Lors d’un meeting tenu samedi 31 mai sur la place de la République à Paris, Maurice Kamto, figure de proue de l’opposition camerounaise et président du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), a surpris plus d’un avec une déclaration pour le moins inattendue. Devant une foule de sympathisants venus en nombre, il a affirmé sans détour : « Rien n’arrivera à Monsieur Biya et sa famille. Il aura toute ma protection. »
Une promesse choc qui enflamme les réseaux
Dans un discours aux allures de discours présidentiel, Kamto a lancé : « Quand vous m’aurez fait l’honneur de me confier les rênes de notre pays, vous pouvez être sûrs : rien n’arrivera à Monsieur Biya et sa famille. Rien, je m’en porte garant. »
Des propos qui n’ont pas tardé à faire le tour des réseaux sociaux, provoquant un véritable raz-de-marée de réactions. Entre scepticisme, colère et interrogations, les internautes camerounais n’ont pas mâché leurs mots. Pour certains, cette sortie de l’opposant symbolise une stratégie de réconciliation nationale. Pour d’autres, elle frôle la compromission avec un régime en place depuis plus de quatre décennies.
Le RDPC contre-attaque : « une promesse électorale minable »
La réponse du camp présidentiel ne s’est pas fait attendre. Grégoire Owona, secrétaire général adjoint du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC), a fustigé l’intervention de Kamto dans un message publié sur les réseaux du parti. Il y dénonce une « promesse électorale minable » et accuse le leader du MRC de faire du populisme à l’approche des échéances politiques.
Kamto poursuit sa tournée européenne
Cette sortie médiatique intervient alors que Maurice Kamto est en pleine tournée européenne, multipliant les rencontres avec les cadres et sympathisants de son mouvement. Si le président Paul Biya, âgé de 91 ans, ne s’est toujours pas exprimé sur une éventuelle nouvelle candidature à la tête du pays, les grandes manœuvres politiques, elles, sont bel et bien lancées.
Dans ce climat électoral naissant, les mots de Kamto résonnent comme un message fort à la fois à ses partisans et à ses adversaires : celui d’un homme qui entend gouverner sans esprit de revanche, tout en gardant les yeux rivés sur l’objectif — l’alternance au sommet de l’État.














