Actualités locales
Yagoua-Kousseri : l’entreprise tchadienne Sotcocog mobilisée pour une solution provisoire après l’effondrement du pont

(Investir au Cameroun) – L’effondrement du pont sur la rivière Danay, survenu le 12 septembre 2024, a gravement perturbé la circulation entre Yagoua et Kousseri, dans la région de l’Extrême-Nord du Cameroun. Selon le ministère des Travaux publics, le pont, d’une longueur de 10 mètres et d’une largeur de 5 mètres, a été endommagé « à la suite des pluies diluviennes et des inondations enregistrées ces derniers jours dans la ville de Yagoua ». L’affaissement du remblai et une dénivellation de 1,20 mètre enregistrée sur l’une des rives ont rendu le passage dangereux et impraticable, impactant fortement les déplacements locaux ainsi que l’approvisionnement en biens essentiels.
Pour remédier à cette situation, le ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, a convoqué une réunion de crise le 13 septembre 2024 à Yaoundé. Cette a réunion a rassemblé les responsables de son département ministériel, les services déconcentrés de la région de l’Extrême-Nord, ainsi que les dirigeants de l’entreprise tchadienne Sotcocog. L’objectif principal était de trouver des solutions rapides pour rétablir « dans les meilleurs délais » la circulation sur la route régionale R0906, qui repose Yagoua à Kousseri en passant par Pouss, Tékélé et Zina, d’après un communiqué publié à l’issue de cette concertation.
Au cours de cette réunion, il a été décidé que Sotcocog serait chargé de construire un ouvrage provisoire afin de rétablir rapidement le passage. Le ministre des Travaux publics a exprimé sa confiance en cette solution temporaire, affirmant que « la solution technique prescrite va permettre de rétablir la circulation dans les jours à venir ». En parallèle, Emmanuel Nganou Djoumessi a ordonné la finalisation des études techniques et hydrauliques pour la reconstruction définitive du pont sur la rivière Danay. Ces études sont essentielles pour garantir la stabilité à long terme de cette infrastructure vitale.
Sotcocog a déjà réalisé plusieurs chantiers dans le pays et est actif dans la région de l’Extrême-Nord. En février dernier, l’entreprise tchadienne a remporté un contrat de 14,6 milliards de FCFA pour la réhabilitation d’un tronçon de 22 kilomètres de la route Mora-Dabanga-Kousseri (205 km), un corridor stratégique dépendant du Cameroun au Nigeria et au Tchad. L’entreprise est également engagée dans la construction d’un pont sur le fleuve Logone, en collaboration avec la société Razel. Ce pont, long de 620 mètres, reliera la ville camerounaise de Yagoua à Bongor au Tchad, ouvrant un troisième point d’échanges officiels entre les deux pays. Ce projet est attendu pour revitaliser les échanges commerciaux et renforcer l’intégration régionale.
Patricia Ngo Ngouem
Lire aussi:
06-02-2024 – Route Mora-Dabanga-Kousseri : le Tchadien Sotcocog retenu pour reconstruire 22 km à 14,6 milliards de FCFA
Actualités locales
Jean-Marc Soboth raconte Anani Rabier Bindji, « l’enfant de la Deuxième Guerre mondiale »

