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Socapalm / Safacam : Socfinaf réduit de 22 % ses investissements et déprécie ses actifs biologiques au Cameroun

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Socapalm / Safacam : Socfinaf réduit de 22 % ses investissements et déprécie ses actifs biologiques au Cameroun
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(Investir au Cameroun) – Le groupe agro-industriel luxembourgeois Socfinaf, présent au Cameroun à travers Socapalm et Safacam, a réduit de 22 % ses acquisitions d’actifs dans le pays en 2025, à 14,86 millions d’euros, soit environ 9,75 milliards de FCFA. Dans le même temps, il a comptabilisé une dépréciation d’environ 1,2 million d’euros, soit près de 800 millions de FCFA, sur ses actifs biologiques camerounais. Ces informations figurent dans les notes annexes du rapport annuel 2025 du groupe, consulté par Investir au Cameroun.

Les acquisitions d’actifs du segment Cameroun avaient atteint 19,06 millions d’euros (12,5 milliards de FCFA) en 2024. Elles diminuent ainsi de 4,2 millions d’euros, soit environ 2,75 milliards de FCFA en un an, selon les données géographiques présentées à la page 107 du rapport.

La réduction concerne principalement les immobilisations corporelles, notamment les installations, équipements et autres actifs matériels. Les coûts d’acquisition correspondants passent de 15,43 à 10,66 millions d’euros, soit une baisse de 30,9 %. À l’inverse, les dépenses capitalisées sur les actifs biologiques progressent de 15,9 %, passant de 3,63 à 4,20 millions d’euros. Les montants présentés correspondent aux acquisitions d’actifs comptabilisées au cours de l’exercice, et non nécessairement aux seuls décaissements réalisés pendant cette période.

Malgré ce recul, le Cameroun demeure le premier pays d’investissement de Socfinaf en Afrique en 2025. Il concentre 29,7 % des 50,01 millions d’euros d’acquisitions d’actifs enregistrées par le groupe, devant le Nigeria (11,56 millions d’euros) et la Côte d’Ivoire (11,34 millions).

Une perte de valeur de près de 800 millions de FCFA

Le rapport révèle parallèlement une correction de la valeur comptable des actifs biologiques du groupe au Cameroun. Dans la note 8, consacrée aux tests de dépréciation, Socfinaf indique avoir identifié des indices de perte de valeur concernant ses activités camerounaises. Des évaluations complémentaires ont conduit à enregistrer une dépréciation d’environ 1,2 million d’euros au titre de l’exercice 2025.

Cette correction intervient lorsque la valeur qu’une entreprise estime pouvoir récupérer de certains actifs devient inférieure à celle inscrite dans ses comptes. Elle ne signifie pas nécessairement que des plantations ont été physiquement détruites et n’entraîne pas directement une sortie de trésorerie.

Pour déterminer la valeur de ses plantations, Socfinaf prend notamment en compte les superficies exploitées, les rendements agricoles, les marges réalisées et les revenus futurs attendus. Les évaluations intègrent également les risques propres aux pays d’implantation et les effets potentiels du changement climatique sur la production.

Au 31 décembre 2025, les pertes de valeur cumulées sur les actifs biologiques du groupe au Cameroun atteignent 2,6 millions d’euros, soit environ 1,7 milliard de FCFA. Ce montant comprend 1,2 million d’euros pour les palmiers à huile et 1,4 million d’euros pour les hévéas.

Le rapport ne précise toutefois pas comment la dépréciation enregistrée au titre de 2025 se répartit entre Socapalm et Safacam, ni les plantations concernées. Il ne permet pas davantage d’établir que cette correction comptable résulte de la diminution des acquisitions d’actifs.

Un résultat opérationnel en baisse de 15,7 %

Les comptes sectoriels de Socfinaf font également apparaître un recul de l’activité au Cameroun. Le chiffre d’affaires du segment est passé de 190,84 millions d’euros en 2024 à 176,16 millions en 2025, soit une baisse de 7,7 %. Il s’établit ainsi à environ 115,55 milliards de FCFA.

