Connect with us

Dernières actualités

Samuel Donatien NENGUE : « Les producteurs de cacao doivent mieux connaître les marchés et les stocks »

Published

on

Samuel Donatien NENGUE : « Les producteurs de cacao doivent mieux connaître les marchés et les stocks »
Spread the love

Samuel Donatien NENGUE, Administrateur du FODECC s’investit pour la réforme des secteurs du cacao et du café au Cameroun.

À l’occasion de la cérémonie de lancement de la campagne cacaoyère 2026/2027, l’Administrateur du Fonds de développement des filières cacao-café (FODECC), acteur de premier plan, a délivré un exposé interpellant toutes les parties prenantes de cette filière, notamment sur la problématique d’un prix équitable aux producteurs de cacao.

« … Les travaux qui nous ont été présentés nous ont donné l’impression qu’il y avait très peu à faire, sinon rien, à l’international. On a considéré les 6 % qui reviennent aux pays producteurs de cacao comme étant quelque chose d’irréversible. Je pense savoir que nous n’avons que 6 % sur une enveloppe de 100. Notons là un léger mieux, pour entamer une négociation concertée entre États, et c’est là que j’en appelle justement aux initiatives qui ont cours, pour qu’il soit mentionné que quelque chose peut être fait de commun accord avec les autres, pour qu’on passe de 6 %, par exemple, à 7, voire 8 %. Ceci serait déjà en soi quelque chose d’intéressant, ce d’autant plus que les partenaires nous poussent de plus en plus vers la durabilité : l’effort qu’il y a à entretenir l’environnement, les forêts, à mettre moins de pression sur la forêt… Une des contreparties à négocier pourrait être qu’on glisse dans la répartition de la profitabilité dans le secteur, pour consentir les efforts un peu plus au profit des pays producteurs. Par nature, je suis très optimiste et je pense que ceci est faisable. Et c’est une piste qui mérite d’être explorée.

Deux constats sont faits. Le premier, c’est que, dans les marchés de commodités, la règle principale est que le prix est un déterminant de la confrontation entre l’offre et la demande des produits. Pour éviter que la spéculation ne progresse et ne s’installe comme la règle, il se trouve, dans ce que nous avons suivi malheureusement, que le deuxième principe, qui est la concurrence pure et parfaite, ne se mesure pas dans le cadre des marchés de commodités du cacao et du café. Et la conséquence, c’est justement que le producteur perçoit marginalement quelque chose, comme si on lui faisait une manne, alors qu’il est partie prenante à la production de la richesse.

« L’industrie peut invariablement faire baisser les prix »

Pourquoi est-ce qu’il n’y a pas cette possibilité ? Simplement parce qu’il y a un facteur qui n’est pas connu du producteur et de nos pays. C’est la structure des stocks auprès de l’industrie. Et le jeu se fait au niveau de ces stocks.

C’est-à-dire que l’industrie peut invariablement faire baisser les prix, pour les faire augmenter à sa guise en fonction de la mise en marché des stocks. Et l’ignorance, par les producteurs et les pays producteurs, de ces stocks est une faiblesse rédhibitoire.

C’est le premier constat que je fais avant de faire des propositions. Le deuxième constat, c’est que je me suis simplement interrogé. Je ne souhaite pas que ça crée polémique. Je me suis demandé si les contrats des exportateurs, qui sont certes des contrats privés, sont des contrats secrets. J’avoue que je n’ai pas encore eu la réponse à cette préoccupation. Mais, partant du principe que nous sommes partenaires, et si nous sommes partenaires, ça veut donc dire qu’il n’y a pas beaucoup de secrets. Il y a de la discrétion, mais pas de secrets.

On pourrait donc imaginer que les prix négociés par les exportateurs soient partagés, ne serait-ce qu’au niveau des institutionnels que nous sommes, pour féconder la création ou la structuration des prix d’achat aux producteurs, en tenant compte de toutes les contraintes qui ont été relevées, celles liées à la commercialisation, aux infrastructures insuffisantes…

Maintenant, il faut rappeler que j’ai la responsabilité d’une structure, et je me réjouis d’être au service des producteurs et de la filière dans son ensemble. C’est celle de mobiliser les ressources et de pouvoir les mettre à la disposition des organes, des filières, pour leur développement. Et c’est là que j’interviens, pour faire une première proposition.

