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Wall Street sous pression : le pétrole dépasse 108 dollars et les taux américains s’envolent

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Wall Street sous pression : le pétrole dépasse 108 dollars et les taux américains s’envolent
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Nouvelle séance compliquée pour Wall Street. Les Bourses américaines reculent mardi sous l’effet combiné de la flambée des cours du pétrole, de la hausse des rendements obligataires et des inquiétudes autour de l’inflation.

Selon Associated Press (AP), le S&P 500 reculait de 0,4 % en fin de matinée à New York, tandis que le Dow Jones perdait environ 440 points, soit 0,8 %. Le Nasdaq cédait pour sa part 0,7 %.

Derrière cette baisse, les investisseurs surveillent surtout deux indicateurs : le prix du pétrole et le rendement des obligations américaines à 10 ans.

Le pétrole à plus de 108 dollars fait revenir les craintes d’inflation

Le baril de Brent, référence internationale, progressait de 2,3 % mardi pour atteindre environ 108,12 dollars. Le cours a fortement fluctué pendant la matinée, entre 105,10 et 108,76 dollars.

Cette remontée intervient alors que le conflit avec l’Iran continue de perturber les perspectives d’approvisionnement mondial en pétrole. Le détroit d’Ormuz constitue notamment un point de passage majeur pour les exportations énergétiques du Moyen-Orient.

AP rappelle que le Brent se situait autour de 72 dollars au début du mois de juillet. La hausse enregistrée depuis traduit donc un changement brutal des anticipations sur l’offre mondiale.

La semaine dernière, le Brent avait déjà dépassé les 108 dollars, son niveau le plus élevé depuis mai. AP rapportait alors que le prix moyen de l’essence aux États-Unis avait atteint près de 4,28 dollars le gallon, soit environ 34 % de plus qu’un an auparavant.

Pour les investisseurs, le problème ne se limite pas à la facture à la pompe. Un pétrole plus cher augmente aussi les coûts du transport, de la production et de nombreuses marchandises. Il peut donc maintenir l’inflation à un niveau élevé pendant plus longtemps.

Les dernières données américaines montrent déjà une inflation annuelle de 3,4 % en août. Reuters souligne que l’inflation sous-jacente a également progressé de 0,3 % sur un mois, renforçant les arguments en faveur d’une hausse des taux de la Réserve fédérale.

Le rendement du Treasury à 10 ans repasse au-dessus de 5 %

L’autre source d’inquiétude se trouve sur le marché obligataire.

Le rendement de l’emprunt américain à 10 ans a atteint 5,04 % pendant la nuit, avant de revenir autour de 4,99 % mardi. Il était encore à 4,97 % lundi soir.

Le seuil des 5 % est particulièrement surveillé par les investisseurs. Le rendement avait déjà franchi ce niveau lundi, pour la première fois depuis 2023, avant de poursuivre sa progression.

Reuters souligne que la hausse des rendements ne concerne pas seulement les États-Unis. Les taux des principales économies du G7 ont fortement progressé cette semaine, avec des niveaux particulièrement élevés au Japon, en Allemagne, en France et au Royaume-Uni.

Pourquoi cela inquiète-t-il Wall Street ?

Lorsque les rendements obligataires augmentent, les entreprises, les ménages et le gouvernement américain doivent généralement composer avec des coûts d’emprunt plus élevés. Les crédits immobiliers et les financements des entreprises peuvent ainsi devenir plus chers.

Les obligations deviennent également plus intéressantes pour les investisseurs qui cherchent des placements moins risqués. Une partie des capitaux peut alors quitter les actions, surtout lorsque certaines entreprises affichent déjà des valorisations élevées.

« The result is a market that must work harder to generate earnings growth just as investors become less willing to pay premium valuations for that growth », a expliqué Darrell Cronk, président du Wells Fargo Investment Institute, cité par AP.

La Fed au centre de toutes les attentions

Les marchés attendent désormais la décision de la Réserve fédérale américaine sur les taux d’intérêt.

