Actualités locales
Fin de la chasse aux sorcières

Cessons cette chasse aux sorcières autour de la vice-présidence !
S.E. Paul Biya a raison. Quiconque prétend aimer le Cameroun davantage que le chef de l’État est un charlatan
Depuis 25 ans, les fidèles lecteurs de The Guardian Post savent qu’en tant que citoyen, je publie régulièrement des réflexions sur des questions politiques importantes, chaque fois qu’une initiative louable prise par le chef de l’État, S.E. Paul Biya, fait l’objet de critiques infondées de la part d’opposants en perte de vitesse ou de ceux qui prétendent représenter la société civile mais qui, en réalité, travaillent pour des forces occultes tapies dans l’ombre.
La démocratie qui prospère aujourd’hui au Cameroun est le fruit du travail délibéré d’un grand homme d’État, d’un chef de l’État visionnaire, Son Excellence Paul Biya, qui place toujours les intérêts supérieurs de la nation au-dessus des intérêts égoïstes et partisans.
En prévision de ce que certains avaient appelé « le vent d’Est », S.E. Paul Biya avait soumis à l’Assemblée nationale, en 1990, des amendements aux lois sur les libertés publiques, visant à mettre fin au système du parti unique et à instaurer le multipartisme.
Par la suite, les lois d’exception en vigueur depuis 1960 furent abrogées.
La censure préalable obligatoire des journaux par le ministre de l’Administration territoriale, le MINAT, fut supprimée.
À la suite de ces changements, plusieurs partis politiques et ONG furent autorisés par le ministre de l’Administration territoriale.
Au lieu d’accueillir favorablement ces avancées politiques et démocratiques, les nouveaux partis politiques lancèrent une campagne qualifiée d’anti-républicaine, exigeant la tenue d’une Conférence nationale souveraine avant l’organisation des élections législatives et présidentielles de 1992.
Dans ce climat politique tendu, votre serviteur publia dans Cameroon Tribune, le 8 février 1991, un article condamnant le comportement irresponsable des dirigeants de ces nouveaux partis politiques. J’y soutenais que le gouvernement devait écarter toute possibilité de tenir une Conférence nationale souveraine au Cameroun, car il s’agissait d’une manière provocatrice de contester l’autorité de l’État.
À mon avis, la Conférence nationale souveraine était une dangereuse mascarade et une vaste fraude intellectuelle qui n’avait pas sa place dans notre pays.
Après avoir écouté ses compatriotes, le chef de l’État, véritable républicain, fit au moment opportun une déclaration décisive : « Je l’ai déjà dit et je maintiens ma position : la Conférence nationale souveraine est sans objet pour le Cameroun. » (Discours du chef de l’État devant l’Assemblée nationale, extrait de Cameroon Tribune, 27 juin 1991).
Entre 1993 et 2003, lorsque certains Anglophones égarés en quête de notoriété créèrent la prétendue All Anglophone Conference (AAC), invoquant la prétendue marginalisation des populations des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, je répondis par deux articles percutants dans Cameroon Tribune, affirmant clairement qu’il n’existait pas de problème anglophone au Cameroun et que le chef de l’État, depuis 1982, avait toujours accordé un traitement préférentiel aux Anglophones (Cameroon Tribune, 1er octobre 1993).
Je conclus en affirmant qu’avant d’être Anglophone ou Francophone, on est avant tout Camerounais.
Le 14 octobre 2003, je publiai un autre article intitulé : « Au Cameroun, les Anglophones ne sont pas marginalisés. »
J’y avais résumé tous les avantages accordés aux Anglophones par le chef de l’État depuis 1982, afin que nul ne puisse les ignorer — postes de responsabilité et projets de développement.
Pour démontrer l’engagement de Son Excellence Paul Biya envers les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest depuis son accession à la présidence, j’avais notamment cité deux visites du chef de l’État à Bamenda en moins de 24 mois : une visite officielle en 1983 et une autre en 1985, lors de la création de notre grand parti national, le Cameroon People’s Democratic Movement (CPDM).
On peut également citer la célébration à Bamenda du 50e anniversaire des forces armées, en 2010, ainsi que la célébration du 50e anniversaire de la Réunification à Buea, en 2014. Cela signifie que Son Excellence Paul Biya avait établi un lien de confiance avec les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest dès 1982.