Le résultat opérationnel a diminué plus rapidement, de 38,05 à 32,09 millions d’euros, soit un repli de 15,7 %. Il représente environ 21,05 milliards de FCFA en 2025.

L’essentiel de la contraction des revenus provient des produits du palmier, dont les ventes reculent de 171,62 à 159,30 millions d’euros. Les revenus tirés du caoutchouc diminuent également, passant de 15,63 à 12,78 millions d’euros.

Cette évolution s’accompagne d’une baisse des volumes produits par les principales filiales camerounaises. Chez Socapalm, la production d’huile de palme est passée de 168 452 tonnes en 2024 à 152 248 tonnes en 2025, soit une diminution de 9,6 %. Safacam a produit 16 706 tonnes d’huile de palme, contre 17 912 tonnes un an auparavant. Sa production de caoutchouc a reculé de 19,3 %, à 8 170 tonnes.

La baisse des volumes et du chiffre d’affaires n’a cependant pas empêché les deux entreprises d’améliorer leurs bénéfices nets. Selon les données reprises par Socfinaf, celui de Socapalm progresse de 2,2 %, à 10,64 milliards de FCFA, tandis que Safacam enregistre une hausse de 15,8 %, à 3,22 milliards de FCFA.

Les performances camerounaises contrastent avec celles de l’ensemble du groupe. En 2025, le chiffre d’affaires consolidé de Socfinaf a progressé de 8,5 %, à 641,9 millions d’euros, tandis que son résultat opérationnel a augmenté de 20,9 %, à 143,4 millions d’euros.

Baudouin Enama

Lire aussi :

15-10-2026 – Safacam : le bénéfice net pourrait tomber de 3,2 à 1,3 milliard FCFA en 2026, malgré des ventes en hausse

16-07-2025 – Bvmac : Safacam verse 442,1 millions FCFA de dividendes à ses actionnaires pour l’exercice 2024

11-06-2026 – Litige foncier Apouh-Socapalm : l’affaire renvoyée au 2 juillet, les riverains réclament la rétrocession de près de 200 ha

28-04-2026 – BVMAC : Safacam annonce 2,73 milliards FCFA de dividende, soit 2 200 FCFA par action pour 2025

17-08-2016 – Socapalm et Safacam enregistrent une «légère hausse» de la production d’huile de palme et de caoutchouc au 1er trimestre 2016

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Martin Camus Mimb : « André Onana c’est le meilleur gardien de but en Afrique »

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C’est une position constante de ce célèbre journaliste et consultant sportif camerounais. Cette déclaration s’inscrit dans son soutien régulier au gardien des Lions Indomptables, réitérée […]

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8 816 milliards FCFA de budget, mais où passe réellement l’argent de l’État ?

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8 816 milliards FCFA de budget, mais où passe réellement l’argent de l’État ?
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Alors que le budget de l’État camerounais atteint 8 816,4 milliards de francs CFA en 2026, contre 3 746,6 milliards en 2015, l’économiste et responsable politique Louis-Marie Kakdeu s’interroge sur l’utilisation des ressources publiques.

Dans une chronique consacrée à la gestion des finances publiques, il pointe le poids de la dette, les dépenses de fonctionnement, les risques de corruption et les difficultés d’exécution des investissements.

Intitulée « Cameroun : où va l’argent de l’État ? », cette analyse met en débat l’efficacité de la dépense publique, au-delà de la progression des enveloppes budgétaires. Pour son auteur, l’augmentation des ressources mobilisées par l’État ne se traduit pas suffisamment par des infrastructures et des services publics à la hauteur des attentes des populations.

Lire la chronique de Louis Marie Kakdeu :

Cameroun : Où va l’argent de l’Etat ?

En dix ans, le budget de l’État du Cameroun a plus que doublé, passant de 3746,6 milliards FCFA en 2015 à 8816,4 milliards FCFA en 2026. Mais, alors que ces chiffres donnent l’impression d’une trajectoire ascendante de la puissance publique, une interrogation fondamentale demeure chez les citoyens : où va réellement ces milliards ? L’examen attentif des lois de règlement (documents arrêtant définitivement l’exécution des budgets votés à l’Assemblée nationale) et des rapports d’évaluation du FMI et de la Banque mondiale livre un constat sans équivoque : les arbitrages financiers de la dernière décennie ont été dominés par le poids de la dette publique, du fonctionnement institutionnel et des détournements des deniers publics, au détriment de l’investissement productif et des dépenses sociales.