Selon AP, les investisseurs s’attendent largement à une hausse du taux directeur cette semaine, ce qui constituerait la première augmentation en trois ans. La décision intervient dans un contexte particulièrement délicat : la Fed doit lutter contre l’inflation tout en évitant de provoquer un ralentissement trop brutal de l’économie.

Reuters indiquait récemment que les marchés intégraient une probabilité d’environ 85 % d’une hausse des taux, après la publication des dernières données sur l’inflation.

La décision ne sera toutefois que la première étape. Les investisseurs scruteront également les nouvelles projections des responsables de la Fed concernant les taux pour les prochains mois et les prochaines années.

Un message jugé trop ferme pourrait accentuer la pression sur les actions. À l’inverse, un ton plus conciliant pourrait provoquer un rebond, mais aussi faire craindre que la banque centrale ne soit pas suffisamment déterminée à ramener l’inflation vers son objectif de 2 %.

Les valeurs liées à la consommation chutent, l’IA tente de rebondir

La baisse touche particulièrement certaines entreprises dépendantes des dépenses des consommateurs américains.

Chipotle Mexican Grill reculait ainsi de 5,5 %, tandis que United Airlines abandonnait 3,5 %. Dollar Tree perdait également 4,2 %.

La chute la plus spectaculaire concernait Dave & Buster’s Entertainment, dont le titre plongeait de 17,2 % après la publication de résultats trimestriels inférieurs aux attentes des analystes.

Les valeurs technologiques liées à l’intelligence artificielle résistaient mieux après leur forte baisse de lundi.

Nvidia progressait de 0,6 %, tandis qu’AMD gagnait 2 %. La veille, Nvidia avait perdu 3,4 %, contribuant fortement au recul du S&P 500.

Les actions liées à l’IA restent toutefois sous surveillance après plusieurs années de hausse spectaculaire. Les investisseurs commencent à s’interroger sur les valorisations atteintes par certaines entreprises et sur le rythme des investissements dans le secteur.

Cette prudence a été renforcée lundi par des déclarations de plusieurs dirigeants du secteur appelant à davantage de précautions concernant le développement de l’intelligence artificielle. Reuters rapportait que ces inquiétudes avaient contribué à la baisse des valeurs technologiques.

La pression ne se limite pas aux États-Unis. Les marchés européens et asiatiques ont également reculé, même si certaines places ont moins souffert que lors de la forte baisse de lundi. En Corée du Sud, le Kospi a notamment perdu 0,9 %, après une chute de 3,3 % la veille.

Pour Wall Street, l’équation devient donc plus complexe : pétrole cher, inflation persistante, rendements obligataires autour de 5 %, dette américaine élevée et incertitude sur les prochaines décisions de la Fed. Tant que ces facteurs resteront présents, les investisseurs pourraient continuer à réduire leur exposition aux actifs les plus risqués.

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Bali : une explosion provoque un violent incendie sur un bateau de plongée

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Bali : une explosion provoque un violent incendie sur un bateau de plongée
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Une sortie de plongée a failli tourner au drame au large de Nusa Penida, en Indonésie. Quatre touristes étrangers et leur guide ont dû se jeter à l’eau après une violente explosion suivie d’un incendie à bord de leur bateau. Le capitaine, blessé aux jambes, a été transporté à l’hôpital. Les circonstances exactes de l’accident restent à déterminer.

La scène a provoqué la panique dans la baie de Gamat, une destination très fréquentée par les amateurs de plongée avec masque et tuba à Bali. Alors que le bateau s’apprêtait à quitter les lieux, une détonation a soudainement retenti. Quelques instants plus tard, les flammes ont envahi une partie de l’embarcation, obligeant les passagers à abandonner le navire.

Une explosion à bord du Naomi en pleine excursion à Bali

Selon les informations publiées le vendredi 30 octobre 2026 par l’agence de presse indonésienne ANTARA, l’accident s’est produit le jeudi 29 octobre, aux alentours de 13h40, heure locale.

