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Relations enseignantes et élèves : pourquoi ces affaires inquiètent au Royaume-Uni

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Relations enseignantes et élèves : pourquoi ces affaires inquiètent au Royaume-Uni
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Et si les prédateurs sexuels ne correspondaient pas toujours à l’image que l’on s’en fait ? Au Royaume-Uni, plusieurs affaires récentes impliquant des enseignantes condamnées pour des faits sexuels sur des élèves relancent le débat sur la protection des mineurs et les limites entre adultes et adolescents.

Le cas de Bronwen James, condamné par la justice cette semaine, vient encore de mettre le sujet sous les projecteurs.

Bronwen James : trois élèves victimes de son comportement

Le 10 septembre 2026, Bronwen James, ancienne professeure d’éducation physique âgée de 30 ans, a été reconnue coupable à Winchester Crown Court de trois infractions sexuelles concernant un garçon de 16 ans.

Les faits remontent à la période où elle travaillait à Bitterne Park School, à Southampton. L’enquête avait notamment mis au jour des échanges avec l’adolescent sur Snapchat.

Mais l’affaire était plus large.

Selon le Crown Prosecution Service (CPS), James avait déjà reconnu neuf autres infractions concernant deux jeunes filles. L’une avait 13 ans lorsque les communications inappropriées ont commencé et 14 ans lorsque les faits sexuels se sont produits. L’autre avait également 14 ans au moment des faits.

La police du Wiltshire a décrit une femme qui avait profité de la confiance liée à son métier. Une position particulière, puisque les élèves sont censés pouvoir se tourner vers leurs enseignants pour obtenir de l’aide et des conseils.

La procureure Bethany Adams a elle aussi insisté sur cette dimension. « Bronwen James was trusted to educate and protect children. Instead, she used that trust to groom and sexually abuse three students », a-t-elle déclaré au CPS.

Après son verdict, James a été placée en détention dans l’attente de sa condamnation, prévue le 14 septembre.

Les réseaux sociaux facilitent-ils le passage à l’acte ?

Dans plusieurs dossiers récents, les échanges entre enseignants et élèves ont commencé en ligne.

Snapchat, Instagram ou WhatsApp peuvent permettre à un adulte d’établir une relation privée avec un adolescent, parfois en dehors du regard des parents et de l’établissement scolaire. Le dossier Bronwen James en fournit un nouvel exemple.

Le Sunday Timesindique que le nombre d’enseignants interdits d’exercer au Royaume-Uni pour des faits d’inconduite sexuelle est passé de 41 en 2021 à 93 en 2025. Ces chiffres concernent toutefois les enseignants sanctionnés pour des comportements sexuels répréhensibles et ne constituent pas un décompte des femmes ayant agressé des élèves.

La question du rôle des réseaux sociaux revient régulièrement dans les dossiers de ce type. Le problème n’est pas l’application elle-même. C’est l’utilisation d’un canal privé pour franchir progressivement les limites professionnelles.

C’est précisément ce qui rend certaines situations difficiles à repérer. Un message isolé peut sembler anodin. Une succession de messages personnels, tard le soir, peut raconter une tout autre histoire.

Rebecca Joynes et Emily Drury : deux autres affaires qui ont marqué les esprits

Bronwen James n’est pas la première enseignante britannique condamnée dans une affaire de ce type.

En mai 2024, Rebecca Joynes, professeure de mathématiques, a été reconnue coupable d’avoir eu des relations sexuelles avec deux élèves. Le tribunal de Manchester avait notamment appris qu’elle avait eu une relation avec un adolescent alors qu’elle était déjà poursuivie pour des faits concernant un autre garçon. Elle est ensuite tombée enceinte de l’un des élèves.

Cette affaire avait particulièrement marqué l’opinion britannique. Elle avait aussi mis en lumière une réalité souvent moins visible : les garçons peuvent eux aussi être victimes d’abus sexuels commis par des adultes en position d’autorité.