C’est qu’on a mis l’accent sur la transformation locale. Il faudrait effectivement l’accentuer, mais il ne faut l’accentuer que si on installe des règles de concurrence pures et parfaites, parce qu’autrement, même les unités de transformation vont capter toute la valeur ajoutée et le producteur sera, une fois de plus, marginalisé, alors que les ressources que nous mettons à disposition pour cette construction d’infrastructures sont prélevées sur le prix aux producteurs. Donc, nous pensons que là-dessus, il y a une possibilité.

AUCUN PRODUCTEUR NE CONNAÎT VÉRITABLEMENT L’ÉTAT DE SON EXPLOITATION

Le Fonds de développement des filières cacao et café participe, depuis quelque temps, avec les autres acteurs, à géo-référencer les parcelles et les producteurs. Nous en avons 320 000 en ce moment. On a nettoyé le fichier. On était à 360 000. On s’est rendu compte qu’il y avait des doublons. Donc, on est à 320 000.

Le constat que nous avons fait, c’est qu’aucun producteur ne connaît véritablement l’état de son exploitation. Donc, très peu maîtrisent le nombre de plants de cacaoyers qui sont dans leurs parcelles. Très souvent, chacun vous dit qu’il exploite deux hectares, trois hectares… Mais, quand on va dénombrer les arbres, on se rend compte qu’il y a un maximum ou l’équivalent.

En clair, et cela a été dit, je n’invente rien, il y a une solution à trouver à l’immédiat, à court terme, c’est celle de redensifier les parcelles existantes et de permettre que le producteur ait un peu plus de rendements et qu’il puisse commercialiser beaucoup plus de produits, juste par la connaissance de son exploitation.

C’est une proposition qui a été faite, parce que c’est une des données que notre activité nous a permis d’appréhender. L’autre chose que nous indiquons est que la recherche que nous finançons a fait d’énormes progrès. Les cacaoyers d’il y a dix, 20 ans avaient des rendements insuffisants en raison des changements climatiques et autres attaques. Et actuellement, il y a un certain nombre d’initiatives qui ont été prises par la recherche et qui sont en vulgarisation.

Et nous pensons qu’en re-densifiant justement le verger ancien, par des procédés de greffage, de remplacement des plants, le producteur peut améliorer le volume du produit mis en marché. Et, en améliorant ce volume, il va certainement avoir un meilleur revenu, mais pas forcément un bon prix, parce que nous avons confondu, pendant nos travaux, de temps à autre, la notion de revenu et la notion du prix.

Le prix peut être insuffisant, mais le revenu peut être amélioré. Le revenu intègre beaucoup d’autres paramètres. Nous disons donc que, sur ce volet-là, que nous encourageons comme mesure, la connaissance du verger permet au producteur d’accroître ses rendements sur les mêmes espaces sans effort supplémentaire, et, par ce biais-là, disposer d’un volume important et, conséquemment, d’une mise en marché intéressante, pour pouvoir avoir des revenus substantiels.

S’agissant du prix, nous pensons qu’il y a un effort à faire et il peut être fait. Pas forcément seulement au niveau des exportateurs, mais aussi au niveau des transformateurs dont on a parlé. La transformation étant une mixité, nous sommes persuadés que les incitations dont bénéficient les structures installées peuvent être questionnées, pour redistribuer une partie de la valeur aux producteurs.

Mais là également, si on est aligné sur ce que le Secrétaire exécutif a dit, c’est-à-dire une organisation structurée des producteurs avec des conventions connues, ça permettrait que les producteurs gagnent un peu mieux, obtiennent un prix meilleur que ce qu’ils pourraient percevoir en n’étant pas organisés. Donc, c’est une possibilité.

RENFORCER LA STRUCTURATION DES PRODUCTEURS

Nous plaidons donc pour le renforcement de la structuration des producteurs, surtout autour d’un élément qui a été prescrit par le Chef de l’État, Paul Biya, et qui est mis en œuvre par le ministre du Commerce : construire au minimum trois centres de traitements spéciaux par an.

De l’argent existe pour ce faire. Les lieux sont à déterminer. Mais, pour qu’ils soient optimalement distribués, il est important que ce soient là où il y a des coopératives bien structurées, qui sont capables de gérer cette situation. Et, dans ces conditions et autour de ces centres-là, on peut espérer effectivement que les producteurs commencent à percevoir quelque chose d’important.

