Actualités locales
quels risques pour Samuel Eto’o, la FECAFOOT, la CAF et la FIFA ? (OPINION)

L’affaire du paiement lié au match amical Russie-Cameroun disputé en 2023 soulève de nouvelles interrogations sur la gestion financière de la Fédération camerounaise de football (FECAFOOT) et la responsabilité de son président, Samuel Eto’o. Dans une analyse publiée le 12 septembre depuis New York, le Dr. Laziz Nchare appelle toutefois à distinguer les accusations rapportées des faits qui restent à établir.
Selon plusieurs médias cités dans cette analyse, une somme d’environ 567 570 euros liée à cette rencontre aurait été versée sur un compte domicilié au Qatar et associé à Samuel Eto’o. Environ 455 056 euros correspondraient à 80 % du montant contractuel évoqué.
Le président de la FECAFOOT conteste pour sa part tout enrichissement personnel et explique que le recours à ce circuit aurait été lié à des difficultés bancaires ou fiscales. Pour le Dr Nchare, cette explication doit être confrontée aux documents financiers et aux autorisations internes de la fédération.
La principale question porte ainsi sur l’identité du titulaire du compte qatari et sur l’éventuelle autorisation donnée par la FECAFOOT pour y faire transiter des fonds appartenant à l’institution.
Lire la tribune du Dr. Laziz Nchare :
Affaire du paiement russe : quels risques pour Samuel Eto’o, la FECAFOOT, la CAF et la FIFA ?
Cette affaire est potentiellement très grave sur le plan de la gouvernance sportive. Mais il faut éviter de présenter comme déjà établi ce qui relève encore d’accusations à vérifier. Le point juridiquement sensible n’est pas seulement l’origine russe de l’argent : c’est surtout le versement allégué de fonds dus à la FECAFOOT dans un compte qui aurait été personnellement contrôlé par son président.
1. Ce qui est allégué — et ce qui doit encore être prouvé
Plusieurs médias ont récemment rapporté qu’une somme liée au match amical Russie–Cameroun de 2023 aurait été dirigée vers un compte domicilié au Qatar et associé à Samuel Eto’o. Les chiffres publiés varient selon la présentation de l’opération : environ 567 570 euros pour le montant contractuel évoqué, dont environ 455 056 euros correspondant à 80 % du total.
Samuel Eto’o conteste tout enrichissement personnel et soutient que ce montage répondait à des contraintes bancaires ou fiscales empêchant le paiement par le circuit initialement prévu. Cette défense doit être examinée, mais elle ne suffit pas, à elle seule, à résoudre le problème.
Les questions décisives sont les suivantes :
Qui est juridiquement titulaire du compte qatari ?
La FECAFOOT en avait-elle officiellement autorisé l’utilisation ?
Cette autorisation figure-t-elle dans une résolution, un procès-verbal ou une délégation écrite ?
La totalité de l’argent a-t-elle ensuite été reversée à la FECAFOOT ?
À quelle date et dans quelle devise ?
Les fonds apparaissent-ils dans la comptabilité et les états financiers de la fédération ?
La différence éventuelle entre les montants contractuels, reçus et comptabilisés est-elle justifiée ?
Les commissaires aux comptes, le comité exécutif et l’assemblée générale en ont-ils été informés ?
Pourquoi un compte institutionnel sécurisé ou un compte séquestre n’a-t-il pas été utilisé ?
Tant que ces pièces ne sont pas publiées ou examinées par un organe indépendant, il est prématuré de parler juridiquement de détournement. En revanche, l’existence supposée d’un compte personnel comme réceptacle de fonds institutionnels constitue déjà un sérieux signal d’alarme en matière de contrôle interne.
2. Le paiement russe n’est pas automatiquement illégal
Il faut corriger une idée importante : les sanctions imposées à la Russie ne rendent pas automatiquement illégal tout paiement provenant d’une entité russe.
Depuis l’invasion de l’Ukraine, la FIFA et l’UEFA ont suspendu les sélections et clubs russes de leurs compétitions. Cela relève principalement du droit sportif. Les sanctions économiques, quant à elles, sont appliquées par différents États et organisations—États-Unis, Union européenne, Royaume-Uni, Suisse et autres—selon des régimes qui ne sont pas parfaitement identiques.
