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Cameroon Memoria pour compter tous les morts !

Présentée le 26 août 2026 à Yaoundé, la plateforme numérique Cameroon Memoria ambitionne de mieux enregistrer les décès survenus au Cameroun et de transformer chaque décès en donnée vitale exploitable. Une initiative portée avec le MINSANTE et le BUNEC pour renforcer la fiabilité des statistiques sur la mortalité.
Présidée par le Secrétaire général du MINSANTE, Pr Louis Richard Njock, la rencontre a permis de présenter Cameroon Memoria et d’examiner un projet de protocole d’accord entre le ministère de la Santé, le Bureau national de l’État civil (BUNEC) et 2B Memoria SARL.
La plateforme entend répondre à une faiblesse persistante : certains décès, notamment ceux survenus dans les communautés, échappent encore aux circuits officiels d’enregistrement. Des cas peuvent notamment transiter par les morgues sans être captés par le DHIS2 du MINSANTE, tandis que d’autres donnent lieu à une inhumation sans enregistrement préalable.
L’objectif de Cameroon Memoria est donc de recenser, documenter et intégrer ces décès dans les systèmes appropriés, afin d’améliorer la complétude et la qualité des données vitales disponibles.
Le Pr Louis Richard Njock a salué une initiative qui s’inscrit dans les efforts du MINSANTE pour mieux documenter les causes de décès, notamment après la publication du premier rapport sur les causes de décès en milieu hospitalier.
Pour accompagner son déploiement, les promoteurs proposent notamment d’équiper les morgues et cimetières municipaux en dispositifs d’enregistrement et de former les personnels concernés. Les discussions doivent désormais permettre de préciser l’articulation de la plateforme avec les systèmes existants et de structurer la collaboration entre les différentes parties prenantes.
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Camwater : le chinois Laison décroche un marché de 721,8 millions de FCFA pour déployer 3 000 compteurs intelligents

(Investir au Cameroun) – La Cameroon Water Utilities Corporation (Camwater) a attribué à la société chinoise Hangzhou Laison Technology Company Limited un marché de 721,76 millions de FCFA TTC pour fournir, installer et mettre en service 3 000 compteurs d’eau intelligents. Signée le 17 août 2026 par le directeur général de l’entreprise publique, Blaise Moussa, la décision a été publiée le 26 août par l’Agence de régulation des marchés publics (ARMP).
Le marché comprend aussi des équipements de communication, une plateforme informatique dotée de serveurs et de logiciels, dix terminaux portatifs, une interface avec les moyens de paiement, les essais du système et la formation des agents de Camwater. Le dossier d’appel d’offres désigne Bonabéri, à Douala, et Odza, à Yaoundé, comme sites pilotes, sans préciser comment les 3 000 appareils seront répartis entre les deux zones.
L’offre de Laison est inférieure de 278,24 millions de FCFA au coût prévisionnel d’un milliard de FCFA établi par Camwater, soit un écart de 27,8 %. Rapporté arithmétiquement aux 3 000 appareils, le montant du marché équivaut à environ 240 588 FCFA par compteur. Ce ratio ne constitue toutefois pas un prix unitaire, puisque le contrat finance également la plateforme informatique, les équipements de communication, l’installation, les essais et le transfert de compétences.
La décision d’attribution et le cahier des clauses administratives particulières fixent le délai d’exécution à 180 jours à compter de la notification de l’ordre de service. Une rubrique de l’avis d’appel d’offres publié par l’ARMP mentionne cependant 200 jours. Le contrat définitif devra lever cette contradiction. En l’absence d’une date publique de notification de l’ordre de service, aucune échéance ferme de livraison ne peut encore être établie.
Une première tranche correspondant à 7,5 % de la cible
Les 3 000 compteurs correspondent à 7,5 % des 40 000 appareils que le programme IMPACT —Improving Performance, Accountability and Transparency— prévoit de déployer auprès de clients commerciaux actifs de Camwater à Douala et Yaoundé.
