Sur le plateau de Bnews1, un vif échange a opposé deux figures de la scène politique camerounaise autour de la candidature de Maurice Kamto à l’élection présidentielle de 2025, désormais portée par le MANIDEM. Le député Bengono, proche du pouvoir, a tenté de justifier cette adhésion en invoquant une obligation légale. Mais cette version a rapidement été battue en brèche par l’honorable Cabral Libii, qui a remis les pendules à l’heure.
Cabral Libii dément, Bengono déraille
Selon Bengono, Kamto aurait été contraint de rejoindre formellement le MANIDEM pour pouvoir être investi, comparant la situation à celle de Cabral Libii en 2018, candidat à la présidentielle sous les couleurs du parti Univers. Problème : Cabral Libii lui-même est intervenu pour corriger le tir, affirmant n’avoir jamais été militant d’Univers, malgré son investiture.
« Aucune loi camerounaise n’exige une telle adhésion pour être candidat », a-t-il précisé, démentant catégoriquement l’argument juridique avancé par son collègue. Une clarification qui remet en cause la version officielle portée par Bengono, dont la sortie révèle un manque de rigueur embarrassant pour un élu siégeant à l’Assemblée nationale.
Un choix politique assumé
Ce rappel de Cabral Libii met en lumière la véritable nature du rapprochement entre Kamto et le MANIDEM : une décision éminemment stratégique. En devenant membre à part entière du petit parti d’opposition, l’ancien candidat du MRC entend contourner les blocages administratifs et politiques orchestrés autour de son propre parti.
Plutôt que de risquer une disqualification sur des bases juridiques contestables, Kamto opte pour une voie détournée mais parfaitement légale. Une manière de prendre de court les manœuvres du RDPC, et de maintenir sa candidature dans la course sans s’exposer à un nouveau bras de fer institutionnel.
Une présidentielle déjà sous tension
Cet épisode illustre la fébrilité croissante à l’approche du scrutin du 12 octobre 2025, où chaque camp affûte ses armes. Entre stratégies d’alliance, jeux de posture et interprétations parfois fantaisistes du droit électoral, la campagne semble bel et bien lancée — même si elle ne dit pas encore son nom.
Avec cette nouvelle polémique, Maurice Kamto confirme qu’il reste une figure centrale de l’opposition, capable de déjouer les pièges tendus sur son chemin. Et si certains acteurs tentent de brouiller les cartes, les faits, eux, finissent toujours par remettre les débats sur les rails.














