Yaoundé– Le gouvernement camerounais passe à la vitesse supérieure dans la modernisation de ses finances publiques. Dans un arrêté signé ce 28 mai 2025, le Premier ministre Joseph Dion Ngute donne trois mois aux administrations publiques pour se connecter àTresor Pay, la plateforme électronique dédiée aux recettes non fiscales et aux paiements de l’État. Un ultimatum qui ne souffre aucune exception : après ce délai, les structures récalcitrantes verront leurs propres systèmes de paiement purement et simplement fermés.
Une dématérialisation désormais obligatoire
L’objectif est clair : faire deTresor Payl’unique outil de gestion des flux financiers publics. «La plateforme devient le canal exclusif pour l’encaissement des recettes et le règlement des dépenses de l’État et des entités publiques», précise le texte. Une manière de centraliser et de sécuriser des transactions jusqu’ici éparpillées entre différents circuits, parfois opaques.
Paiements mobiles, virements bancaires, cartes, terminaux électroniques… Tous les moyens de paiement dématérialisés sont concernés. Seule condition : qu’ils transitent désormais par cette plateforme unique.
Modernisation ou sanction ?
Derrière cette injonction se cache un double enjeu. Officiellement, il s’agit de lutter contre les fuites de recettes et d’accélérer la digitalisation de l’administration. Mais l’échéance serrée – trois mois à peine – et la menace de fermeture des plateformes alternatives laissent peu de place aux atermoiements.
«C’est une bonne initiative, mais certaines structures ne sont pas techniquement prêtes», confie sous anonymat un cadre du ministère des Finances. Entre retard d’équipement et résistances au changement, le compte à rebours s’annonce tendu pour certaines administrations.
Transparence ou contrôle renforcé ?
Si le gouvernement met en avant lasécurisation des fonds publics, certains observateurs y voient aussi un moyen de resserrer la vis sur la gestion financière des services de l’État. Avec Tresor Pay, plus de transactions hors radar : chaque cauris entrant ou sortant sera traçable.
Reste à savoir si le délai imparti sera suffisant pour former les agents et adapter les infrastructures. Une chose est sûre : après le 28 août 2025, les récalcitrants ne pourront plus invoquer le manque de temps.