Le journaliste Jean-Marc Soboth a rendu hommage à Anani Rabier Bindji, figure du journalisme camerounais, dans un témoignage retraçant leur rencontre et plusieurs décennies de compagnonnage dans les médias.
Jean-Marc Soboth raconte avoir fait la connaissance d’Anani Rabier Bindji il y a environ trente ans, lorsque celui-ci fréquentait les locaux du quotidien La Nouvelle Expression, à Akwa, à Douala. D’abord venu pour y publier des articles d’opinion, il s’était progressivement rapproché de la rédaction jusqu’à devenir, selon son témoignage, un chroniqueur occasionnel.
Les deux hommes n’appartenaient pas à la même génération de journalistes. Soboth décrit un homme plus âgé, à l’élégance discrète, qui maîtrisait notamment plusieurs langues camerounaises et avait déjà une longue expérience de la presse panafricaine.
Lire le témoignage de Jean-Marc Soboth :
« Témoignage pour Anani Rabier Bindji
J’ai connu Anani Rabier Bindji il y a trois décennies à Douala.
C’était une rencontre du hasard. Il venait au journal La Nouvelle Expression à Akwa-Douala pour publier des articles d’opinion.
Au passage, il devisait rapidement avec les journalistes. À la fin, parce qu’il était un jusqu’au-boutiste, il était devenu un chroniqueur occasionnel, à l’instar des Vincent Ndoumbè Doualla, Jean Takougang, Ndzana Seme, Boh Herbert Yusimbom, Suzanne Kalla Lobè…
C’est que, nous ne faisions pas partie de la même génération. On ne l’avait pas connu. On découvrait cet inconnu des médias à l’élégance sobre, s’exprimant couramment en Duala, Ewondo, Eton…
À la faveur du retour au pluralisme politique des années 1990 et à la libération des médias, nous étions en effet la jeune génération qui avait pris le pouvoir éditorial dans les tout nouveaux médias dits indépendants qui, alors, se résumaient à de tabloïds populaires comme Le Messager de Pius N. Njawe, La Nouvelle Expression de Séverin Tchounkeu et Challenge Hebdo de Benjamin Zébazé.
D’autant que les médias audiovisuels privés n’étaient pas encore formellement autorisés par le régime Biya.
Anani Rabier Bindji a donc réussi à infiltrer une génération qui n’était pas la sienne. La nôtre.
Il avait pourtant l’âge de nos parents sans en avoir l’apparence. Il appartenait à la génération des Abodel Karimou (La Gazette) mais avait plutôt exercé à Paris où régnaient de grands reporters célèbres comme son congénère malgache Sennen Andriamirado.
Il avait plusieurs fois parcouru toute l’Afrique francophone. Il s’en était manifestement bâti une petite fortune. À Douala, il vivait quasiment seul dans sa grande villa de Bonabéri.
Il m’avait fait visiter sa maison quelquefois pour me faire découvrir de nombreux souvenirs, ces grandes photos encadrées avec une pléthore de chefs d’État africains avec lesquels il semblait très ami. En cela, je pense qu’il avait précédé des globetrotters comme Blaise Pascal Talla de Jeune Afrique Économie.
Même s’il était très discret sur sa vie privée, j’avais pu lui arracher quelques bouts de phrase sur sa vie conjugale à Paris notamment. Elle se serait terminée de manière chaotique, avec en l’occurrence une série de procès autour d’un divorce qui ont manqué de le ruiner.
Au moment où il travaillait pour les panafricains parisiens, Anani Rabier Bindji excellait dans le relationnel, d’où sa proximité presque amicale avec les chefs d’État africains, dont la plupart n’existent plus.
Au moment de sa reconversion dans la nouvelle presse écrite et ensuite audiovisuelle, il a laissé exploser sa passion pour le journalisme pur et dur, de manière essentiellement autodidacte.
Je ne vendais pas cher sa peau au départ.
Il s’est largement impliqué dans la création à Douala en mai 2002 du Syndicat National des Journalistes du Cameroun (SNJC) dont j’étais le premier président. J’étais évidemment surpris lorsqu’il a déclaré à la télé un jour que le Syndicat des journalistes avait été confisqué par « Soboth et ses petits copains ».
Je pense lui avoir suggéré, lorsqu’il avait l’intention de lancer l’émission La Tribune de l’histoire l’importance de travailler avec des historiens de métier et des témoins connus. Il a vite botté en touche ma prétention « académique ». Pour un journaliste travaillant bénévolement, cette perspective était utopique parce que coûteuse et complexe dans un contexte de carriérisme des enseignants d’histoire.
J’étais donc assez sceptique quant à l’avenir d’une émission où il entendait être à lui tout seul journaliste, historien et témoin principal.
C’était minimiser la mémoire phénoménale de l’enfant de la Deuxième Guerre mondiale devenu une véritable bibliothèque vivante. C’était faire fi de la détermination du gars de New-Bell et de ce sens relationnel exceptionnel qui l’ont fait traverser trois générations de journalistes – y compris celle, actuelle, qui ne nous connaît même pas! – en tant qu’acteur et actif.
Il s’est imposé à la chaine Canal 2 International de notre ami Emmanuel Chatué à travers d’innombrables faits inédits de l’histoire méconnue du Cameroun.
Il a montré que l’absence d’une histoire décolonisée de l’Afrique dans notre système académique est une niche inimaginable dans l’univers médiatique du continent.
Nous te remercions pour ta vie.
Nous célébrons ta vie.
Merci beaucoup, mon cher Anani Rabier Bindji,
Jean-Marc Soboth »
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Actualités locales
Alex Petang, nouveau renfort offensif du Moralo CP

Le Moralo CP tient une nouvelle recrue pour sa campagne 2026/27. Le club espagnol a officialisé l’arrivée d’Alex Petang, en provenance de l’Hércules de Alicante CF, où le jeune attaquant évoluait avec l’équipe B.
Âgé de 19 ans, l’international camerounais poursuit ainsi son parcours en Espagne après avoir effectué ses premières gammes à la TDHA Academy de Douala. Formé au poste d’attaquant, Petang s’est notamment distingué par sa puissance, sa mobilité et sa capacité à prendre la profondeur pour exploiter les espaces.
Avec cette arrivée, le Moralo CP mise sur un profil offensif encore jeune, mais déjà habitué au football espagnol. Petang aura désormais l’occasion de franchir un nouveau cap sous les couleurs du club verdiblanco et d’apporter davantage de dynamisme à son attaque pour la saison 2026/27.
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Actualités locales
plus de 600 Nigérians trouvent refuge au Cameroun
Fuyant les conflits entre agriculteurs et éleveurs, plus de 600 Nigérians ont franchi la frontière avec le Cameroun pour se réfugier dans la région du Nord-Ouest du Cameroun.
En provenance du Nord du Nigeria, plus de 600 personnes, dont des enfants et des femmes, se sont réfugiés à Nwa, dans le Donga-Mantung, région du Nord-Ouest. Elles ont fui les conflits récurrents entre agriculteurs Mambila et les éleveurs peuls. À leur arrivée, elles ont été accueillies par les autorités locales.
Le sous-préfet de Nwa, Esapa Jim Esapa, a organisé leur accueil et leur prise en charge. L’autorité a évalué la situation et assure travailler de commun accord avec la mairie pour prendre les mesures qui s’imposent afin d’aider ces réfugiés à vivre dans des conditions dignes.
Les conflits entre agriculteurs et éleveurs sont récurrents au Nigeria, ce qui provoque souvent une ruée des populations vers le Cameroun. Plusieurs réfugiés nigérians vivent sur le territoire camerounais. C’est une pression supplémentaire pour les autorités du Nord-Ouest du Cameroun, en proie à la crise sécuritaire.
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