Il y a une asymétrie d’informations au niveau du commerce international du cacao, il y a des biais au niveau de l’ignorance du producteur et du système des contrats privés qu’il y a, mais peut-être qu’en fédérant ces deux composantes, on pourrait améliorer le prix et, conséquemment, le revenu du producteur. »

Par Samuel Donatien NENGUE, Administrateur du FODECC
Défis Actuels du 04/09/2026

Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Click to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Dernières actualités

Cameroun : Où va l’argent de l’Etat ?

Published

on

Cameroun : Où va l’argent de l’Etat ?
Spread the love

En dix ans, le budget de l’État du Cameroun a plus que doublé, passant de 3746,6 milliards FCFA en 2015 à 8816,4 milliards FCFA en 2026. Mais, alors que ces chiffres donnent l’impression d’une trajectoire ascendante de la puissance publique, une interrogation fondamentale demeure chez les citoyens : où va réellement ces milliards ?

L’examen attentif des lois de règlement (documents arrêtant définitivement l’exécution des budgets votés à l’Assemblée nationale) et des rapports d’évaluation du FMI et de la Banque mondiale livre un constat sans équivoque : les arbitrages financiers de la dernière décennie ont été dominés par le poids de la dette publique, du fonctionnement institutionnel et des détournements des deniers publics, au détriment de l’investissement productif et des dépenses sociales.

1. Le service de la dette est le premier poste budgétaire du pays

L’argent public sert d’abord à rembourser les dettes. En 2024 seulement, le service de la dette publique représentait à lui seul 24% de l’ensemble des dépenses ordonnancées de l’État (avec plus de 1 600 milliards FCFA exécutés sur une prévision de 2 252 milliards FCFA). Il faut dire que la dette publique est passée de moins de 25% du PIB en 2015 à plus de 43% du PIB en 2024, ce qui asphyxie l’économie. Les rapports d’évaluation du FMI soulignent un risque élevé de surendettement, qui contraint l’État à consacrer près de 1 franc CFA sur 4 uniquement au paiement du principal et des intérêts de sa dette.

2. Fonctionnement et masse salariale

En 2024, les dépenses de personnel atteignaient 1490,5 milliards FCFA, soit 22,6% des dépenses ordonnancées. Sur dix ans, la masse salariale de la fonction publique a progressé de plus de 60%, alors que l’Etat ne produisait pas proportionnellement la croissance. Pire, la consommation de biens et services et les charges de fonctionnement des ministères et autres institutions représentent un bloc structurel d’environ 25% des budgets annuels, caractérisé régulièrement par des impayés et une accumulation de restes à payer (comme en témoigne la dette locative de l’État).

3. Les détournement de deniers publics en hausse

Si le rapport annuel de la Commission Nationale Anti-Corruption (CONAC), pour l’exercice 2025, ne présente qu’un préjudice financier subi par l’État de 6,2 milliards FCFA, c’est parce qu’au fil du temps, l’on ne poursuit plus grand monde en justice ! La CONAC ne travaille que sur des cas signalé et/ou enrôlés ! Les détournements tracés et poursuivis par la justice et les organes de contrôle représentent moins de 2% du budget consolidé.

Or, dans la réalité, lorsque l’on regarde le rapport des bailleurs de fonds, la part réelle et systémique des détournements à travers des mécanismes de surfacturation, gaspillage, fraude, exécutions fictives, absentéisme payé (fonctionnaires fictifs), virements dérogatoires hors budget, est d’environ 15% de la valeur réelle du budget national annuel. Sauf que la corruption est devenue une normalité au Cameroun. L’un des sujets les plus discutés dans les rapports de la Banque mondiale et du FMI sur le Cameroun porte sur les « subventions » aux produits pétroliers.

Entre 2015 et 2023, cela a coûté plus de 2000 milliards FCFA au Trésor public. L’on appelle cela subvention alors que dans la structure des prix du litre de carburant, c’est le consommateur qui paie. Où part cet argent ? C’est aussi le consommateur qui paie la (re)construction de la SONARA, sauf que le budget annoncé a déjà été récolté plusieurs fois sans suite ! Pire, les rapports d’évaluation des bailleurs de fonds estiment que les détournements représentent une perte d’efficacité atteignant 30% du Budget d’Investissement Public (BIP).

