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44 ans de Renouveau sous Paul Biya, Marie-Claire Nnana dresse le bilan entre réalisations et défis

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44 ans de Renouveau sous Paul Biya, Marie-Claire Nnana dresse le bilan entre réalisations et défis
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Quarante-quatre ans après l’arrivée de Paul Biya au pouvoir, le 6 novembre 1982, le bilan du Renouveau reste au cœur du débat politique camerounais.

Dans un éditorial intitulée « Le Renouveau, ses mythes, ses vérités », la journaliste Marie-Claire Nnana revient sur les grandes étapes de ce projet politique, en défend les réalisations et reconnaît plusieurs difficultés, notamment la corruption et les insuffisances dans la gouvernance.

Publié à l’occasion du 44e anniversaire de l’accession de Paul Biya à la présidence de la République, ce texte propose une lecture rétrospective de plus de quatre décennies de pouvoir. L’auteure présente le Renouveau comme un projet initialement fondé sur la libéralisation politique, économique et sociale, la rigueur dans la gestion publique et la promotion d’une citoyenneté fraternelle.

Ce programme, associé à l’ouvrage Pour le libéralisme communautaire, devait permettre de construire un Cameroun démocratique, prospère et uni, selon la vision exposée par le chef de l’État au début de son mandat.

Pour Marie-Claire Nnana, l’arrivée de Paul Biya en 1982 avait suscité un important espoir dans le pays. Elle évoque notamment l’ambition de dépasser les clivages ethniques et linguistiques afin de renforcer la cohésion nationale.

Lire l’éditorial de Marie-Claire Nnana :

Le Renouveau, ses mythes, ses vérités

Par Marie-Claire NNANA

Aujourd’hui, le Renouveau a 44 ans. Le temps d’une vie d’homme, parfois. L’équivalent de deux générations, ou presque. Et si l’on se hasardait :

« Dis, Renouveau, qu’as-tu fait de tes rêves de liberté et de prospérité ? » L’introspection aussi bien que l’analyse sur ce thème sont légitimes, puisque le Renouveau a vocation à perdurer et à continuer à guider la marche en avant du Cameroun. Par conséquent, on peut, et on doit éclairer les séquences de son parcours, de la fougue de l’année 82 au tournant électoral sidérant de 2025, en passant par les succès, les grandes réalisations, les acteurs majeurs, mais aussi les doutes, les batailles internes et externes…

Lorsqu’il naît des fonts baptismaux avec l’avènement de Paul Biya, le Renouveau est sans doute l’offre politique la plus généreuse qu’un leader politique ait portée, pensée, nourrie, travaillée et consignée dans un livre, Pour le Libéralisme communautaire.

C’est aussi le projet d’une vie, car depuis la fin de ses études en France, le jeune cadre Paul Biya, de retour au Cameroun, est nommé à la Présidence de la République et se met dès lors au service de son pays.

En 1982, son projet est inédit. Il repose sur trois piliers : Libéralisation politique, économique et sociale ; Rigueur et moralisation des comportements, afin de créer un boulevard salubre à l’Economie ; et enfin Citoyenneté fraternelle. Celle où le concept « Un peuple, une nation » devenant réalité, transcenderait les particularismes ethno-linguistiques qui constituent certes une richesse, mais également une menace à la cohésion nationale, lorsqu’ils sont manipulés par des démagogues et des politiciens pervers. D’où le formidable élan d’adhésion et d’enthousiasme qui a accompagné ce New Deal. Le rêve devenait réalité, l’espoir était permis. Ensemble, sous le leadership de Paul Biya, les Camerounais s’engageaient à bâtir le pays de leurs rêves, libre, équitable, prospère et démocratique.

Contre vents et marées, le Renouveau a tenu son pari. Tant bien que mal. La démocratisation du pays est une implacable réalité. Les fondements d’une économie solide et diversifiée ont été bâtis ; la nation camerounaise existe, fière de ses emblèmes et de ses symboles. Elle rayonne dans la rude vitalité de la vie démocratique, dans le savoir scientifique, et dans les exploits de talents individuels et collectifs, en particulier jeunes, qui inondent le monde de leurs performances dans la musique, le sport, les jeux d’esprit, etc.

A vrai dire, pour peu qu’on convoque la bonne foi, le constat est net : un chantier titanesque a été bâti en plus de 40 années. Dans un contexte national et international où se sont succédé les crises économiques, les chocs pétroliers et financiers, les crises politiques et sécuritaires et leur corollaire, l’instabilité sociale. Et même une sécession armée. Ce qui ajoute au mérite.

Crise politique et sécuritaire. L’intelligentsia africaine questionne encore les ressorts profonds de l’instabilité généralisée qui s’est répandue en Afrique comme une gangrène, au cours des années 90, après que « le multipartisme précipité » a enflammé les foules. On peut s’interroger avec raison sur le moment choisi par l’Occident pour imposer au continent africain la démocratisation au forceps. Une trentaine d’années plus tard, les exactions d’un Boko Haram surgi de nulle part menaçaient la stabilité et l’intégrité des États !