Le bateau, baptisé Naomi, avait quitté sa base opérationnelle vers 12h30 avec quatre touristes étrangers à bord. Le groupe participait à une excursion privée comprenant trois étapes réputées pour leurs fonds marins : Manta Bay, Crystal Bay et Gamat Bay.

Alors que l’embarcation s’apprêtait à quitter cette dernière destination, une forte explosion s’est produite à l’une de ses extrémités. Les premières informations recueillies par la police orientent les soupçons vers un composant de la batterie installée sur le bateau.

La détonation a rapidement été suivie par un incendie qui s’est propagé à l’embarcation. Face aux flammes, le guide touristique Made Wirya et les quatre visiteurs ont immédiatement sauté dans l’eau pour éviter d’être piégés à bord.

Les images de l’accident montrent un bateau entièrement gagné par les flammes, tandis qu’une épaisse fumée s’élève au-dessus de la baie. La violence de l’incendie a rendu toute évacuation à bord particulièrement dangereuse.

Le capitaine blessé, les cinq autres personnes secourues

Le sauvetage a finalement eu lieu grâce à un autre bateau qui naviguait à proximité. Vers 14h50, soit un peu plus d’une heure après le début de l’incendie, cette embarcation est venue récupérer les personnes présentes dans l’eau.

D’après les informations communiquées par la police de Klungkung et relayées par ANTARA, les quatre touristes et le guide ont tous été évacués sains et saufs. Aucun décès n’a été signalé.

Le capitaine, identifié par les autorités sous le nom de I Kadek Dwiyana, âgé de 31 ans et originaire de Nusa Penida, a toutefois subi des brûlures aux jambes. Les secours l’ont transporté aux urgences de l’hôpital Gema Santhi, sur l’île, pour recevoir des soins médicaux.

Les autorités indonésiennes n’ont pas communiqué officiellement l’identité des quatre touristes ni leur nationalité.

La police de Bali enquête sur l’origine de l’explosion

L’accident soulève désormais des questions sur les conditions techniques du bateau. Selon les premiers témoignages recueillis par les enquêteurs, le Naomi avait pourtant fait l’objet de vérifications avant son départ.

Made Wirya a notamment indiqué aux autorités que les équipements de sécurité et l’état technique de l’embarcation avaient été contrôlés et jugés satisfaisants avant l’excursion.

La police de Klungkung a également confirmé que le bateau avait récemment bénéficié de réparations et d’un entretien régulier. Malgré ces précautions, les enquêteurs n’écartent pas l’hypothèse d’une défaillance liée à un élément de la batterie.

Dans un communiqué publié le 30 octobre, la police de Nusa Penida a indiqué poursuivre les investigations, notamment à travers la collecte de témoignages et l’examen des éléments disponibles sur les lieux.

Rapportée par ANTARA, l’enquête doit permettre de déterminer les circonstances exactes de l’explosion et de l’incendie qui ont détruit le bateau de plongée. Les autorités attendent également que le propriétaire de l’embarcation se présente au commissariat pour déposer une plainte officielle.

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Paul Atanga Nji : « Il était temps de sanctionner ce parti afin que personne ne s’amuse plus à l’avenir »

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Paul Atanga Nji : « Il était temps de sanctionner ce parti afin que personne ne s’amuse plus à l’avenir »
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Le ministre de l’Administration territoriale explique que dans le cas de la suspension du FSNC de Issa Tchiroma Bakary, le gouvernement camerounais a pris le temps parce qu’il y avait des enquêtes en cours et la justice se devait d’aller jusqu’au bout.

Le 27 octobre 2026, le ministre camerounais de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, a prononcé la suspension pour une durée de trois mois du Front pour le salut national du Cameroun (FSNC), le parti d’opposition dirigé par Issa Tchiroma Bakary actuellement en exil.

Revenant sur les faits dans une interview accordée au journal Cameroon Tribune du jeudi 29 octobre 2026, le membre du gouvernement rappelle tout d’abord que tous les partis politiques au Cameroun se déploient en fonction des dispositions de la loi du 19 décembre 1990, régissant la liberté des associations dans le pays.

