Face aux incidents à répétition sur le réseau ferroviaire, le gouvernement camerounais a décidé de réagir. Objectif : renforcer la sécurité dans les trains et autour des voies, et moderniser les infrastructures pour redonner confiance aux usagers.
Des mesures urgentes pour sécuriser les rails
Lors d’une rencontre organisée récemment à Yaoundé avec les acteurs du secteur, le ministre des Transports, Jean Ernest Massena Ngalle Bibehe, a lancé un appel à la mobilisation générale. Il a souligné l’importance de la coopération entre autorités, opérateurs et citoyens pour garantir des trajets plus sûrs.
« Face à cette situation préoccupante, c’est notre responsabilité à tous d’agir à travers la sensibilisation, la prévention, voire la répression si nécessaire. Mais surtout, il faut inculquer aux usagers une culture de sécurité et le respect des règles de circulation autour du chemin de fer », a déclaré le ministre.
Des incidents de plus en plus fréquents
Le constat dressé pendant la réunion est inquiétant. Vandalisme, jets de pierres sur les trains, collisions avec des véhicules aux passages à niveau, vols de matériel, sabotages, ou encore présence dangereuse de piétons sur les rails… Les menaces sont multiples. Camrail, l’opérateur ferroviaire national, fait face à une série d’incidents qui mettent en danger aussi bien les passagers que le personnel.
Les données présentées montrent que ces événements se multiplient depuis quelques mois, avec des conséquences parfois graves sur la circulation et la sécurité.
« Il revient à chacun, selon ses compétences, de mettre en œuvre sans délai des actions pour limiter au maximum les actes de vandalisme et autres comportements malveillants », a insisté le ministre.
Des engagements concrets pour mieux protéger les voyageurs
Autour de la table, des responsables du ministère des Transports, de Camrail, des forces de sécurité, ainsi que d’autres structures publiques. Ensemble, ils ont convenu de plusieurs actions à mener rapidement : renforcement des contrôles à l’embarquement, surveillance accrue des voies, campagnes de sensibilisation, et meilleure coordination entre les différents acteurs.
Ces mesures visent à réduire les risques sur le réseau ferroviaire et à redonner confiance aux usagers.
Des infrastructures toujours fragiles, malgré les réformes
Depuis le drame d’Eseka, qui avait fait des centaines de morts, des efforts ont été faits pour améliorer la sécurité. Mais le réseau ferroviaire camerounais reste vieillissant, avec des équipements obsolètes et des voies parfois dégradées.
Dernier exemple en date : un train entre Yaoundé et Douala s’est littéralement séparé en deux pendant le trajet, un incident qui relance les appels à une vraie modernisation des infrastructures. Les retards fréquents, les pannes et les annulations récurrentes nourrissent aussi le mécontentement des voyageurs.
L’État veut relancer le secteur ferroviaire
Malgré ces défis, le gouvernement maintient sa volonté de faire du rail un levier clé du développement économique et de la mobilité au Cameroun. À la fin de la réunion, les autorités ont renouvelé leur engagement à suivre de près les actions engagées pour que le transport ferroviaire reste un service viable et sûr.
Le chemin de fer est considéré comme « un pilier stratégique pour le pays », ont souligné les participants. Et pour le renforcer durablement, l’implication conjointe du public et du privé sera essentielle.