Alors même que le calme revient progressivement dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, les aventuriers qui ont trompé les populations en 2016 et plongé les deux régions dans une crise politique et sécuritaire, avec des conséquences désastreuses, devront répondre devant Dieu et devant l’Histoire.
Cette ingratitude manifeste de certains Anglophones à l’égard du chef de l’État n’est ni justifiée ni explicable. Ceux qui prétendaient « parler au nom des Anglophones », sous le couvert de la prétendue All Anglophone Conference (AAC), en appelant à la création d’un prétendu « Southern Cameroons », n’avaient ni mandat ni autorité.
Au mieux, c’étaient des agitateurs ; au pire, des imposteurs.
Aujourd’hui, ce sont des terroristes et des sécessionnistes qui ne peuvent plus tromper personne. Les masques sont tombés.
Lors de sa cérémonie de prestation de serment, le 6 novembre 2025, le chef de l’État, Son Excellence Paul Biya, le Grand Visionnaire, avait déclaré :
> « Nous devons également soumettre au Parlement certaines réformes qui permettront à l’État de fonctionner plus efficacement, en adaptant nos institutions aux exigences de notre environnement. »
Comme toujours, le chef de l’État dit ce qu’il fait et fait ce qu’il dit. Ainsi, S.E. Paul Biya a présenté devant le Parlement, qui siégeait en mars 2026, un projet de loi visant à modifier la Constitution.
Le principal changement était la création du poste de Vice-Président de la République.
Au lieu de saluer cette innovation majeure dans le fonctionnement de nos institutions, certains dirigeants de l’opposition, soutenus par les médias et des ONG agissant sur ordre, alimentent d’étranges débats dans le but de la discréditer.
Il se dit qu’un homme politique, victime de ses propres méfaits, aurait adressé une pétition à l’Union africaine (UA) pour s’opposer à la création du poste de Vice-Président.
Certains parlent de l’introduction d’un ticket présidentiel dans l’élection présidentielle.
Pourquoi le Cameroun devrait-il se préoccuper de ce qui se passe ailleurs ? Le président Paul Biya n’avait-il pas déjà averti que « le Cameroun est… »
—
… « le Cameroun », un pays maître de son propre destin, qui ne suit pas aveuglément les autres sans tenir compte de ses propres réalités ?
En ma qualité de ministre de l’Administration territoriale, j’ai eu le privilège de présenter au Sénat et à l’Assemblée nationale, réunis en session conjointe, les amendements au Code électoral relatifs à la création du poste de Vice-Président de la République.
J’ai expliqué aux élus de la nation les mérites de l’initiative du chef de l’État. Les membres de l’Assemblée nationale et du Sénat ont adopté les projets de loi du gouvernement à une très large majorité.
Conformément aux dispositions légales en vigueur, les textes ont été promulgués par le chef de l’État.
Toute controverse orchestrée par des acteurs politiques — principalement ceux de l’opposition — est vaine.
Je pense qu’il est temps de mettre fin à la chasse aux sorcières concernant le poste de Vice-Président. La politique de la nation est définie par le chef de l’État.
En vertu de ses prérogatives et de son pouvoir discrétionnaire, le chef de l’État nomme des personnes à des fonctions civiles et militaires et peut relever de leurs fonctions les personnes nommées à tout moment.
Ces dispositions sont inscrites dans la Constitution et doivent être prises en compte.
De plus, Son Excellence Paul Biya connaît le Cameroun mieux que chacun d’entre nous. Je mets quiconque au défi de me prouver le contraire.
Dans mon livre, publié avant l’élection présidentielle du 12 octobre 2025 et intitulé « 37 Years of Unwavering Loyalty to the Head of State. Understanding the Meaning of My Ongoing Struggle for Respect for Republican Legality », j’ai souligné que trop d’événements avaient démontré que le chef de l’État avait raison.
Il est dans notre intérêt de suivre la voie tracée par Son Excellence Paul Biya, qui a plus de 30 ans d’avance sur nous tous — hauts responsables de la République, hommes politiques, dirigeants de la société civile et autres.
Son Excellence Paul Biya possède cette capacité extraordinaire de voir aujourd’hui les obstacles que nous autres, et particulièrement ceux qui font du bruit, ne verrons que dans 20 ou 30 ans, quelles que soient nos appartenances politiques.