Avec le recul, on peut voir dans ces manœuvres de nos partenaires, une forme nouvelle de prédation internationale où, sous le costume d’apôtres de la démocratie, ils déboulaient en Afrique en mettant à profit la déliquescence et le chaos ambiants.

Loin de nous l’idée d’absoudre les dirigeants africains des échecs cuisants de certains projets et politiques publiques. Toutefois, on peut admettre, en prenant en référence le Cameroun, que les troubles insurrectionnels, les incivilités, le vandalisme, et leurs conséquences tragiques en ces années de braise, ont fait reculer le pays de plusieurs années dans tous les domaines, tout en exacerbant le tribalisme, le sectarisme et la haine.

Crise économique : que dire alors des programmes d’ajustement structurel imposés dans le même intervalle au Cameroun et aux pays africains, et auxquels les populations ont payé un lourd tribut ? Tout simplement qu’ils ont contribué à corser une trajectoire de développement déjà hypothéquée par des crises multiformes.

En reconnaissant publiquement que ces mesures étaient inappropriées quelques années plus tard, et même « une erreur », un ancien président de la Banque mondiale a fait preuve d’un sens de l’honnêteté admirable, mais les bons sentiments, fussent-ils sincères, ne constituent pas une réparation.

Au moment de la mise en place de ces programmes d’ajustement structurels, le Cameroun avait déjà atteint la scolarisation universelle, selon la Banque mondiale. Cette performance n’a guère résisté face au plan de redressement draconien taillé sur mesure par les jumelles de Bretton Woods.

Prosélytisme libéral. Dans ce même registre, en esquissant le bilan des privatisations imposées par les mêmes instances au nom du libéralisme économique, un constat s’impose : elles n’ont, pour la plupart, amélioré ni le service aux populations, ni la rentabilité des entreprises. Et le Cameroun, comme beaucoup d’autres, a dû se résoudre à les renationaliser. À qui la faute ?

Crise des valeurs : C’est pourquoi le bilan économique de ces 44 années doit être nuancé. Elles furent un véritable parcours d’obstacles. Pourtant personne ne songerait à nier ce qui représente, de notre point de vue, les deux plus grosses épines au pied du Renouveau : les mauvaises surprises du casting d’une part, et la corruption de l’autre.

D’abord cette difficulté – ou cette incapacité – pour les hommes et femmes choisis à agir selon les principes élémentaires de la gouvernance : culture du résultat et sens de l’intérêt général. Mais aussi la corruption, qui n’est certes pas propre au Cameroun, mais se présente néanmoins comme l’un des plus lourds handicaps du projet présidentiel puisqu’il est le disrupteur majeur de la trajectoire définie au sommet.

Parfois présentée comme un effet pervers des mesures d’austérité prises au plus fort des années de crise économique (baisse drastique des salaires, dévaluation du franc CFA), elle gangrène toutes les strates de la société, ce qui la rend d’autant plus difficile à éradiquer. Ces deux épines forment une unique problématique, centrée autour de l’échelle des valeurs et du rôle névralgique de la ressource humaine dans la réussite du projet de société.

Peut-on comprendre enfin pourquoi les penseurs affirment que la Révolution a moins besoin de héros, d’hommes providentiels que de fonctionnaires d’acier ? Dans la ruche, la reine-mère ne produirait pas un aussi doux miel, et en si grande quantité, sans ses centaines d’abeilles… disciplinées, appliquées, dévouées à la mission, et à leur Reine !

Et maintenant ? On le sait : le Père du Renouveau n’est jamais sans ressources devant l’imprévisible. En annonçant aux Camerounais au lendemain de sa réélection à la présidence qu’il allait opérer des changements majeurs, nul doute qu’il a déjà posé son propre diagnostic, évalué le degré de déperdition, et calé les mesures de sauvegarde.

Mais alors, ces silences ?

Ceux qui croient le connaître affirment qu’ils en disent plus long que ses rares mots… Et le temps de l’arrachement des deux épines au pied ? Quand arrive-t-il ?

Ceux qui ont acquis de la sagesse à force de le suivre répondent calmement : c’est lui, le maître des horloges… Seule certitude : le Renouveau revigoré, continuera à voguer vers le grand large.

Bon Anniversaire, Monsieur le Président !

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plus de 5,5 milliards mobilisés pour accompagner 20 000 jeunes camerounais

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Au Cameroun, le gouvernement lance du 9 novembre au 9 décembre 2026, les inscriptions à la deuxième phase du Programme d’inclusion économique des jeunes. Dotée de plus de 5,5 milliards de FCFA, cette initiative vise à accompagner 20 000 jeunes vulnérables dans le développement de leurs activités génératrices de revenus.

Le Cameroun renforce son dispositif d’accompagnement de l’entrepreneuriat des jeunes. Dans un communiqué signé le 4 novembre 2026, le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, Alamine Ousmane Mey, a annoncé l’ouverture des inscriptions à la deuxième phase du Programme d’inclusion économique des jeunes, dans le cadre du Projet Filets sociaux adaptatifs et d’inclusion économique, soutenu par la Banque mondiale.