1. Le service de la dette est le premier poste budgétaire du pays

L’argent public sert d’abord à rembourser les dettes. En 2024 seulement, le service de la dette publique représentait à lui seul 24% de l’ensemble des dépenses ordonnancées de l’État (avec plus de 1 600 milliards FCFA exécutés sur une prévision de 2 252 milliards FCFA). Il faut dire que la dette publique est passée de moins de 25% du PIB en 2015 à plus de 43% du PIB en 2024, ce qui asphyxie l’économie. Les rapports d’évaluation du FMI soulignent un risque élevé de surendettement, qui contraint l’État à consacrer près de 1 franc CFA sur 4 uniquement au paiement du principal et des intérêts de sa dette.

2. Fonctionnement et masse salariale

En 2024, les dépenses de personnel atteignaient 1490,5 milliards FCFA, soit 22,6% des dépenses ordonnancées. Sur dix ans, la masse salariale de la fonction publique a progressé de plus de 60%, alors que l’État ne produisait pas proportionnellement la croissance. Pire, la consommation de biens et services et les charges de fonctionnement des ministères et autres institutions représentent un bloc structurel d’environ 25% des budgets annuels, caractérisé régulièrement par des impayés et une accumulation de restes à payer (comme en témoigne la dette locative de l’État).

3. Les détournements de deniers publics en hausse

Si le rapport annuel de la Commission Nationale Anti-Corruption (CONAC), pour l’exercice 2025, ne présente qu’un préjudice financier subi par l’État de 6,2 milliards FCFA, c’est parce qu’au fil du temps, l’on ne poursuit plus grand monde en justice ! La CONAC ne travaille que sur des cas signalés et/ou enrôlés ! Les détournements tracés et poursuivis par la justice et les organes de contrôle représentent moins de 2% du budget consolidé.

Or, dans la réalité, lorsque l’on regarde le rapport des bailleurs de fonds, la part réelle et systémique des détournements à travers des mécanismes de surfacturation, gaspillage, fraude, exécutions fictives, absentéisme payé (fonctionnaires fictifs), virements dérogatoires hors budget, est d’environ 15% de la valeur réelle du budget national annuel. Sauf que la corruption est devenue une normalité au Cameroun.

L’un des sujets les plus discutés dans les rapports de la Banque mondiale et du FMI sur le Cameroun porte sur les « subventions » aux produits pétroliers. Entre 2015 et 2023, cela a coûté plus de 2000 milliards FCFA au Trésor public. L’on appelle cela subvention alors que dans la structure des prix du litre de carburant, c’est le consommateur qui paie. Où part cet argent ? C’est aussi le consommateur qui paie la (re)construction de la SONARA, sauf que le budget annoncé a déjà été récolté plusieurs fois sans suite !

Pire, les rapports d’évaluation des bailleurs de fonds estiment que les détournements représentent une perte d’efficacité atteignant 30% du Budget d’Investissement Public (BIP). Sur la décennie, cela équivaut à un manque à gagner réel allant jusqu’à 4000 milliards FCFA sur la réalisation des infrastructures (routes, écoles, hôpitaux). L’opération de comptage physique des personnels de l’État (COPPE) a révélé sur la décennie des dizaines de milliers d’agents publics fictifs ou en situation d’irrégularité.

Les rémunérations indues versées et rattrapées représentaient jusqu’à 600 milliards FCFA sur la décennie, soit environ 4% de la masse salariale publique. Plus grave, l’audit approfondi mené sur les chapitres 65 (interventions de fonctionnement) et 94 (interventions en investissement) sur la décennie a mis en lumière l’évaporation de près de 1000 milliards FCFA au profit d’entreprises écrans ou pour des interventions dépourvues de justificatifs probants. Mais, comme j’ai dit, l’opération épervier s’est avérée politique et à tête chercheuse.