C’est la marque d’un homme d’État exceptionnel : Son Excellence Paul Biya, la force de l’expérience et de l’espoir, qui, en créant le poste de Vice-Président, a une fois de plus eu raison.
Ayons le courage et l’honnêteté de reconnaître ce qui est bon pour notre pays.
S.E. Paul Biya avait déjà averti ses opposants en 1992 : « Vous ne devez pas jouer avec le Cameroun » (Cameroon Tribune, 12 octobre 1992).
En 2026, cet avertissement du chef de l’État demeure pertinent.
Son Excellence Paul Biya connaît le Cameroun mieux que chacun d’entre nous. Il montre la voie ; nous devons le soutenir en tout temps et en toutes circonstances.
Quiconque prétend aimer le Cameroun davantage que le président Paul Biya est un charlatan.
Paul Atanga Nji, ministre de l’Administration territoriale
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une vidéo impliquant une Lionne Indomptable enflamme la toile

Une vidéo présentée comme montrant une internationale camerounaise, récemment sacrée championne d’Afrique avec les Lionnes Indomptables, suscite une vive polémique sur les réseaux sociaux au Cameroun.
Selon le journaliste Paul Sabin Nana, la séquence aurait commencé à circuler dans la nuit du 7 au 8 septembre. Elle montrerait deux femmes échangeant un baiser dans un lieu présenté comme un ascenseur à l’arrêt.
L’identité des personnes visibles dans cette vidéo et les circonstances exactes de son enregistrement n’ont toutefois pas été établies de manière indépendante.
La diffusion de ces images a entraîné de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux. Des supporters ont exprimé leur déception, tandis que plusieurs acteurs du milieu sportif se sont interrogés sur les éventuelles conséquences de cette affaire.
« Une séquence de quelques secondes aura suffi à enflammer la toile. Dans la nuit du 7 à ce 8 septembre 2026, une vidéo a fuité sur les réseaux sociaux. On y voit une internationale camerounaise, sacrée championne d’Afrique en août dernier au Maroc avec les Lionnes Indomptables, échanger un baiser à la bouche avec une autre femme dans ce qui s’apparente à un ascenseur à l’arrêt.
La scène a immédiatement provoqué une vague d’indignation au Cameroun, où les rapports sexuels entre personnes de même sexe sont punis par l’article 347-1 du Code pénal.
Les réactions ont été vives. Sous le choc, de nombreux supporters se disent déçus.
Le journaliste sportif Marc Chouamo n’a pas mâché ses mots : cette Lionne « peut dire adieu à la Coupe du Monde Brésil 2027 ».
Le site spécialisé Cfoot a réagi avec ironie : « Oui, on te donne le café ».
Pour le média Ayila’Sport, l’affaire est plus sérieuse : « J’espère que la commission d’éthique de la Fecafoot va se saisir de ces vidéos qui polluent la toile. L’heure est grave ».
Le premier impact est déjà financier. L’entreprise Ange Hair & Beauty, dont l’une des femmes en action dans la vidéo surnommée Ngon Eton est l’égérie, a publié un communiqué annonçant la suspension de leur collaboration « dans l’attente d’une vérification complète des faits ».
Au-delà de la polémique du moment, cette vidéo ramène sur la table un tabou ancien qui a longtemps freiné l’essor du football féminin au Cameroun. L’amalgame entre pratique du football et homosexualité a poussé de nombreux parents à détourner leurs filles de cette discipline.
Un important travail de sensibilisation avait été mené pour déconstruire ce cliché. En 2021, l’icône du football féminin Ajara Nchout Njoya déclarait à Afrique Football Média : « Les gens doivent arrêter de croire que parce que tu joues au football, tu es lesbienne. Ce n’est pas forcément ça ». Une campagne qui semblait porter ses fruits, jusqu’à aujourd’hui.
Cette affaire soulève enfin la question du deux poids deux mesures. Comment mener une lutte efficace quand certaines personnes sont condamnées au Cameroun pour homosexualité alors que d’autres, surprises dans des situations similaires, restent libres car protégées par de hauts réseaux ?
Il y a quatre ans, des vidéos intimes impliquant une autre grande figure du football féminin camerounais avaient circulé massivement. Non seulement elle n’a jamais été inquiétée par la justice, mais elle a ensuite été promue à de hautes responsabilités dans le football national.