Dotée d’une enveloppe de plus de 5,5 milliards de FCFA, cette nouvelle phase ambitionne d’apporter un appui à 20 000 jeunes vulnérables, âgés de 18 à 35 ans, exerçant des activités à leur propre compte dans le secteur informel. Les bénéficiaires ciblés sont répartis dans sept villes : Maroua, Garoua, Ngaoundéré, Bertoua, Ebolowa, Bafoussam, Douala et Yaoundé.

Les jeunes sélectionnés bénéficieront d’un appui financier non remboursable, de formations en entrepreneuriat, de séances de coaching et d’un accompagnement post-financement. L’objectif est de renforcer leur productivité, de diversifier leurs activités et d’améliorer durablement leurs revenus.

Pour le gouvernement, le but est de favoriser la création d’emplois, consolider les microentreprises et promouvoir une croissance économique plus inclusive. Les candidatures sont reçues exclusivement en ligne sur la plateforme officielle du programme, du 9 novembre au 9 décembre 2026.

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quatre civils tués et trois assaillants neutralisés lors d’une attaque de Boko Haram à Koza

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quatre civils tués et trois assaillants neutralisés lors d’une attaque de Boko Haram à Koza
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Une attaque de Boko Haram survenue dans la nuit du 4 au 5 novembre 2026 a coûté la vie à quatre civils habitants de la ville. Un homme et deux enfants ont été élevés.

La localité de Koza dans le département du Mayo-Tsanaga a été le théâtre d’une attaque terroriste dans la nuit du 4 au 5 novembre 2026. Des éléments de la secte islamiste Boko Haram ont fait une incursion éclair dans la ville de Koza, attaquant et pillant des magasins, commerces et concessions. Ils ont ouvert un feu nourri sur la population en pleine nuit.

Sur le champ, trois personnes ont trouvé la mort. La quatrième personne a succombé à ses blessures à l’hôpital adventiste de Koza. Parmi les personnes décédées, un septuagénaire au nom de Yaouba et son fils Adama, tués au retour des assaillants après avoir terrorisé la ville par des coups de feu tirés dans tous les sens. Les terroristes ont, dans leur opération, enlevé un autre homme et deux enfants.

Sur le corridor de leur retrait, ils sont tombés sur une embuscade tendue par des éléments des forces de défense camerounaise en périphérie de la ville de Koza, dans la localité de Kazier. La riposte à l’aide de coups de feu et de l’explosion d’une grenade lancée aux terroristes a permis de neutraliser trois membres du groupe armé.

D’autres membres blessés ont réussi à se retirer avec le groupe. Le bilan de l’attaque et de la riposte de l’armée régulière fait état de sept morts : quatre civils, trois assaillants et trois personnes enlevées, un homme et deux enfants.

Des habitants plongés dans la peur attendent des autorités des mesures visant à renforcer la sécurité dans le département.

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« si Ahidjo m’aimait, c’est à moi qu’il aurait donné le pouvoir »

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« si Ahidjo m’aimait, c’est à moi qu’il aurait donné le pouvoir »
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À l’occasion du 44ᵉ anniversaire de la transmission du pouvoir entre Ahmadou Ahidjo et Paul Biya le 6 novembre 1982, le journaliste Guibai Gatama dévoile une anecdote de feu Ayang Luc relative aux tensions de juin 1983 et à la « Réunion du lac ».

Sollicité par un émissaire pour rallier une fronde de fidèles de l’ancien président, le ministre de l’Élevage et des Industries animales de l’époque avait refusé de s’y rendre, affirmant la légitimité du nouveau chef de l’État.

Lire ici le texte de Guibai Gatama :

6 novembre 1982 – 6 novembre 2026

Ayang Luc : « Si Ahidjo m’aimait, c’est à moi qu’il aurait donné le pouvoir »

En ce 6 novembre, qui marque le 44ᵉ anniversaire de la transmission du pouvoir entre Ahmadou Ahidjo et Paul Biya, je voudrais partager une anecdote que m’avait racontée feu Ayang Luc, paix à son âme, ancien président du Conseil économique et social.

Ahmadou Ahidjo avait cédé le pouvoir à Paul Biya le 6 novembre 1982. Quelques mois plus tard, en juin 1983, dans un contexte de crise entre les deux hommes d’État, survint l’épisode de ce que certains ont appelé la « Réunion du lac ».

Quelques jours après un remaniement ministériel, cette rencontre devait réunir plusieurs hauts responsables du pays, considérés comme toujours fidèles à l’ancien président, qui demeurait également à la tête de l’UNC, le parti unique.

Alors ministre de l’Élevage et des Industries animales, Ayang Luc reçoit un soir un visiteur venu le convaincre de prendre part à ce conclave. Selon son récit, celui-ci, cherchant à flatter son ego pour emporter sa décision, lui aurait lancé : « Luc, tu sais combien le président Ahidjo t’aime… »

Il le coupe aussitôt : « Non, le président Ahidjo ne m’aime pas. Il aime Paul Biya. S’il m’aimait, c’est à moi qu’il aurait remis le pouvoir ». Ayang Luc ne se rendra pas à cette réunion.

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