Un paiement devient particulièrement problématique si :
- l’expéditeur ou sa banque figure sur une liste de sanctions ;
- la transaction utilise des dollars américains ou traverse une banque correspondante américaine ;
- une banque européenne ou une autre institution soumise aux sanctions intervient ;
- le montage a été intentionnellement conçu pour dissimuler l’origine, le bénéficiaire ou la destination des fonds ;
- des informations trompeuses ont été communiquées aux banques ;
- le compte qatari a servi à contourner un refus bancaire fondé sur les sanctions.
Le simple passage par le Qatar ne prouve donc pas un contournement. Mais si le compte qatari a précisément été choisi parce que les voies bancaires ordinaires refusaient le paiement, les autorités devront déterminer s’il s’agissait d’une solution commerciale licite ou d’un mécanisme destiné à éluder des contrôles.
La distinction est capitale : contourner une difficulté bancaire n’est pas nécessairement contourner une sanction, mais dissimuler volontairement une opération interdite peut exposer les participants à des conséquences beaucoup plus graves.
3. Le compte personnel constitue le cœur du problème
Même si aucune sanction économique n’a été violée, l’usage d’un compte personnel peut poser plusieurs problèmes autonomes :
Confusion entre patrimoine personnel et fonds institutionnels.
L’argent d’une fédération appartient à la fédération. Son président n’en devient pas propriétaire parce qu’il en dirige l’administration. Lorsque les fonds institutionnels transitent par un compte personnel, la traçabilité est fragilisée et le risque de confusion patrimoniale apparaît.
Violation possible des règles financières internes
La FECAFOOT dispose de statuts, d’un code d’éthique et de règles financières. Il faut vérifier si ceux-ci autorisent un président à recevoir personnellement une créance de la fédération et, dans l’affirmative, sous quelles conditions.
Conflit d’intérêts apparent
Le Code d’éthique de la FIFA interdit aux responsables du football d’exercer leurs fonctions dans une situation où des intérêts secondaires pourraient influencer—ou sembler influencer—leur indépendance. Il leur impose également intégrité, loyauté et coopération avec les autorités éthiques. Le standard couvre donc non seulement l’enrichissement effectivement prouvé, mais aussi certaines apparences de conduite irrégulière. Le fardeau de la preuve demeure toutefois à la charge de l’organe d’éthique. Code d’éthique de la FIFA
Risque de blanchiment ou de déclaration trompeuse
Il ne faut pas employer le mot « blanchiment » sans preuve. Mais tout transfert international atypique vers un compte personnel peut déclencher des obligations de vigilance bancaire : identification du bénéficiaire effectif, origine des fonds, justification économique et conformité aux sanctions.
4. Le soutien à Infantino peut-il protéger ou compromettre Samuel Eto’o ?
Le soutien politique de Samuel Eto’o à Gianni Infantino ne constitue ni une infraction ni une preuve de complicité dans les controverses entourant la gouvernance de la FIFA. Une fédération africaine est libre de soutenir un candidat.
Mais cette proximité peut avoir deux conséquences politiques opposées.
D’une part, elle peut donner à Eto’o un accès et une influence considérables dans les structures internationales du football. La CAF soutient encore Infantino, tandis que plusieurs fédérations européennes cherchent une autre candidature.
D’autre part, si Infantino perd du pouvoir ou si son système de gouvernance est soumis à une enquête plus agressive, ceux qui se sont publiquement présentés comme ses alliés pourraient faire l’objet d’un examen accru. Ils ne seraient pas condamnés pour leur soutien, mais leurs décisions, transactions et éventuels conflits d’intérêts seraient observés avec moins de complaisance.
La Fédération française de football a effectivement retiré son soutien à Infantino le 10 septembre 2026. Elle invoque notamment une rupture de confiance, des problèmes de consultation et le projet finalement abandonné de céder à des investisseurs privés une participation dans les compétitions de la FIFA. L’Angleterre et l’Italie auraient également retiré leur appui, tandis que l’UEFA et d’autres confédérations cherchent une candidature alternative pour l’élection du 18 mars 2027. La CAF, elle, demeure dans le camp d’Infantino. Reuters
Cela crée une ligne de fracture :
- Niveau Enjeu principal
- FIFA Transparence mondiale, indépendance des organes d’éthique et concentration du pouvoir
- UEFA et FFF Contestation du leadership d’Infantino et demande d’une gouvernance plus collégiale
- CAF Maintien de son influence auprès d’Infantino et défense de ses intérêts institutionnels
- FECAFOOT Justification précise de la transaction russe et protection de son patrimoine
- Samuel Eto’o Responsabilité personnelle, réputation, coopération et preuve de la destination finale des fonds
5. Samuel Eto’o risque-t-il le sort de Sepp Blatter ?
La comparaison est politiquement suggestive, mais juridiquement imparfaite.