«Vous avez vécu les événements postélectoraux et les violences inouïes enregistrées avant, pendant et après le processus électoral. Dans l’article 17 de la loi que je viens de citer, il est clairement dit que le ministre chargé de l’Administration territoriale peut d’office suspendre par décision motivée pour une durée de trois mois, tout parti politique responsable de troubles graves à l’ordre public ou qui ne satisfait pas aux dispositions des articles 5,6,9,10 et11 de la loi de 1990» justifie Paul Atanga Nji.

Outre les motifs d’appel à l’insurrection, atteinte à l’intégrité territoriale, incitation à la violence ayant occasionné des destructions des biens publics et privés, troubles graves à l’ordre public qui sont formulés dans la décision de suspension du FSNC, Paul Atanga Nji parle également d’un candidat qui s’est autoproclamé vainqueur, faisant ici référence à Issa Tchiroma Bakari.

«Il a même eu l’audace de demander aux autorités administratives et aux forces de défense de se mettre à sa disposition. Face à cette dangereuse imposture, nous avons pris notre temps parce qu’il y avait des enquêtes en cours et nous avons voulu que la justice aille jusqu’au bout. A partir de là, lorsque les indices concordants de culpabilité sont réunis, le Minat prends les décisions appropriées à l’encontre des contrevenants» explique le Minat.

Opportunité ou hasard de calendrier ?

A la question de savoir si la décision de suspendre le FSNC a un lien avec les élections municipales et législatives prévues pour se tenir en début d’année 2027, le Minat est péremptoire : « …je ne m’intéresse pas à ce genre de considérations. Il y a des échéances électorales, bien évidemment. Le corps électoral n’est pas encore convoqué. Il le sera le moment voulu par le chef de l’Etat qui dispose seul de cette prérogative. Mais si vous êtes fautifs, je n’ai pas besoin d’attendre les élections» explique le membre du gouvernement.

Il affirme même qu’il était temps de sanctionner ce parti politique afin que personne ne s’amuse plus à l’avenir en pensant qu’après un processus électoral on peut se livrer à tous genres de dérives.

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Résilience économique : ce que l’Afrique doit copier et ne doit pas copier de l’expérience russe

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Paul Atanga Nji : « Il était temps de sanctionner ce parti afin que personne ne s’amuse plus à l’avenir »
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Alors que Moscou a accueilli le troisième sommet Russie-Afrique les 28 et 29 octobre 2026, l’économie russe sert de cas d’école. Elle montre ce que permet la diversification des partenaires, et ce qu’elle coûte. Au-delà de la diplomatie, un enjeu s’impose : comment une économie visée par des sanctions sans précédent a-t-elle tenu, et que peut-on en tirer pour le continent africain ?

Une résilience réelle, mais risquée

Les chiffres sont impressionnants. Fin avril 2025, 28 937 restrictions non commerciales visaient la Russie, dont 92 % imposées après février 2022. Malgré cela, la croissance russe a atteint 4,3 % en 2024. Le tableau s’est depuis nettement assombri. La croissance est retombée à 1 % en 2025.

Le PIB s’est contracté de 0,2 % au premier trimestre 2026, premier recul annuel depuis 2023, avant un rebond de 1,3 % au deuxième trimestre. La Banque centrale russe table désormais sur 0 à 1 % pour l’année. L’économie de guerre a été portée par des dépenses de défense record, près de 6,5% du PIB, mais freinée par une demande des ménages faible et un recul de l’investissement civil.

La résilience russe tient donc à une capacité d’adaptation de court terme, et non à un modèle de croissance durable. L’Afrique a intérêt à retenir les deux volets et à se méfier de l’économie de guerre.