Dans son document d’évaluation publié en février 2025, la Banque mondiale estimait entre 6 et 10 millions de dollars le coût d’acquisition et de déploiement des 40 000 compteurs. L’institution projetait au moins 2 millions de dollars de recettes annuelles supplémentaires et un taux de rentabilité interne compris entre 14 % et 30 %. Ces données sont des projections établies avant le déploiement, et non des résultats observés.
Le programme vise, à l’horizon 2028, une augmentation de 1,2 milliard de FCFA des recettes annuelles encaissées, en valeur réelle, dans les zones équipées. Le résultat doit être mesuré en comparant les paiements effectivement reçus des clients dotés d’un compteur intelligent avec ceux de l’année précédente, après correction de l’inflation.
Une allocation de 10 millions de dollars de financement de l’Association internationale de développement, guichet concessionnel de la Banque mondiale, est associée à cet indicateur. Cette enveloppe ne correspond pas au budget d’achat des compteurs : son décaissement dépend de la réalisation et de la vérification des résultats prévus.
L’avis d’appel d’offres impute parallèlement le marché au budget d’investissement public 2026, sur une ligne du ministère de l’Eau et de l’Énergie, tout en mentionnant le crédit IDA du programme IMPACT. Les documents publiés ne permettent pas de déterminer la part exacte de chaque source dans le paiement du contrat.
Au 30 juin 2026, l’indicateur portant sur les recettes générées dans les zones équipées était encore classé « hors trajectoire » par la Banque mondiale. Aucun résultat n’avait été enregistré en 2025, la procédure d’acquisition était toujours en cours et les premières installations n’étaient pas attendues avant octobre 2026.
L’attribution du marché à Laison ne vaut donc encore ni livraison ni mise en service. Le communiqué de Camwater invite d’ailleurs l’entreprise à se présenter à la direction générale pour finaliser le dossier contractuel.
Un précédent pilote à Bonabéri
Laison affirme avoir installé en 2021 environ 1 500 compteurs prépayés utilisant la technologie LoRa à Bonabéri. Selon l’étude de cas publiée par le fournisseur, la solution avait été connectée à GESCOM, le logiciel de gestion commerciale de Camwater.
L’entreprise chinoise évoquait alors une extension d’environ 20 000 compteurs par an et un besoin potentiel de 600 000 unités. Ces chiffres provenaient de Laison et n’étaient pas présentés comme des engagements contractuels de Camwater.
Une publication de février 2021, citant une source interne à Camwater, situait le projet pilote à Bonabéri et Odza, mais mentionnait à la fois 1 500 ménages concernés et 3 000 compteurs. Les sources publiques disponibles ne fournissent aucun bilan sur le fonctionnement des appareils, les recettes encaissées ou l’évolution du taux de recouvrement. Le nouveau dossier ne précise pas si les équipements commandés en août 2026 doivent compléter, remplacer ou relancer ce premier dispositif.
Le diagnostic du programme IMPACT s’appuie principalement sur des données de 2022. Camwater enregistrait alors environ 35 milliards de FCFA de revenus, tandis que l’eau non facturée atteignait près de 40 %. La Banque mondiale évaluait à 26 milliards de FCFA par an les pertes de recettes associées et situait le taux moyen de recouvrement à 63 %, contre une référence sectorielle de 95 % citée dans le document.
Les derniers comptes publiés par Camwater font par ailleurs ressortir une perte nette après impôts de 2,21 milliards de FCFA en 2024, contre 3,16 milliards en 2023.
L’exécution du marché devra être mesurée à partir de la date de notification de l’ordre de service, du nombre de compteurs effectivement installés et fonctionnels, de leur intégration à GESCOM et aux moyens de paiement, puis des recettes supplémentaires réellement encaissées. La décision d’attribution du 17 août ne fournit encore aucun de ces résultats.
Baudouin Enama
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31-07-2026 – Dette rétrocédée : CAMTEL et CAMWATER concentrent 50,3 % d’un encours de 845 milliards de FCFA
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Cerlin Belinga quitte Yaoundé et voit ses pouvoirs renforcés à Maroua

Par décret présidentiel du 31 août 2026, le Lieutenant-Colonel Cerlin Belinga, ancien commissaire du gouvernement près le tribunal militaire de Yaoundé cumule avec les fonctions de juge d’instruction près la même juridiction. D’autres personnalités ont été nommées à d’autres tribunaux militaires du pays.
