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la Bamiphobie est une pure diversion qui ne s’appuie sur aucun argument

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la Bamiphobie est une pure diversion qui ne s’appuie sur aucun argument
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Selon l’analyste politique, la Bamiphobie n’a aucun fondement ; c’est une cause qu’on ne peut défendre nulle part, en dehors des réseaux sociaux.

Alors que le scrutin présidentiel arrive à grand pas, l’opinion camerounaise est s’agite autour d’une théorie qui refait surface : « la Bamiphobie ». Selon l’analyste Dieudonné Essomba, il s’agit ni plus ni moins d’une pure diversion, car il n’existe aucune loi qui oblige les gens à s’aimer les uns les autres. La loi demande de respecter le droit des autres, un point c’est tout !

« LA BAMIPHOBIE OU LA NOUVELLE TRAHISON DE CERTAINS INTELLECTUELS CAMEROUNAIS

Les élections s’approchent et il y a des attentes claires et précises des populations camerounaises vis-à-vis de leurs intellectuels : les éclairer sur les principaux défis du Cameroun et guider leurs suffrages de manière pertinente vers les candidats les plus aptes à les surmonter.

Les défis sont extrêmement nombreux et doivent servir d’ossature du débat. On peut citer les crises économiques à répétition, le blocage politique, le communautarisme politique, l’illiquidité du trésor Public, l’extrême polarisation du développement, etc.

Mais loin de ce travail utile, certains intellectuels préfèrent la diversion, à travers cette fameuse idéologie de la Bamiphobie sans aucun fondement.

Tout peuple a parfaitement le droit de se plaindre d’être marginalisé ou proscrit. Mais quand il se plaint, il s’adresse, évidemment soit aux autres peuples de la terre comme témoins, soit aux institutions nationales et internationales.

Cela suppose qu’il dispose des arguments sérieux pour justifier sa plainte, et ces arguments sont de quatre ordres :

1. des indicateurs statistiques qui établissent sa marginalisation, en montrant qu’il est mal représenté par rapport à sa démographie
2. des dispositions institutionnelles qui, de manière claire et ciblée, lui récusent un droit qu’elles donnent aux autres
3. la tolérance, voire l’encouragement par les autorités publiques des discours et publications le stigmatisant comme un peuple indésirable.
4. la violation des droits historiques légitimes

Muni de ces arguments, le peuple en question peut donc aller se présenter aux Nations-Unies ou toute autre instance internationale, et plaider sa cause pour obtenir réparation ou réclamer la protection. IL bénéficie, pour ce faire, de l’accompagnement d’une kyrielle d’ONG dédiées à la défense des droits des peuples.

Voilà ce qu’on attend des théoriciens de la Bamiphobie. Mais qu’est-ce que ces gens peuvent présenter comme arguments aux Nations-Unies, à d’autres instances de protection des peuples ou à la Communauté Internationale ?

Quel dossier technique, étayé par des arguments probants, ces zélés défenseurs de la Communauté Bamiléké peuvent présenter à des juges extérieurs pour justifier leurs thèses ?

Quelle est l’ONG, parmi les milliers dédiés à la défense des peuples, a émis la moindre alerte sur le sort des Bamiléké au Cameroun. ?

Rien du tout, en dehors d’un maigre cafouillis de ragots attribués à deux ou trois individus, des interprétations tendancieuses de quelques personnalités publiques sorties de leur contexte et des renvois à ce qu’aurait dit un colon.

Quelqu’un aurait dit qu’un Bamileke ne peut pas être Président : et alors ? Est-ce que c’est lui qui nomme les Présidents au Cameroun ? C’est lui qui a d’abord nommé les deux seuls Présidents que le Cameroun a eus, à savoir Ahidjo et Biya ?

Ce qui est important ici, c’est la loi ! Il n’existe aucune loi au Cameroun qui exclut une communauté des élections ! Et tous les Bamileke qui ont voulu se présenter aux présidentielles en respectant la loi ont été retenus. Kamto lui-même a été retenu en 2018.

