconnue et sincère. Il ne mange pas seul, comme on dit chez nous au pays. Combien le font, alors qu’ils ont reçu bien plus d’argent du régime que lui ?
J’ai toujours été opposé à l’idée qu’un haut fonctionnaire fasse preuve de charité avec l’argent de l’État, celui du peuple, pour paraître généreux. Tchiroma l’a fait lorsqu’il était au gouvernement. J’ai été un détracteur public acharné de Tchiroma à cette époque, et lui non plus ne me porte pas dans son cœur. Mais depuis qu’il a osé démissionner et présenter sa candidature à l’élection présidentielle, je suis devenu un louangeur rationnel, sans rien attendre de lui, sans le solliciter, et sans volonté de profiter de sa générosité par principes et surtout par fierté de vivre à la sueur de mon front.
Je défends Tchiroma parce qu’il est, de nature, un homme bon et généreux, soucieux que chacun profite des richesses du pays quand il sera élu président ou jouera un rôle essentiel dans une opposition forte qui fait contrepoids un régime. En plus d’être un politicien fin et perspicace, capable de relever les défis complexes à la tête d’un pays moralement et patriotiquement décomposé comme le Cameroun, c’est un bagarreur né. Pour ceux qui l’ignorent, c’est lui qui a fait la grandeur à l’UNDP par son activisme et ses discours contre le pouvoir en place et son chef Biya.
Issa Tchiroma ferait un bon président grâce à ses qualités humaines, son expérience, ses compétences politiques et son don de rassembleur, sans bassesses tribalistes. Il n’est pas tribaliste, ce qui constitue une qualité vitale dans l’état actuel de notre pays, où l’administration a consacré le tribalisme comme mode de gouvernance et outil de manipulation politique.
En tant que membre du gouvernement, Issa Tchiroma fut un Robin des Bois comme le laisser faire le système dans laxisme formel. En tant que Président de la République, je n’ai aucun doute, il deviendra un Robin des Bois à la hauteur de sa mission de président et des défis de gestionnaire et décodeur premier du pays. Faisons lui confiance.
Kondengui, le 29 août 2025
Ousmanou Magadji
NB :Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement la position éditoriale d’Actu Cameroun.
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Filière lait : le PNUD appuie la transformation locale face à un déficit national de plus de 120 000 tonnes

(Investir au Cameroun) – Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) entend accompagner le Cameroun dans la transformation locale du lait, alors que la production nationale reste très inférieure à une demande estimée à plus de 300 000 tonnes par an. Cette coopération doit porter sur le montage de projets, l’amélioration de la collecte et de la conservation ainsi que le renouvellement générationnel au sein des communautés pastorales.
L’engagement a été évoqué le 23 juillet 2026, lors d’une rencontre entre le ministre de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales, Dr Taïga, et le représentant résident du PNUD au Cameroun, Mathieu Ciowela.
Les échanges ont porté sur une assistance technique à la préparation de projets, l’appui à la transformation du lait local et la préparation d’une relève au sein des communautés d’éleveurs. Le partenariat vise à corriger plusieurs faiblesses structurelles qui limitent encore la production et la commercialisation des produits laitiers camerounais.
Un déficit supérieur à 120 000 tonnes
Selon les données du ministère de l’Élevage, la production nationale de lait a atteint 176 618 tonnes en 2023, contre 173 907 tonnes en 2022, soit une progression précise de 1,6 %, généralement arrondie à 2 %.
Face à une demande intérieure supérieure à 300 000 tonnes par an, le déficit théorique dépasse 120 000 tonnes. Cet écart est en partie couvert par les importations de lait, de poudre et d’autres produits laitiers.
D’après l’Institut national de la statistique, cité parBusiness in Cameroon, le pays a consacré 40,6 milliards de FCFA à l’importation de 20 596 tonnes de lait et de produits laitiers en 2023. Les industries auraient parallèlement importé 17 217 tonnes de lait en poudre ou concentré, pour 35 milliards de FCFA.
Ces deux montants ne doivent toutefois pas être automatiquement additionnés : les importations industrielles de poudre et de lait concentré peuvent déjà être comprises dans la catégorie plus large du lait et des produits laitiers.
Collecte, chaîne du froid et transformation
L’appui du PNUD devrait porter sur l’amélioration des systèmes de collecte, de conservation et de transformation, le renforcement des capacités des éleveurs, des collecteurs et des unités de transformation, ainsi que l’adoption de technologies modernes.
La faiblesse de la chaîne du froid reste l’un des principaux obstacles au développement du secteur. Une partie du lait produit dans les bassins d’élevage ne peut être rapidement acheminée vers les centres de consommation ou les unités industrielles. L’insuffisance des équipements de conservation provoque ainsi des pertes après la traite et réduit les volumes commercialisés.
À ces contraintes s’ajoutent les faibles rendements de nombreuses races bovines, le coût de l’alimentation animale, la dispersion des producteurs et le nombre limité d’unités de transformation à proximité des zones de production.
Le développement de centres de collecte équipés, de moyens de transport réfrigérés et de petites unités de pasteurisation pourrait mieux connecter les éleveurs aux industries et aux marchés urbains.
Un plan de 305,7 milliards de FCFA jusqu’en 2035
Le gouvernement considère la filière laitière comme un axe de sa politique d’import-substitution. Au-delà de la réduction de la facture extérieure, une transformation accrue du lait local pourrait créer des débouchés pour les éleveurs, les transporteurs, les collecteurs et les entreprises agro-industrielles.
En juin 2024, le Cameroun a adopté un plan de développement du secteur laitier évalué à 305,7 milliards de FCFA pour la période 2024-2035. Il ambitionne de porter la production nationale à plus d’un million de tonnes à l’horizon 2035.
Cet objectif suppose de multiplier par près de six le niveau de production enregistré en 2023. Sa réalisation dépendra de la mobilisation effective des financements, de l’amélioration génétique du cheptel, du développement des cultures fourragères et de la construction d’infrastructures de collecte et de transformation.
L’intervention annoncée du PNUD pourrait aider à structurer certains projets et à renforcer leur viabilité technique et commerciale. Aucun montant, calendrier d’exécution ou portefeuille précis d’investissements n’a toutefois encore été communiqué.
Mercy Fosoh
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