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Bauxite de Minim-Martap : le Cameroun délivre son 4è permis d’exploitation de la mine solide à Canyon Resources

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Bauxite de Minim-Martap : le Cameroun délivre son 4è permis d’exploitation de la mine solide à Canyon Resources
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(Investir au Cameroun) – Le 13 septembre 2024, le ministre par intérim des Mines, Fuh Calistus Gentry, a remis à la société Camalco, filiale au Cameroun de la junior-minière australienne Canyon Resources, le permis d’exploitation du gisement de bauxite de Minim-Martap, dans la région de l’Adamaoua. Selon les services de la communication de ce département ministériel, ce permis d’exploitation, qui «vient officiellement lancer le compte à rebours» de la mise en œuvre du projet, a été signé par le chef de l’Etat, Paul Biya, le 2 septembre 2024.

C’est le 3è permis d’exploitation de la mine solide (des permis d’exploitation sont délivrés dans l’exploitation pétrolière et gazière depuis des lustres, NDLR) que le Cameroun délivre ainsi à des opérateurs miniers en l’espace de 2 ans, et le 4è de l’histoire du secteur de la mine solide. En effet, au cours de l’année 2022, dans le cadre de l’accélération des projets miniers dans le pays, deux permis d’exploitation ont été attribués à deux opérateurs pour l’exploitation du minerai de fer. Le premier a été signé par le chef de l’Etat le 1er juillet 2024, au bénéfice du Chinois Sinosteel, qui a développé le projet d’exploitation du gisement de fer de Lobé à Kribi, dans la région du Sud. Le 17 août 2022, c’était au tour de la société Cameroon Mining Company Sarl (CMC) de décrocher le permis d’exploitation du gisement de fer de Mbalam-Nabeba, à cheval entre le Cameroun et le Congo.

Mais, 19 ans avant la délivrance de ces deux titres d’exploitation sur le fer, la toute première licence d’exploitation de la mine solide au Cameroun avait été signée au profit de la société Geovic en 2003, pour l’exploitation du gisement de Nickel-Cobalt de Nkamouna, dans l’arrondissement de Lomié, région de l’Est du Cameroun. Mais, depuis lors, après avoir déserté le projet en 2013, Geovic a cédé ses actifs en 2022 à Phoenix Mining, une autre junior-minière qui tarde à matérialiser ce projet d’exploitation du Nickel et du Cobalt. C’est également le cas pour Sinosteel et CMC Sarl, dont le démarrage effectif des travaux sur le terrain reste également attendu. Canyon Resources, à travers sa filiale Camalco, pourrait-il faire mieux que ses devanciers sur les projets relatifs à l’exploitation de la mine solide au Cameroun ?

«Le chronogramme du projet est (…) bien élaboré. L’on annonce pour 2025 la pose de la première pierre avec le recrutement de plus d’une centaine de jeunes camerounais pour cette première phase», et pour « 2027 le début de la transformation de la bauxite en alumine. Précisons que ce projet fait du Cameroun le premier pays en Afrique à avoir une chaîne de valeurs complète de transformation de la bauxite en alumine», précise le ministère des Mines, visiblement très optimiste sur l’effectivité du démarrage de ce projet, dont le principal obstacle, selon des sources proches du dossier, reste la levée des contraintes liées à l’évacuation du minerai jusqu’au port de Douala.

Pour rappel, selon les dernières analyses effectuées par Canyon Resources sur ce gisement de bauxite, dont le début de l’exploitation avait d’abord été annoncé par les promoteurs pour l’année 2022, sur 16 des 79 plateaux bauxitiques identifiés, le potentiel atteint désormais 892 millions de tonnes, dont 250 millions de tonnes à «très haute teneur», idéales pour la production de l’aluminium. Selon James Durrant, chef du projet chez Canyon Resources à cette époque, l’analyse des 63 plateaux restants devrait porter le potentiel du gisement à environ 2 milliards de tonnes de bauxite. Ce qui en ferait «probablement le plus grand gisement du monde, en quantité et qualité», avait-il précisé.

Brice R. Mbodiam

Lire aussi:

22-12-2022 – Bauxite de Minim Martap : en quête d’un permis d’exploitation, Canyon Resources annonce la levée de 5 milliards de FCFA

06-09-2022 – Le Chinois Sinosteel décroche le tout premier permis d’exploitation du minerai de fer au Cameroun

09-09-2022-Fer de Mbalam : le permis d’exploitation attribué à Cameroon Mining Company, une société liée à Bestway Finance

08-12-2023 – Gisement de Nkamouna : les tensions entre la SNI et Geovic bloquent la relance du projet en veilleuse depuis 10 ans

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Dette rétrocédée : CAMTEL et CAMWATER concentrent 50,3 % d’un encours de 845 milliards de FCFA

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Dette rétrocédée : CAMTEL et CAMWATER concentrent 50,3 % d’un encours de 845 milliards de FCFA
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(Investir au Cameroun) – A fin juin 2026, l’encours des prêts extérieurs contractés par l’État camerounais puis rétrocédés à 11 entreprises et établissements publics s’établit à 845,2 milliards de FCFA, soit 2,4 % du PIB. Selon la dernière Conjoncture mensuelle de la dette publique de la Caisse autonome d’amortissement (CAA), ces financements couvrent 43 projets, principalement dans les télécommunications, l’eau, l’électricité, le logement et l’agro-industrie.

