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pourquoi la Cour suprême a-t-elle demandé un réexamen du dossier ?

La plus haute juridiction du Cameroun a procédé à la déprogrammation de l’affaire concernant l’ancien ministre de la Défense Edgar Alain Mebe Ngo’o alors qu’il devait comparaitre le 21 octobre 2026.
Condamné à 30 ans de prison le 31 janvier 2023 par le Tribunal criminel spécial pour détournement de fonds publics, corruption, prise d’intérêt et blanchiment aggravé de capitaux, Edgar Alain Mebe Ngo’o a intenté un recours en cassation à la Cour suprême. À l’audience programmée le 21 octobre 2026, le condamné allait comparaitre pour plaider en faveur de sa cause. Mais le collège des juges a pris une décision quelques minutes après l’ouverture de la séance. L’affaire est déprogrammée. Les juges demandent un réexamen.
La décision est tombée alors que les avocats de l’ancien ministre de la Défense avaient préparé les moyens de défense à présenter devant la cour. Ces derniers, d’après nos confrères de RFI, évoquent un coup de théâtre à la suite de la déprogrammation.
La demande de réexamen renvoie à un retour sur la procédure et dans le fond du dossier lié à l’affaire qui a connu son dénouement au TCS il y a un peu plus de trois ans. Les décisions rendues en instance et qui condamnent l’ancien membre du gouvernement, son épouse ainsi que certains de ses proches collaborateurs pourraient connaître des modifications au cours du nouvel examen.
Alors qu’on croyait terminé le suspens à propos des décisions judiciaires sur l’affaire, une nouvelle phase de ce suspens commence avec la décision de la déprogrammation rendue par la cour le 21 octobre. Le choix des juges, non motivé au moment du prononcé de la décision, vise à tirer au clair des points d’ombre qui suscitent des interrogations sur la procédure ayant conduit à la condamnation de l’ancien haut-commissaire de l’État et des co-accusés.
Il avait été condamné avec son Bernadette Minla’a Nkoulou (10 ans de prison), Maxime Léonard Mbangue (25 ans de prison), le colonel Ghislain Elie Moutou (25 ans de prison) et Victor Menye (9 ans de prison).
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ces propos ont dépassé ma pensée réelle

Au cœur d’une controverse après avoir évoqué l’affectation de responsables du lycée technique de Nsam « loin, à Mora par exemple », l’enseignant-chercheur Walter Chuo a présenté ses excuses aux populations de cette localité de l’Extrême-Nord et à toutes les personnes heurtées par ses propos.
Dans une déclaration rendue publique, le Dr Walter Chuo affirme avoir tenu des « propos malheureux, maladroits et malveillants » sous le coup de l’émotion provoquée par le décès d’élèves du lycée technique bilingue de Nsam, à Yaoundé.
L’universitaire explique que sa réaction visait à réclamer des sanctions exemplaires contre les personnes susceptibles d’être reconnues responsables du drame. Il reconnaît toutefois que ses déclarations ont dépassé sa pensée et ont pu blesser une partie de l’opinion publique.
« Aucune contrée de notre pays, aussi éloignée et enclavée soit-elle, et certainement pas la localité de Mora ou la région de l’Extrême-Nord, ne saurait servir de terre d’exil ou de punition pour des fonctionnaires indélicats ou défaillants », affirme-t-il dans son message.
Lire le mea culpa du Dr Walter Chuo :
« J’EXPRIME TOUTE MA DÉSOLATION
Chers compatriotes, chers téléspectateurs et internautes, mesdames et messieurs,
Emporté par la vive émotion qu’a suscitée en moi le tragique décès hier de ces enfants du lycée technique bilingue de Nsam qui ne demandaient qu’à étudier en toute sécurité sans être stigmatisés, ma volonté de réclamer des sanctions exemplaires à l’encontre des potentiels responsables et coupables m’a conduit à tenir des propos malheureux, maladroits et malveillants qui ont dépassé ma pensée réelle.
En tant qu’homme public, universitaire, et donc pédagogue, j’affirme et je défends sans ambages qu’aucune contrée de notre pays, aussi éloignée et enclavée soit-elle, et certainement pas la localité de Mora ou la région de l’Extrême-Nord, ne saurait servir de terre d’exil ou de punition pour des fonctionnaires indélicats ou défaillants.
En tant que fervent défenseur d’un Cameroun un, uni et indivisible, je présente mes plus sincères excuses aux populations touchées, aux désagréments crées à la chaîne de télévision A1, ainsi qu’à tous ceux que ces mots ont heurtés, contrariés et blessés.
Dr Walters CHUO Enseignant-Chercheur »
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Mines : révélations sur le rachat par l’australien Tusker de deux sociétés minières présentes au Cameroun