Sur la décennie, cela équivaut à un manque à gagner réel allant jusqu’à 4000 milliards FCFA sur la réalisation des infrastructures (routes, écoles, hôpitaux). L’opération de comptage physique des personnels de l’État (COPPE) a révélé sur la décennie des dizaines de milliers d’agents publics fictifs ou en situation d’irrégularité.

Les rémunérations indues versées et rattrapées représentaient jusqu’à 600 milliards FCFA sur la décennie, soit environ 4% de la masse salariale publique. Plus grave, l’audit approfondi mené sur les chapitres 65 (interventions de fonctionnement) et 94 (interventions en investissement) sur la décennie a mis en lumière l’évaporation de près de 1000 milliards FCFA au profit d’entreprises écrans ou pour des interventions dépourvues de justificatifs probants. Mais, comme j’ai dit, l’opération épervier s’est avérée politique et à tête chercheuse.

4. Les soldes engagées non décaissées

L’une des critiques récurrentes formulées par l’Assemblée nationale lors des débats sur les lois de règlement concerne le taux d’exécution des dépenses en capital (BIP). L’on a toujours parlé d’une sous-consommation chronique du budget et des emprunts. Sur la décennie, la part des SEND (Soldes Engagés Non Décaissés) s’est révélée particulièrement élevée, allant jusqu’à 70% du budget annuel global (soit environ les deux tiers du budget de l’État), et représentant près de 15% du PIB.

Les encours de SEND (prêts extérieurs signés avec les Partenaires Techniques et Financiers – PTF, mais non encore décaissés) ont fortement grimpé sous l’effet de l’accumulation des conventions de financement. En 2025, ils ont atteint le niveau critique de 5100 milliards FCFA, soit l’équivalent de près de 70% de l’ensemble des ressources et charges budgétisées de l’exercice.

Le coût d’opportunité et les commissions d’immobilisation sont importants. Le Cameroun subit le syndrome de la faible capacité d’absorption alors qu’il faut seulement travailler à résoudre les problèmes d’exécution qui sont : la faible maturité des projets, les retards dans les procédures d’expropriation, les lenteurs des décaissements et la complexité des procédures de passation des marchés publics.

En récapitulant les dix dernières années d’exécution budgétaire au Cameroun, l’on note qu’environ 15% seulement de l’argent public a été consacré au financement des routes, hôpitaux, écoles, réseaux électriques, etc. L’enjeu central pour la gestion des finances publiques camerounaises ne réside plus seulement dans la capacité à collecter des recettes ou à emprunter, mais dans la qualité de la dépense.

Sans une restructuration audacieuse qui accorde la priorité absolue aux investissements générateurs de croissance, l’argent de l’État continuera principalement de financer son propre fonctionnement et le remboursement de ses dettes.

Louis Marie Kakdeu, MPA, PhD & HDR

Deuxième Vice-Président National du SDF

Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Continue Reading

Dernières actualités

Football : La Ligue 1 McDonald’s explore en Afrique

Published

on

Football : La Ligue 1 McDonald’s explore en Afrique
Spread the love

La Ligue 1 McDonald’s, le championnat de football professionnel de la France, veut renforcer sa présence en Afrique francophone à partir du Cameroun. La Ligue de football professionnel (LFP) qui gère le football professionnel en France, à travers sa filiale commerciale LFP Media, et 6Sports Marketing Advertising, organisent une Watch Party le 25 octobre 2026 à Yaoundé. A l’occasion du match entre le Paris Saint-Germain (PSG) et l’Olympique lyonnais (OL). Cette initiative vise à rapprocher la compétition de ses supporters et à tester de nouvelles formes d’engagement sur le continent.

Au-delà de la retransmission de la rencontre, cette activité entend associer football, divertissement, médias et partenariats. Il est question de créer un espace d’échanges entre les supportes, les acteurs médiatiques et les marques, à travers des animations et des dispositifs de communication. Le but poursuivi est de transformer l’intérêt du public africain en général et celui du Cameroun en particulier pour le championnat français, en une expérience collective à divulguer, tout en ouvrant de nouvelles possibilités commerciales. Ce Watch party constitue la « première étape d’une ambition plus large de développement de l’expérience Ligue 1 McDonald’s auprès des publics d’Afrique francophone», renseigne 6Sports Marketing Advertising, le partenaire camerounais de LFP Media dans l’initiative.

