La célèbre avocate et militante des droits humains Alice Nkom monte au créneau contre le rejet de la candidature de Maurice Kamto à la présidentielle camerounaise de 2025. Elle accuse le régime de Paul Biya de « confisquer » la démocratie en écartant un opposant majeur, malgré le respect des conditions légales.
Alice Nkom accuse le régime Biya de saboter la démocratie
Figure emblématique du barreau camerounais et fervente défenseuse de l’opposant Maurice Kamto, Alice Nkom n’a pas mâché ses mots après le rejet de la candidature de ce dernier à l’élection présidentielle de 2025. Dans une déclaration musclée, largement relayée sur les réseaux sociaux, elle s’en prend directement au président Paul Biya, l’accusant de saper les fondements mêmes de la démocratie au Cameroun.
Réagissant à une déclaration récente de Biya, dans laquelle le chef de l’État affirmait que « la liberté ne doit pas être confondue avec l’anarchie » et que « l’exercice de la liberté suppose conscience et responsabilité », l’avocate a répliqué fermement :
« Nous sommes d’accord : la liberté n’est pas l’anarchie. Mais la confiscation du droit de choisir n’est pas non plus la responsabilité »,a-t-elle déclaré.
Un rejet qui suscite l’indignation
L’exclusion de Maurice Kamto, porté par le parti MANIDEM, a provoqué une vague de critiques à l’encontre d’ELECAM, l’organe en charge des élections, accusé de partialité. Pour Alice Nkom, ce rejet constitue un acte grave contre la participation démocratique :
« La liberté, c’est de pouvoir se présenter à une élection quand on remplit toutes les conditions »,a-t-elle rappelé.
Elle fustige ce qu’elle qualifie de« faute grave », soulignant que même les adversaires politiques de Kamto reconnaissent son poids populaire : « La conscience, c’est de reconnaître que l’exclusion arbitraire d’un candidat légitime est une faute grave »,insiste-t-elle.
Un processus électoral contesté
Au total, 83 dossiers de candidature ont été déposés auprès d’ELECAM. Seuls 13 ont été validés. Parmi les 70 recalés figure celui de Kamto, officiellement rejeté en raison du dépôt de plusieurs candidatures par le MANIDEM. Un motif que plusieurs observateurs jugent douteux, d’autant que d’autres partis comme l’UNIVERS ou même le RDPC du président Biya ont également présenté plusieurs postulants sans subir le même sort.
Pour Alice Nkom, la véritable responsabilité d’un régime démocratique est d’assurer l’équité électorale :
« La responsabilité, c’est de garantir un processus électoral équitable, pas de verrouiller la démocratie »,a-t-elle martelé.
Des voix qui s’élèvent dans l’opposition
La contestation ne vient pas que d’Alice Nkom. L’ancien candidat Akere Muna, investi cette année par le parti UNIVERS, a exprimé sa« vive inquiétude »après l’invalidation du dossier de Kamto, pointant un manque criant de transparence. De son côté, la militante Alice Sadio a averti que le Cameroun risque de devenir« la risée de l’Afrique subsaharienne »en raison de ce recul démocratique.
Vers une bataille juridique devant le Conseil constitutionnel
Refusant de céder, le MANIDEM a annoncé avoir fait appel de la décision d’ELECAM. Le dossier est désormais entre les mains du Conseil constitutionnel, dernier recours pour rétablir la candidature de Maurice Kamto à l’élection présidentielle prévue en 2025.














