La grogne des enseignants camerounais vient de passer à la vitesse supérieure. Le Collectif des organisations de l’éducation (Corec) menace désormais de perturber les examens de fin d’année. En cause : des mois de négociations au point mort avec le gouvernement sur leur statut et leurs salaires.
Tout a commencé fin 2023. Le Corec, qui rassemble 19 syndicats, avait remis au ministère de la Fonction publique une proposition de statut spécial pour les profs. Mais depuis, silence radio. «Le dossier traîne dans les tiroirs du ministère», peste un responsable syndical qui préfère garder l’anonymat.
Salaire et reconnaissance : le cœur du conflit
Au-delà du statut, c’est la question du porte-monnaie qui enflamme les débats. «Comment bien travailler quand on peine à joindre les deux bouts ?», interroge une prof de lycée à Douala. Les enseignants réclament une hausse des salaires, arguant que leurs conditions se dégradent depuis des années.
Du côté du gouvernement, on joue la montre. «On cherche une solution globale, mais il faut respecter les étapes», explique un conseiller du ministère de l’Éducation. Un discours qui agace au Corec, où on dénonce une «stratégie pour gagner du temps».
La menace qui fait trembler les examens
Face au blocage, les syndicats sortent l’artillerie lourde : appel au boycott de la surveillance du BEPC, Probatoire et Bac. «Si l’État ne bouge pas, on le forcera à réagir», lance un membre du collectif. Un coup de poker risqué, alors que des centaines de milliers d’élèves préparent leurs épreuves.
Certains observateurs s’inquiètent : «Ce sont surtout les jeunes qui trinqueront», note un expert de l’éducation. Les élèves camerounais cumulent déjà les difficultés – classes surchargées, manque de matériel, année scolaire chahutée…
Une crise qui couvait depuis longtemps
Cette alerte sur les examens n’est que la partie visible d’un malaise profond. Le système éducatif camerounais craque de partout. Un Forum national sur l’éducation était censé régler ces problèmes, mais sa tenue reste incertaine.
Dans l’immédiat, médiateurs et représentants de l’État tentent de relancer le dialogue. «Il reste une chance de trouver un accord, mais elle s’amenuise», souffle un acteur des négociations.
La balle est dans le camp du gouvernement. Va-t-il prendre le risque de voir les examens annulés ? Les prochains jours seront décisifs. Une chose est sûre : derrière cette crise sociale, c’est l’avenir de toute une génération qui se joue.
