4. Les soldes engagées non décaissées

L’une des critiques récurrentes formulées par l’Assemblée nationale lors des débats sur les lois de règlement concerne le taux d’exécution des dépenses en capital (BIP). L’on a toujours parlé d’une sous-consommation chronique du budget et des emprunts. Sur la décennie, la part des SEND (Soldes Engagés Non Décaissés) s’est révélée particulièrement élevée, allant jusqu’à 70% du budget annuel global (soit environ les deux tiers du budget de l’État), et représentant près de 15% du PIB.

Les encours de SEND (prêts extérieurs signés avec les Partenaires Techniques et Financiers – PTF, mais non encore décaissés) ont fortement grimpé sous l’effet de l’accumulation des conventions de financement. En 2025, ils ont atteint le niveau critique de 5100 milliards FCFA, soit l’équivalent de près de 70% de l’ensemble des ressources et charges budgétisées de l’exercice. Le coût d’opportunité et les commissions d’immobilisation sont importants.

Le Cameroun subit le syndrome de la faible capacité d’absorption alors qu’il faut seulement travailler à résoudre les problèmes d’exécution qui sont : la faible maturité des projets, les retards dans les procédures d’expropriation, les lenteurs des décaissements et la complexité des procédures de passation des marchés publics.

En récapitulant les dix dernières années d’exécution budgétaire au Cameroun, l’on note qu’environ 15% seulement de l’argent public a été consacré au financement des routes, hôpitaux, écoles, réseaux électriques, etc. L’enjeu central pour la gestion des finances publiques camerounaises ne réside plus seulement dans la capacité à collecter des recettes ou à emprunter, mais dans la qualité de la dépense. Sans une restructuration audacieuse qui accorde la priorité absolue aux investissements générateurs de croissance, l’argent de l’État continuera principalement de financer son propre fonctionnement et le remboursement de ses dettes.

Courage à nous ! Pour ne pas rater mes prochaines chroniques, abonnez-vous et partagez autour de vous !

Louis Marie Kakdeu, MPA, PhD & HDR
Deuxième Vice-Président National du SDF

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INTERPOL sollicité pour renforcer la sécurité aux frontières des six pays d’Afrique centrale

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INTERPOL sollicité pour renforcer la sécurité aux frontières des six pays d’Afrique centrale
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En marge de la 6e session du Conseil des chefs de police d’Afrique centrale à Yaoundé, le Président de la Commission CEMAC, Baltasar Engonga Edjo’o et le président d’INTERPOL Lucas Philippe ont tenu une audience sur la libre circulation, la lutte contre la criminalité transfrontalière et l’équipement des frontières.

La sécurité au cœur de l’intégration. En marge de la 6ᵉ session ordinaire du Conseil des chefs de police d’Afrique Centrale à Yaoundé, consacrée au renforcement de la lutte contre la criminalité transfrontalière, le président de l’Organisation Internationale de Police Criminelle (INTERPOL), Monsieur Lucas Philippe, en visite de travail au Cameroun, a accordé une audience officielle au Président de la Commission de la CEMAC, S.E. Baltasar Engonga Edjo’o.

Cette rencontre institutionnelle a permis de faire le point sur les enjeux stratégiques de la libre circulation au sein de l’espace CEMAC, tout en abordant le financement prioritaire des infrastructures, telles que les postes-frontières juxtaposés.

Les échanges ont également mis l’accent sur le renforcement de la sécurité frontalière, qui a fait l’objet d’un plaidoyer ciblé du président de la Commission auprès de l’OIPC-INTERPOL, notamment à travers l’équipement en lecteurs de passeports biométriques.

L’objectif est clair : concilier fluidité et sécurité. Alors que la CEMAC promeut la libre circulation des personnes et des biens, la porosité des frontières alimente trafics, terrorisme et criminalité organisée.

De même, l’accompagnement de la Communauté dans la création de corps de police dédiés aux frontières et la formation spécialisée des personnels ont été sollicités, en vue de dynamiser la coopération et d’assurer la fluidité des échanges intracommunautaires.

Une coopération qui pourrait se traduire par un appui technique d’INTERPOL, l’accès à ses bases de données et le renforcement des capacités des polices frontalières des six États membres.

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