(Investir au Cameroun) – Le groupe minier australien Tusker Minerals, anciennement DY6 Metals, a acquis en juin 2025 deux sociétés lui donnant accès à des projets d’exploration de rutile au Cameroun. L’opération a été conclue avec Gondwana Capital Pty Ltd, une société dont Clifford Fitzhenry, actuel directeur général de Tusker, est également administrateur, selon le rapport annuel de l’exercice clos le 30 juin 2026. Au moment de l’acquisition, ce dernier intervenait déjà comme consultant technique auprès de DY6, avant sa nomination à la direction générale le 14 juillet 2025.
La transaction, annoncée le 24 avril 2025 et finalisée le 13 juin suivant, portait sur 100 % du capital des sociétés australiennes Aardvark Minerals Pty Ltd et EKOM Metals Pty Ltd. La première contrôle Rhino Resources Ltd, au Cameroun, tandis que la seconde possède Gorilla Mining Ltd. L’acquisition a été réalisée après l’approbation des actionnaires de DY6, réunis le 11 juin 2025.
À travers Rhino Resources, Tusker a repris les droits associés au projet du bassin de Douala, couvrant 2 580 km², dont trois permis d’exploration accordés et trois demandes de permis. Gorilla Mining porte le projet Central, initialement présenté sur 2 140 km² et réparti entre cinq demandes de permis. Cette dernière superficie a été précisée à 2 124 km² dans une communication ultérieure. Il s’agit de périmètres de recherche de rutile et de minéraux lourds, et non de réserves minières démontrées.
L’accord initial prévoyait le versement de 200 000 dollars australiens en numéraire et l’attribution de cinq millions d’actions DY6 valorisées à 0,04 dollar australien chacune, soit une contrepartie initiale de 400 000 dollars australiens, équivalant à environ 148 millions de FCFA au taux du 13 juin 2025.
À cette somme s’ajoutaient 150 000 dollars australiens de paiement différé et quinze millions de droits de performance. Ces derniers donnaient au vendeur la possibilité de recevoir des actions supplémentaires, sous réserve notamment de l’obtention des permis demandés, de résultats d’exploration et de la délimitation d’une ressource minérale répondant aux critères contractuels. Calculée à partir des valorisations initiales de ces droits, la contrepartie théorique pouvait atteindre 1,15 million de dollars australiens, soit environ 424 millions de FCFA. Elle n’était cependant pas entièrement acquise au vendeur.
Des contreparties conditionnelles annulées
Le rapport annuel 2026 apporte une précision sur le coût de l’opération. Dans ses comptes de juin 2025, Tusker avait inscrit 2,2 millions de dollars australiens au titre de l’acquisition, après avoir valorisé les quinze millions de droits de performance à 1,65 million de dollars australiens, sur la base du cours de l’action au moment de leur émission.
À la clôture de juin 2026, ce coût comptable a été ramené à 1,5 million de dollars australiens. La société indique avoir annulé 150 000 dollars australiens de paiement différé et 550 000 dollars australiens de droits de performance, les conditions correspondantes n’ayant pas été remplies. Le montant de 1,5 million de dollars australiens est une valeur comptable d’acquisition, et non la somme effectivement versée en espèces.
L’identité du vendeur apporte un autre éclairage. Dans une annonce boursière du 8 juillet 2025, concernant une acquisition distincte auprès de Gondwana Capital, DY6 précisait que cette société était associée à Clifford Fitzhenry, alors consultant technique. L’entreprise indiquait néanmoins que Gondwana n’était pas considérée comme une partie liée à DY6. Le rapport annuel 2026 confirme pour sa part que Fitzhenry est administrateur de Gondwana.
La relation entre les deux sociétés s’est également traduite dans l’actionnariat de Tusker. Selon le rapport annuel, deux millions d’actions ont été attribuées à Gondwana Capital le 30 décembre 2025, à la suite de la conversion de droits de performance. Au 28 septembre 2026, Gondwana figurait parmi les principaux actionnaires du groupe, avec 4,5 millions d’actions, représentant 4,03 % du capital.
Une déclaration boursière signée le 7 janvier 2026 par Matthew Vincent Horgan présente par ailleurs Gondwana Capital comme une entité qui lui est liée. Ce document identifie des relations déclarées autour de la détention d’actions Tusker, sans détailler la répartition du capital de Gondwana ni établir à lui seul l’identité de ses bénéficiaires effectifs.
Amina Malloum
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