Evaluation

Ce Watch party rentre ainsi dans le cadre d’une stratégie de développement international de la Ligue 1 McDonald’s. Le Cameroun, terre de football par excellence et un des principaux fournisseurs de joueurs au football français, est un terrain privilégié pour cette première expérience, une expérience test. Le choix a été porté sur 6Sports Marketing Advertising, une agence camerounaise spécialisée dans le marketing sportif et l’événementiel notamment. Lequel dispose d’un bureau permanent à Casablanca, au Maroc. Un choix porteur : « Nous ne voulons pas simplement amener la Ligue 1 McDonald’s au Cameroun. Nous voulons contribuer à construire une véritable expérience Ligue 1, pensée pour les publics africains et connectée aux réalités économiques et culturelles du marché», explique Yannick N’Degue, directeur général de 6Sports Marketing Advertising. Alors, «notre rôle sera de créer des passerelles entre une propriété sportive internationale, ses fans et les marques qui souhaitent prendre part à cette histoire », a-t-il indiqué. Le contrat prévoit une saison pilote à l’issue de laquelle les deux parties procèderont à une évaluation, et éventuellement envisager de nouvelles opérations dans le pays. Si l’expérience est concluante, elle sera étendue sur d’autres pays d’Afrique francophone, et donc de nouveaux marchés.

Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Continue Reading

Dernières actualités

MINETTE LIBOM LI LIKENG : « que la voix de chaque nation soit entendue dans le domaine de l’IA »

Published

on

MINETTE LIBOM LI LIKENG : « que la voix de chaque nation soit entendue dans le domaine de l’IA »
Spread the love

À l’occasion d’un sommet international consacré à l’intelligence artificielle en Corée du Sud, la ministre camerounaise des Postes et Télécommunications a plaidé pour une gouvernance mondiale inclusive de cette technologie et un partage équitable de ses bénéfices. Minette Libom Li Likeng a également présenté les avancées du Cameroun dans l’élaboration de sa stratégie nationale, axée notamment sur les infrastructures, la formation, l’innovation et le développement d’une intelligence artificielle éthique et responsable.

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

Recevez les chaleureuses salutations du peuple camerounais et, en particulier, celles de notre Chef de l’État, Son Excellence M. Paul Biya.

C’est pour moi un insigne honneur de conduire la délégation camerounaise qui prend part à ce sommet.

Les promesses de l’IA sont si proches et pourtant si insaisissables pour de nombreux citoyens du monde. Entre des infrastructures inadéquates et des compétences insuffisantes, l’adoption et l’intégration des outils d’IA dans les activités quotidiennes de nombreux pays semblent encore lointaines, tandis que certaines nations sont déjà très avancées et occupent une position dominante dans le domaine de l’IA.

Les promesses de l’IA en matière d’amélioration de nos conditions socio-économiques ne peuvent se concrétiser que par la concertation et le partage des bénéfices.

À l’instar d’Internet, malgré ses nombreux bienfaits pour l’humanité, la cybercriminalité, la désinformation, le chantage, le harcèlement et le vol viennent annuler ces formidables avancées scientifiques.

Ces maux liés à Internet sont les marques d’un parcours et d’une technologie qui ont, d’une certaine manière, négligé une réglementation concertée.

Nous devons tirer les leçons de cette expérience et travailler ensemble pour veiller à ce que la voix de chaque nation soit entendue et prise en compte dans les conceptions et les offres de services du domaine de l’IA.

Au Cameroun, conscient du fait que l’intelligence artificielle est un outil prodigieux qui présente des perspectives considérables de progrès tout en soulevant des risques qui appellent à une vigilance soutenue, le Chef de l’État a prescrit le développement d’une IA éthique et responsable.

Et pour ce faire, le Gouvernement s’est engagé dans un processus d’élaboration d’une stratégie de développement de l’intelligence artificielle en privilégiant une démarche participative et inclusive, associant l’ensemble des parties prenantes à la réflexion sur les conditions d’appropriation et de développement de cette technologie au Cameroun.