Sepp Blatter a été impliqué dans une crise systémique portant sur des paiements, des conflits d’intérêts et la gouvernance de la FIFA. Son cas montre qu’un président longtemps puissant peut perdre rapidement sa protection institutionnelle lorsque les rapports de force changent.
Mais Samuel Eto’o ne risque pas une sanction simplement parce qu’il soutient Infantino. Il faudrait établir une violation personnelle et précise :
- détournement ou appropriation de fonds ;
- conflit d’intérêts ;
- violation du devoir de loyauté ;
- fausse déclaration ;
- dissimulation de documents ;
- refus de coopérer ;
- infraction aux sanctions économiques ;
- ou violation des règles financières de la FECAFOOT.
Le précédent Blatter enseigne surtout que le droit pénal et la justice sportive sont deux univers différents. Un responsable peut être acquitté devant une juridiction pénale et néanmoins sanctionné par une organisation sportive, car les règles, les procédures et les standards de preuve ne sont pas les mêmes.
6. Le double problème de la CAF
La CAF se trouve dans une position particulièrement délicate.
Elle doit contrôler les fédérations nationales, tout en entretenant des alliances électorales avec leurs dirigeants. Samuel Eto’o siège dans les structures dirigeantes du football africain et soutient Infantino. Cela nourrit inévitablement la question suivante : les organes disciplinaires peuvent-ils enquêter avec une indépendance suffisante sur un acteur devenu politiquement important ?
Il faut néanmoins rappeler que, dans une précédente procédure concernant des accusations de manipulation de matchs, la commission disciplinaire de la CAF avait estimé que les preuves disponibles étaient insuffisantes pour déclarer Samuel Eto’o et Valentin Nkwain coupables. Cela démontre pourquoi une accusation médiatique ne doit pas être transformée automatiquement en culpabilité juridique.
Décision officielle de la CAF
À l’inverse, la CAF a sanctionné Eto’o en janvier 2026 pour violation des principes de sportivité lors de la CAN 2025. La FIFA l’avait également suspendu en septembre 2024 de certains matchs des sélections camerounaises pour des violations disciplinaires distinctes. Ces décisions prouvent qu’il n’est pas juridiquement intouchable, même si elles ne concernent pas la transaction russe. Décision disciplinaire de la FIFA
7. Ce qu’une enquête crédible devrait exiger
Une enquête sérieuse ne devrait pas se contenter des déclarations des adversaires ou des défenseurs de Samuel Eto’o. Elle devrait obtenir :
- Le contrat intégral conclu avec la Fédération russe.
- L’ordre de virement original et ses éventuelles modifications.
- L’identité complète du titulaire et du bénéficiaire effectif du compte qatari.
- Les relevés retraçant la réception et la redistribution de chaque somme.
- Les correspondances avec les banques ayant refusé ou retardé la transaction.
- La preuve précise de l’obstacle fiscal invoqué.
- L’autorisation du comité exécutif de la FECAFOOT.
- L’inscription des fonds dans les comptes certifiés de la fédération.
- Les factures et dépenses liées au match.
- Un avis indépendant sur la conformité aux sanctions internationales.
Si l’argent est intégralement traçable, correctement déclaré, autorisé et reversé, l’affaire pourrait relever principalement d’une gouvernance maladroite et d’un dispositif financier imprudent.
Si, au contraire, une partie des fonds reste introuvable, si le compte a servi à dissimuler le véritable bénéficiaire ou si les documents ont été falsifiés, les conséquences pourraient dépasser le football : procédures disciplinaires, enquêtes bancaires, infractions financières ou fiscales et responsabilité devant les juridictions compétentes.
Conclusion
Le vrai enjeu n’est pas de savoir si Samuel Eto’o est l’ami d’Infantino ou l’adversaire de telle faction. Il est de déterminer si l’argent de la FECAFOOT a été administré comme un patrimoine institutionnel ou comme une ressource placée sous le contrôle personnel de son président.
Une fédération ne peut pas être gérée comme une extension du prestige de celui qui la dirige. La célébrité sportive n’abolit ni la comptabilité, ni les conflits d’intérêts, ni l’obligation de rendre compte.