On nous cite une sorte de haine généralisée, en évoquant les sentiments strictement personnels des citoyens. Mais les sentiments n’ont jamais géré un pays ! Ce qui gère un pays, c’est la loi ! Dans notre environnement, le moindre succès vous attire toujours la jalousie et la défiance des autres, mais il n’existe aucune loi qui interdit d’avoir des sentiments ! La seule chose que la loi demande, c’est de respecter le droit des autres !

Dans nos quartiers, il y a des gens détestés par une grande majorité de la population. Ils n’ont jamais porté plainte pour cela, et pour cause, il n’existe aucune loi qui oblige les gens à s’aimer les uns les autres. La loi demande de respecter le droit des autres, un point c’est tout !

On nous cite les pratiques coloniales qui auraient inauguré la Bamiphobie ! Bon Dieu, les Camerounais ne se déterminent pas par rapport aux colons, mais uniquement par rapport au vécu et aux rapports plus concrets qu’ils entretiennent entre eux au quotidien.

Enfin, on nous présente Kamto comme la victime emblématique de la Bamiphobie ! Assez étrangement, les mêmes déclarent partout que la « satrapie » de Biya ne peut pas perdre les élections qu’elle les trafique. Mais justement, est-ce que c’est Kamto et seulement Kamto qui allait empêcher Biya de trafiquer les élections parce qu’il est Bamileke? Avec quels moyens opérationnels ? les aboiements hystériques de Facebook ?

Allons ! Allons ! Outre une incroyable constellation de fautes dont chacune justifiait sa disqualification, Kamto a fait ce qu’il ne faut jamais faire avec le régime de Yaoundé : contester et intimider les institutions !

Au Cameroun, et bien avant l’indépendance, cela ne se fait pas ! Toute contestation se passe à l’intérieur des institutions et dans leur strict respect. Tous ceux qui s’en écartent sont impitoyablement écartés, car le système est totalement allergique aux pressions insurrectionnelles ou révolutionnaires.

Et aujourd’hui plus qu’hier. La bureaucratie centrale est attachée à ses privilèges et ne tolèrera jamais que des initiatives mal contrôlées viennent perturber sa sérénité.

En définitive, la Bamiphobie est une pure diversion qui ne s’appuie sur aucun argument. Et la comparer à la crise anglophone est une fumisterie : les Anglophones ont connu un parcours historique différent, cela n’est contesté par personne, et ils se sont réunis aux Francophones sur la base d’un Etat fédéral qui a été supprimé. Quelle que soit l’opinion qu’on peut avoir, leur cause est argumentée et parfaitement audible. Elle fait l’objet des contentieux officiels auprès des organisations internationales.

La Bamiphobie n’a aucun fondement ; c’est une cause qu’on ne peut défendre nulle part, en dehors des réseaux sociaux.

C’est un perd-temps, une diversion stérile qui prolonge l’imbécile débat sur le mandat impératif.

Débattons des programmes : c’est cela que le peuple camerounais attend de nous. Maintenant.

Dieudonné Essomba »

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L’IA, nouveau moteur de la coopération médiatique entre la Chine et l’Afrique

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L’IA, nouveau moteur de la coopération médiatique entre la Chine et l’Afrique
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Réunis à Beijing pour le 7ᵉ Forum sur la coopération des médias sino-africains, responsables et acteurs des médias ont mis en avant le rôle émergent de l’intelligence artificielle (IA) comme moteur de coopération.

« L’IA, la transformation numérique, les nouvelles plateformes de contenu et l’évolution des comportements du public sont en train de bouleverser en profondeur la manière dont les événements sont produits, diffusés et consommés », a déclaré, lors du forum, Grégoire Ndjaka, directeur général de l’Union africaine de radiodiffusion (UAR), se félicitant par ailleurs de la dynamique de coopération entre la Chine et l’Afrique dans ce domaine.

