Le pays du Soleil-Levant renforce son partenariat avec le Cameroun en finançant un ambitieux projet piscicole. Objectif : booster la production locale et limiter les importations de poisson, qui pèsent lourd sur la balance commerciale.
Un soutien nippon pour l’autosuffisance halieutique
C’est un nouveau coup de pouce significatif pour le secteur agricole camerounais. Le Japon a officialisé, ce mercredi à Yaoundé, un financement de1,2 milliard de FCFAen faveur duProjet de promotion de la filière pisciculture continentale (Profip). Une enveloppe qui s’inscrit dans le cadre duPlan intégré d’import-substitution halieutique et agropastoral (PIISAH), dont l’objectif est clair : réduire la dépendance du Cameroun aux produits halieutiques importés.
Lors de la cérémonie de lancement, présidée par leministre des Pêches, de l’Élevage et des Industries animales, Dr Taïga, les représentants de l’ambassade du Japon ont réaffirmé leur engagement aux côtés du Cameroun. Un partenariat de longue date, matérialisé par plusieurs projets dans les domaines de l’agriculture, de la santé et de l’éducation, portés par l’agence nipponeJICA.
476 000 tonnes de déficit annuel : l’urgence d’agir
Le constat est sans appel : le Cameroun souffre d’undéficit chronique en produits halieutiques, évalué à plus de476 000 tonnes par an. Résultat, le pays doit importer massivement du poisson, ce qui alourdit considérablement sa facture commerciale.
« Le secteur halieutique, tout comme celui du riz, est l’un des principaux contributeurs au déficit de notre balance commerciale », a rappelé le ministre Taïga. Pour inverser la tendance, les autorités misent désormais sur le développement defermes piscicoles modernes et durables, capables de répondre à la demande intérieure.
Expertise japonaise et professionnalisation de la filière
Sur une période decinq ans, les fonds débloqués par Tokyo serviront notamment àmobiliser des expertspour accompagner la mise en œuvre du Profip. L’objectif ?Professionnaliser la filière, améliorer les rendements et dynamiser toute la chaîne de valeur, de la production à la commercialisation.
Ce projet s’ajoute à une série d’initiatives visant à renforcer lasécurité alimentaireet àcréer des emplois en milieu rural. Une stratégie gagnant-gagnant, qui pourrait, à terme, réduire la pression sur les importations tout en stimulant l’économie locale.
À suivre: les prochaines étapes concrètes de ce partenariat, alors que le Cameroun continue de diversifier ses sources de production agricole.