Le tribunal militaire de Yaoundé a un nouveau commissaire de gouvernement. Le lieutenant-colonel Éric Atemengue Omgba remplace le lieutenant-colonel Cerlin Belinga nommé vice-président du tribunal militaire de Maroua et juge d’instruction près ledit tribunal. Dans l’exercice de ses fonctions, le nouveau commissaire du gouvernement sera assisté du lieutenant-colonel Brice Josué Onana, nommé substitut du commissaire du gouvernement au tribunal militaire de Yaoundé.
Après avoir officié au sein de la juridiction pour veiller à l’application de la loi dans l’affaire liée à l’assassinat du chef de chaîne de radio Amplitude FM Martinez Zogo à Yaoundé, Cerlin Belinga s’en va poursuivre sa mission dans la région de l’Extrême-Nord. Faut-il trouver cette affectation comme une sanction ? À priori, le changement de juridiction et de ville expliquerait une certaine sanction dont le motif reste dissimulé au sein de l’administration de la justice. Cependant, il est plus évident de noter que le décret présidentiel du 31 août 2026 accroît plutôt les responsabilités et les pouvoirs de l’ancien commissaire du gouvernement. Il est en même temps la deuxième personnalité du tribunal et juge d’instruction.
Il quitte le tribunal militaire de Yaoundé au moment où le procès de l’assassinat de Martinez Zogo se trouve à l’étape de l’audition des témoins. Son successeur, après avoir pris connaissance des dossiers en cours de traitement, conduira la mission, sans doute jusqu’au dénouement des affaires concernées.
Le décret présidentiel de lundi dernier marque un nouveau changement au sein de la juridiction. Depuis le déclenchement de l’affaire Martinez Zogo, des personnes se succèdent à certains postes. À la présidence du tribunal, Jacques Baudouin Misse Njonè a été nommé alors que le procès est en cours. Ce dernier a dessaisi Florent Aimé Sikati Kamwo du dossier d’instruction en décembre 2023 pour le confier à Pierrot Narcisse Nzié. À chaque fois, le tribunal a continué d’assurer sa mission. Ce sera le cas avec l’arrivée du nouveau commissaire du gouvernement.
Le décret du président de la République nomme d’autres officiers magistrats au sein des tribunaux militaires. Au tribunal militaire de Bamenda, le chef de bataillon Mokete Roland Makamba est nommé juge d’instruction. Au tribunal militaire de Bertoua, le chef d’Escadron Yaya Hassan est nommé vice-président et juge d’instruction. Le chef d’Escadron Mukum Tifuh Immaculate est le nouveau commissaire du gouvernement près le tribunal militaire d’Ebolowa, tandis que le lieutenant Sadam Hamadou est nommé substitut du commissaire du gouvernement au tribunal militaire de Garoua.
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Bons du Trésor : Guinée équatoriale, Congo et Cameroun ont payé les taux d’intérêts les plus élevés en juillet 2026

(Investir au Cameroun) – Au mois de juillet 2026, le taux d’intérêt moyen servi par les trésors nationaux de la Cemac – Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad et RCA – aux investisseurs ayant souscrit aux émissions de bons du Trésor assimilables (BTA) sur le marché des titres de la BEAC – la banque centrale commune des pays de la Cemac – a légèrement reculé en glissement annuel. Selon les données publiées par la Cellule de règlement et de conservation des titres de la BEAC, ce taux est ressorti à 6,83%, contre 6,99% en juillet 2025.
Cependant, l’analyse des chiffres de la banque centrale montre que trois pays de la Cemac ont, sur la période, servi aux souscripteurs de leurs BTA – titres publics dont la maturité n’excède pas un an servant à lever les fonds pour résorber les difficultés ponctuelles de trésorerie – des taux d’intérêts au-dessus de cette moyenne. Il s’agit de la Guinée équatoriale, du Congo et du Cameroun.