Pour Chernor Abduli Bah, ministre sierra-léonais de l’Information et de l’Éducation civique, une collaboration plus poussée avec la Chine dans l’IA est souhaitable. « La Chine a acquis au fil des ans un savoir-faire et un professionnalisme exceptionnels », a-t-il déclaré. « Il ne s’agit pas seulement pour nous de tirer profit de la technologie chinoise. Il faut aussi participer au processus de création de modèles et de technologies d’IA afin que ces modèles puissent répondre à nos besoins. »

Abondant dans le même sens, le chroniqueur kényan Macharia Gaitho du journal Daily Nation a mis l’accent sur les réalités du terrain. Il a noté que si la Chine était à la pointe de l’IA, l’Afrique en était encore à ses premiers pas, mais que les possibilités de coopération étaient immenses. L’IA est en train de devenir un outil incontournable pour les médias, avec des applications aussi variées que la recherche d’informations, l’analyse de données, la rédaction de scripts, la création de contenus, voire la conception de présentateurs virtuels, a fait remarquer le journaliste, ajoutant que les médias africains avaient beaucoup à gagner de l’expérience chinoise.

La ministre togolaise de la Communication, Yawa Ahofa Kouigan, a pour sa part salué l’initiative chinoise d’organiser ce forum. Elle apprécie grandement la position de la Chine en faveur d’une approche open source dans le développement de l’IA, gage d’inclusion et de réduction de la fracture numérique. Elle a par ailleurs cité en exemple le complexe audiovisuel moderne construit par la Chine pour la télévision togolaise et Radio-Lomé, un motif de fierté nationale, et a exprimé le souhait de voir se multiplier les coproductions radiophoniques et télévisuelles pour renforcer la compréhension mutuelle.

Le forum, coorganisé par l’Administration nationale de la radio et de la télévision de Chine, le gouvernement municipal de Beijing et l’UAR, a réuni environ 400 délégués de la Chine et de 45 pays africains.

Organisé pour la première fois en 2012, ce forum est devenu une plateforme clé pour le dialogue médiatique entre les deux parties.

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Effoudou accuse la DGRE de le viser en France

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Effoudou accuse la DGRE de le viser en France
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L’ex-officier Donald Effoudou affirme qu’une équipe de la DGRE veut l’assassiner en France.

L’ancien officier camerounais Donald Effoudou affirme qu’une équipe de la Direction générale de la recherche extérieure (DGRE) a été déployée en France pour l’assassiner. Cette accusation a été relayée par Camer.be via AllAfrica. Elle intervient alors que l’ex-capitaine vit en Europe depuis près de trois ans, selon des éléments concordants.

Les informations vérifiables à ce stade restent partielles. Le profil de Donald Effoudou est confirmé: il est présenté comme un ancien responsable du renseignement à l’état-major particulier du président Paul Biya. Son exil en Europe est également mentionné dans des sources concordantes. En revanche, l’existence d’une opération menée par la DGRE en France n’a pas été établie par une enquête judiciaire indépendante.

Dans ses déclarations, Effoudou relie la menace qu’il dit subir à l’affaire Martinez Zogo. Il soutient que des éléments de la DGRE auraient agi dans cet assassinat. Le procès lié à la mort du journaliste se déroule bien devant le Tribunal militaire de Yaoundé, mais le détail précis des responsabilités invoquées par Effoudou n’est pas confirmé par les éléments disponibles.

Des accusations graves, peu d’éléments publics

Le texte source évoque aussi une radiation de l’armée camerounaise en date du 25 juin 2026 pour « inconduite habituelle ». Il mentionne encore une interview accordée le 24 juillet 2026 au journaliste Morgan Palmer, d’une durée de 27 minutes.