Plus récemment, Emily Drury, 26 ans, a été condamnée à quatre ans et six mois de prison. Cette ancienne tutrice privée avait eu des relations sexuelles avec un adolescent qu’elle aidait dans ses études en 2025. Elle avait plaidé coupable à cinq chefs d’accusation.

Le tribunal a également entendu le témoignage du jeune homme. Il expliquait que Drury lui apportait du soutien, lui achetait des vêtements et lui parlait de ses problèmes personnels. Cette proximité avait contribué à installer un climat de confiance avant les abus.

Pourquoi les victimes masculines restent-elles difficiles à entendre ?

C’est l’un des aspects les plus sensibles de ces affaires.

Lorsqu’un garçon est victime d’une femme adulte, certaines personnes peuvent encore avoir du mal à reconnaître la situation comme un abus. L’image d’une enseignante présentée comme rassurante ou maternelle peut aussi brouiller la perception des faits.

Pourtant, l’âge de la victime et la position d’autorité de l’adulte restent déterminants.

Le cas de Rebecca Joynes l’avait déjà montré. Celui d’Emily Drury rappelle que la relation de confiance créée autour de l’aide scolaire peut également être détournée.

Le texte source cite la psychologue Emma Kenny, qui estime que les femmes peuvent elles aussi adopter des comportements prédateurs et que la société a longtemps eu du mal à les reconnaître comme tels.

Mais une précision s’impose : les difficultés affectives, le besoin d’attention ou le manque de confiance ne constituent pas une explication suffisante à eux seuls. Ils ne justifient évidemment aucun passage à l’acte.

C’est justement là que se trouve l’un des enjeux du débat : comprendre les mécanismes d’un abus ne revient pas à excuser celui qui le commet.

Une hausse des signalements ne signifie pas forcément que les faits sont nouveaux

Le cas de Sally-Anne Bowen apporte un autre éclairage.

Cette ancienne professeure de chimie a été condamnée pour des agressions commises contre deux garçons dans les années 1980. L’affaire n’a donc rien de récent. Pourtant, les victimes ont attendu des décennies avant que les faits arrivent devant la justice.

Cette chronologie montre pourquoi il serait trop simple de conclure que les enseignantes commettent davantage d’infractions sexuelles qu’autrefois.

Une partie de la hausse des dossiers peut aussi s’expliquer par la libération de la parole et par une meilleure prise en compte des victimes.

Le criminologue Alex Iszatt estime justement que les femmes ayant des comportements sexuels prédateurs ont longtemps été moins facilement identifiées comme telles. Le stéréotype de la femme protectrice et bienveillante pouvait rendre certains comportements plus difficiles à reconnaître.

Le dossier Bronwen James montre toutefois que les autorités prennent désormais très au sérieux les échanges numériques, les témoignages des élèves et les traces laissées sur les téléphones.

Dans cette affaire, le CPS précise que les témoignages des victimes, associés aux messages et autres communications numériques, ont joué un rôle central dans l’établissement du dossier judiciaire.

Le sujet dépasse donc largement le cas d’une seule enseignante. Il pose une question très concrète aux établissements scolaires britanniques : comment repérer plus tôt une relation qui commence par quelques messages et finit par franchir les limites fixées pour protéger les élèves ?

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Bali : une explosion provoque un violent incendie sur un bateau de plongée

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Bali : une explosion provoque un violent incendie sur un bateau de plongée
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Une sortie de plongée a failli tourner au drame au large de Nusa Penida, en Indonésie. Quatre touristes étrangers et leur guide ont dû se jeter à l’eau après une violente explosion suivie d’un incendie à bord de leur bateau. Le capitaine, blessé aux jambes, a été transporté à l’hôpital. Les circonstances exactes de l’accident restent à déterminer.

La scène a provoqué la panique dans la baie de Gamat, une destination très fréquentée par les amateurs de plongée avec masque et tuba à Bali. Alors que le bateau s’apprêtait à quitter les lieux, une détonation a soudainement retenti. Quelques instants plus tard, les flammes ont envahi une partie de l’embarcation, obligeant les passagers à abandonner le navire.