Dans le détail, c’est la Guinée équatoriale qui a le plus cassé sa tirelire au profit des souscripteurs de ses BTA. Selon les données officielles, Malabo a pratiqué un taux d’intérêt moyen de 7,87% sur ses émissions de BTA en juillet 2026. Le Congo se révèle comme 2è rémunérateur des investissements sur cette catégorie de titres publics, avec un taux d’intérêt moyen de 7,24% au cours de la même période.
Avec un taux d’intérêt sur les BTA de 6,97%, le Cameroun s’est endetté plus cher que la RCA (6,83%), le Tchad (6,91%) et le Gabon (6,48%) en juillet 2026. Le cas du Cameroun est révélateur du niveau de relèvement des taux d’intérêts sur le marché des valeurs du Trésor de la Cemac depuis quelques années.
Durcissement de la politique monétaire
En effet, pendant plus de 10 ans, le Cameroun a proposé les taux d’intérêts les plus bas sur le marché sous-régional des titres publics. «Le Cameroun est le seul pays au Sud du Sahara qui s’endette encore à des taux d’intérêts de moins de 3% pour les titres de courte maturité (BTA) et de moins de 7% pour les maturités longues (OTA)», aimait rappeler Sylvester Moh, le directeur général du Trésor au ministère des Finances.
Mais, les effets combinés de la politique monétaire d’austérité mise en place dès fin 2021 par la BEAC pour combattre l’inflation, la pratique des taux d’intérêts élevés par certains pays de la Cemac, la saturation du portefeuille titres des banques opérant comme intermédiaires du marché, et l’accroissement de la demande des financements par les Etats de la Cemac ont fait exploser les coûts des emprunts.
En conséquence, sur la période 2020-2024, par exemple, les taux d’intérêts sur les BTA du Cameroun ont plus que doublé, passant 2,67% en 2020 à 6,33% en 2024, selon les chiffres du ministère des Finances. En février 2025, le Cameroun a été le pays le plus généreux du marché des valeurs du Trésor, en rémunérant les souscriptions à ses BTA à un taux moyen de 6,95%, niveau que le pays n’avait jamais atteint depuis le lancement du marché sous-régional des titres en 2011. En juillet 2026, ce record a été battu, le taux d’intérêt moyen servi par le Cameroun sur cette catégorie de titres étant officiellement ressorti à 6,97%.
Recherche de solutions alternatives
Face à ce relèvement des coûts des emprunts sur le marché des titres publics, devenu l’un des principaux pourvoyeurs de financements à l’Etat du Cameroun depuis l’année 2019, les autorités camerounaises réfléchissent à des alternatives visant à redynamiser le marché. «Notre système bancaire, aussi résilient et dynamique soit-il, atteint aujourd’hui certaines limites en matière d’engagement sur les titres souverains camerounais (…) Il est impératif d’élargir l’éventail des acteurs contribuant au financement de l’État, en mettant à contribution toutes les forces vives de notre économie, en particulier les compagnies d’assurance, les petits épargnants et les populations non bancarisées», a indiqué Sylvester Moh le 13 février 2025 à Douala, en marge de la présentation aux investisseurs du programme de financement de l’Etat de l’année 2025.
En effet, à en croire le directeur général du Trésor au ministère des Finances, «les compagnies d’assurance constituent des investisseurs institutionnels de premier plan, dotés de ressources considérables et d’une vision de long terme. Or, au Cameroun, leur participation au financement souverain demeure encore en deçà de son potentiel optimal. Il est temps de lever les obstacles qui freinent leur engagement. Nous devons encourager la mise en place de produits financiers mieux adaptés, offrant des rendements attractifs, et des instruments de dette compatibles avec les exigences prudentielles des assureurs ».
Les autres leviers sur lesquels le Cameroun entend actionner pour garantir ses marges de manœuvres sur le marché sous-régional des titres publics sont la digitalisation du mode de souscription – une opportunité pour faire participer la diaspora au financement des projets, Ndlr – et l’ouverture du marché à la population non bancarisée. Sur ce dernier volet, apprend-on officiellement, il est question de capitaliser sur la percée du Mobile Money dans le pays, ainsi que sur les différentes offres des fintechs.
Brice R. Mbodiam
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