Autre point avancé: plusieurs personnes seraient poursuivies dans le dossier Martinez Zogo, dont des responsables de la DGRE. L’existence du procès est confirmée, mais le nombre exact de personnes cité par la source n’a pas été établi de façon indépendante.

Les réactions contradictoires soulignent l’absence, pour l’heure, de preuves publiques suffisantes. La source affirme qu’un ancien légionnaire français mis en cause par Effoudou a déposé plainte en diffamation en France. Elle évoque aussi des contestations formulées par des avocats liés à d’anciens responsables de la DGRE.

Le dossier reste donc au stade d’allégations. Toute évolution dépendra d’éventuelles plaintes, d’enquêtes officielles ou de nouveaux éléments matériels.

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le spectaculaire revirement qui interroge

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le spectaculaire revirement qui interroge
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L’homme d’affaires qui avait accusé Issa Tchiroma Bakary de trahison pour avoir refusé de destituer Paul Biya affirme désormais soutenir ce dernier et se dit prêt à collaborer avec son gouvernement. Au Cameroun, où un conflit armé a déjà démontré la rapidité avec laquelle une résistance politique de masse peut se transformer en une guerre renforçant l’État même qu’elle était censée affaiblir, ce revirement mérite plus que de la surprise. Il mérite un examen approfondi.

Ben Modo a accompli un parcours politique extraordinaire. Avant l’élection présidentielle camerounaise d’octobre 2025, il a publiquement apporté son soutien à Tchiroma, appelant les candidats de l’opposition à s’unir autour de lui. Après le scrutin, il est allé plus loin, affirmant la victoire de Tchiroma et accusant le gouvernement Biya de se maintenir au pouvoir illégitimement.

Puis est venu un acte bien plus lourd de conséquences qu’un simple soutien politique. Modo a commencé à promouvoir ce qu’il présentait comme une voie révolutionnaire pour renverser le gouvernement. Un document diffusé en son nom allait jusqu’à décrire une « Révolution armée » menée par Modo lui-même, avec Tchiroma envisagé comme président de transition. Le plan prévoyait même l’intégration ultérieure des participants à une nouvelle armée et leur amnistie.

Face au refus de Tchiroma, Modo s’est retourné contre lui. Il l’a accusé d’abandonner la lutte, de laisser s’effondrer la pression post-électorale et de saboter ce qu’il qualifiait de mouvement révolutionnaire. Les médias de l’époque ont souligné qu’une partie du différend portait sur la création d’un groupe armé de pression. Une stratégie contestée par les critiques, car on ignorait même qui une telle force était censée combattre. En avril, Modo s’est de nouveau adressé à Tchiroma en l’appelant « Président élu ». Il a ensuite proposé un accord d’un montant de 125 milliards de dollars, affirmant que sa signature pourrait instaurer un changement politique sous 90 jours environ. Tchiroma a refusé de signer.

Un partisan de Biya ? Vraiment ?

Aujourd’hui, Modo déclare soutenir Paul Biya et son gouvernement et se dit prêt à collaborer avec eux pour le développement du Cameroun. Il ne s’agit pas d’un simple désaccord politique. Cela change complètement la donne. L’homme que Tchiroma était censé trahir soutient désormais le gouvernement contre lequel il a refusé de se battre.

Le principal reproche de Modo à l’encontre de Tchiroma était, en substance, de ne pas être allé assez loin. Tchiroma avait mobilisé un large électorat autour d’une élection, et quel que soit l’avis que l’on porte sur son long parcours au sein du gouvernement Biya, sa stratégie post-électorale ne s’est pas transformée en déclaration de guerre. Modo a perçu cette retenue comme une trahison.

Or, celui qui réclamait la confrontation soutient publiquement le gouvernement même contre lequel il voulait déclencher cette confrontation. Alors, qui a trahi qui ? Si le refus d’une lutte armée a fait de Tchiroma un traître en février, que fait Ben Modo, en soutenant Paul Biya, de son soutien en août ?