Une explosion à bord du Naomi en pleine excursion à Bali

Selon les informations publiées le vendredi 30 octobre 2026 par l’agence de presse indonésienne ANTARA, l’accident s’est produit le jeudi 29 octobre, aux alentours de 13h40, heure locale.

Le bateau, baptisé Naomi, avait quitté sa base opérationnelle vers 12h30 avec quatre touristes étrangers à bord. Le groupe participait à une excursion privée comprenant trois étapes réputées pour leurs fonds marins : Manta Bay, Crystal Bay et Gamat Bay.

Alors que l’embarcation s’apprêtait à quitter cette dernière destination, une forte explosion s’est produite à l’une de ses extrémités. Les premières informations recueillies par la police orientent les soupçons vers un composant de la batterie installée sur le bateau.

La détonation a rapidement été suivie par un incendie qui s’est propagé à l’embarcation. Face aux flammes, le guide touristique Made Wirya et les quatre visiteurs ont immédiatement sauté dans l’eau pour éviter d’être piégés à bord.

Les images de l’accident montrent un bateau entièrement gagné par les flammes, tandis qu’une épaisse fumée s’élève au-dessus de la baie. La violence de l’incendie a rendu toute évacuation à bord particulièrement dangereuse.

Le capitaine blessé, les cinq autres personnes secourues

Le sauvetage a finalement eu lieu grâce à un autre bateau qui naviguait à proximité. Vers 14h50, soit un peu plus d’une heure après le début de l’incendie, cette embarcation est venue récupérer les personnes présentes dans l’eau.

D’après les informations communiquées par la police de Klungkung et relayées par ANTARA, les quatre touristes et le guide ont tous été évacués sains et saufs. Aucun décès n’a été signalé.

Le capitaine, identifié par les autorités sous le nom de I Kadek Dwiyana, âgé de 31 ans et originaire de Nusa Penida, a toutefois subi des brûlures aux jambes. Les secours l’ont transporté aux urgences de l’hôpital Gema Santhi, sur l’île, pour recevoir des soins médicaux.

Les autorités indonésiennes n’ont pas communiqué officiellement l’identité des quatre touristes ni leur nationalité.

La police de Bali enquête sur l’origine de l’explosion

L’accident soulève désormais des questions sur les conditions techniques du bateau. Selon les premiers témoignages recueillis par les enquêteurs, le Naomi avait pourtant fait l’objet de vérifications avant son départ.

Made Wirya a notamment indiqué aux autorités que les équipements de sécurité et l’état technique de l’embarcation avaient été contrôlés et jugés satisfaisants avant l’excursion.

La police de Klungkung a également confirmé que le bateau avait récemment bénéficié de réparations et d’un entretien régulier. Malgré ces précautions, les enquêteurs n’écartent pas l’hypothèse d’une défaillance liée à un élément de la batterie.

Dans un communiqué publié le 30 octobre, la police de Nusa Penida a indiqué poursuivre les investigations, notamment à travers la collecte de témoignages et l’examen des éléments disponibles sur les lieux.

Rapportée par ANTARA, l’enquête doit permettre de déterminer les circonstances exactes de l’explosion et de l’incendie qui ont détruit le bateau de plongée. Les autorités attendent également que le propriétaire de l’embarcation se présente au commissariat pour déposer une plainte officielle.

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Paul Atanga Nji : « Il était temps de sanctionner ce parti afin que personne ne s’amuse plus à l’avenir »

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Paul Atanga Nji : « Il était temps de sanctionner ce parti afin que personne ne s’amuse plus à l’avenir »
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Le ministre de l’Administration territoriale explique que dans le cas de la suspension du FSNC de Issa Tchiroma Bakary, le gouvernement camerounais a pris le temps parce qu’il y avait des enquêtes en cours et la justice se devait d’aller jusqu’au bout.

Le 27 octobre 2026, le ministre camerounais de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, a prononcé la suspension pour une durée de trois mois du Front pour le salut national du Cameroun (FSNC), le parti d’opposition dirigé par Issa Tchiroma Bakary actuellement en exil.