C’est dans ce cadre que des Concertations nationales sur l’intelligence artificielle réunissant les administrations publiques, les entreprises, les chercheurs, les universitaires, la société civile et les partenaires au développement ont été organisées, lesquelles ont abouti à un projet de Stratégie nationale de développement de l’économie numérique au Cameroun, en cours de finalisation, et qui repose sur plusieurs piliers essentiels, notamment le développement des infrastructures et la gouvernance des données, le renforcement du capital humain, la promotion de l’innovation, l’inclusion numérique ainsi que l’instauration d’une gouvernance responsable de l’intelligence artificielle.

Je ne saurais conclure mon propos sans exprimer ma profonde gratitude aux organisateurs et au Gouvernement coréen pour leur accueil chaleureux, et pour avoir pris l’initiative de nous réunir tous dans cette salle afin de débattre et d’agir de concert autour d’une technologie qui, si elle est correctement encadrée et régulée, constituerait l’une des étapes les plus décisives que l’humanité aura franchies dans son évolution.

Je vous remercie de votre aimable attention.

À Séoul, le Cameroun explore les opportunités de l’intelligence artificielle

Par Fabrice BELOKO

L’agriculture, la santé, l’éducation et l’administration figurent parmi les secteurs où l’intelligence artificielle pourrait répondre à des besoins concrets au Cameroun. À Séoul, la délégation conduite par Minette Libom Li Likeng, ministre des Postes et Télécommunications, explore des pistes de coopération avec les partenaires internationaux, notamment dans les infrastructures numériques, les capacités de calcul et la formation aux métiers du numérique.

Le Cameroun veut tirer parti de l’intelligence artificielle pour soutenir son économie. Conduite par la ministre des Postes et Télécommunications, Minette Libom Li Likeng, sa délégation prend part au Global AI and Digital Summit, organisé du 19 au 22 octobre 2026 à Séoul, en Corée du Sud.

La rencontre, organisée à l’initiative du Groupe de la Banque mondiale avec les autorités sud-coréennes, réunit des responsables publics, des investisseurs, des entreprises technologiques et des chercheurs. Pour Yaoundé, ce rendez-vous offre un cadre de discussion avec des partenaires susceptibles d’accompagner la transformation numérique du pays.

Les échanges portent notamment sur la connectivité, les infrastructures de données, les capacités de calcul, les compétences et les conditions d’adoption de l’intelligence artificielle. Le Cameroun entend aussi confronter ses priorités aux expériences internationales et faire connaître les besoins de ses entreprises et de ses jeunes innovateurs.

Les applications envisagées concernent plusieurs secteurs économiques. Dans l’agriculture, l’intelligence artificielle pourrait aider les producteurs camerounais. Dans la santé, elle pourrait appuyer la prise de décision. L’éducation et les services publics figurent également parmi les domaines d’application examinés au sommet.

Ces perspectives supposent toutefois des infrastructures adaptées, des compétences disponibles et des coûts de fonctionnement maîtrisés. Le Cameroun souhaite notamment explorer les possibilités de coopération autour des centres de données, des plateformes numériques, de la formation et de la recherche appliquée. L’accompagnement des start-up fait aussi partie des pistes évoquées.

La question du financement reste déterminante pour passer des intentions aux réalisations. La participation au sommet ne constitue, à elle seule, ni un accord de financement ni la conclusion d’un partenariat. Les retombées dépendront de la capacité à identifier des projets prioritaires, à mobiliser les partenaires et à assurer leur suivi.

En marge du sommet, le dialogue ministériel consacré à la Déclaration de Cotonou permet au Cameroun d’échanger avec les autres pays signataires. Adopté le 18 novembre 2025 par 22 pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre, ce texte vise la construction d’un marché numérique africain unique à l’horizon 2030.

Les objectifs comprennent une couverture haut débit de 95 %, la création de deux millions d’emplois numériques et la formation de 20 millions de personnes aux compétences numériques. Pour le Cameroun, cette coopération régionale ouvre des possibilités de partage d’expériences et de mutualisation des capacités.

Le défi sera désormais de relier ces ambitions aux besoins nationaux, avec des projets ciblés et des résultats mesurables pour les citoyens et les entreprises.

Par Fabrice BELOKO
Défis Actuels du 22/10/2026

Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Continue Reading

Trending

Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infosCliquez ici