Et plus important encore : qu’adviendrait-il du Cameroun si Tchiroma avait réellement accepté la stratégie de Modo ? Cette question est cruciale car le Cameroun a déjà vécu cette expérience. On l’appelle la crise anglophone.

Le Cameroun sait déjà ce qui arrive lorsque des manifestations politiques de masse dégénèrent en guerre. La crise anglophone n’a pas commencé avec les armées. Elle a débuté en 2016 avec des avocats, des enseignants, des professionnels et de simples citoyens protestant contre les dysfonctionnements du système judiciaire, de l’éducation, de la langue, de la gouvernance et la marginalisation politique. Le mouvement était vaste, civil et capable de mobiliser des communautés entières. La répression gouvernementale a contribué à sa radicalisation, selon Human Rights Watch, et ce qui avait commencé comme une protestation a fini par se transformer en conflit armé séparatiste.

Un changement fondamental s’est produit lorsque les armes ont remplacé les manifestations. Un mouvement pacifique peut rassembler des centaines de milliers, voire des millions de citoyens. Une lutte armée, non. Dès lors que la politique se mue en guerre, la participation passe de la population à un petit nombre d’individus armés, et le conflit n’oppose plus principalement un gouvernement et des citoyens réclamant le changement ; il devient une confrontation sécuritaire entre l’État et des groupes armés.

Cette distinction s’est avérée extrêmement utile au gouvernement de Biya. Les manifestants pacifiques posent un problème politique ; Les combattants armés posent un problème de sécurité, et les gouvernements savent comment y répondre : déploiement de troupes, mesures d’urgence, arrestations, lois antiterroristes, restrictions de circulation et discours sécuritaire. Le grief politique à l’origine de la crise passe au second plan.

Puis la révolution se mue en économie

Près d’une décennie plus tard, le conflit anglophone n’a libéré personne. Human Rights Watch a documenté de graves exactions commises tant par les forces gouvernementales que par les séparatistes armés : meurtres, enlèvements, destructions de biens, torture et extorsion. Des recherches plus récentes, menées dans les pays d’origine, révèlent une réalité encore plus inquiétante : à mesure que le conflit devenait plus lucratif, certains groupes armés se sont adonnés de plus en plus aux enlèvements, à l’extorsion et à la taxation des civils, tandis que les objectifs idéologiques des factions fragmentées s’affaiblissaient.

C’est une économie de guerre, et les anglophones ordinaires s’y sont retrouvés piégés, pris entre des forces prétendant les protéger et des groupes armés prétendant les libérer. Payer les séparatistes, c’est s’exposer à une accusation de collaboration de la part des forces gouvernementales ; refuser, c’est s’exposer à des représailles. Le civil devient la source de revenus.

C’est la leçon à laquelle quiconque propose une nouvelle « révolution armée » au Cameroun aurait dû répondre. Qui combattrait ? Qui les financerait ? Qui les commanderait ? Qui attaqueraient-ils ? Qui les arrêterait une fois que la violence politique dégénérerait en enlèvements, racket et vengeance ? Et qui garantirait que les civils ne deviendraient pas, une fois de plus, le champ de bataille ? Ces questions n’ont jamais été purement théoriques. Le Cameroun compte déjà les victimes.

Et politiquement, à qui cela profitait-il ?

C’est là que l’histoire de Ben Modo prend une tournure bien plus sombre. La guerre anglophone n’a pas seulement dévasté des communautés ; elle a redessiné la carte électorale. Avant le conflit, le Nord-Ouest, en particulier, était le bastion historique du Social Democratic Front (SDF), qui dominait autrefois la représentation parlementaire dans cette région. Avec la montée de l’insécurité, les séparatistes ont attaqué les élections, menacé les électeurs et ciblé les hommes politiques, y compris les candidats du SDF. Human Rights Watch a documenté les enlèvements de personnalités politiques de l’opposition et des actes d’intimidation si graves qu’ils ont empêché le SDF de mener campagne normalement dans ses propres fiefs.