Revenant sur les faits dans une interview accordée au journal Cameroon Tribune du jeudi 29 octobre 2026, le membre du gouvernement rappelle tout d’abord que tous les partis politiques au Cameroun se déploient en fonction des dispositions de la loi du 19 décembre 1990, régissant la liberté des associations dans le pays.

«Vous avez vécu les événements postélectoraux et les violences inouïes enregistrées avant, pendant et après le processus électoral. Dans l’article 17 de la loi que je viens de citer, il est clairement dit que le ministre chargé de l’Administration territoriale peut d’office suspendre par décision motivée pour une durée de trois mois, tout parti politique responsable de troubles graves à l’ordre public ou qui ne satisfait pas aux dispositions des articles 5,6,9,10 et11 de la loi de 1990» justifie Paul Atanga Nji.

Outre les motifs d’appel à l’insurrection, atteinte à l’intégrité territoriale, incitation à la violence ayant occasionné des destructions des biens publics et privés, troubles graves à l’ordre public qui sont formulés dans la décision de suspension du FSNC, Paul Atanga Nji parle également d’un candidat qui s’est autoproclamé vainqueur, faisant ici référence à Issa Tchiroma Bakari.

«Il a même eu l’audace de demander aux autorités administratives et aux forces de défense de se mettre à sa disposition. Face à cette dangereuse imposture, nous avons pris notre temps parce qu’il y avait des enquêtes en cours et nous avons voulu que la justice aille jusqu’au bout. A partir de là, lorsque les indices concordants de culpabilité sont réunis, le Minat prends les décisions appropriées à l’encontre des contrevenants» explique le Minat.

Opportunité ou hasard de calendrier ?

A la question de savoir si la décision de suspendre le FSNC a un lien avec les élections municipales et législatives prévues pour se tenir en début d’année 2027, le Minat est péremptoire : « …je ne m’intéresse pas à ce genre de considérations. Il y a des échéances électorales, bien évidemment. Le corps électoral n’est pas encore convoqué. Il le sera le moment voulu par le chef de l’Etat qui dispose seul de cette prérogative. Mais si vous êtes fautifs, je n’ai pas besoin d’attendre les élections» explique le membre du gouvernement.

Il affirme même qu’il était temps de sanctionner ce parti politique afin que personne ne s’amuse plus à l’avenir en pensant qu’après un processus électoral on peut se livrer à tous genres de dérives.

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Résilience économique : ce que l’Afrique doit copier et ne doit pas copier de l’expérience russe

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Paul Atanga Nji : « Il était temps de sanctionner ce parti afin que personne ne s’amuse plus à l’avenir »
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Alors que Moscou a accueilli le troisième sommet Russie-Afrique les 28 et 29 octobre 2026, l’économie russe sert de cas d’école. Elle montre ce que permet la diversification des partenaires, et ce qu’elle coûte. Au-delà de la diplomatie, un enjeu s’impose : comment une économie visée par des sanctions sans précédent a-t-elle tenu, et que peut-on en tirer pour le continent africain ?

Une résilience réelle, mais risquée

Les chiffres sont impressionnants. Fin avril 2025, 28 937 restrictions non commerciales visaient la Russie, dont 92 % imposées après février 2022. Malgré cela, la croissance russe a atteint 4,3 % en 2024. Le tableau s’est depuis nettement assombri. La croissance est retombée à 1 % en 2025.

Le PIB s’est contracté de 0,2 % au premier trimestre 2026, premier recul annuel depuis 2023, avant un rebond de 1,3 % au deuxième trimestre. La Banque centrale russe table désormais sur 0 à 1 % pour l’année. L’économie de guerre a été portée par des dépenses de défense record, près de 6,5% du PIB, mais freinée par une demande des ménages faible et un recul de l’investissement civil.

La résilience russe tient donc à une capacité d’adaptation de court terme, et non à un modèle de croissance durable. L’Afrique a intérêt à retenir les deux volets et à se méfier de l’économie de guerre.

