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Bons du Trésor : Guinée équatoriale, Congo et Cameroun ont payé les taux d’intérêts les plus élevés en juillet 2026

(Investir au Cameroun) – Au mois de juillet 2026, le taux d’intérêt moyen servi par les trésors nationaux de la Cemac – Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad et RCA – aux investisseurs ayant souscrit aux émissions de bons du Trésor assimilables (BTA) sur le marché des titres de la BEAC – la banque centrale commune des pays de la Cemac – a légèrement reculé en glissement annuel. Selon les données publiées par la Cellule de règlement et de conservation des titres de la BEAC, ce taux est ressorti à 6,83%, contre 6,99% en juillet 2025.
Cependant, l’analyse des chiffres de la banque centrale montre que trois pays de la Cemac ont, sur la période, servi aux souscripteurs de leurs BTA – titres publics dont la maturité n’excède pas un an servant à lever les fonds pour résorber les difficultés ponctuelles de trésorerie – des taux d’intérêts au-dessus de cette moyenne. Il s’agit de la Guinée équatoriale, du Congo et du Cameroun.
Dans le détail, c’est la Guinée équatoriale qui a le plus cassé sa tirelire au profit des souscripteurs de ses BTA. Selon les données officielles, Malabo a pratiqué un taux d’intérêt moyen de 7,87% sur ses émissions de BTA en juillet 2026. Le Congo se révèle comme 2è rémunérateur des investissements sur cette catégorie de titres publics, avec un taux d’intérêt moyen de 7,24% au cours de la même période.
Avec un taux d’intérêt sur les BTA de 6,97%, le Cameroun s’est endetté plus cher que la RCA (6,83%), le Tchad (6,91%) et le Gabon (6,48%) en juillet 2026. Le cas du Cameroun est révélateur du niveau de relèvement des taux d’intérêts sur le marché des valeurs du Trésor de la Cemac depuis quelques années.
Durcissement de la politique monétaire
En effet, pendant plus de 10 ans, le Cameroun a proposé les taux d’intérêts les plus bas sur le marché sous-régional des titres publics. «Le Cameroun est le seul pays au Sud du Sahara qui s’endette encore à des taux d’intérêts de moins de 3% pour les titres de courte maturité (BTA) et de moins de 7% pour les maturités longues (OTA)», aimait rappeler Sylvester Moh, le directeur général du Trésor au ministère des Finances.
Mais, les effets combinés de la politique monétaire d’austérité mise en place dès fin 2021 par la BEAC pour combattre l’inflation, la pratique des taux d’intérêts élevés par certains pays de la Cemac, la saturation du portefeuille titres des banques opérant comme intermédiaires du marché, et l’accroissement de la demande des financements par les Etats de la Cemac ont fait exploser les coûts des emprunts.
En conséquence, sur la période 2020-2024, par exemple, les taux d’intérêts sur les BTA du Cameroun ont plus que doublé, passant 2,67% en 2020 à 6,33% en 2024, selon les chiffres du ministère des Finances. En février 2025, le Cameroun a été le pays le plus généreux du marché des valeurs du Trésor, en rémunérant les souscriptions à ses BTA à un taux moyen de 6,95%, niveau que le pays n’avait jamais atteint depuis le lancement du marché sous-régional des titres en 2011. En juillet 2026, ce record a été battu, le taux d’intérêt moyen servi par le Cameroun sur cette catégorie de titres étant officiellement ressorti à 6,97%.
Recherche de solutions alternatives
Face à ce relèvement des coûts des emprunts sur le marché des titres publics, devenu l’un des principaux pourvoyeurs de financements à l’Etat du Cameroun depuis l’année 2019, les autorités camerounaises réfléchissent à des alternatives visant à redynamiser le marché. «Notre système bancaire, aussi résilient et dynamique soit-il, atteint aujourd’hui certaines limites en matière d’engagement sur les titres souverains camerounais (…) Il est impératif d’élargir l’éventail des acteurs contribuant au financement de l’État, en mettant à contribution toutes les forces vives de notre économie, en particulier les compagnies d’assurance, les petits épargnants et les populations non bancarisées», a indiqué Sylvester Moh le 13 février 2025 à Douala, en marge de la présentation aux investisseurs du programme de financement de l’Etat de l’année 2025.
En effet, à en croire le directeur général du Trésor au ministère des Finances, «les compagnies d’assurance constituent des investisseurs institutionnels de premier plan, dotés de ressources considérables et d’une vision de long terme. Or, au Cameroun, leur participation au financement souverain demeure encore en deçà de son potentiel optimal. Il est temps de lever les obstacles qui freinent leur engagement. Nous devons encourager la mise en place de produits financiers mieux adaptés, offrant des rendements attractifs, et des instruments de dette compatibles avec les exigences prudentielles des assureurs ».
Les autres leviers sur lesquels le Cameroun entend actionner pour garantir ses marges de manœuvres sur le marché sous-régional des titres publics sont la digitalisation du mode de souscription – une opportunité pour faire participer la diaspora au financement des projets, Ndlr – et l’ouverture du marché à la population non bancarisée. Sur ce dernier volet, apprend-on officiellement, il est question de capitaliser sur la percée du Mobile Money dans le pays, ainsi que sur les différentes offres des fintechs.
Brice R. Mbodiam
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la suspension du FNSC est un « acte arbitraire »

Le candidat malheureux à la présidence du MRC, Pierre Emmanuel Binyam, demande la levée immédiate de la suspension du FSNC, le parti politique d’Issa Tchiroma.
Pierre Emmanuel Binyam, comme plusieurs hommes politiques, s’est exprimé sur la suspension du Front pour le salut du Cameroun (FSNC), le parti d’Issa Tchiroma Bakary. Il voit en cette décision du ministre de l’Administration territoriale Paul Atanga Nji un autre élément qui suscite de nombreuses interrogations.
« Depuis 1992, en passant par 2018 jusqu’en 2025, les crises postélectorales successives témoignent d’une crise persistante de confiance dans le processus électoral. On ne peut ignorer les contestations relatives au respect de la volonté populaire, puis prétendre rétablir la paix en sanctionnant les acteurs politiques. Plus préoccupant encore, les arrestations arbitraires alléguées, les actes de torture dénoncés et l’emprisonnement de citoyens camerounais pour leur proximité ou leur engagement aux côtés du FSNC, lorsqu’ils sont avérés, témoignent d’une dérive répressive incompatible avec les principes fondamentaux de l’État de droit.
Le régime de Yaoundé doit comprendre qu’aucune suspension administrative, aucune arrestation abusive et aucune intimidation ne sauraient étouffer durablement les aspirations démocratiques d’un peuple. La lutte contre les violences ne peut servir de prétexte à la répression collective ni dispenser les autorités de justifier leurs décisions devant la loi », écrit-il.
Pierre Emmanuel Binyam, candidat malheureux à la présidence du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), condamne cette suspension et demande sa levée.
« Je condamne fermement cette suspension du FSNC que je qualifie d’acte arbitraire et exige sa levée immédiate et sans condition; ainsi, que la libération des personnes détenues arbitrairement et victimes de torture pour le respect des libertés fondamentales.
Le silence imposé n’est pas la paix. L’intimidation n’est pas la justice. Et l’autorité de l’État ne saurait se confondre avec l’arbitraire.
Le Cameroun a besoin d’élections crédibles, d’une justice indépendante et d’institutions qui respectent la volonté du peuple. Toute autre voie ne fera qu’aggraver les crises sociopolitiques et fragiliser davantage la cohésion nationale », écrit-il.
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