Avant les élections de 2020, l’International Crisis Group avait prévenu que ce contexte favoriserait précisément le RDPC : les candidats de l’opposition ne pourraient pas faire campagne en toute sécurité, la participation serait faible et la domination du parti au pouvoir s’étendrait. C’est ce qui s’est produit. Les FDS se sont effondrées, passant de 18 à 5 sièges au Parlement, tandis que le RDPC a finalement remporté les 13 sièges mis en jeu lors des élections partielles dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, régions ravagées par le conflit. Une guerre, censée viser Yaoundé, a contribué à chasser l’un des plus farouches opposants de la ville d’une grande partie de son territoire historique.

L’ironie de la situation est devenue encore plus flagrante lors de l’élection présidentielle de 2025. Selon les résultats officiels, Paul Biya a obtenu 86,31 % des voix dans le Nord-Ouest et 68,79 % dans le Sud-Ouest – des régions où le séparatisme armé conteste depuis des années la légitimité de l’État camerounais. La participation officielle a été enregistrée à environ 47 % et 46 % respectivement, malgré les déplacements de population, l’insécurité et les restrictions imposées au vote par les séparatistes.

Le RDPC a-t-il collaboré avec les séparatistes ?

Les FDS sont allées plus loin. En février 2026, le parti a formellement accusé certaines élites du RDPC d’avoir collaboré avec des combattants ambazoniens pour faciliter des fraudes électorales lors des élections. Il s’agit toujours d’une allégation et non d’une conclusion judiciaire établie, mais elle émane du parti politique qui a sans doute payé le prix électoral le plus élevé du conflit. Le constat est sans appel : le conflit armé a objectivement réduit l’espace dans lequel l’opposition pouvait s’organiser, tout en renforçant l’emprise du RDPC sur des territoires où il avait historiquement des difficultés. Cela devrait inquiéter quiconque aspire véritablement à un changement politique.

Les armes affaiblissent les mouvements d’opposition

Considérons deux scénarios. Dans le premier, un million de Camerounais refusent pacifiquement de reconnaître le résultat des élections : ils manifestent, font grève, s’organisent, documentent les résultats, font pression sur les institutions et contraignent le gouvernement à faire face à une crise de légitimité devant le pays et le monde. Dans le second, plusieurs centaines ou plusieurs milliers d’hommes prennent les armes.

Lequel est le plus facile à gérer pour un gouvernement autoritaire ? La seconde option, et de loin. L’État dispose d’une armée, de services de renseignement, de prisons et d’un contrôle administratif du territoire. Il peut qualifier les opposants armés de terroristes, restreindre les manifestations au nom de la sécurité et persuader ses partenaires étrangers que le véritable enjeu est la stabilité plutôt que la démocratie. Dès lors que la violence de l’opposition éclate, chaque abus du gouvernement peut être rebaptisé opération de contre-insurrection. Le champ politique se trouve alors complètement bouleversé.

C’est pourquoi l’insistance de Modo sur la révolution mérite un examen rétrospectif, maintenant que Modo lui-même affirme soutenir Biya. S’agissait-il d’une résistance objective ou d’une militarisation de la résistance ?

La question des intentions – et ce qu’il est légitime de demander

Il n’existe actuellement aucune preuve que Ben Modo agissait secrètement pour le compte du gouvernement Biya tout en soutenant Tchiroma, et il serait irresponsable de présenter cette théorie comme un fait avéré. Cependant, sa propre conduite rend la question légitime, car les résultats peuvent être examinés même lorsque les intentions ne peuvent être prouvées.