Cette affaire appelle donc non une condamnation précipitée, mais une transparence documentaire totale. Samuel Eto’o doit bénéficier de la présomption d’innocence. La FECAFOOT, pour sa part, doit publier les pièces permettant au public de vérifier sa défense. Dans la gestion du football, la confiance ne repose pas sur la popularité d’un dirigeant : elle repose sur des comptes séparés, des décisions autorisées, des audits indépendants et des preuves vérifiables.
Dr. Laziz Nchare, New York, le 12 septembre 2026
CLIQUEZ ICI POUR LIRE L’ARTICLE ORIGINAL SUR camerounactuel.com
Actualités locales
CAFI confie 14 milliards FCFA à IDH pour faciliter l’accès au financement des PME et coopératives agricoles camerounaises

(Investir au Cameroun) – IDH, organisation spécialisée dans le développement des chaînes de valeur agricoles, a annoncé le 15 septembre 2026 la mise en place au Cameroun de son « Investment & Payment for Environmental Services Hub ». Ce dispositif est destiné à préparer des entreprises agricoles au financement et à attirer des capitaux privés vers des chaînes de valeur sans déforestation. Le projet bénéficie d’un financement de 24,57 millions de dollars de la Central African Forest Initiative (CAFI), soit près de 14 milliards de FCFA. D’ici 2030, IDH vise parallèlement la mobilisation de 29 millions de dollars supplémentaires, environ 16,5 milliards de FCFA, auprès de financeurs privés, climatiques et liés aux paiements pour services environnementaux.
Le mécanisme cible notamment les PME, grandes coopératives et entreprises agricoles qui éprouvent des difficultés à accéder aux financements. Le dispositif ne constitue pas une garantie destinée à rembourser les banques en cas de défaut d’un emprunteur. Il intervient en amont : assistance technique, préparation des entreprises à l’investissement, apport de capital catalytique remboursable et mise en relation avec des banques, institutions de microfinance, investisseurs et acheteurs.
L’enjeu consiste à réduire certains des risques qui maintiennent une partie des entreprises agricoles entre la microfinance et le crédit bancaire classique. IDH doit notamment travailler sur leurs modèles économiques, leur préparation financière et leurs projets d’investissement avant de les présenter à des financeurs. Les banques et investisseurs conserveront toutefois leur propre appréciation du risque et leur décision de financer ou non chaque entreprise.
Près de 14 milliards de FCFA soumis à un décaissement par étapes
CAFI avait approuvé le projet le 21 janvier 2026 pour un montant exact de 24,573 millions de dollars. Sur cette enveloppe, 24,149 millions de dollars doivent être administrés par IDH, tandis que 425 000 dollars resteront gérés directement par CAFI pour effectuer des paiements ex post aux bénéficiaires des services environnementaux.
Le financement est organisé en trois tranches. La première, de 4,481 millions de dollars, soit environ 2,5 milliards de FCFA, est liée à la signature du document de projet. La deuxième attaint 12,190 millions de dollars, environ 6,9 milliards de FCFA, et doit intervenir au premier trimestre de la deuxième année de mise en œuvre, sous réserve du respect de plusieurs conditions.
IDH devra notamment avoir rendu opérationnels les mécanismes d’assistance technique et de capital d’amorçage, fait valider par un organisme indépendant une méthodologie de vérification des résultats et adapté le système de suivi des paiements pour services environnementaux de CAFI.
Le projet devra également avoir commencé à intéresser le secteur privé. Au moins une entreprise de cacao devra avoir signé un contrat de soutien financier au programme de paiements pour services environnementaux et une autre une lettre d’intention. Au moins quatre investisseurs devront avoir rejoint le réseau d’affaires et d’investissement du Hub et dix entreprises potentielles avoir été évaluées pour accéder au mécanisme de capital d’amorçage.
Jusqu’à 4,5 milliards de FCFA liés aux résultats
La troisième tranche peut atteindre 7,904 millions de dollars, soit environ 4,5 milliards de FCFA. Elle est prévue au deuxième trimestre de la quatrième année de mise en œuvre et dépendra des résultats obtenus pendant les trois premières années.
Avant ce décaissement, les engagements financiers matérialisés par des contrats ou des lettres d’intention avec des entreprises privées devront atteindre au moins 6,701 millions de dollars, soit environ 3,8 milliards de FCFA. Ce seuil correspond au montant demandé à CAFI pour financer le volet consacré aux paiements pour services environnementaux.