Cet encours recule de 3,7 % sur un an et de 2,9 % par rapport à fin mai 2026. Il augmente toutefois de 20,2 milliards de FCFA, soit 2,4 %, comparativement aux 825 milliards enregistrés à fin mars 2026.

CAMTEL et CAMWATER concentrent 50,3 % de l’encours

La dette rétrocédée demeure fortement concentrée. CAMTEL affiche le premier encours, avec 230,4 milliards de FCFA, notamment au titre des projets de déploiement du réseau national à haut débit et d’extension du backbone national. L’entreprise publique de télécommunications représente ainsi 27,3 % du portefeuille.

CAMWATER suit avec 194,9 milliards de FCFA, correspondant principalement à des programmes d’adduction d’eau potable, de réhabilitation des installations et d’extension des réseaux dans plusieurs villes. Sa part atteint 23,1 %.

Ensemble, CAMTEL et CAMWATER concentrent 425,3 milliards de FCFA, soit 50,3 % de l’encours total, selon les calculs effectués à partir des données de la CAA.

La Société nationale de transport de l’électricité (SONATREL) arrive en troisième position avec 134,9 milliards de FCFA, notamment pour la remise à niveau du réseau de transport d’électricité. Elle est suivie par Electricity Development Corporation (EDC), qui affiche 112,1 milliards de FCFA liés, entre autres, au barrage de Lom Pangar et aux programmes de développement hydroélectrique sur la Sanaga.

Ces quatre opérateurs cumulent 672,3 milliards de FCFA, soit 79,5 % de l’ensemble de la dette rétrocédée. Des encours plus modestes sont portés par la Sodecoton, avec 27,4 milliards de FCFA, CAMPOST, avec 17,1 milliards, et la Société immobilière du Cameroun, avec 16,8 milliards.

Un passif de l’État distinct de la dette directe des entreprises

La rétrocession permet à une entreprise publique de bénéficier des conditions de financement négociées par l’État auprès d’un bailleur extérieur. Le gouvernement contracte le prêt en son nom, puis transfère les ressources à l’entité chargée de réaliser le projet, dans le cadre d’une convention de rétrocession.

Cette catégorie doit être distinguée de la dette directement contractée par les entreprises et établissements publics auprès de banques, de fournisseurs ou d’autres créanciers. Dans la nomenclature de la CAA, les 845,2 milliards de FCFA restent intégrés à la dette extérieure de l’administration centrale, puisque l’État demeure l’emprunteur vis-à-vis des bailleurs.

Les engagements cumulés correspondant aux 43 projets atteignent 1 574 milliards de FCFA. L’encours représente ainsi 53,7 % de cette enveloppe. Ce ratio ne peut toutefois pas être interprété comme la part exacte restant à rembourser sur des financements qui auraient tous été décaissés.

Les engagements peuvent intégrer des ressources non encore tirées. Par ailleurs, plusieurs prêts sont libellés en dollars, en euros, en yuans ou en droits de tirage spéciaux. Leur contre-valeur en FCFA peut donc évoluer sous l’effet des variations de change, indépendamment des remboursements effectués.

La baisse annuelle ne mesure pas uniquement les remboursements

L’encours a diminué de 32,8 milliards de FCFA par rapport à juin 2025, lorsqu’il atteignait environ 878 milliards. Cette contraction ne permet cependant pas d’affirmer que les bénéficiaires ont remboursé un montant équivalent au cours de la période.

L’évolution d’un encours résulte simultanément des amortissements, des nouveaux décaissements et des variations de change. La hausse de 20,2 milliards de FCFA observée entre mars et juin 2026, malgré la baisse enregistrée sur un an, illustre ces mouvements.

Une partie des prêts remonte par ailleurs à plusieurs années. Certaines conventions bénéficiant à CAMTEL ont été signées en 2007, 2009, 2012 et 2015, tandis que plusieurs financements de CAMWATER datent de la période 2007-2018. La persistance de ces encours traduit la longue maturité des prêts mobilisés pour les infrastructures publiques.

La publication de la CAA ne précise toutefois pas, pour chaque bénéficiaire, les remboursements effectués au premier semestre 2026, les éventuels arriérés envers l’État ou les sommes que le Trésor aurait dû prendre en charge à leur place. L’encours de 845,2 milliards de FCFA mesure donc le volume des financements encore comptabilisés, mais ne suffit pas, à lui seul, à évaluer la qualité du remboursement de chaque entreprise publique.

Amina Malloum

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