Mon cher Marc Chouamo, dans un pays gouverné par la loi du plus fort, cette Lionne ne manquera pas la prochaine Coupe du monde si elle bénéficie de la protection des puissants.
Tant que cette justice sélective persistera, la lutte contre des pratiques pourtant interdites par la loi camerounaise restera sans effet », écrit Paul Sabin Nana.
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Groupe Duval annonce 11,8 milliards FCFA d’investissement dans Sadi Mall, attendu fin 2026 à Douala

(Investir au Cameroun) – Le groupe français Duval prévoit d’ouvrir d’ici fin 2026 Sadi Mall, un complexe commercial en construction à Bonamoussadi, dans le nord de Douala. L’investissement annoncé atteint 18 millions d’euros, soit environ 11,8 milliards de FCFA.
Le projet doit développer plus de 12 000 m². Selon le Groupe Duval, il comprendra une galerie commerciale de 3 000 m², 3 600 m² de boutiques et un centre d’affaires de 1 300 m², auxquels s’ajouteront des bureaux, des espaces de loisirs et un food-court. Le promoteur prévoit la création de plusieurs centaines d’emplois.
Sadi Mall doit notamment accueillir Intermarché et La Foir’Fouille. La présence de ces deux enseignes rattache le projet immobilier au développement des activités de distribution du Groupe Duval au Cameroun, où le groupe français est associé depuis 2022 au groupe camerounais Arno.
Les deux partenaires ont créé Duval Arno Distribution (DAD), une coentreprise dédiée à la distribution alimentaire et à l’équipement de la maison. Elle exploite notamment BUT by Arno et les supermarchés Arno partenaire Intermarché.
Lors de la création de DAD, en juin 2022, Duval et Arno avaient annoncé leur intention d’ouvrir d’ici 2030 une trentaine de supermarchés alimentaires de proximité et une quinzaine de magasins d’ameublement et de décoration au Cameroun. L’ensemble devait représenter plus de 40 000 m² de surfaces de vente.
Sadi Mall ajoute ainsi un nouvel actif au portefeuille immobilier africain du Groupe Duval. Celui-ci indique développer des programmes de commerces, bureaux, hôtels et logements au Cameroun, en Côte d’Ivoire, au Rwanda, au Sénégal et au Togo.
Amina Malloum
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Réponse à Jules Domche sur Bello Bouba

J’ai écouté mon ami et coéquipier Jules Domche dans une émission de Valsero. Il y accuse explicitement Bello Bouba Maigari, candidat de l’UNDP à l’élection présidentielle d’octobre 2025, d’avoir été, dès le départ, une sorte de marionnette du pouvoir et du candidat du RDPC, Paul Biya.
Je voudrais apporter quelques éléments à ce procès, non pour absoudre Bello Bouba de ses choix politiques, mais parce que j’ai eu, pendant cette campagne, des échanges directs avec lui.
J’ai échangé avec Bello Bouba comme avec d’autres candidats et acteurs engagés dans cette élection. Il m’avait même fait l’honneur de m’inviter à une réunion stratégique de sa campagne. Je précise cela non pour revendiquer une quelconque proximité, mais pour rappeler que certains jugements portés aujourd’hui de l’extérieur ne correspondent pas nécessairement à ce que j’ai pu observer de l’intérieur.
Bello Bouba n’a jamais eu le tempérament politique d’Issa Tchiroma. Avec un appareil politique moins rodé et moins important, ce dernier avait choisi une campagne offensive, faite de formules fortes, d’attaques répétées et d’une parole destinée à occuper immédiatement l’espace public et à rassurer les partisans du « changement ».
Bello Bouba, lui, est d’une autre école. Il a une conception de la politique faite de retenue, de prudence et, surtout, d’un refus presque viscéral de la confrontation directe. Transformer cette modération en preuve qu’il était une « marionnette » du pouvoir me paraît donc être un raccourci.
Je l’ai, pour ma part, trouvé fidèle à lui-même pendant cette campagne. Au début, j’ai pensé qu’il ferait un très bon résultat. Mais son choix de ne pas attaquer frontalement le gouvernement et Paul Biya l’a progressivement éloigné d’une opinion qui attendait de lui autre chose.