Le reste dépendra directement des performances vérifiées. La décision de CAFI prévoit que le montant de la troisième tranche soit calculé notamment à partir du nombre d’unités de résultats validées — par exemple les hectares d’agriculture sans déforestation, d’agroforesterie, de reboisement, de régénération ou de conservation forestière — et du montant attribué à chaque unité. Si la vérification indépendante conclut à une performance « faible », aucun versement de cette troisième tranche à IDH ne sera effectué.
IDH doit encore attirer 16,5 milliards de FCFA
À ces ressources publiques doit s’ajouter un objectif de 29 millions de dollars, environ 16,5 milliards de FCFA, de financements commerciaux privés, climatiques et liés aux paiements pour services environnementaux d’ici 2030. Ce montant constitue un objectif de mobilisation et non des ressources déjà acquises.
Le programme prévoit également l’application de pratiques agricoles vérifiées comme sans déforestation et résilientes au changement climatique sur 9 950 hectares d’ici 2030. Des opérations de boisement, reboisement, régénération naturelle assistée ou protection des forêts doivent couvrir 7 000 hectares supplémentaires.
Le volet consacré aux paiements pour services environnementaux doit commencer dans le Grand Mbam. Agriculteurs et communautés pourront être rémunérés en fonction de résultats environnementaux vérifiés, notamment en matière d’agroforesterie, de reboisement ou de protection des forêts. CAFI et IDH prévoient que les enseignements de cette expérimentation puissent ensuite servir à une éventuelle extension du mécanisme à d’autres zones du Cameroun et du bassin du Congo.
Baudouin Enama
Rejoindre notre chaîne télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici
Actualités locales
Sud-Ouest : du matériel militaire en provenance d’un pays voisin saisi à Idenau
Dans la région du Sud-Ouest, la douane a procédé à la saisie d’un important matériel militaire en provenance d’un pays voisin. La saisie a eu […]
Rejoindre notre chaîne télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici
Actualités locales
Électricité : l’audit 2023 d’Eneo devenue Socadel confié au groupement béninois Erudit-FCG

(Investir au Cameroun) – Le ministère camerounais de l’Eau et de l’Énergie a confié au groupement béninois Erudit-FCG l’audit des performances techniques d’Eneo pour l’exercice 2023. Attribué le 21 juillet 2026 pour une durée de quatre mois, le marché s’élève à 107,325 millions de FCFA TTC, soit 163 616 euros. Hors TVA, son montant ressort à près de 90 millions de FCFA, ou 137 204 euros, selon la décision d’attribution publiée par l’Agence de régulation des marchés publics (ARMP).
L’avis publié le 12 septembre par la Banque mondiale confirme l’attribution à Erudit SARL et Fiducia Group SARL. Il mentionne un prix final d’évaluation de 107,324910 millions de FCFA et un « prix du contrat signé » de 137 204 euros. La décision camerounaise permet de rapprocher ces deux montants : le premier correspond au prix TTC, tandis que le second représente le montant hors TVA.
La mission concerne toutefois une entreprise dont le statut a changé depuis la période auditée. Par décret du 4 mai 2026, l’État a transformé Eneo Cameroon en société à capital public, dont il est l’actionnaire unique, et l’a rebaptisée Société camerounaise d’électricité (Socadel). La convention de concession d’Eneo a été transférée à la nouvelle entreprise, avec ses droits, actifs, équipements et installations techniques.
L’audit portera donc exclusivement sur les performances enregistrées en 2023 par l’ancien concessionnaire. Il ne constitue pas une évaluation des résultats de Socadel depuis sa création en mai 2026.
Production, distribution et commercialisation examinées
Les termes de référence couvrent les trois principaux segments alors exploités par Eneo : la production, la distribution et la commercialisation de l’électricité. Le consultant devra confronter les performances de l’entreprise aux indicateurs et trajectoires fixés par le contrat de concession, examiner les processus opérationnels, analyser les données de performance et évaluer les technologies utilisées.
La mission comprend également des visites de terrain, des séances de travail et des ateliers de validation avec le régulateur. Erudit-FCG devra surtout mettre au point une méthodologie que l’Agence de régulation du secteur de l’électricité (Arsel) pourra réutiliser pour de futurs audits. Le groupement devra aussi former les équipes de l’Arsel et du ministère de l’Eau et de l’Énergie aux techniques d’audit et d’évaluation des performances.