Le pivot asiatique : réorienter, mais sans se rendre dépendant

Premier mécanisme de survie face aux sanctions occidentales : la réorientation des exportations d’hydrocarbures. Selon le vice-Premier ministre Alexandre Novak, Moscou vendait fin 2023 de 45 à 50 % de son pétrole à la Chine et environ 40 % à l’Inde. La part de la Chine dans le commerce russe a presque doublé pour atteindre 18 %, alors que la Russie ne pèse que 2,5 % dans le commerce chinois. L’Inde, de son côté, est passée de moins de 3 % à plus de 40 % de pétrole russe dans ses achats.

Leçon n° 1 : ne dépendre d’aucun client unique. Le pivot a sauvé les recettes russes, mais il a créé un risque de dépendance à l’Asie. L’Afrique, dont les échanges restent concentrés sur l’Europe, la Chine et les États-Unis, a tout intérêt à élargir son éventail de partenaires avant d’y être contrainte. Elle doit aussi éviter de remplacer une dépendance par une autre.

Dédollarisation : un outil réel, mais insuffisant

Second pilier : le règlement des échanges en monnaies locales. Selon le conseiller du Kremlin Iouri Ouchakov, la quasi-totalité des quelque 240 milliards de dollars d’échanges russo-chinois se règle désormais en yuans et en roubles.

Avec l’Inde, les monnaies nationales représentent environ 90 % des paiements directs, selon l’ambassadeur russe à New Delhi. Toutefois, la part du dollar dans les réserves de change des banques centrales est passée d’environ 70 % en 2000 à 58 % fin 2024, ce qui reste une érosion lente. Le yuan peine à dépasser 2 % des paiements mondiaux.

Leçon n° 2 : sécuriser des circuits de paiement alternatifs. Les pays africains disposent déjà d’un outil, le système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS), lancé sous l’égide d’Afreximbank et de la Zone de libre-échange continentale. Il vise à réduire le recours aux devises tierces dans les échanges intra-africains, qui plafonnent autour de 15 % du commerce du continent. Il ne s’agit pas de rejeter le dollar, mais de ne plus en être prisonnier.

Le sommet de Moscou : l’écart entre ambitions et réalité

Les chiffres du commerce russo-africain invitent à la prudence. Les échanges ont atteint 27 milliards de dollars en 2025, essentiellement avec l’Afrique du Nord. Ils sont très déséquilibrés : en 2024, la Russie a exporté 24,3 milliards de dollars vers l’Afrique et n’y a importé que 3,5 milliards. Le continent ne représente que 3,9 % de son commerce extérieur. Le blé russe couvrait environ 30 % des besoins africains.

À titre de comparaison, les échanges de l’Afrique avec l’Union européenne ont atteint 355 milliards d’euros en 2024, et avec la Chine 348 milliards de dollars en 2025. À Sotchi, Moscou s’était engagée à doubler ses échanges pour atteindre environ 40 milliards, et l’objectif n’est toujours pas atteint. Moscou vise désormais 50 à 60 milliards de dollars d’ici 2030.

Leçon n° 3 : négocier en position de force. L’Afrique n’a pas à choisir un camp. Elle peut exiger de chaque partenaire, Russie comprise, de la transformation locale, des transferts de technologie et un rééquilibrage de la balance commerciale. Concrètement, il s’agit d’engrais, de nucléaire civil, de céréales et de formation, avec des engagements chiffrés et vérifiables.

En gros, l’Afrique n’est pas sous sanctions, et la comparaison a ses limites. Le modèle russe repose sur une économie de guerre, avec ses coûts : une inflation attendue autour de 5 % en 2026 et des prévisions de croissance divisées par trois par le gouvernement. Il s’appuie aussi sur une rente énergétique que la plupart des économies africaines ne possèdent pas.

Ce qui se transpose, c’est la méthode : multiplier les partenaires, bâtir des circuits financiers de secours et protéger ses marges de manœuvre avant la crise plutôt que pendant. Pour l’Afrique, l’enjeu est moins de rejoindre un bloc que d’éviter d’avoir à dépendre d’un seul.

Louis Marie Kakdeu, MPA, PhD & HDR

Deuxième Vice-Président National du SDF

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