Le pivot asiatique : réorienter, mais sans se rendre dépendant

Premier mécanisme de survie face aux sanctions occidentales : la réorientation des exportations d’hydrocarbures. Selon le vice-Premier ministre Alexandre Novak, Moscou vendait fin 2023 de 45 à 50 % de son pétrole à la Chine et environ 40 % à l’Inde. La part de la Chine dans le commerce russe a presque doublé pour atteindre 18 %, alors que la Russie ne pèse que 2,5 % dans le commerce chinois. L’Inde, de son côté, est passée de moins de 3 % à plus de 40 % de pétrole russe dans ses achats.

Leçon n° 1 : ne dépendre d’aucun client unique. Le pivot a sauvé les recettes russes, mais il a créé un risque de dépendance à l’Asie. L’Afrique, dont les échanges restent concentrés sur l’Europe, la Chine et les États-Unis, a tout intérêt à élargir son éventail de partenaires avant d’y être contrainte. Elle doit aussi éviter de remplacer une dépendance par une autre.

Dédollarisation : un outil réel, mais insuffisant

Second pilier : le règlement des échanges en monnaies locales. Selon le conseiller du Kremlin Iouri Ouchakov, la quasi-totalité des quelque 240 milliards de dollars d’échanges russo-chinois se règle désormais en yuans et en roubles.

Avec l’Inde, les monnaies nationales représentent environ 90 % des paiements directs, selon l’ambassadeur russe à New Delhi. Toutefois, la part du dollar dans les réserves de change des banques centrales est passée d’environ 70 % en 2000 à 58 % fin 2024, ce qui reste une érosion lente. Le yuan peine à dépasser 2 % des paiements mondiaux.

Leçon n° 2 : sécuriser des circuits de paiement alternatifs. Les pays africains disposent déjà d’un outil, le système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS), lancé sous l’égide d’Afreximbank et de la Zone de libre-échange continentale. Il vise à réduire le recours aux devises tierces dans les échanges intra-africains, qui plafonnent autour de 15 % du commerce du continent. Il ne s’agit pas de rejeter le dollar, mais de ne plus en être prisonnier.

Le sommet de Moscou : l’écart entre ambitions et réalité

Les chiffres du commerce russo-africain invitent à la prudence. Les échanges ont atteint 27 milliards de dollars en 2025, essentiellement avec l’Afrique du Nord. Ils sont très déséquilibrés : en 2024, la Russie a exporté 24,3 milliards de dollars vers l’Afrique et n’y a importé que 3,5 milliards. Le continent ne représente que 3,9 % de son commerce extérieur. Le blé russe couvrait environ 30 % des besoins africains.

À titre de comparaison, les échanges de l’Afrique avec l’Union européenne ont atteint 355 milliards d’euros en 2024, et avec la Chine 348 milliards de dollars en 2025. À Sotchi, Moscou s’était engagée à doubler ses échanges pour atteindre environ 40 milliards, et l’objectif n’est toujours pas atteint. Moscou vise désormais 50 à 60 milliards de dollars d’ici 2030.

Leçon n° 3 : négocier en position de force. L’Afrique n’a pas à choisir un camp. Elle peut exiger de chaque partenaire, Russie comprise, de la transformation locale, des transferts de technologie et un rééquilibrage de la balance commerciale. Concrètement, il s’agit d’engrais, de nucléaire civil, de céréales et de formation, avec des engagements chiffrés et vérifiables.

En gros, l’Afrique n’est pas sous sanctions, et la comparaison a ses limites. Le modèle russe repose sur une économie de guerre, avec ses coûts : une inflation attendue autour de 5 % en 2026 et des prévisions de croissance divisées par trois par le gouvernement. Il s’appuie aussi sur une rente énergétique que la plupart des économies africaines ne possèdent pas.

Ce qui se transpose, c’est la méthode : multiplier les partenaires, bâtir des circuits financiers de secours et protéger ses marges de manœuvre avant la crise plutôt que pendant. Pour l’Afrique, l’enjeu est moins de rejoindre un bloc que d’éviter d’avoir à dépendre d’un seul.

Louis Marie Kakdeu, MPA, PhD & HDR

Deuxième Vice-Président National du SDF

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