Le contrat prévoit un rapport de cadrage, des rapports d’étape, un rapport de formation et un rapport final d’audit. La prestation doit durer quatre mois à compter de la signature du contrat et de la notification de l’ordre de service. La date de cet ordre de service n’apparaît pas dans les documents consultés.
La procédure de sélection s’est étalée sur près de deux ans. L’appel à manifestation d’intérêt a été lancé le 20 septembre 2024. Une liste restreinte a été arrêtée en février 2025, avant l’envoi de la demande de propositions le 11 avril 2025 puis l’attribution du marché le 21 juillet 2026. Un peu plus de 22 mois séparent ainsi le lancement de la procédure de la décision d’attribution.
Une offre financière inférieure à celles de Mazars-Genex et MRC-Seureca
Erudit-FCG a obtenu 96,69 points pour son offre technique, 100 points pour l’offre financière et une note combinée de 97,35 points. Son prix final d’évaluation, de 107,325 millions de FCFA, est inférieur à celui du groupement Forvis Mazars Cameroun-Genex Consult, évalué à 116,872 millions de FCFA, ainsi qu’à celui de MRC Consultants and Transaction Advisers-Seureca, à 154,150 millions de FCFA.
Le plan de passation des marchés du Programme de réformes du secteur de l’électricité avait initialement estimé le coût de cet audit à 244 300 dollars. La mission est financée sur le crédit IDA 73940 accordé au Cameroun.
Approuvé par la Banque mondiale le 3 août 2023, ce programme vise notamment à améliorer la performance financière et la transparence du secteur électrique ainsi que l’accès à l’électricité. À fin décembre 2025, 54,38 millions de dollars avaient été décaissés sur une enveloppe révisée de 325,26 millions, soit 16,72 % du total. La Banque mondiale jugeait alors les progrès vers l’objectif du programme et son exécution « modérément satisfaisants », avec un niveau de risque global classé « substantiel ».
L’audit d’Eneo intervient sur l’un des volets encore en retard. Au 15 décembre 2025, la Banque mondiale relevait toujours l’absence d’audits réglementaires systématiques des performances d’Eneo et de la Société nationale de transport de l’électricité (Sonatrel). Le programme prévoit qu’à l’horizon décembre 2027, l’Arsel publie des rapports d’audit technique sur les performances des deux opérateurs. Cet indicateur était alors classé « off-track ».
La mission confiée à Erudit-FCG doit fournir une base documentée pour apprécier le respect, en 2023, des obligations techniques de l’ex-Eneo. Son périmètre reste cependant rétrospectif : les termes de référence examinés ne couvrent ni les exercices postérieurs à 2023 ni les performances de Socadel depuis sa transformation en entreprise publique en mai 2026.
Baudouin Enama
Lire aussi:
01-07-2026 – Électricité : Socadel mandate General Bank of Cameroon pour structurer une levée de 60 milliards FCFA
26-05-2026 – Électricité : l’État veut lever 150 milliards FCFA auprès des banques locales pour refinancer la dette de la Socadel
12-05-2026 – Socadel : une commission mixte annoncée pour trancher sur les 5% d’actions du personnel
06-05-2026 – Socadel : Antoine Ntsimi, Oumarou Hamandjoda et Basile Ekobena aux commandes dans un contexte de crise
04-05-2026 – Électricité : Eneo devient Socadel, société publique au capital de 43,9 milliards de FCFA
06-02-2024 – Électricité : jusqu’en 2026, les prix vont augmenter au Cameroun de 5% et 10% par an pour les clients industriels
Rejoindre notre chaîne télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Société2 years agoPrésidentielle 2025 au Cameroun: voici les 10 candidats qui ont déjà déclaré leurs candidatures

Dernières actualités2 years agoCameroun : Liste complète des 250 ethnies qui font la fierté de la nation

Politique2 years agoPrésidentielle 2025 : voici les 10 candidats qui ont déjà déclaré leurs candidatures

Politique2 years agoÉlections présidentielles 2025 au Cameroun : Quels candidats ont les meilleures chances de succès ?

Actualités locales6 months agoThéodore Datouo élu président de l’Assemblée nationale du Cameroun !
- Société2 years ago
Obtenez votre CNI en 48 heures : voici les 13 centres d’enrôlement au Cameroun

Faits divers2 years agoFrais de retrait Orange Money Cameroun : Tout ce que vous devez savoir

Société2 years agoVoici l’origine des noms de 20 quartiers de Yaoundé