Modo est intervenu dans le débat post-électoral en prônant l’escalade. Tchiroma a refusé. Modo l’a accusé de trahison, puis a proposé un arrangement visant à destituer le gouvernement et à transférer le pouvoir – et soutient désormais ce gouvernement. Cette suite de faits soulève une question cruciale : Modo cherchait-il réellement à démanteler le système Biya, ou son intervention, intentionnelle ou non, visait-elle à détourner une résistance civile potentiellement massive du terrain où le régime était le plus vulnérable et à la diriger vers celui où il était le plus fort ? Un million d’électeurs en colère représentent un danger politique. Quelques groupes armés sont militairement maîtrisables. L’histoire récente du Cameroun le démontre.

Jamais un étranger

Un autre détail troublant : Modo n’a jamais vraiment été un étranger. Il n’est pas issu d’une longue carrière politique d’opposition. Des années avant de devenir l’un des plus virulents critiques de Biya, il louait publiquement le programme de développement du président, qualifiant l’initiative « Émergence 2035 » de louable. Sa société, Prime Potomac, a entretenu des relations commerciales importantes avec l’État camerounais, notamment par le biais de contrats d’infrastructures sportives à Garoua – des négociations que Modo lui-même a décrites avoir menées à la présidence. Pas plus tard qu’en juin 2026, il s’opposait publiquement au ministère des Sports au sujet de ces mêmes projets, tout en insistant sur le fait que Prime Potomac pouvait obtenir un financement indépendant pour les mener à bien.

Rien de tout cela ne prouve l’existence d’un complot. Les hommes d’affaires peuvent s’opposer aux gouvernements avec lesquels ils ont des contrats ; d’anciens soutiens peuvent sincèrement changer d’avis ; les acteurs politiques sont en droit de les faire changer d’avis à nouveau. Mais lorsqu’une personne passe du soutien au régime à l’exigence de son renversement, puis à la proposition d’une révolution armée, à la dénonciation d’un chef de l’opposition qui refusait l’escalade, et enfin au soutien du régime, le public est pleinement en droit de réexaminer l’ensemble de ce parcours. Il s’agit d’un revirement complet, bien plus important qu’un simple changement de cap. Au regard du parcours de Modo sur le long terme, cela ressemble presque à un retour aux sources.

Ben Modo doit désormais répondre à des questions

Modo est libre de soutenir Paul Biya. Ce qu’il ne peut raisonnablement espérer, c’est que les Camerounais oublient les risques qu’il a incités d’autres à prendre lorsqu’il s’opposait à lui. Croyait-il vraiment à la nécessité d’une confrontation armée ? Si oui, pourquoi le gouvernement qu’il voulait destituer mérite-t-il aujourd’hui son soutien ? Si le régime de Biya était suffisamment dangereux pour justifier une « révolution armée », quelle transformation fondamentale s’est opérée depuis ? Tchiroma était-il véritablement un traître pour avoir refusé cette stratégie ? Modo lui-même aurait-il combattu si la guerre avait éclaté ? Qui étaient ces personnes censées se battre et qui les auraient enterrées ?

Et après la leçon du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, avec des milliers de morts, des centaines de milliers de déplacés, des civils victimes d’extorsion et des structures d’opposition anéanties, après que le RDPC se soit retiré plus fort d’un territoire qu’il avait autrefois du mal à conserver, pourquoi a-t-on un jour présenté aux Camerounais une nouvelle confrontation armée comme une libération ?

Peut-être Ben Modo a-t-il des réponses parfaitement raisonnables. Il devrait les fournir. Car le véritable enjeu n’est plus son soutien à Paul Biya. La question plus sérieuse est de savoir si les Camerounais qui ont résisté aux appels à transformer la crise post-électorale en une nouvelle guerre comprenaient bien mieux le système de Biya que celui qui les traitait de lâches et de traîtres.

Et peut-être la question la plus dérangeante de toutes : si le chemin mène de nouveau à Paul Biya, pour quoi exactement Ben Modo demandait-il aux Camerounais de se battre, et peut-être même de mourir ?

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