Son refus de se séparer de son compagnon de route, le ministre Nana, a aussi fini par lasser, y compris dans son propre entourage. Il m’avait dit à ce propos que lui avait pris ses responsabilités en démissionnant et qu’il revenait à Nana d’en prendre les siennes. Tout Bello !
Souvenons-nous de son premier grand meeting à Ngaoundéré. La mobilisation était annonciatrice de lendemains meilleurs. L’attente était immense. Mais le discours n’a pas été à la hauteur : pas de grandes dénonciations, pas d’attaque frontale, pas de rupture spectaculaire avec le pouvoir. Pour une grande partie de l’opinion, l’espoir avait laissé place à la déception.
Tchiroma, en fin politique, a perçu la faille et s’y est engouffré.
C’est cette attitude de Bello Bouba, cette absence de punch politique, qui a ensuite nourri, sur le moment, l’idée d’une entente tacite entre lui et le pouvoir, à laquelle s’est ajoutée, plus tard, certainement, son attitude postélectorale.
Mais Bello Bouba, c’est aussi cela. En 1992 comme en 2025, il a refusé la confrontation postélectorale et accepté les résultats. Certains y voient de la compromission. D’autres, une conception particulière de la stabilité politique. On peut critiquer sévèrement cette posture sans réécrire pour autant toute son histoire politique.
Pour moi, la vraie question est ailleurs : pourquoi Bello Bouba a-t-il démissionné du gouvernement, est-il allé à cette élection s’il savait, comme beaucoup le pensaient, qu’il avait peu de chances de l’emporter ?
Une partie de la réponse se trouve, à mon sens, dans l’état de l’UNDP. Il fallait sauver le parti d’une implosion interne et lui redonner une existence politique propre, après des années durant lesquelles la plate-forme RDPC-UNDP avait fini par brouiller son identité auprès d’une partie de ses militants.
Ce n’est pas un secret : beaucoup de militants de l’UNDP ne voulaient plus entendre parler de cette alliance avec le RDPC, encore moins de Paul Biya. À tel point que, plus tard, une partie d’entre eux, comprenant qu’elle pouvait associer ses voix à celles des partisans d’Issa Tchiroma pour atteindre son objectif politique, a franchi le pas. Ils ont voté pour un autre candidat que celui investi par leur propre parti.
Bello Bouba connaissait les limites de sa campagne, et combien était difficile la marche vers la victoire.
Et cet épisode personnel qui me revient à l’esprit. Un soir, pendant la précampagne, je rends visite à Bello Bouba à sa résidence de Santa Barbara. Après notre échange, il devait aller à la rencontre de Maurice Kamto, qui habitait non loin de là et dont la candidature avait été rejetée par le Conseil constitutionnel.
Je lui demande s’il allait tâter le terrain pour négocier son soutien, maintenant que Maurice Kamto ne pouvait plus concourir. Sa réponse fut prudente, comme à son habitude, se résumant à me dire qu’il « payait » une visite que l’intéressé lui avait rendue quelques jours plus tôt.
Je lui avais alors dit que, selon moi, Maurice Kamto ne le soutiendrait pas, par pur pragmatisme politique. Non seulement parce que l’appareil de l’UNDP était en place et difficilement malléable de l’extérieur, mais aussi parce qu’un tel choix ne procurerait pas nécessairement au MRC et à son leader un avantage politique qui mérite ce sacrifice.
Si j’ai bonne mémoire, je lui avais posé cette question : « Que se passerait-il si tu remportes l’élection ou si tu réalises un score suffisamment important pour que le débat politique ne se résume plus à un face-à-face Kamto-Biya ? Dans un cas comme dans l’autre, il n’y a aucun avantage politique pour le MRC. » Je ne dis pas ici ce qu’il a répondu.
Pour finir, peut-on critiquer Bello Bouba ? Évidemment. Peut-on considérer que sa campagne fut trop prudente, trop timorée, insuffisamment offensive ? Absolument. Peut-on lui reprocher d’avoir refusé, en 1992 comme en 2025, la confrontation après les résultats ? C’est un débat politique parfaitement légitime.
Bello Bouba a commis des erreurs, c’est un fait. Elles ne démontrent pas, pour autant, qu’il était une marionnette.
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